COMPTE-RENDU D'‰VALUATION

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    COMPTE-RENDU DVALUATION

    ACTION DE LUTTE CONTRE LE DCROCHAGE SCOLAIRE : CONSULTATIONS DUCATIVES

    ET SUIVI DE MINEURS EN DIFFICULTS

    DOSSIER : APDOM1_N 0004 NOM DE LA STRUCTURE : CIRCI, UNIVERSIT DE LA RUNION RESPONSABLE : GISLE RIZZO

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    INTRODUCTION Le dispositif Lutte contre lrosion scolaire consiste oprer un suivi de mineurs en difficults, mobilisant, dans un objectif de coducation, la famille, ltablissement scolaire ainsi quun psychologue et un ducateur spcialis mis disposition par lAssociation des Maisons de la Famille de la Runion-Ecole des Parents et des Educateurs (AMAFAR-EPE). Le psychologue et lducateur spcialis jouent un rle central dans le dispositif. Ils sont conjointement censs assurer un suivi quotidien du mineur, en et hors lcole, passant notamment par un contrle de ses activits, par des entretiens ducatifs et psychologiques rguliers. Les tablissements sont lorigine du reprage et de lofficialisation du suivi des enfants en difficults. Une convention signe par lAMAFAR-EPE formalise leur engagement lui fournir des listes dlves, accueillir et faciliter lintgration de son quipe et favoriser le lien avec le public cible retenu (lves et familles). Les familles sont, quant elles, invites jouer un rle actif, en participant divers rendez-vous et runions organiss dans les locaux scolaires ou de lAMAFAR, et accepter de recevoir leur domicile les diffrents personnels impliqus dans le projet. Lvaluation dont nous avons la charge a pour objectif dapprcier lefficacit du programme dexprience sociale retenu afin de dterminer dans quelle mesure il mrite dtre gnralis. Ont t retenus, pour cette exprimentation, deux collges : le collge Bourbon et le collge du Chaudron. Prsenter les deux collges brivement. La phase dexprimentation tudie sest droule sur deux annes scolaires pour le collge Bourbon (entre septembre 2010 et juin 2012) et sur un peu plus dune anne scolaire pour le collge du Chaudron (entre janvier 2011 et juin 2012). Lvaluation a t ralise sur la base dune enqute qualitative partir dentretiens semi-directifs (voir les grilles dentretiens en annexe 2) auprs du psychologue (en ralit, deux psychologues se sont succd au cours de la phase dexprimentation) et dans chaque tablissement scolaire auprs :

    de lducateur (deux ducateurs se sont galement succd au collge du Chaudron) ;

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    des lves rpartis en deux sous-groupes, lun bnficiaire du suivi (8 lves) et lautre tmoin (6 lves), au total 14 lves ; lves dont le choix a t fait aprs une concertation entre le CPE, lducateur et nous-mmes. Il sagissait de trouver des jeunes ayant, si possible, les mmes caractristiques, individuelles, sociales et scolaires (ge, niveau, absentisme, retard, notes, relations avec les enseignants, implication et suivi des parents etc.) ;

    des parents des lves bnficiaires (8) ;

    de lquipe pdagogique et ducative (principal, CPE, enseignants) ;

    et enfin des infirmier(e)s. Il sagissait, outre le fait de tester lefficacit du dispositif, de bien comprendre la place des acteurs, leurs actions au quotidien et de voir dans quelle mesure ce dispositif tait bien accept. La principale difficult rencontre a t de ne pas avoir pu assister, et donc tre en observation directe, aux changes entre lducateur et/ou le psychologue et les jeunes et/ou leurs parents. Nous avons tent, avec laccord de tous les acteurs en prsence, de faire enregistrer ces changes mais cela na pas t concluant (les lves, probablement gns par cette ide, faisaient preuve dun certain mutisme). Lenqute sest droule en plusieurs tapes diffremment chelonnes selon ltablissement. Le collge Bourbon

    Septembre-octobre-novembre 2010 : le principal, lducateur, le psychologue, la CPE, les infirmires puis lensemble des lves (bnficiaires et tmoins) et les parents des lves bnficiaires.

    Fvrier-mars 2011 : lensemble des lves et les parents des lves

    bnficiaires.

    Juin 2011 : lducateur, le psychologue, les lves bnficiaires, les enseignants.

    Fvrier 2012 : lducateur et les lves bnficiaires.

    Juin 2012 : lducateur, la psychologue, les lves bnficiaires et leurs parents.

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    Le collge du Chaudron

    Fvrier 2011 : le principal, lducateur, le psychologue, lensemble des lves (bnficiaires et tmoins) et les parents des lves bnficiaires.

    Juin 2011 : lducateur, le psychologue, lensemble des lves, les parents des

    lves bnficaires, les enseignants.

    Dcembre 2011 : lducateur, les lves bnficiaires.

