1952 Le bronze chez les romains Le bronze chez les Le bronze chez les romains...  CUIVRE LAITONS

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Text of 1952 Le bronze chez les romains Le bronze chez les Le bronze chez les romains...  CUIVRE...

  • Nous publions ci-dessous la fin de l'tude de Al. Emile Mireaux, membre de F Institut, tire de son livre Les Pomes homriques et l'Histoire grecque ( i ) . Les photographies illustrant cet article sont de la maison Roger Viollet.

    We publish hereunder the end of the study by M. Emile Mireaux member of the Institut de France,

    from his book Les Pomes homriques et l'His-toire grecque ( i ) .

    Publicamos abajo, el Jiti dcl cstudio de M. Emile Mireaux individuo del Institut de France, extracto de su libro : Les Pomes homriques et l'Histoire grecque ( i ) .

    L'POQUE La prpondrance des armes de bronze, la

    prcellence du bronze en gnral dans l'Iliade et dans l'Odysse, est une des donnes qui ont de plus obscurci le problme homrique aux yeux des archologues et des historiens. Les archologues admettent en gnral, que l'ge du fer commence en Grce vers l'an 1200 et que ses dbuts concident peu prs avec l'avnement que les historiens appellent l'in-vasion dorienne. La frquence des mentions qui concernent le bronze, la raret relative de celles qui concernent le fer avait tout naturel-lement conduit penser, en un temps o l'on considrait comme dmontr que les pomes homriques reprsentaient le fruit d'une longue volution cratrice, que leurs parties les plus anciennes pouvaient remonter jusqu' l'poque o le bronze rgnait de manire peu prs exclusive. Beloch, il y a quelque soixante-quinze ans, ayant relev dans l'Iliade 279 men-tions pour le bronze et 23 pour le fer, contre 80 fois le mot bronze et 25 fois le mot fer dans l'Odysse, en avait conclu que l'Iliade tait nettement plus ancienne que l'Odysse.

    (1) Albin Michel, diteur.

    La raison de la diffrence est tout autre. Il a t remarqu avec beaucoup de justesse que dans les pomes homriques, le fer qui est un mtal fort connu et dj employ certainement pour la fabrication des pes, sert surtout des ouvrages pacifiques, la fabrication des outils, haches, couteaux, chanes, socs et char-rues. Il est donc normal qu'il soit relativement plus parl du fer dans l'Odysse, pome de voyages et d'aventures, notamment dans les douze derniers chants, que dans l'Iliade, pome guerrier, o le bronze est roi.

    L'esprit humain pour sa commodit, aime dcouper l'histoire en priodes tranches. Mais ces coupures, surtout lorsqu'il s'agit de tech-niques industrielles, correspondent bien rare-ment des transformations rapides et totales. L'usage du fer a commenc se rpandre en Grce vers le xn c sicle. Mais il est faux qu'il ait tout de suite dtrn la technique du

    Ci-dessus : Frise Nord du trsor de Cnide montrant les casques et les boucliers en bronze des soldats Grecs.

    North frieze of Cnide's treasure showing the bronze helmels and shields ol greek soldiers.

    Friso del Norte del tesoro de Cnide ensenando los cascos y los escudos de los soldados grecos.

    1

    GRECQUE

  • Miroir grec en bronze (Muse du Louvre)

    Grcek mirror in bronze (Mu-see du Louvre)

    Espejo greco de broncc (Mu-sai del Louvre)

    bronze. Celle-ci tout au contraire, stimule peut-tre par la concurrence du mtal nouveau, a continu progresser. Il s'en faut d'ailleurs de beaucoup que le travail des forgerons ait russi donner rapidement au fer les qualits de duret, de rsistance au choc, de lgret relative exiges pour les armes dfensives et offensives. Le fer tait donc depuis longtemps employ couramment pour les usages de la vie civile alors que les armuriers des villes du bronze, lgitimement fiers de leurs traditions et de la sret de leur fabrication, restaient les fournisseurs des classes militaires des cits hellniques. Dans l'Europe moderne, le bronze n'est-il pas rest exclusivement employ, ou peu s'en faut, pour la fabrication des canons, jusqu'au milieu du x ix e sicle ? Il a fallu les dernires dcouvertes de la sidrurgie pour le chasser dfinitivement des arsenaux.

    C'est seulement au vu e sicle av. J . - C . , semble-t-il, que la mtallurgie du fer fit, en Laconie, relativement riche en minerai, des progrs suffisants pour permettre la fabrication courante des armes.

    Fragment de la frise du Parthnon (British Musum). Part of the frieze or the Parthnon (British Musum). Fragmenta del friso dcl Partenon (British Musum).

  • CUIVRE LAITONS ALLIAGES

    Il est possible, d'ailleurs, que l'volution ait commenc ds le VIII e sicle. Peut-tre lorsque furent crits le Courroux d'Achille et le Retour d' Ulysse les fabricants d'armes 4 e bronze com-prenaient-ils dj que leur monopole tait menac ? Il n'est mme pas impossible que l'cho lointain de ces proccupations reten-tisse dans la plus ancienne posie homrique. Les morceaux guerriers de celle-ci clbrent, n'en pas douter, l'excellence des armes en bronze. Ils tmoignent d'une admiration si exclusive qu'ils veillent un soupon de par-tialit ; car nous savons par les fouilles que l'on fabriquait en Grce d'excellentes pes de fer au vnie sicle av. J . -C. Mais cette partialit ne saurait nous surprendre. Elle apporte seu-lement un tmoignage supplmentaire ; elle nous confirme dans l'ide que le premier, Homre collaborait avec cette aristocratie d'armateurs, de marchands et d'industriels, noblesse du sang et de la richesse, entrepre-nante et magnifique, qui dans la seconde moiti du viue sicle domine dans la plupart des cits grecques et qui Corinthe, Egine, Sicyne, Chalcis, dans les villes de l'Eube et de l'isthme, a fait sa spcialit principale de l'industrie du bronze et en tire force, richesse et fiert.

