Un si¨cle de cartographie topographique et th©matique .Un cas particulier, ... Les explorateurs

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    Fonds Documentaire ORSTOM

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    UN SIECLE DE CARTOGRAPHIE

    TOPOGRAPHIQUE ET THEMATIQUE

    EN CENTRAFRIQUE

    OULVERT - Directeur de Recherches Septembre 1994

    Texte condens m. I-

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    Des erreurs cartographiques du d6but du sicle (un massif des Bongo, 1400 m ou bien le Bamingui et non lOuham comme source du Chari) subsistent encore dans les atlas qui se recopient les uns les autres. Elle ne devraient pas sy trouver, la couverture arienne systmatique ralise dans les annes 50 ayant permis h1IGN de dresser des cartes topographiques rgulieres 1/200 O00 o les courbes de niveau ont remplac les anciennes courbes figuratives. Ce travail na t achev quen 1981. De mme, la fin de la Deuxime Guerre mondiale a vu un important effort dinvestissement de la part de la mtropole avec les crdits FIDES. La cartographie gdologique de reconnaissance il 1/500.000 fut alors entreprise et malheureusement interrompue peu aprs lInd6pendance survenue en 1960.

    La collection de cartes thmatiques montre que des efforts furent effectus dans des domaines trs divers : climatologie, entomologie, gravimtrie, magdtisme, gographie humaine ... Aprs les cartes pddologiques B moyenne Bchelle (U200 000) dresses en altemant la photo-interprtation sysgmatique et les itinraires au sol, put tre r6alisde une synthse du milieu naturel centrafricain comprenant des cartes oro-hydrographique, p6dologique, phytogographique et gomorphologique B 1/1 O00 O00, accompagnes de cartes climatiques 1/5 O00 000. Les moyens les plus modernes (transport hliport6 et positionnement par satellite GPS) furent employs pour complter en 1988 la carte gravimtrique par une mission conjointe IGN-ORSTOM. En 1973, le satellite amricain POGO a mis en vidence la plus grande anomalie magntique mondiale au-dessus du Centrafrique ; elle avait t reconnue au sol par des chercheurs ORSTOM en 1958.

    Quel changement en un sicle o le pays, lge du Fer, tait ravag par les razzias esclavagistes ! Certains pays voisins (Nord zdire, Sud Soudan, Ethiopie) sont bien moins avancs quant h leurs connaissances cartographiques. Il ne faudrait pourtant pas simaginer avec les mdias que la Terre est parfaitement connue. II reste beaucoup B faire et les satellites ne rsolvent pas tous les problmes, faut& de stations de captage, de prises de vue rares, perturbes par la nbulosit, les feux de brousse, souvent dlicates B interprter, thme aprs thme. La recherche de la vritd-terrain reste indispensable avec lutilisation de la stroscopie. Aprs les Europens, les Centrafricains doivent se sentir dsormais partie prenante pour ce travail.

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    UN SIECLE DE CARTOGRAPHIE TOPOGRAPHIQUE ET THEMATIQUE EN CENTRAFRIQUE

    (Chronologie - tapes - bilan - perspectives) Y. BOULVERT - Directeur de Recherches ORSTOM

    Septembre 1994

    Le problme gnral du cheminement des ides pour parvenir B la connaissance est complexe. Un cas particulier, apparemment plus simple - en raison dune documentation rpute restreinte - consiste B se demander quel est ltat des connaissances actuelles et comme lon y est parvenu, pour des rgions restes B 1Ccm des changes internationaux, comme lAfrique Centrale jusquau milieu du sicle dernier. Certes les fleuves comme lOubangui taient parcourus depuis des sicles par les pagayeurs banziri ou yakoma de mme que les Gbaya peuplaient le haut Chari mais loccident ignorait tout de leurs bassins qui constituent aujourdhui lactuelle Rpublique Centrafricaine ou Centrafrique. Le dveloppement de la cartographie en un sicle pennet dapprhender ce cheminement.

    1 - Le temps des pionniers, avant 1880.

    Aux XVII - XVIIIe sicles, les contours du Continent africain Ctaient djh bien connus tandis que, sur les cartes, lintrieur apparaissait comme un enchevtrement de fleuves et de montagnes, agrment de figurations de royaumes, de personnages ou danimaux plus ou moins mythiques. Le coeur du continent tait souvent occup par une importante extension du bassin du Nil, encadr de montagnes, dont celles de la lune de PTOLEMEE.

    A la fin du XVIIIe sicle, loccident apprit lexistence des royaumes musulmans du Ouadai, du Kordofan et du Darfour, visit par lbcossais BROWNE en 1793-96. Les esquisses cartographiques de ces royaumes furent dresses en 1845-5 1, B partir des seuls souvenirs de jeunesse du lettr tunisien EL TOUNSY, qui nCvoque gure au sud que le Dar Fertit (pays des paens) et les populations anthropophages (Nyam-Nyam). En 1829, lAnglais DENHAM parvint au lac Tchad et en 1852 lAllemand BARTH rvla lexistence du Chari qui provenait du sud-est. En vgulant mettre ?i jour les cartes anciennes, lon saperut que lon ne savait rien des rgions mridionales, le dernier grand blanc dAfrique. Les cartes les plus prcises taient alors dressees par les Allemands de Gotha (HASSENSTEIN - PETERMANN) B 1/2 O00 000. La feuille 7 - Dar Banda (1862) ne porte gure que quelques hypothses manuscrites : le mystrieux lac central Liba deverse-t-il son trop plein vers louest et le golfe de Guine ou vers le Chari et le lac Tchad ? Certains pensaient alors que la pluviosit dcroissait avec lloignement des ctes, jusqua un dsert central, travers B grand peine par les hros de J. VERNE (Cinq semaines en Ballon, 1862).