    Avril-Mai 2012 : lducateur, les lves bnficiaires et leurs parents. Linterrogation de lensemble des acteurs qui sont partie prenante de lexprimentation, le recueil de leur perception sur les objectifs et le droulement de lexprimentation a permis deffectuer une synthse que nous allons livrer prsent. EVALUATION A. Mieux apprhender le dispositif Expliquons pour commencer le mode de slection des lves bnficiaires. A lorigine, le principe de slection tait que la dtection et le signalement dun lve en dcrochage taient dvolus lquipe pdagogique. Cela tant, la procdure diffrait quelque peu dun tablissement lautre. Au collge du Chaudron, cest lducateur qui prenait directement les choses en charge, consultait les familles et leur faisait une proposition de travail en partenariat avec lAMAFAR. Au collge Bourbon, en revanche, ctait la CPE ou le chef dtablissement qui choisissait les lves pouvant accder au dispositif, avant que lducateur ne prenne le relais. Afin de formaliser davantage la procdure de slection, il fut ultrieurement dcid de crer une commission technique et sociale (CTS). Au collge Bourbon, par exemple, celle-ci est compose des deux CPE, de linfirmire et du principal. Dans les deux tablissements, les dossiers slectionns par la CTS sont transmis lassistante sociale, qui trie selon les situations et propose ainsi lducateur une liste expurge des cas non pertinents (du type absentisme d un problme mdical). Cest ainsi que llve entre ou pas dans le dispositif. La liste peut tre tout moment ractualise par la CTS. A cet effet, lassistante sociale fait rgulirement le point avec lducateur (frquence mensuelle au collge Bourbon). Au bilan, la diffrence principale entre lancien et le nouveau systme rside dans la position dsormais centrale de lassistante sociale, dans une procdure o elle napparaissait auparavant pas.

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    1. le travail avec la famille Lun des principaux effets attendus de la collaboration avec la famille, cest une forme de verticalisation de la figure de lautorit. Si des progrs sont faits dans le premier cercle de socialisation que reprsente la famille, si ladolescent y (re)trouve un cadre, une forme de respect de lautorit, alors on peut esprer quil la transpose au sein du collge. Les premiers progrs doivent donc avoir lieu dans la famille. 1.1. Le travail assur par lducateur Faire le lien entre la famille et llve La fonction premire de lducateur spcialis est de faire le lien entre la famille et llve. Il doit, lorsque ncessaire, essayer de redonner du sens la relation parents/enfants avec, comme objectif ultime, un mode de fonctionnement diffrent vis--vis de lcole. Le but atteindre nest pas forcment toujours le mme, il peut pour certains sagir dune amlioration des notes, pour dautres dune amlioration du comportement, parfois des deux. Mais, quoi quil en soit, lide est que le rapport lcole dcoule largement de la relation parents/enfants. Considrer les parents comme des partenaires part entire Ceci est clairement exprim par un ducateur : En faisant de laccompagnement, jessaie de prendre la fois la famille et llve au sein dun travail, cest pour a que pour moi, ce sont des partenaires . Constituer un repre pour les parents Lducateur doit pouvoir servir de rfrent aux parents. Ceux-ci, lorsquils perdent le lien avec leur enfant, savent quils ont au sein de ltablissement un interlocuteur fiable et accessible. Ainsi, si le jeune commet une incivilit ou sabsente trop souvent, ils savent que non seulement ils seront informs mais quils pourront aussi dcrypter ses comportements et trouver une coute auprs de lducateur. Maman de K. : lducateur tait l pour tout. Il ne se contentait pas seulement de rester l lcole et puis dattendre que le prof lui dise les choses et tout. Si moi, javais un problme, je pouvais le contacter et lui dire : K. a fait des btises , on se donnait rendez-vous, soit on partait aux Camlias, soit on venait ici (au collge) . 1.2. Le travail assur conjointement par lducateur et la psychologue La particularit du travail de la psychologue, cest quelle nagit jamais seule. En aucune circonstance elle ne rencontre seule les familles : elle fonctionne toujours en duo avec lducateur.

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    Quel lieu pour les consultations ducatives ? Dans la majorit des cas, le premier entretien se droule au sein de ltablissement scolaire ; mais parfois aussi au domicile familial, lorsque les parents sont difficilement mobiles. De toute faon, la psychologue et lducateur prfrent que les premiers rendez-vous soient empreints dune certaine dimension symbolique, do limportance de leur tenue au collge. Cela prsente aussi lavantage de responsabiliser les parents dans la mesure o cela implique une dmarche volontaire, mme si cela augmente par ailleurs le risque de dfection de dernire minute. Par la suite, le binme institutionnel est moins hostile lide de se dplacer. Car la rponse la question du lieu optimal nest pas tranche. En effet, les expriences au domicile familial ne prsentent pas que des inconvnients. Certes, lchange peut tre limit par des externalits telles que la tlvision ou la prsence bruyante denfants. Mais dun autre ct, le fait dtre en terrain connu et pas dans un contexte institutionnel qui peut tre parfois paralysant, rassure certains parents et peut rendre les entre