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Caroline Quine Alice Roy 09 IB Alice Et Le Chandelier 1933

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Text of Caroline Quine Alice Roy 09 IB Alice Et Le Chandelier 1933

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ALICE et le chandelier

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CAROLINE QUINE

ALICEet le chandelierTEXTE FRANAIS D'HLNE COMMIN ILLUSTRATIONS D'ALBERT CHAZELLE

HACHETTE5

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TABLE DES MATIRES Un mystrieux vieillard Premires difficults Une querelle de famille Une trange histoire La cassette Une mission importante La poursuite Indiscrtion Amies ou ennemies? Une triste nouvelle Un testament surprenant Alice fait une dcouverte Les suspects s'enfuient Une rencontre imprvue Le secret du chandelier Le pige Sous les verrous Lueur dans l'ombre Une dangereuse escalade Tout s'claire 9 17 25 34 41 50 56 63 72 81 89 101 109 117 125 133 142 150 156 165

I. II. III. IV. V. VI. VII. VIII. IX. X. XI. XII. XIII. XIV. XV. XVI. XVII. XVIII. XIX. XX.

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CHAPITRE PREMIER UN MYSTRIEUX VIEILLARD OH ! ALICE, on dirait un ouragan ! Le vent va nous emporter! s'cria Bess Taylor, l'air inquiet. Nous allons essayer de poursuivre notre route, dit Alice la jeune fille assise ct d'elle dans la voiture. Tu as raison, approuva Marion Webb. Un arbre pourrait s'abattre sur nous. Je parie que le vent souffle plus de cent cinquante kilomtres l'heure ! Aucune affaire, aussi mystrieuse soit-elle, ne vaut la peine que nous courions un tel risque , rpondit Bess en frissonnant. Les trois amies se rendaient aux Bougies-Torses, une auberge isole o vivait un vieil homme, parent des Taylor et des Webb. Des amis de ces derniers avaient surpris une conversation un soir

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qu'ils dnaient l'auberge. D'aprs certaines rumeurs, l'homme tait retenu prisonnier dans la tour de la vieille maison. Bess et Marion ne connaissaient pas l'endroit et elles avaient demand Alice de les accompagner afin de savoir si les bruits qui couraient taient fonds. S'il y avait quelque chose de louche, Alice que ses amies appelaient affectueusement notre dtective n'aurait aucun mal claircir le mystre. Les trois amies avaient dcid que les occupants de l'auberge ignoreraient tout de leur mission. L'homme que nous allons voir, est bien votre grand-oncle ? demanda Alice. Oui, rpondit Marion. Il s'appelle Abel Sidney, et l'auberge lui appartient. Mais, il y a deux ans, il en a confi la direction aux poux J animes. Les arbres et les buissons se courbaient sous le vent qui s'tait brusquement lev et poussait prsent de longs sifflements aigus. Il venait fouetter la voiture avec force dans un tourbillon de poussire et de feuilles. Oh ! s'cria soudain Bess. Regardez ! A peu de distance de la voiture, un immense orme s'tait mis osciller dangereusement. Alice eut peine le temps de freiner : l'arbre s'abattit en travers de la route avec un craquement sinistre. Pendant quelques instants, les trois amies restrent cloues sur leurs siges. Ce fut Bess qui parla la premire : II ne nous reste plus qu' faire demi-tour et rentrer chez nous. Ne dis pas de btises ! rpliqua Marion. L'auberge n'est pas loin, je l'aperois d'ici ; nous pouvons y aller pied. Alice rangea la voiture le long de l'arbre afin de la mettre l'abri de la tempte. Au moment o les jeunes filles sortaient du cabriolet, une rafale de vent leur bouriffa les cheveux et leur cingla le visage. Les yeux mi-clos et se protgeant de leurs bras, elles se dirigrent vers l'auberge aprs avoir contourn l'arbre. Elles avanaient avec lenteur, mais elles parvinrent enfin la vaste pelouse qui s'tendait devant l'auberge. Plusieurs voitures taient gares sur l'alle en forme de demicercle faisant suite la route qu'elles venaient d'emprunter. L'auberge tait une vaste btisse dont le corps central, sorte de haute tour au toit plat, comprenait deux tages et tait flanqu de deux ailes plus basses, au toit galement plat.10

Une ple lumire brillait au rez-de-chausse et, au sommet de la tour, la flamme vive d'une bougie place derrire les vitres d'une fentre semblait attendre les voyageurs. Hors d'haleine, Alice et ses amies escaladrent les marches du perron et se retrouvrent sous le porche au moment prcis o la pluie se mettait tomber. Marion regarda les voitures et fit observer avec un sourire forc : Je me demande ce que leurs propritaires diront quand ils verront cet arbre en travers de la route. Ils seront furieux , prophtisa Bess. Et elle ajouta en passant les doigts dans la masse de ses cheveux blonds : Je dois tre horrible. On le serait moins, rpondit Marion. N'oublie pas que nous venons d'chapper un voyage dans l'espace ! Alice passa la premire et ouvrit la porte. Les jeunes filles entrrent. Devant elles s'tendait un long vestibule clair par des candlabres lectriques accrochs aux murs. Les ampoules disposes sur ces candlabres taient de forme trange, curieusement contournes la manire de colonnes torses. A droite et gauche, de larges baies en plein cintre s'ouvraient sur des salles aux proportions imposantes et dans lesquelles taient alignes de petites tables. Sur chacune d'entre elles tait pose une lampe de forme trange, elle aussi. Quand les jeunes filles entrrent, quelques couples levrent vers elles des visages intrigus, puis, leur curiosit satisfaite, s'absorbrent nouveau dans la contemplation de leur assiette. Au fond du vestibule, une porte s'ouvrit. Une femme parut, vtue de noir et portant un tablier blanc orn d'un volant. Elle se dirigea vers les visiteuses. Bonjour, madame, dit Alice. Pourriez-vous nous servir du th et quelques tartines ? Nous voudrions attendre la fin de l'orage pour repartir. La femme, une personne grande et sche, aux lvres minces hocha la tte. Installez-vous o vous voudrez, dit-elle. Y aurait-il un endroit o nous pourrions faire un brin de toilette et nous donner un coup de peigne ? demanda Alice. Nous avons des chambres au premier tage, rpondit la

