Histoire et formes urbaines

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    Histoire et formes urbaines

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    I. Repres historiques ..................................................................................................... 3

    1. Premier temps, la ville-mre : du gnie du lieu un modle durable................. 3 1.1. Repli et distance .................................................................................................. 3 1.2. Rapprochement et esquisse d'une centralit.................................................. 4 1.3. Redploiement : la dynamique se roriente ................................................... 4

    2. Deuxime temps : une lente et difficile ouverture ...................................................... 6 3. Troisime temps : dploiement et changement d'chelle............................................. 8

    II. Caractristiques et tat initial : diffrentes enveloppes, diffrents quartiers 10

    1. Caractristiques et sous-ensembles de la ville-mre.......................................... 10 2. Premire couronne.................................................................................................... 12

    2.1. Une extension inacheve de la ville : les Chaprais ..................................... 12 2.2. Concordance de temps, diffrence de forme : le quartier de la Butte ...... 12 2.3. Entre la Butte et les Chaprais.......................................................................... 13 2.4. Anciens villages et hameaux ........................................................................... 15

    3. Priphrie grands ensemble et zonage (ou sparation des fonctions) ............ 15 4. Les franges urbaines ................................................................................................ 16 5. Une traverse des enveloppes : les grands axes ................................................ 17

    III. Description des ensembles et architectures intressantes .............................. 17

    1. Maisons rurales et domaniales.............................................................................. 17 2. Architecture belle poque et modern'style............................................................ 18 3. Cits-jardins ............................................................................................................... 19 4. Maisons structure bois......................................................................................... 20

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    Repres historiques 1. Premier temps, la ville-mre : du gnie du lieu un modle durable

    Le destin de Besanon est nettement lisible dans les potentialits du site, un large mandre ferm par une

    haute colline spare des monts environnants par deux cluses troites en feront d'embl un site dfensif

    propre accueillir une agglomration. Ce gnie du lieu, utilis par les Squanes et repr par Csar,

    orienta, pendant au moins 2000 ans, pour heurs et malheurs, la dynamique urbaine de la ville, oppidum puis

    place forte.

    Sur ce site la topographie vigoureuse et strictement dlimit par la rivire, les Romains, aprs leur

    conqute, ajouteront un dcoupage de l'espace, la fois pratique et sacr, fond sur une division par

    croisement de deux axes principaux (dcumanus et cardo) et de leurs parallles, dlimitant des lots. C'est

    partir de ce dcoupage et du trac qui y est li, que se rpartissent les constructions et les difices publics et

    religieux, marquant par leur monumentalit ou leur emplacement symbolique la forme urbaine gnrale.

    Cette manire d'organiser l'espace partir d'un site donn (le genius loci) et d'un dcoupage orthogonal

    ponctu par des difices monumentaux, si elle est trs ancienne, est encore celle qui marque le paysage du

    centre ancien (ou de la ville-mre).

    1.1. Repli et distance

    Pourtant cette matrice originelle va, la fin de l'empire romain, se rduire en une cit en grande partie

    ruine, craintivement blottie au pimont de la Citadelle (l'actuel quartier St Jean).

    Au cours du haut Moyen Age, une lente dynamique se rorganise autour du passage de la rivire (le pont

    Battant) et une agglomration appele le bourg se dveloppe aux deux extrmits. C'est la partie active de

    la ville o artisans et commerants s'installent pour capter un flux. Le pied de la colline de la Citadelle appel

    la Cit est, quant lui, un quartier essentiellement administratif (et ecclsiastique). Entre deux, l'abbaye St

    Paul fixe dans sa proximit un ensemble de maisons, anctre de l'actuelle rue Bersot.

    Le reste de la Boucle semble peu ou pas rebti ; la ville, clate, se refait partir des ples d'attraction, avec l'amorce de ce qui deviendra le quartier Battant (ou Outre Pont) et de l'hyper centre autour de la rue

    des Boucheries, du march, de la rue C. Pouillet et de la rue Pasteur.

    St Ferjeux, loin sur le plateau, est dj un centre de plerinage ; une abbaye St Martin ( l'histoire imprcise)

    existe dans le vallon de Bregille et la paroisse de Velotte apparat dans les textes vers le milieu du 11e

    sicle.

    Dans la seconde moiti du 12e sicle un mur d'enceinte enclos le quartier d'Outre-Pont (aujourd'hui Battant)

    quartier qui s'est alors dvelopp au point d'tre le plus densment peupl au 13e sicle (Fietier).

