Caroline Quine Alice Roy 46 IB Alice Et Le Mannequin 1970

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CAROLINE QUINEALICEET LE MANNEQUINComme c'est bizarre : dans la vitrine d'un magasin d'antiquits orientales, les yeux d'un mannequin de cire semblent bouger ! En faut-il davantage pour lancer la jeune dtective Alice sur le sentier de la guerre ?Aussi, lorsqu'un client de son pre lui demande de retrouver le mannequin, qui a t enlev de la faon la plus mystrieuse, la jeune fille n'hsite pas une seconde. La cl de l'nigme devrait se trouver en Turquie. Qu' cela ne tienne ! Alice prend l'avion pour Istanbul.C'est l que va se jouer une partie terriblement serre ! Guette par de dangereux espions qui se dissimulent derrire chaque mosque, la jeune dtective n'a pour se dfendre que sa perspicacit !ALICEET LE MANNEQUIN

CAROLINE QUINEALICE

ET LE

MANNEQUINTEXTE FRANAIS D'ANNE JOBA

ILLUSTRATIONS D'ALBERT CHAZELLEHACHETTETABLE DES MATIERES

I. Message secret

8 II. Je l'aime

18III. Une piste

26 IV. Togo s'en mle !

32 V. Le voleur au bracelet.

40 VI. Les babouches

48 VII. Un suspect

56 VIII. De fcheuses nouvelles

64

IX. Srieuse mise en garde

71 X. Dception !

76 XI. Acha

89 XII. Cruel mensonge

96 XIII. Erreur de personne

104 XIV. Un secret bien gard

112 XV. Le dpart s'organise

122 XVI. Une confession inattendue

131XVII. Une arme originale

138XVIII. Enleve !

150 XIX. Joyeuse runion

160XX. Mission accomplie

169

CHAPITRE PREMIERMESSAGE SECRETLa plaque de cuivre annonait James Roy, avocat-conseil . Alice ouvrit la porte et entra. Son pre lui avait tlphon de venir le chercher, sa voiture tant en rparation. Bonjour, dit Alice Mlle Hanson, la secrtaire principale. Bonjour, Alice. Votre pre sera prt d'ici quelques minutes. Mlle Hanson eut un rire lger et montra du doigt un colis pos sur une chaise. On vient de le livrer, fit-elle. Il a un petit air mystrieux. Il n'en fallait pas davantage pour veiller la curiosit d'Alice. Le paquet, fait avec un soin minutieux, mesurait environ cinquante centimtres de ct. Il avait t expdi par avion. La jeune fille examina les timbres et les cachets de la poste avant de dire : Il vient de Turquie, d'Istanbul. Elle chercha ensuite le nom et l'adresse de l'expditeur. Ils n'y taient pas. Voil qui est trange ! marmonna-t-elle.Juste ce moment, James Roy, un grand et bel homme, allant sur la cinquantaine, sortit de son bureau. Qu'y a-t-il d'trange ? demanda-t-il. Tiens ! Un colis en provenance d'Istanbul. Je n'ai pourtant rien command l-bas. Voyons, Alice, toi qui as bonne mmoire, te souviens-tu si un de nos amis s'est rendu en Turquie ces derniers temps ? La jeune fille rflchit un instant avant de rpondre. Non. Pas ma connaissance, du moins. Ouvrons ce paquet. Le nom de l'expditeur se trouve peut-tre dedans. Mlle Hanson alla chercher une pince et coupa le fil de fer qui retenait le plomb de la douane. Aprs avoir retir toile sac et papiers d'emballage, elle dplia un tapis de prire qui mesurait un mtre sur un mtre cinquante. Comme il est beau ! s'cria Alice en l'talant terre.C'tait un tapis d'Orient en soie ; au centre, un motif de fleurs rehaussait le fond d'or ple et ses bords prsentaient un dessin trs labor, compos de feuilles, de tiges, de figures gomtriques dans les tons rose fonc, bleu et or. C'est ravissant ! fit Mlle Hanson. Il est tout de mme curieux que l'expditeur n'ait pas joint sa carte l'envoi. M. Roy contemplait le tapis en silence. Je vais mettre une hypothse, dit-il enfin. Vous rappelez-vous, mademoiselle Hanson, mon client turc, Farouk Tahmasp ? La secrtaire fit oui de la tte. Ah ! Le propritaire d'un magasin de tapis qui a disparu sans laisser d'adresse, prcisa-t-elle. Exactement. Se tournant vers Alice, l'avocat poursuivit : Sa boutique se trouvait dans la rue Ford. Un tailleur s'y est install depuis. Farouk vendait des articles orientaux de toute beaut et, forcment, trs chers. Les autorits douanires l'avaient accus d'avoir pass en contrebande certains tapis prcieux. Il s'en tait dfendu et m'avait demand conseil. Aprs m'tre entretenu longuement avec lui, j'avais accept de m'occuper de son affaire ; or, peu avant qu'elle vienne devant le tribunal, il a disparu, sans m'avoir prvenu de ses intentions. Il m'a fait parvenir un mot ; bien qu'innocent, il ne pouvait, me disait-il, supporter la honte de se prsenter en accus devant les juges. Il ne m'indiquait pas o il se rendait et, depuis, je n'ai plus entendu parler de lui. C'est grand dommage ! Il ignore ainsi qu'il a t acquitt. Quelqu'un, en Turquie, l'avait accus tort ; un envieux, sans doute. Quelle malchance ! fit Alice. Ses yeux brillrent. Je me rappelle son magasin, poursuivit-elle. N'y avait-il pas un mannequin l'intrieur ? Oui, il y en avait un. Farouk ne vendait pas exclusivement des tapis, reprit la jeune fille, mais aussi des tas d'objets : colliers, bracelets, boucles d'oreilles, bibelots, chles, et autres parures fminines. Ah ! ah ! Je vois que tu y es souvent alle , fit M. Roy, taquin.Alice eut un sourire. Ma premire rencontre avec le mannequin, que j'avais baptis Lela, remonte plusieurs mois. Il tait habill comme une jeune fille turque : pantalon bleu clair et blouse manches longues de couleur cerise. J'avais t fortement intrigue par le long voile blanc qui lui recouvrait entirement la tte, ne laissant voir que les yeux et la naissance du nez. Cela n'aurait pas d t'tonner, dit M. Roy. Avant l'instauration de la rpublique, en 1923, il tait interdit aux femmes de montrer leur visage. Aujourd'hui, la plupart portent des vtements occidentaux. Un jour que je contemplais Lela, elle m'a fait un clin d'il, reprit Alice en riant. Du moins, j'en ai t persuade. Je suis souvent retourne pour voir si cela se reproduirait et aussi pour admirer les colliers et bracelets dont elle tait pare. Oui, elle servait en quelque sorte de prsentoir. Tu ne manques pas d'imagination, ma chrie. Je n'ai jamais vu de mannequin cligner de l'il. Mlle Hanson et Alice s'esclaffrent. A propos, dit M. Roy, la disparition soudaine de Farouk remonte deux ans. Et tu supposes qu'il est retourn en Turquie d'o il t'envoie ce tapis, fit Alice. Te devait-il de l'argent ? L'avocat secoua ngativement la tte. Voil le point singulier de l'histoire, rpondit M. Roy. Avant de partir, Farouk Tahmasp m'a fait remettre une somme qui dpassait de beaucoup le montant de mes frais et j'ai toujours voulu lui en retourner une partie. Qu'est-il advenu du mannequin ? s'enquit Alice. M. Roy dclara l'ignorer.

