malette pédagogique époque gallo-romaine

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    Muse dArchologie du Jura - Lons le Saunier Service ducatif, Responsable S. David

    Centre Jurassien du Patrimoine, P. Dumetz-Poux

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    2EME PARTIE SANCTUAIRES ET CULTES

    FRANOIS LENG SERGE DAVID LYDIE JOAN

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    I. LE TEMPLE DE TRADITION CELTIQUE (FRANOIS LENG)

    Fig. 40. Carte de rpartition des tablissements religieux dans le Jura lpoque gallo-romaine

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    Le temple de tradition celtique se dveloppe partir de lpoque augustenne. Il se diffrencie des temples grecs et romains par lexistence dune cella (ou

    chambre ferme au public qui abrite la statue de la divinit) entoure dune galerie de circulation (dambulatoire accessible aux fidles). Lensemble est souvent situ au sein dun sanctuaire dlimit par pribole (aire sacre dlimite par un mur). La forme de ldifice peut tre carre, rectangulaire, circulaire, polygonale ou mme associer plusieurs de ces formes. Son accs est le plus souvent orient vers lest, donc vers le soleil levant (contrairement au temple classique romain qui, lui, est orient vers louest).

    Le temple plan centr et ses variantes nest connu que dans les rgions substrat celtique, depuis la Rhtie (Autriche) lest jusqu lAquitaine, en passant par la Grande Bretagne. Il est pratiquement le seul modle utilis dans les provinces des Trois-Gaules, en dehors de quelques temples de plan classique difis sur les forums des capitales de cit.

    Ces sanctuaires peuvent tre isols dans la campagne, intgrs au sein dune agglomration, ou faire partie dun complexe religieux plus important. Parfois implant en position dominante, le temple est souvent en relation avec une agglomration. Comme les ncropoles, il se dveloppe plutt en priphrie de lhabitat.

    Il est souvent bti en matriaux prissables jusquau troisime quart du Ier sicle, poque durant laquelle la plupart vont tre reconstruit en maonnerie. On va donc souvent observer, dans le mme sanctuaire, une succession de temples successifs, depuis le temple celtique en terre et bois jusqu ldifice en maonnerie dpoque gallo-romaine. Ces transformations se dveloppent au dbut du IIme sicle. Si certains difices conservent les caractristiques du temple de tradition celtique, certains dentre eux, les plus importants o ceux situs en priphrie des agglomrations les plus dynamiques, sont romaniss . Si ces monuments conservent une cella centrale et un dambulatoire, ladjonction de colonnades, dune faade fronton et dun podium dot dun escalier les fond apparatre, de lextrieur, comme de vritables temples classiques.

    Bien quil ny ait pas encore de certitude sur ce point, il semble logique denvisager que lessentiel de ces temples taient consacrs des divinits indignes. Les temples de plan classique, observ sur les forums des capitales de cit, sont plus souvent ddis la famille impriale, Rome ou, dans les colonies, la triade capitoline.

    Les temples des dieux doivent tre tourns de telle sorte que, pourvu qu'il n'y ait rien qui l'empche, l'image qui est dans le temple regarde vers le couchant, afin que ceux qui iront sacrifier soient tourns vers l'orient et vers l'image, et qu'ainsi, en faisant leurs prires, ils voient tout ensemble et le temple et la partie du ciel qui est au levant, et que les statues semblent se lever avec le soleil pour regarder ceux qui les prient dans les sacrifices enfin il faut toujours que les autels soient tourns au levant.

    Si nanmoins cela ne se peut pas faire commodment, le temple doit tre tourn de telle sorte que, du lieu o il sera, l'on puisse voir une grande partie de la ville, ou s'il est proche d'un fleuve, comme en gypte, o l'on btit les temples sur le bord du Nil, il regardera vers la rive du fleuve. La mme chose sera aussi observe si l'on btit le temple proche d'une grande rue, car il le faudra tourner en sorte que tout le monde puisse le voir et le saluer en passant. (VITRUVE, Livre IV, Chapitre 5 De l'tablissement des temples suivant leur orientation. De aedibus constituendis secundum regiones)

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    1) Les lments constitutifs du temple Il est important de dfinir les fonctions de chaque partie dun temple car, en Gaule,

    cohabitent une varit trs importante de types, qui peuvent tre purement de tradition celtique, de type hybride celto-romain, de tradition celtique modifi ou avec adjonction dlments de type classique romain voire, plus rarement et dans des emplacements spcifiques, de type purement romain classique.

