Guide Effluents Liquides

  • View
    166

  • Download
    0

Embed Size (px)

Transcript

ELIMINATION DES EFFLUENTS LIQUIDES DES ETABLISSEMENTS HOSPITALIERS Recommandations

Dcembre 1999

Centre de Coordination de la Lutte contre les Infections Nosocomiales de lInterrgion Paris Nord Ile de France, Picardie, Haute-Normandie, Nord Pas-de-Calais Institut Biomdical des Cordeliers, 15 rue de lEcole de Mdecine 75006 Paris Tl. Secrtariat : 01 40 46 42 00 Fax : 01 40 51 76 74

Ont particip ce travail :Colette BRUNEL,Cadre Infirmier Hyginiste, St-Denis Anne-Marie CRIGNON, Cadre Infirmier Hyginiste, Suresnes Patricia FELDMAN, Cadre Suprieur Infirmier Hyginiste, C.CLIN Paris-Nord, Paris Marcelline GODARD, Cadre Infirmier Hyginiste, Senlis Vronique GOURDET, Infirmire Hyginiste, Evry Anita HAREL, Microbiologiste, Eaubonne Madeleine HOFMAN, Cadre Infirmier Hyginiste, Bobigny Micheline LEROUGE, Cadre Suprieur Infirmier, Creil Anita PAQUETTE, Infirmire Hyginiste, Villeneuve St Georges Thierry SOULET, Cadre Infirmier Hyginiste, Poissy Serge VASSAL, Biologiste des Hpitaux, Hygine Hospitalire CHU Rouen Viviane YAKAR, Cadre Infirmier Hyginiste, Le Plessis Robinson

-

Sous la direction scientifique de :-

Pr. Gilles BRUCKERDr. Pascal ASTAGNEAU

Validation :Franois MANSOTTE, Ingnieur Sanitaire Dpartemental, DDASS Rouen

Remerciements pour la relecture du document :Danielle FARRET Cadre suprieur Infirmier Hyginiste, C.CLIN Paris-Nord Frdrique SIMON Ministre de lEmploi et de la Solidarit Direction Gnrale de la

Sant Bureau VS3Evelyne SOUDAY Cadre Infirmier Suprieur Service de Radiologie CHU de Rouen (relecture du chapitre sur les dchets de radiologie). Danielle SANDRET Cadre Mdico-technique Laboratoire dAnatomie Pathologie CHU

Rouen (relecture du chapitre sur les dchets des laboratoires dAnatomie Pathologie).

2

Ce document a t conu pour fournir un rfrentiel pour la rdaction de protocoles pour la gestion des efflluents hospitaliers dans chaque tablissement hospitalier.

Il a t prsent et discut en sance plnire avec les cadres infirmiers et infirmir(e)s hyginistes du groupe de travail Normes consensuelles en hygine hospitalire et pratique de soins .

3

SOMMAIREIntroduction I Historique : l'eau et la sant, une longue histoire de sant publique GENERALITESA. Nature des contraintes rglementaires applicables aux dchets liquides produits par les tablissements de sant B. Installations internes : gnralits C. Caractristiques des effluents hospitaliers D. Traitement des effluents en station d'puration et au del 11 12 13 13 6

7 10

II

III

Effluents des services cliniques :A. Hospitalisation B. Elimination du glutaraldhyde

16 17 18

C. LE MERCURE, UN METAL TRES UTILISE AUX PROPRIETES PARTICULIERES

18

D. ELIMINATION DE LA SOUDE E. Epuration extra-rnale F. Balnothrapie

20 20 21

IV

Effluents des services mdico-techniques :A. Bloc opratoire B. STERILISATION CENTRALE C. Laboratoires C1 C2 Biologie mdicale Anatomie pathologie

23 24 26 27 27 32 34

D. Chambre mortuaire

4

E. Animalerie

34

F. DECHETS RADIOACTIFS LIQUIDES

36

G. RADIOLOGIE

38

H. PHARMACIE HOSPITALIERE

43

V

Effluents des services gnraux et logistiques :A. Cuisine B. Blanchisserie C. Services Techniques D. Espaces verts