Farouk l'aura sans doute vendu une boutique ou un muse, dit-il. Il devait avoir une grande valeur en juger par la beaut des mains. Je les revois, poses sur les genoux, elles paraissaient vivantes ; leur forme tait admirable, l'uvre d'un artiste. Elles taient en cire, n'est-ce pas ? Oui, comme sans doute le reste du mannequin , rpondit M. Roy.Il ajouta que, selon les voisins de Farouk Tahmasp, tous les objets contenus dans la boutique avaient t chargs dans des camions et emports vers une destination inconnue. Un revendeur de New York aurait pay le tout au comptant.Si bien qu'il est impossible de retrouver ton client, fit Alice, dpite.Tout en parlant, elle ne quittait pas le tapis des yeux. Puisque l'expditeur n'a pas inclus sa carte de visite dans le colis, ne penses-tu pas, dit-elle son pre, qu'un message ait pu tre tiss dans le dessin ? Le tapis est moderne, certes, mais l'auteur du carton a fort bien pu recourir une coutume ancienne : celle de dissimuler des messages secrets dans les motifs. Il parat que c'tait courant en Turquie. M. Roy ne put retenir un sourire. Connaissant ton amour des mystres, et aussi ton intuition remarquable, dit-il, voyons si un signe quelconque nous mettra sur la voie. Mlle Hanson dbarrassa son bureau sur lequel Alice posa le tapis. Tous trois se mirent ensuite examiner avec soin la bordure. Leurs doigts suivaient arabesques et fleurs.Tout coup, Alice identifia un objet dissimul parmi des feuilles. On dirait un sceptre , fit-elle.Elle continua promener l'index sur le pourtour du tapis et l'arrta sur l'image d'un homme et d'une couronne. Aprs les avoir observs longuement sans mot dire, elle s'cria : Voil un indice ! Regardez ce sceptre et un peu plus loin cet homme couronn. Oui, rpondit Mlle Hanson. Qu'est-ce que cela signifie? Je pense sans en tre sre que ces signes dsignent mon pre : Roi pour Roy. Bravo ! s'exclama Mlle Hanson. Vous tes extraordinaire, Alice. Toutefois, cela n'explique pas pourquoi Farouk Tahmasp n'a pas tout bonnement crit ce qu'il voulait dire par un courrier normal. Alice suggra que la rponse cette question se trouvait peut-tre dans le tapis. Papa, je suis de plus en plus persuade qu'un message a t tiss ton intention dans la bordure. Il faut absolument Que nous le dchiffrions. Vous y russirez , dclara Mlle Hanson avec une touchante conviction.Connaissant les Roy depuis plusieurs annes, elle prouvait a leur gard une vive admiration double d'affection.Fatigu de pencher le buste, M. Roy proposa d'taler le tapis par terre et de s'asseoir autour, en tailleur. La proposition aussitt accepte, ils se mirent tous trois observer la bordure.

Au bout d'un moment, Alice s'cria :

Je vois le mot trouvez. Il est crit en franais.

Trouvez quoi ? fit Mlle Hanson.

La question demeura sans rponse. Ils ne firent Pas de nouvelle dcouverte pendant les dix minutes suivantes

Alice, dit M. Roy, il est grand temps de rentrer la maison. Sarah va s'inquiter.

II roula le tapis, l'enveloppa dans le papier d'emballage et le porta dans la voiture d'Alice.

Sarah, la gouvernante, les attendait sur le pas de la porte. Avenante et douce, trs maternelle, elle avait remplac auprs d'Alice sa mre,

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