    Ces explorateurs ou aventuriers indpendants de la premi&re vague Ctaient de nationalits, formations et motivations trs diverses. I1 sagissait de fortes personnalitCs commanditees par des organismes privs, telles les Socits de Gographie. Les premiers dcouvreurs du Centrafrique, accompagnant les trafiquants musulmans desclaves et divoire provenaient du Soudan. I1 ne nous en reste que de rares tmoignages. Le rcit du Grec POTAGOS (187 1-77) nest quune affabulation : son prtendu itinraire reste impossible B reconstituer. LAllemand F. BOHNDORFF (1876-77) se fit voler ses papiers au retour de sa premire expdition. LAnglais LUPTON BEY (1881-83) de retour au Soudan, dCcCda prisonnier des Mahdistes. Le Russe balte W. JUNKER (1880-

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    86) parcourut le haut bassin du Mbomou lextrmit orientale du Centrafrique. Ayant recoup ses itindraires pour mieux les relever, il reste un modle de prcision mais son monumental ouvrage na jamais t traduit de lallemand.

    2 - Le temps des conqurants, 1880-1899. La dcouverte, par lAmricain H.M. STANLEY (1877) du cours du fleuve

    Congo et de son importance eut un grand retentissement en Europe. Elle marque Iveil des ambitions impriales, telles celles du roi des Belges LEOPOLD II qui sut jouer des cartes gographiques pour tromper ses rivaux (cf P. KALCK 1974 p. 131) et se crer un empire personnel : 1Etat Indpendant du Congo. Cest le dpart de la grande mle coloniale, dont le congrs de Berlin (1885) voudra fixer les rgles du jeu, lanne oil le pasteur britannique G. GRENFELL dcouvrit et releva le cours de lOubangui jusquen amont des premiers rapides, ceux de lactuel Bangui.

    Avec BRAZZA, les Franais, dcouvrant par hasard (cf P. KALCK p. 134) lexistence de cette carte, sefforceront de ne pas se faire doubler par les Belges dans la dcouverte et loccupation de lOubangui, dont nous avons relat les pripties (Y. BOULVERT - 1985). Ayant fond le poste de Bangui (1889) ils sefforcent de gagner le lac Tchad soit par la Sangha pour BRAZZA (1892) qui veut contenir lexpansion germanique au Cameroun, soit par le coude de lOubangui avec P. CRAMPEL (1880), C. MAISTRE (1892), E. GENTIL (1897) ... Les Belges &sent un mouvement tournant par le Mbomou vers le haut Chari avec VANGELE (1890), LA KETHULLE (1893) HANOLEiT (1894) ... avant dtre ramens en 1894 sur le Mbomou, dont ils prtendent quil est le principal tributaire de lOubangui alors que cest lOuell6 ou Uele, dont ils veulent conserver le bassin. Linitiative de P. CRAMPEL reste encore individuelle mais elle est lorigine de la cration du Comit de lAfrique Franaise qui finana lexp6dition de secours de J. DYBOWSKI (1891).

    Discrtement avec LIOTARD, bruyamment avec la mission MARCHAND (1897- 99), les Franais tentent de couper aux Anglais la route du Caire au Cap, avant dtre rejets, aprs lincident de Fachoda (1899), sur linterfluve Congo-Nil dont il faudra attendre 25 ans pour quil soit dlimit ! Deux ans (1923-24) seront ncessaires pour borner et cartographier (10 f. h 1/500 000) linterfluve frontalier. En pointe pour lpoque, la Mission GROSSARD disposait de la TSF pour avoir le signal horaire et ainsi mesurer avec prcision les longitudes, mais, compose dofficiers topographes, elle ntait accompagne daucun scientifique.

    Le coeur du continent, aussi dlaiss de nos jours quil fut convoit la charnire m e - X X e sicle, donna lieu de multiples relevs ditinraires, cartes et plans. Dans son Inventaire cartographique de la Rpublique Centrafricaine, J. CANTOURNET (1987) nen relve pas moins de 629 ?i une chelle suprieure ou gale U1500 000. Beaucoup de ces cartes nous paraissent sommaires, mais il nous faut penser aux conditions de leur ralisation. Les explorateurs sefforaient de garder le cap fix6 la boussole en dpit des obstacles naturels (rapides infranchissables, marais, reliefs rocheux) ou humains (hostilitds ou rivalits tribales, absence danimaux de bt et difficults de recrutement de porteurs) le tout dans un climat difficile propice de multiples parasites ou infections, telle la bilieuse ...

    Outre des itinraires pdestres de reconnaissance, sont recenss les cours deau et les villages, dj souvent dplacs ou abandonns. Les premires tentatives utilisant les voies deau portent des rfrences sur la navigabilit ou ses accidents : chutes, rapides ... Des indications sur le relief napparaissent que sur 33 p. 100 de ces cartes ; les races ou ethnies sont reportes sur 23 p. 100, avec des noms de chefs (22 p. 100), de postes (18 p. 100) ou de factoreries commerciales (16 p. 100). A ct de quelques notations sur la vgtation (20