46 47 49 50 51

VI

CONDUITE PRATIQUE : STRATEGIE CONCERNANT LELIMINATION DEFFLUENTS CHIMIQUES HOSPITALIERS

52 59

Conclusion BibliographieA. Rglementation et lgislation B. Textes gnraux

61 62 65 68 71

GLOSSAIRE ADRESSES UTILES

5

Introduction

Toute activit humaine gnre des dchets solides et liquides. Les nombreux travaux raliss ces dernires annes sur les filires et les modes dlimination des dchets solides ont dmontr lintrt que les professionnels de sant et administratifs des hpitaux ainsi que les pouvoirs publics attachent ce sujet en particulier, et la protection de lenvironnement et de la Sant Publique en gnral. Cette prise de conscience est apparue de faon concomitante avec de nouveaux micro-organismes (VIH, bactries multi-rsistantes et prions) et a volu avec les progrs des techniques mdicales et lapplication des rgles dasepsie allant de pair avec lextension de lutilisation des usages uniques. Les centres hospitaliers dont la taille correspond des petites ou moyennes agglomrations utilisent pour leurs activits et leur hygine, de grands volumes deau qui se trouvent ensuite rejets, chargs de micro-organismes dont certains sont multirsistants et de produits chimiques souvent toxiques et parfois radioactifs. Toutes ces technologies nouvelles qui rpondent des progrs en matire de soins ( hmodialyse, radiologie, laboratoires de hautes technologies ) ne doivent pas compromettre lco-systme aquatique de nos rivires et de nos mers. Lhomme a le devoir de protger ses semblables et son environnement . Dans ce document, nous avons envisag les principales activits de la vie hospitalire (services de soins et de logistique susceptibles davoir un impact sur lenvironnement) en analysant les difficults et les risques quelles gnrent et en proposant des solutions conformes la rglementation en vigueur. Des conduites tenir les plus pragmatiques possibles ont t proposes. Lexprience en matire dhygine de lenvironnement est souvent encore insuffisante et le sujet souvent minimis par rapport la lutte contre linfection nosocomiale.6

trop

I

Historique : l'eau et la sant, une longue histoire de sant publique

7

Depuis fort longtemps, la ncessit de matriser les eaux uses pour assurer une hygine de l'habitat correcte tait connue : on retrouve des vestiges de conduits anciens, grecs et romains, anctres de notre "tout l'got". Ce n'tait pas le cas au Moyen-Age dans notre capitale o les rues de Paris font l'objet de descriptions pouvantables ! Du XIIme au XIVme sicle, on implante les hpitaux hors des villes afin de faciliter l'limination des eaux et des immondices. Il faut attendre le XIXme sicle, aprs de nombreuses et graves pidmies de peste et de cholra, pour que toutes les grandes villes d'Europe se dotent du tout l'got. A la fin du XIXme sicle, aux pollutions domestiques et artisanales, s'ajoutent les nouveaux polluants de l're industrielle. En France, la suite des graves pidmies de peste Marseille, est cr en 1822 le Conseil Suprieur de Sant, qui devient, en 1848, le Comit Consultatif d'Hygine Publique de France. Ses missions sont "la lutte contre les pidmies, la protection sanitaire des frontires et la propagation de la vaccine". Le dcret du 30 Septembre 1884 confie au Comit tous les problmes relatifs au "Rgime des eaux du point de vue de la salubrit". Au dbut du XXme sicle, trois lois, reprenant les dispositions anciennes, constituent le fondement des actions de l'Etat en matire d'hygine publique : - Loi de 1902 sur l'hygine publique - Loi de 1905 sur la rpression des fraudes - Loi de 1917 sur les tablissements insalubres, incommodes, dangereux..., anctres des actuelles Installations Classes pour la Protection de lEnvironnement. La loi de 1902 dans ses cinq grands chapitres traite des sujets suivants : - Prvention dans le domaine de l'environnement - Prvention dans le domaine de la sant - Intervention en cas d'pidmie - Surveillance de la mortalit excessive dans une commune - Organisation administrative Elle a tabli les grands principes de Sant Publique toujours en vigueur aujourd'hui (certains articles de cette loi figurent encore dans le Code de la Sant Publique dans leur rdaction originelle !). En ce qui concerne l'habitat et l'environnement, les maires devaient prendre des mesures de salubrit relatives "l'alimentation en eau potable et l'vacuation des matires uses".

8

A la fin du XXme sicle : Les proccupations du dbut du sicle sont toujours celles des tablissements hospitaliers daujourd'hui dont les rejets sont souvent aussi importants que ceux dune ville. Les grands objectifs de Sant Publique sont rests les mmes. Cependant, l'volution des techniques, la nature et la diversit des produits introduits l'hpital, les thrapeutiques anti-microbiennes ont considrablement compliqu une relle connaissance et matrise des risques lis aux eaux uses, pour la sant et l'environnement.

9

II

Gnralits

10

Une structure hospitalire, quelle que soit sa fonction est "traverse par un grand courant d'eau"... On estime 750 litres par lit et par jour, voire plus, les besoins en eau d'un CHU (250 350 litres pour l'hospitalisation et la technique mdicale, 350 450 litres pour les services gnraux). Ce volume d'eau considrable assure une dilution importante des nombreux effluents des services hospitaliers : - eaux "domestiques" (toilette des patients, eaux-vannes) - eaux issues des services de soins - eaux des services gnraux (restauration, blanchisserie...) - eaux "mdico-techniques" (hmodialyse, strilisation...) - eaux techniques non hospitalires (chaufferie, climatisation...) Mais ce facteur de dilution ne peut tre la rponse dissimulant la ralit des problmes : des produits toxiques pour l'homme et pour l'environnement sont utiliss et rejets, l'hpital est reli une station d'puration qui a ses propres contraintes. Une rglementation gnrale ou propre certaines activits existe et doit tre respecte.

A. Nature des contraintes rglementaires applicables aux dchets liquides produits par les tablissements de santTous les rglements concernant les vacuations d'eaux uses ont un objectif commun de protection de la sant et de l'environnement. Les rejets liquides des tablissements de sant sont soumis diffrentes rglementations : - la rglementation gnrale applicable en France, et en particulier les dispositions gnrales prescrites par le Rglement Sanitaire Dpartemental.- la rglementation spcifique applicable aux tablissements hospitali