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    1.2. Rapprochement et esquisse d'une centralit

    Au 14e sicle, l'installation de l'Htel de Ville, place St Pierre, cre un nouveau point d'ancrage mi-distance

    du Bourg actif et populeux et de la Cit Capitulaire, ecclsiastique et administrative. L'espace entre les deux

    ples principaux va se combler peu peu.

    Au 16e sicle, les continuits bties de la Grande Rue et de la rue des Granges sont en place (comme celles

    des rues Renan, Ronchaux, Rivotte et des Martelots au pied de St Jean). Mais les arrires de ces rues sont

    encore bien vides. Des jardins, des vignes, des prs mme simmiscent entre deux et la ville a sans doute

    encore un aspect quelque peu rural qui durera jusqu'au dbut du 17e sicle, comme nous le fait entrevoir la

    description faite par Despotot. En effet, s'il trouve que les rues de la cit sont belles, grandes et larges, avec

    de belles maisons difies la plupart de pierres, couvertes de tuiles (des htels particuliers remplacent les

    simples tours construites par les familles nobles pour marquer leur prsence en ville et la maonnerie en

    pierres se substitue aux maisons pan de bois, le paysage mdival disparat peu peu.), que la majeure

    partie des maisons sont de trois tages, elles sont aussi assorties de cours, jardins, vergers et de puits

    avec curies pour loger et entretenir chevaux et vaches.

    Cette mme description nous permet aussi d'entrevoir, hors les murs, un ensemble de villages et de

    connatre, mme succinctement, leur fonction. Cinq six villages sis au territoire et banlieue d'icelle, savoir

    Bregille, Velotte, St Ferjeux, la Vze, Montarmot et Palente. Bregille est un village sur le Doubs avec Bourg

    dessus et dessous, des cressonnires ce petit village, qui est quasi tout entour de vignes o croit (sic)

    de trs bons vins. Velotte est pareillement sur la rive du Doubs o la pesche (sic) est fort bonne, et y croit de

    bons fruits, raisins, poires et pommes. St Ferjeuxla terre est fertile, rien n'y manque qu'une fontaine d'eau

    vive. Il y a une tuilerie. La Vze est aussi un village bien peupl il y a une tuilerie et une maladrerie.

    Montarmot est un village compos de plusieurs granges vergiers et terres labourables appartenans aux

    citoyens. Palante est compos aussi de granges et il y a une bonne tuilerie. Cependant, ces villages

    resteront longtemps loin, l-bas, plus proches du plat pays que de la ville close et ferme dans son

    mandre.

    1.3. Redploiement : la dynamique se roriente

    Aprs la conqute franaise, la fin du 17e et surtout au cours du 18e siecle s'esquisse un redploiement de

    l'urbanisation, jusque l principalement oriente par l'axe Citadelle/ Battant. La dynamique lie aux nouvelles

    fonctions de la ville, capitale de province et place forte va remanier de manire durable le paysage urbain de

    la ville. Les terrains ecclsiastiques qui bloquaient jusque l les flancs de la Boucle, ct Chamars voient se

    dvelopper un quartier neuf autour l'Intendance (actuelle prfecture). La modernisation des dfenses par

    Vauban modifie quant elle la colline de la Citadelle, introduit dans l'ensemble urbain les vastes

    quadrilatres des casernes (formes jusque l absentes) et surtout redessine entirement les bordures et

    accs de la ville.

    Du cot de Battant, c'est cette rorganisation des dfenses (rempart bastionn, remaniement du fort Griffon,

    construction de la caserne d'artillerie) qui sera la plus importante. Le quartier populeux et dense n'est gure

    concern par la fivre constructive qui touche le reste de la ville.

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    Au tournant des 18e et 19e sicle, le remplissage des terrains gels va se poursuivre. Vers Chamars, on verra

    encore la construction des arsenaux; mais le sicle avanant, c'est vers la partie nord-ouest de la Boucle que la

    dynamique va se reporter. Tout un lotissement constitu d'immeubles rsidentiels mlangs d'ateliers s'organise:

    les rues Moncey et Morand sont respectivement largies et perces, les rues Proudhon, Gambetta, de Lorraine et

    dAlsace et le square St Amour se tracent et se construisent ainsi que la rue Neuve St Pierre (actuelle rue de la

    Rpublique). Les nouveaux immeubles btis changent encore de taille et l'on peut aujourd'hui encore remarquer

    de grandes disparits d'pannelages travers la Boucle avec souvent des raccords brutaux entre bti en place et

    nouveaux immeubles ( l'angle de la rue