Meurois-Givaudan - Chronique d'un D©part [FR]

  • View
    178

  • Download
    37

Embed Size (px)

Text of Meurois-Givaudan - Chronique d'un D©part [FR]

  • Anne et Daniel MEUROIS-GIVAUDAN

    \iiimw

    de rnid emac (fu i

    rwu auiilml

    Editions Amrita

  • Chronique d'un Dpart

    afin de guider ceux qui nous quittent

  • Anne et Daniel Meurois-Givaudan

    Chronique d'un Dpart

    afin de guider ceux qui nous quittent

    Editions Amrita

  • DES MEMES AUTEURS

    RECITS DUN VOYAGEUR DE LASTRAL

    TERRE DEMERAUDE,Tmoignages d outre-corps

    DE MEMOIRE DESSENIEN (tome 1 ),L'autre visage de Jsus

    LE VOYAGE A SHAMBHALLA,Un plerinage vers Soi

    LES ROBES DE LUMIERE,Lecture d'aura et soins par VEsprit

    CHEMINS DE CE TEMPS-LA,De mmoire d'Essnien (tome 2)

    PAR LESPRIT DU SOLEIL

    LES NEUF MARCHES,Histoire de natre et de renatre

    SEREINE LUMIERE,Florilge de penses pour le temps prsent

    WESAK,L heure de la rconciliation

    Le catalogue des ditions Amrita est adress franco sur simple demande

    ditions AMRITA anciennes ditions Arista 24 580 Plazac-Rouffignac

    Tl. : 53 50.79.54 - Fax : 53 50.80.20

    EDITIONS AMRITA- 1993. Tous droits rservs pour tous pays.

  • Sommaire

    INTRODUCTION______________________________________ 11

    POUR L'ENVOL DUNE AME.......................................... 15

    Chapitre I - Sur la route du bord de plage------- 25

    Chapitre II - Chambre trente et un---------------- 53

    Chapitre III - Ne plus fermer les volets... ----- 81

    Chapitre IV - Une salle d attente si blanche......... 103

    Chapitre V - Cest ce soir................................... 125

    Chapitre VI - Par del quelques poignes de terre.. 145

    Chapitre VII - Derrire le voile---------------------- 167

    QUELQUES CLES POUR L'ACCOMPAGNEMENT________ 187

  • Pour Monique et Guy Christine et Pierre Catherine et Pierre

    qui peroivent si bien les liens qui unissent l'me et le corps.

  • Introduction

    On a dj beaucoup crit et lu sur le thme de la mort. Aujourdhui, les rcits de N.D.E. ou de contacts mdiumniques foisonnent plus que jamais. Cependant, sil nous a paru utile doffrir notre tmoignage sur le sujet cest parce que sa nature est peut-tre un peu diffrente. En effet, grce une capacit de dcorporation que nous utilisons depuis plus de vingt ans, il nous a t possible de suivre pas pas litinraire dun tre quune maladie grave vouait, brve chance, la mort.

    Ce livre est donc le rcit de son approche vcue de lintrieur , semaine aprs semaine, sans dulcorant. Cest peut-tre avant tout le livre dune mtamorphose, celle dun tre qui, comme tant dautres, a souffert, sest rvolt contre sa dchance puis a appris dcouvrir au fond de lui-mme une source de lumire et despoir quil croyait tarie.

    11

  • Sujet dlicat sil en est... Ds que lon aborde semblable matire, nos socits voient ressurgir leurs vieilles peurs, ouvrent leurs rservoirs dmotions incontrles, leurs blocages... bref, refusent de vouloir y voir clair et de se rendre certaines vidences.

    Cest en vue dactiver un peu plus le dsamorage de tout cela que nous nous sommes donc efforcs daccompagner du mieux possible, pendant les cinq derniers mois de sa vie, Elisabeth, une femme comme il en existe tant, atteinte dun cancer.

    Nous ne connaissions pas Elisabeth... Il a fallu que nous nous apprivoisions mutuellement et, sans lamiti ne entre nous, sans sa solide volont douvrir son cur, ce livre naurait jamais vu le jour. Cest pour cela aussi quil est un peu le sien, au-del de ce que lon appelle de faon ignorante et plate la mort .

    Qu'Elisabeth soit donc remercie, car son dsir de nous offrir les mutations de son me jusque dans les semaines qui ont suivi son dpart a t constamment motiv par une indfectible volont de servir lhumanit. En effet, son tmoignage au seuil de la mort se rvle avant tout tre une marche vers lAmour et vers la Vie au sens plein du terme.

    Ainsi, pendant les mois passs en sa compagnie, nous avons assist lclosion dune me bien plus qu une mort. Cest cela que nous tenons souligner, car les paroles que nous a confies Elisabeth nont pour but que de gnrer lesprance, loin de tout contexte morbide. Nous les avons ressenties, nous les avons consignes comme une marche supplmentaire afin de mieux aider ceux qui nous quittent mais aussi afin de mieux vivre notre prsent, de mieux apprcier le sens de la vie qui nous est offerte.

    12

  • Puissent leur authenticit et lamour dont elles ont t imprgnes aider chacun de nous devenir un peu plus humain... en noubliant pas la part du Divin qui demande clore.

    Anne et Daniel Meurois-Givaudan

  • Pour Uenvol dune me..

