E. Balta, Lʼ Eubee a la fin du XV siecle economie et population les registres de l'annee 1474-INR_Mpalta_89_01

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L'Eubée à la fin du XVe siècle: économie et population, les registres de l'année 1474Τόμος 26 του Archeion Euvoikōn meletōn: ParartēmaΤόμος 26 του Archeion euboïkōn meletōn, ISSN 1105-1515Arheion euboïkōn meletōn, Parartēma tou KST' tomou, ISSN 1105-1515Συγγραφέας Evangelia Balta

Text of E. Balta, Lʼ Eubee a la fin du XV siecle economie et population les registres de l'annee...

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    EVANGELIA BALTA

    L'E U E A LA FIN DU XVe SICLE

    Economie et Population Les registres de Tanne 1474

    ATHNES 1989

  • Evangelia BALTA (1955) a tudi l'Histoire Universit de Salonique. Elle a travaill comme chercheur au Centre d'tudes d'Asie Mineure (1978-79) et aux Archives Historiques de Macdoine (1979-80). Elle a continu ses tudes d'Histoire en France l'Ecole Pratique des Hautes tudes, IV Section et l'Universit Paris I - Sorbonne (thse de 3e cycle en 1983). De 1984 1987 elle a travaill au Centre d'tudes d'Asie Mineure et au Dpartement d'Histoire de l'Universit Ionienne. A partir de 1987, elle occupe un poste de chercheur la Fondation Nationale de la Recherche Scientifique - Centre d'tudes No-hellniques.

  • L'EUBE A LA FIN DU XVe SICLE

  • APXEIQN TOT '

    EVANGELIA BALTA

    L' U E A LA FIN DU XVe SICLE

    Economie et Population Les registres de l'anne 1474

    ATHNES 1989

  • 1935 : 60, 106 80

    .: 36 29 504

    Society of Euboean Studies Founded in 1935

    Offices: Charilaou Tricoupi 60, 106 80 Athens Tel.: 36 29 504

    Society of Euboean Studies & Evangelia Balta ISSN 1105-1515

  • A VERTISSEMENT

    Le prsent ouvrage reproduit une thse de doctorat de IHe cycle soutenue Paris en septembre 1983 sous le titre: L'le d'Eube ia fin du XVe sicle d'aprs les registres n 0.73 de la bibliothque Cevdet Istanbul, Paris 1983, 2 vol., 330 p. + 246 p.

    Dans sa prsentation actuelle, cette tude est enrichie par mes recherches supplmentaires et de publications parues dans les annes qui ont suivi sa premire laboration.

    Elle se divise en deux parties: a) dition de deux registres (abrg et dtaill). b) tude sur la situation fiscale et conomique de l'le, sur la popu-

    lation et Vhabitat rural.

    A l'occasion de cette publication il convient de dresser le bilan des mes dettes anciennes et nouvelles et des concours reues.

    Je remercie vivement:

    M. B. Dimitriads, ancien directeur des Archives Historiques de Ma-cdoine Salonique, qui a eu l'amabilit de mettre ma disposition le microfilm des registres. La Fondation Alexander S. Onassis qui a rendu possible mon sjour Paris pendant les annes 1980-1983, ce qui m'a permis de travailler avec les professeurs MM. N. Beldiceanu et Sp. Asdrachas sous la direction de Mme Hlne Ahrweiler.

    Mme Irne Beldiceanu-Steinherr dont les conseils et les suggestions ont suivi mon travail jusqu' l'imprimerie. Mme Vera Mutafieva, qui a eu l'amabilit de lire le manuscrit de ma thse et qui m'a encourag le publier.

  • 8 AVERTISSEMENT

    MM. H. Inalcik, St. Andreev, A. Velkov pour la vrification de la transcription des registres.

    M. Ch. Manoussaridis, Z'stad, pour ses conseils sur la prsenta-tion typographique du livre, et pour sa patience.

    Mes collgues et mes amies pour leur soutien au cours de cette longue entreprise.

    La Fondation Bangios et la Banque Nationale de Grce pour leur subvension.