    Trs tt, toujours sans doute, la Grce a manqu de matires premires, de bls, de bois, de minerais. Ds que le travail grec put reprendre avec quelque intensit, cette pnurie endmique devint insupportable. Et les flottes hellniques, obissant une sorte d'impratif gographique reprirent tout naturellement les chemins qu'avaient suivis avant elles les marines genne, crtoise et mycnienne.

    Au premier rang des cits qui partirent ainsi la conqute des matires premires se pla-aient naturellement, ncessairement les villes du bronze. Plus que toutes les autres, avant toutes les autres, elles durent aller chercher au loin les minerais indispensables leur industrie. Chalcis possdait bien sur son terri-toire, en Eube mme, des mines de cuivre qui lui donnrent son nom et dcidrent de sa vocation. Mais les filons s'puisrent et la production locale devint insuffisante. Chalcis comme ses voisines, Egine, Corinthe, Sicyne, recourut certainement au minerai de Chypre, qui alimentait depuis des temps immmoriaux, depuis la fin de l'ge de pierre, les forges et les fonderies de la plus grande partie de l'Orient et des rivages de la Mditerrane orientale. C'est d'ailleurs vraisemblablement cette ri-chesse en cuivre qui avait attir Chypre les conqurants et les colons achens ds l'poque mycnienne. Mais au vme sicle, le voyage du golfe Saronique jusqu' la grande le tait une entreprise alatoire et prilleuse. Chalcis ren-contrait sur sa route le rival asiatique, le con-current carien, alli peut-tre dj de Milet,

    spcialis lui aussi dans l'industrie du bronze et dans la fabrication des armes. Trs pru-demment, pour elle-mme et sans doute aussi pour ses associs de l'isthme et du golfe, elle prfra se rserver d'autres sources plus sres et moins loignes. Elle les trouva sur les ctes

    Guerrier Grec dont 1' presque entirement (Muse de l'arme

    Greek warrior whose almost entirely of Musum in Paris).

    Guerrero Greco cuyo casi todo de bronce Ejrcito en Paris

  • de Thrace, qu'elle garnit de ses tablissements et notamment dans la pninsule aux trois pointes, fort riche en minerai, que ses colons occuprent et mirent si bien en valeur qu'elle devint la presqu'le de Chalcis et que nous continuons l'appeler la Chalcidique.

    , , , p , , .ULTIMHEAT En vente, Ja fourniture du cuivre n a j ; " V l f t t u A L M U S E U M

    t un problme grave pour les mtallur listes de Chalcis, d'Egine, ou de Corinthe. Le cuivre n'tait pas, proprement parler, un minerai rare. Mais l'laboration du beau bronze, solide, rsistant, du bronze ncessaire pour la fabri-cation des armes, exigeait un autre mtal infi-niment moins commun, un mtal mystrieux qui, facile fondre et fragile quand il est seul, donne au cuivre, par son mlange, une incomparable duret. Il s'agit de l'tain. De ce mtal peu rpandu il fallait des quantits apprciables puisque la teneur en tain des bronzes antiques varie du dixime au septime. Et ni la Grce, ni les pays voisins de la Grce ne produisent de l'tain.

    L'tain a jou, dans la haute antiquit, un rle qu'on ne saurait comparer qu' celui de l'or dans le monde moderne. Il a exerc sur les imaginations la mme fascination. Les hommes et les Etats se le sont disput avec la mme pret. II a suscit le mme esprit d'aventure. C'est lui qui a pouss les marins grecs tenter le priple de l'Espagne et qui les a attirs, sur leurs frles coques de noix, jus-qu'aux les de Cassitrides l'extrmit sud-ouest de la Grande-Bretagne, en dpit des vents du large et de la houle de l'Ocan.

    Au vm e sicle, on n'allait pas encore qurir le fabuleux mtal sur les terres aussi excen-triques. Mais on allait dj le chercher fort loin. On s'est longtemps demand d'o venait la plus grande partie de l'tain qui a aliment pendant deux millnaires et mme davantage les fonderies de l'orient mditerranen. Le problme est aujourd'hui peu prs rsolu. Et c'est le nom mme du mtal, son nom grec cassiteros, qui a achev de livrer son secret. Dans un mmoire, prsent l'Acadmie des Inscriptions, M. Hrozny a montr que, selon toute vraisemblance, l'tain c'est le mtal des Cassites. Les Cassites apparaissent dans l'his-toire au dbut du deuxime millnaire. Du nord-est de la Msopotamie, des montagnes du Zagros, ils menacent ds lors, l'empire de la premire dynastie de Babylone. Lorsque cet empire aura t abattu par les Hittites, ils fonderont eux-mmes vers 1750, la troisime dynastie de Babylone. Le gros du peuple est constitu par des