    Dans la chambre tapisse de fleurs, une silhouette sest leve au cur de la pnombre. Elle a quitt son lit de rotin puis sest abandonne dans un fauteuil aux larges bras. A travers les stores ajours dune baie vitre, la lumire bleue de la lune vient peine caresser son visage. Cest celui dune femme dune cinquantaine dannes aux traits fins et lallure un peu altire. Derrire la lourdeur de ses paupires fermes, on devine une lassitude indicible, presque le soupir dune me qui cherche poser ses valises.

    Qui est-elle cette femme ? A vrai dire, peu importe. Sans doute dailleurs est-elle semblable beaucoup, un jour heureuse, peut-tre mme choye et puis lautre gratigne, meurtrie par la vie. Quoi de plus banal ? Une existence comme des millions dautres existences... Et pourtant... pourtant, cest justement pour cela que cette nuit nous sommes ses cts, parce que derrire son histoire

    15

  • banale il y a un peu de celle du quotidien de toute une humanit qui aime, souffre et sinterroge. Parce que derrire le miroir embu de la banalit de chacun, il peut y avoir une source dmerveillement...

    Si nous sommes prsents ses cts ce nest pas avec notre corps physique mais avec celui de notre conscience. Depuis plus de vingt annes que la facult de nous dcor- porer sest veille en nous, la Vie nous a souvent amens ainsi au chevet dtres en souffrance, parfois qui se rongent et toujours qui se questionnent... Cette fois-ci pourtant ne sera pas une de plus, analogue beaucoup dautres, mme si douleurs et peines sont toujours uniques et nulles autres comparables pour qui les vit.

    Non, nous le savons dj, cette fois-ci ce sera bien diffrent. Cest guids par un fil de lumire plus insistant que dautres que nous avons pntr dans cette chambre inconnue et au chevet de cette femme dont nous ignorons encore jusquau nom. Ce fil nous a dit quelque chose comme : Laissez-vous faire... Cest l quil vous faut aller maintenant... Ce nest pas votre mental qui doit sactiver... mais votre coeur qui doit panser... une plaie... pour tant dautres plaies.

    Instantanment alors, les yeux de notre me ont peru une maison, une maison que notre tre tout entier a rejointe afin de sy fondre. Cest une maison blanche au bout dune impasse, non loin dune plage. Une maison toute simple, propre et nette comme la chambre qui sest ouverte nous et do nous percevons le ressac lancinant des vagues.

    De temps autre, au fond de son fauteuil, la silhouette fminine qui lhabite est anime dun lger soubresaut puis porte une main sa gorge pour la laisser enfin retomber lentement.

    16

  • Bientt, cest une sorte de tendresse qui nous pousse vers notre htesse involontaire, elle que nous ne connaissons pas mais qui sera peut-tre notre compagne, notre complice de quelques jours ou de quelques mois.

    Les minutes passent paisiblement et notre conscience se prend respirer au rythme de sa poitrine qui se soulve presque imperceptiblement. Quy-a-t-il au del des longs cheveux blonds emmls qui lui dissimulent maintenant une partie du visage ? Et la commissure un peu tombante de ses lvres, quelle histoire tente-t-elle de murmurer ?

    Elle sappelle Elisabeth... Elle est atteinte dun cancer gnralis... Elle a appris la nouvelle il y a quelques jours seulement.

    Cest une voix chaude et paisible qui, au centre de nous- mme, a prononc ces mots.

    Instantanment, nous percevons une prsence de lumire, lgrement densifie, sur notre ct gauche. Nous nous tournons dans sa direction et la voici qui se densifie plus encore afin de nous dlivrer son message.

    Oui, elle se nomme Elisabeth et cest elle que la Vie semble avoir dsigne pour vous servir damie et de guide pendant quelques mois.

    De guide ? Son existence terrestre touche sa fin, voyez-vous...

    Mme si consciemment elle le refuse encore, elle sait parfaitement quelle ne dispose plus que de quelques mois. Cest une femme solide et lucide... un tre de cur galement. Nous souhaiterions donc que vous puissiez la suivre, pas pas, semaine aprs semaine, jusqu linstant mme de son dpart ; nous voudrions quelle vous guide enfin, jour aprs jour au gr de sa comprhension de ce que vous appelez encore la mort.

    17

  • Cela sera-t-il donc si utile ? Vous laiderez franchir la frontire... et son tmoi

    gnage clairera la foule innombrable de ceux qui partent et de leurs proches qui les accompagnent.

    Mais, dis-nous, que sait-elle de ce travail, de notre rencontre, de nous ?

    Consciemment rien... ou si peu ! En cherchant dans le livre de son pass, nous avons seulement vu que son me tait prte, prte comme un fruit qui arrive maturation et qui accepte de se donner... Car il sagit dun don... non pas dun travail ! Vtre tche premire sera dapprivoiser son me, de lui rvler sa maturit. Ensuite, elle vous ouvrira son cur et vous y lirez avec son aide afin que son dpart soit source de croissance pour tous ceux qui sinterrogent encore sur la souffrance et la destruction du corps. Cest un guide pour lenvol de lme qui doit natre de tout cela !

    Et tandis que la prsence de lumire achve de prononcer ces mots nous devinons comme un immense sourire qui lhabite.

    Sourire face la mort... notre chemin nous y a si souvent amens depuis toutes ces a