La Guadeloupe et d©pendances

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Auteur. Guesde, L. / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antilles et de la Guyane. Service commun de la documentation, Université de Nantes.

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  • LES COLONIES FRANAISES

    La Guadeloupe & dpendances

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    Ville de Pointe--Pitre

  • BIBLIOTHEQUE UNIVERSITAIRE NANTES - LETTRES

    INV. 59 393

    COTE 59 393

    LOC mag

    ND. 530 359 B U. NANTES LETTRES

    D 008 561083 9

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  • LES COLONIES FRANAISES

    LA

    GUADELOUPE ET DPENDANCES PAR

    M. L. GUESDE COMMISSAIRE DE LA GUADELOUPE A L'EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1900

    Dessins par MM. EUGNE LE MOUEL et L. FILHOL. Vues d'aprs les photographies de M. L. GUESDE.

    Commissaire de la Guadeloupe et dpendances l'Exposition de 1900 : M. L. GUESDE, secrtaire de la Chambre d'Agriculture de la Pointe--Pitre.

    Commissaire adjoint : M. MAURICE HUET, conseiller du Commerce extrieur de la France, dlgu des Chambres d'Agriculture et de Commerce de la Guadeloupe au Comit consultatif du Commerce de l'Agriculture et de l'Industrie.

    Secrtaire du Commissariat : M. ANDR BORIE.

    PARIS IMPRESSIONS D'ART

    PIERREFORT 12, RUE BONAPARTE, 12

    1900

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  • M. J. Charles Roux, Ancien Dput, Dlgu des Ministres des Affaires trangres et des Colonies l'Exposition univer-selle de 1900.

    M. Marcel Saint-Germain, Snateur, Directeur adjoint au Dlgu.

    M. Ivan Broussais, Sous-directeur. M. Victor Maurel, Secrtaire gnral. M. Frdric Basset, Chef du Cabinet du Dlgu.

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  • LA GUADELOUPE ET DPENDANCES

    PAVILLON

    DE LA GUADELOUPE

    (Dessin de M. EUGNE LE MOUL).

    Le Pavillon de la Guadeloupe.

    La Guadeloupe oc-cupe, sur le ct Ouest du Trocadro, entre

    la Martinique et la Runion, un pavillon original, un peu petit, mais coquet, dont la large vranda qui l'en-toure sera, par les temps de grande cha-leur, vivement appr-cie par ses visiteurs.

    On a devant soi un tableau absolument en-chanteur : ce sont d'abord des corbeilles

    de roses aux tons aussi varis qu'clatants, puis les cascades du Troca-dro; au del, la Russie d'Europe, la Russie d'Asie, l'Algrie et enfin, dans le lointain, la succession des dmes et des clochetons des merveilleux palais qui s'chelonnent sur les deux rives de la Seine.

    Ce petit pavillon est encadr dans un massif de verdure o domine le bambou aux liges lances et nonchalantes qui font rver aux enchante-ments du pays merveilleux d'o il a t tir.

    Une ceinture de superbes coquilles d'un rose clatant jette sur cette verdure une note gaie qui captive le passant.

    La Guadeloupe est une colonie essentiellement agricole; c'est l'agricul-ture qui la fait vivre. Aussi a-t-elle tenu honneur de mettre sous les yeux de la Mre-Patrie, l'occasion de celte grande manifestation nationale, toutes ses productions agricoles.

    C'est profusion qu'elle a tal ses sucres, d'une blancheur clatante, ses cafs, d'un vert sombre, ses cacaos, d'un brun tirant sur le roux, ses mus-cades odorantes, ses vanilles au parfum si doux, puis des corces de cannelle, du poivre, du bois d'Inde, de la cire, du miel, des fcules de manioc, etc., etc.; le tout encadr dans une multitude de bouteilles de rhums, les uns ns d'hier, les autres d'un ge des plus respectables.

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    A ct de tous ces produits, on remarque encore des cailles de tortue

    caret, des corces tannantes, enivrantes, tinctoriales, des liqueurs varies, des confitures, des racines odorantes, des bois d'bnisterie, plus beaux les uns que les autres, aux tons les plus varis, depuis le jaune clair jusqu'au

    vert sombre, en passant par toutes les nuances intermdiaires. Sous la vranda, sont groups des moulins et des pilons caf, des

    moulins manioc et tous les appareils employs dans la prparation de la

    farine et de la fcule; des ustensiles de pche, des membrures d'embarca-

    SITE DE LA GUADELOUPE (Dessin de M. EUGNE LE Moul.).

    lion, des madrpores, des paniers, des ventails, des chaises, des lianes, des poteries, des eaux thermales et minrales, des verres en quassia amara, des botes charmantes en rnancenillier, un secrtaire dans la construction duquel sont entrs les plus beaux bois de la colonie, des cordes fabriques avec les textiles du pays, des jougs de tous les types, une tortue colossale, deux normes requins aux dents acres, des oiseaux la large enver-gure, etc., etc.