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femme. Celle qui est au fond du couloir est inoccupe. Vous pouvez y aller. Les jeunes filles gravirent un escalier dont les marches grincrent sous leurs pas. Elles trouvrent la chambre et y pntrrent, Alice et ses amies commencrent aussitt se recoiffer et remettre un peu d'ordre dans leur tenue. C'est alors qu'une voix d'homme retentit soudain sur le palier : O vas-tu avec ce plateau, petite misrable ? Alice, l'afft du moindre indice, se tourna vers ses compagnes, un doigt pos sur les lvres. On entendit une voix rpondre, mais c'est peine si Alice put comprendre ces mots couverts par les sifflements du vent : ... C'est son anniversaire... Il a cent ans aujourd'hui... Aussi je pensais que... - Eh bien, moi, a m'est gal ! s'cria l'homme. Remporte ce plateau la cuisine. J'ai trois clientes qui viennent d'arriver Descends les servir et dpche-toi ! Mais... c'est son anniv... protesta la jeune fille.

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Tais-toi ! Je lui monterai quelque chose plus tard. Un bruit de verre bris fit sursauter Alice et ses amies. Elles comprirent que le vent avait enfonc les fentres du rez-de-chausse. Des pas prcipits retentirent dans l'escalier : l'homme tenait sans doute aller constater les dgts et rassurer ses clients. Alors la porte de la chambre dans laquelle se trouvaient les voyageuses grina sur ses gonds et s'ouvrit avec lenteur. Alice la regardait, fascine. Enfin apparut la mince silhouette d'une jeune fille d'environ seize ans. Elle semblait terrifie, mais cette frayeur tait-elle due l'orage, ou bien la scne qui s'tait droule sur le palier quelques instants plus tt ? Comme l'htesse qui avait accueilli les trois amies, la jeune fille portait une robe noire et un tablier blanc. Ses doigts taient crisps sur les bords d'un plateau. Un bouquet de fleurs et plusieurs assiettes semblaient en grand danger de glisser sur le plancher. Attendez, je vais vous aider ! s'cria Alice. Mais qui... ? La nouvelle venue poussa un petit cri d'effroi, et on la vit chanceler. Alice rattrapa le plateau au vol et, du mme mouvement, le passa Bess, berlue. Puis, voyant la jeune fille toute tremblante, elle la prit par la taille et l'entrana gentiment vers le lit. Ne vous tourmentez plus, dit-elle. Le vent se calme. Il n'y a plus rien craindre. La jeune fille se laissa glisser sur le lit. Plus rien craindre ? rpta-t-elle dans un murmure. Soudain, elle se releva d'un bond. Mon Dieu, o ai-je la tte ? s'cria-t-elle. II... il faut que je m'en aille... Il le faut absolument... Les bougies torses... Les bougies torses ? rpta Alice. Oui... Il commence faire nuit et il faut que je l'aide les allumer. Les trois amies changrent des regards intrigus, puis Alice demanda : Qui devez-vous aider ? L'homme qui tait dans le couloir ? Oh ! non ! Celui qui vit dans la tour. C'est un vieil homme charmant et... La jeune fille s'interrompit, et son regard se perdit dans le vague. Au bout d'un instant, elle reprit : Je vais descendre vous prparer dner. Elle eut un instant d'hsitation comme si elle allait ajouter quelque chose, mais elle demeura silencieuse.

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Je m'appelle Alice Roy, dit Alice comme pour l'encourager. Et voici Bess Taylor et Marion Webb. Elle pronona rapidement les noms de ses amies afin que la jeune fille ne se les rappelt point. Mon nom est Peggy, Peggy Bell, rpondit la serveuse. II... faut que j'obisse aux ordres qu'on m'a donns. Je n'ai pas le droit de flner, sinon... - Sinon quoi... ? demanda Alice. Avec ce qui vient de se passer, personne ne remarquera votre absence. - L'homme qui habite la tour doit avoir faim, intervint Marion. Vous devriez lui monter ce plateau. Je le voudrais bien, mais je n'ose pas, rpondit Peggy, les yeux pleins d'effroi. On me l'a dfendu... Alice vit l une excellente occasion de commencer ses recherches : Elle pourrait monter le plateau elle-mme. Ce serait trop bte de... gaspiller cette nourriture, dit-elle. Et puisqu'elle est destine M... ? A M. Sidney, rpondit Peggy. C'est lui le propritaire des Bougies-Torses, mais il habite tout seul dans la tour. Il a cent ans aujourd'hui, et c'est pour fter son anniversaire que je lui ai prpar quelques douceurs. Je voudrais bien voir ce vieillard,

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