    Il convient, en effet, de ne pas oublier que ces difices ont parfois fonctionn durant plusieurs sicles et quils ont travers des priodes avec des influences diverses, qui se manifestent au travers de leur volution architecturale, voire de leur destruction et reconstruction pour tenir compte des nouveaux courants.

    Les dfinitions des lments du temple quil soit de tradition celtique ou du type

    romain classique

    ! Lautel Lautel est le seul lment ncessaire aux cultes polythistes du monde romain. Il

    sert au sacrifice, acte rituel de partage entre le ou les dieux et la communaut des hommes. La consommation en commun des reliefs de ce sacrifice permet de conserver lharmonie entre le monde cleste et les groupes humains. Cet autel se trouve en plein air, gnralement devant le temple abritant la divinit laquelle ce sacrifice est destin. Ces pratiques collectives et codifies sont accompagnes par des pratiques individuelles, gnralement sous la forme de dons en argent ou en nature.

    ! Le podium

    Le temple classique romain comporte un podium associ un escalier d'accs. Le niveau de circulation dans le temple est surlev par rapport lextrieur. Le temple se dresse sur un socle lev, ce qui contribue sa majest et le distingue nettement des difices alentour. Cette disposition est dinfluence trusque.

    ! Lescalier

    Dans le cas dun temple sur podium, il permet daccder au porche, puis au pronaos. Les temples de tradition italique se distinguent des temples grecs par la prsence dun seul escalier, face la faade principale.

    ! Le porche ou auvent

    Lentre du temple est parfois matrialise par un porche ou un auvent couvert par une toiture supporte par deux colonnes. Cette construction en saillie, qui abrite la porte d'entre de ldifice est peu frquent dans lEst et caractrise plutt les temples classiques prostyles. Contrairement au temple grec, les temples italiques et gallo-romains ne possdent quune seule faade.

    ! La cella ou naos

    La cella (mot driv du latin celare, cacher et qui dsigne un local ferm) est la partie close qui constitue le cur dun temple romain ; elle abrite gnralement la statue de la divinit (figura) laquelle le temple est consacr et ventuellement dautres dieux ou desses lis la prcdente. Seuls les prtres chargs de son entretient ont accs lintrieur de la cella, qui reste inaccessible au public. Toutefois, durant certaines crmonies, les portes, sur lavant du temple, sont ouvertes pour que la divinit puisse exercer son pouvoir protecteur sur lextrieur.

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    La cella est plus tendue que le porche. Le toit couvrant la cella est appel testudo, mais on apprend par Varron que dans certains cas, il n'y en a pas, afin de laisser la lumire du jour illuminer l'effigie divine.

    66. L'ancien nom de Jupiter confirme cette tymologie; car on l'appelait anciennement Diopis et Diespiter, c'est--dire pre du jour. De l les noms de Dies et Divos, et les expressions sub divo, Dius Fiditus. C'est pourquoi son temple est ouvert par le haut, afin que par cette ouverture on puisse voir le ciel (divom). Quelques-uns prtendent qu'il n'est pas permis de jurer par lui dans un difice couver. ,

    VARRON, de la langue latine, livre cinquime, & 66

    ! Le pronaos ou vestibule Certains temples gallo-romains possdent lavant de la cella un vestibule

    rectangulaire que lon peut rapprocher du pronaos du temple classique. Il nest prsent que dans les difices hybrides aspect extrieur classique. Il permet la correspondance avec les galeries latrales. Le pronaos dsigne, fort logiquement, la salle qui prcde le naos (voir cella)

    ! La galerie dambulatoire

    La galerie permet de circuler autour de la cella, quelle entoure. Strabon prcise que les gaulois honorent la divinit en tournant autour vers la droite daprs Posidonius dApame. Cet amnagement spcifique aux rgions substrat celtique semble donc correspondre une ncessit cultuelle.

    ! Le pribole ou espace sacr

    Cet espace consacr, la plupart du temps dlimit par un mur, entoure les temples. Cest en grande partie dans cette aire cultuelle que les crmonies se droulent.

    Le plus souvent quadrangulaire, elle peut adopter dautres formes. Cet espace sacr est gnralement spar du monde profane par un mur ou un foss (le circumsaeptus). Il peut enclore plusieurs temples et des btiments annexes ncessaires au culte (thtre, basilique religieuse, cantine, entrepts et trsor).

    Voir maquette.

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    2) Les temples de tradition celtique dans le Jura

    De nombreux temples de tradition celtique ont t dcouverts dans le Jura, tmoins dune multitude de sanctuaires.

    Afin dillustrer leur diversit, nous prsenterons trois exemples : le temple (ou mausole) de Pupillin, lensemble religieux de Chavria-Moutonne et, plus