    Aux quatre coins de la salle intrieure, se dressent des vitrines qui ren-ferment l'une une collection de poissons, de reptiles, de crustacs; l'autre des oiseaux, des mammifres, des coloptres, des lpidoptres; la troi-sime des chapeaux en lufa et en peaux de paille queue, des ventails

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    d'une facture (l'une dlicatesse extrme, des coiffures du pays en madras divers, des travaux en cailles de poisson et en coquilles montes sur fils d'argent; enfin, la quatrime toute une bibliothque : /'Histoire de la Gua-deloupe; la Guadeloupe agricole et industrielle ; les Hommes illustres de la Guadeloupe ; la Lgislation sur les eaux de la Guadeloupe ; le tout par le distingu M. J. Ballet.

    Les murs intrieurs sont orns d'aquarelles remarquables reprsentant des plantes intressantes par leur usage, des poissons aux formes les plus extraordinaires et aux couleurs les plus vives; d'une trs belle carte routire de la Guadeloupe; de la carte des sources de toutes les rivires du sud de la Guadeloupe proprement dite; d'antiquits carabes, de groupements d'oiseaux que l'on croirait vivants.

    Au centre du pavillon se dresse un mt photographique qui permet au visiteur de se transporter dans notre vieille colonie, de faire la connais-sance de ses bourgs, de ses villes, de ses sites merveilleux;

    Enfin, au-dessus de chaque porte, encadres dans le drapeau national, les armes de la Guadeloupe : fleurs de lys d'or sur azur, soleil clatant sur gueule, cannes sucre d'or traversant le tout.

    NOTICE HISTORIQUE

    Le 4 novembre 1493, Christophe Colomb, au cours de son deuxime voyage dans le Nouveau Monde, aprs avoir reconnu la Dominique et Marie-Galante, dcouvrit l'le appele Turukra ou Karukra par les naturels qui l'occupaient. Il dbarqua sur la cte Sud de l'le, dans la baie de Sainte-Marie, o il visita un village dont les habitants avaient fui son approche.

    Des ossements, puis des membres humains encore tout sanglants gisant sur le sol ct d'un grand feu, montrrent Colomb qu'il tait arriv dans le pays des Carabes, dont il avait entendu parler Hispaniola, son prcdent voyage.

    Quelques femmes, enleves par les Carabes dans les les voisines, se rfugirent auprs des Espagnols et leur firent comprendre qu'ils taient bien dans un village carabe.

    Colomb resta Karukra jusqu'au 10 novembre, puis il fit voile vers le Nord-Ouest.

    Avant de quitter l'le, il lui donna le nom de Guadalupe, pour tenir la promesse qu'il avait faite aux moines de Notre-Dame de Guadalupe, en

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    Estramadure, de donner le nom de leur patronne une des terres qu'il

    dcouvrirait. En souvenir de la Toussaint, il appela los Santos (les Saintes) le groupe

    d'les qu'il rencontra en quittant Sainte-Marie. En 1496, Christophe Colomb revint la Guadalupe, mais il n'y fonda

    aucun tablissement. Ce n'est qu'en I5I5 qu'un Espagnol, Ponce de Lon, chercha colo-

    niser la Guadeloupe, mais il dut renoncer son projet par suite de l'atti-

    tude des Carabes. En 1523, le roi Franois Ier envoya la Guadeloupe des missionnaires

    SUR LE MARCH DE LA. POINTE-A-PITRE

    (Dessin de M. L. FILHOL).

    dans le but de catchiser les Carabes; mais ils furent tous massacrs. Ce

    furent les premiers Franais qui cherchrent s'tablir dans l'le.

    En 1626, Desnambuc obtint d cardinal de Richelieu l'autorisation de

    crer la Compagnie des les d'Amrique pour une dure de vingt ans. Il eut

    lutter contre les Anglais et surtout contre les Espagnols, qui taient dj

    installes dans les Antilles; mais il russit les en chasser.

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    En 1635, Desnambuc passa son privilge de l'Olive et Duplessis,

    qui s'installrent, le premier l'Ouest de la Pointe-Allgre, sur la rivire

    du Vieux-Fort; le second l'Est de la mme pointe,.sur la rivire du

    Petit-Fort. A partir de celte poque, la colonie traverse des phases assez critiques,

    nuisibles a sa prosprit, et ce n'est qu'en 1640 qu'elle commence prendre son essor.

    De 1G 1648, de nombreuses sucreries se fondent sous l'impulsion de Hollandais chasss du Brsil par les Portugais : c'est le point de dpart

    de la culture de la canne sucre la Guadeloupe. En 1664,-la Guadeloupe passe aux mains de la Compagnie des Indes

    Occidentales, avec un privilge de 40 annes; mais, dix ans plus tard, Louis XIV runit les Antilles au domaine de la couronne.

    De 1690 181 G, la Guadeloupe passe plusieurs fois sous la puissance

    de l'Angleterre. Elle fut, pendant celle priode, le thtre de luttes hro-

    ques, dans lesquelles les colons firent preuve d'un courage et d'un patrio-

    tisme au-dessus de toute expression. Enfin, le 15 juillet 1816, elle devient dfinitivement terre franaise.

    La Guadeloupe, franaise dans l'me, a toujours senti son cur battre

    l'unisson de celui de la Mre-Patrie; aussi, a-t-elle toujours tenu bien'