    Kavala, 25 mars 1989 E. BALTA

  • ECONOMIE ET POPULATION

  • I N T R O D U C T I O N

    Le sujet de cette tude est l'conomie agraire de l'le d'Eube au cours du XVe sicle, comme nous pouvons la reconstituer en nous basant sur deux registres du recensement de 1474. Il s'agit d'une recherche fonde sur un matriel caractre statique. L'importance comme lment de preuve de ce matriel pour une analyse est limite et c'est plutt le corollaire d'une srie d'hypothses qui s'appuient plus sur la raison commune et la logique des sources que sur les tmoignages du matriel.

    Notre source est constitue de deux registres du recensement de 1474, les premiers peut-tre de l'occupation ottomane. L'un est d-taill, l'autre est abrg. La diffrence principale entre ces deux re-gistres tient au fait que le registre dtaill dnote les units fiscales de reaya qui appartiennent au timar et les revenus fiscaux que les reaya sont obligs de payer au timariote. Dans le registre abrg sont repro-duits le chiffre total des units fiscales et la totalit des revenus fiscaux. Le registre dtaill nous fournit la liste nominative de la population (maris, clibataires, veuves pour la population chrtienne) et un par un tous les impts et les droits qui constituent la rente fiscale exprims en nature, en argent ou les deux la fois.

    Les grandeurs qui entrent en jeu sont la production et la popula-tion. Cependant, le tmoignage des registres est indirect. La production se reflte travers son imposition et plus prcisment par le mode de rpartition des revenus fiscaux tandis que la population est exprime elle aussi par les units fiscales. Les revenus fiscaux sont dnots globale-ment, fait qui ne nous permet pas de distinguer le revenu que chaque unit a produit sparment. En consquence, les approximations par rapport aux revenus des mnages ne peuvent se faire que par la sous-traction des moyennes. Les moyennes que l'on peut soustraire de cette manire ne se prtent pas des conclusions par rapport la stratifica-tion sociale. Pour cette dernire nous ne pouvons avoir que des indices

  • 12 ECONOMIE ET POPULATION

    bass sur les grandes diffrences de revenus par unit fiscale d'un village l'autre.

    Au sujet des registres, les renseignements concernant les terrains cultiver manquent galement. Ainsi, nous sommes obligs d'abandonner une srie d'approximations qui viseraient l'exploration de la producti-vit par hectare. Les estimations de la rpartition gographique des cultures (nous entendons par ceci surtout les crales qui constituent la culture fondamentale) se basent uniquement sur le volume de cette mme production et non sur les surfaces cultiver.

    Si nous admettons comme premire hypothse gnrale que les lments arithmtiques des registres refltent la productivit moyenne relle, et les articles imposables la composition de la production, nous mettons notre disposition une srie de combinaisons qui nous permet de rechercher le fonctionnement des deux grandeurs en question que nous devons rendre comparables.

    Nous nous expliquons: Les revenus fiscaux, comme ils sont dnots sur les registres corres-

    pondent la production considre sur une chelle de rapports. Pour estimer cette production il est indispensable de reconstituer cette chelle de rapports; ce qu'il est possible de faire grce aux rglements locaux ou gnraux (kanunname). Pour mettre au point la grandeur de la population base sur le

    nombre d'units fiscales, il est ncessaire de recourir un coefficient familial qui ressort des tmoignages divers; grce ce dernier nous pouvons transformer les units fiscales en nombre d'habitants.

    Les revenus fiscaux sont enregistrs en nature et en argent, ce qui nous permet d'tablir la morphologie de l'conomie du village en tenant compte des renseignements concernant l'imposition de chaque culture et d'aboutir des estimations quantitatives. Les donnes dmogra-phiques nous conduisent leur tour l'tablissement de certaines catgories de grandeurs par unit fiscale, ainsi qu' une srie de com-paraisons tant au sujet de chaque exploitation qu'au sujet du revenu moyen par unit fiscale de village en village.

    Le rapport de l'imposition exige en argent et de celle exige en nature dtermine les marges dans lesquelles se situe la commercialisation de

  • INTRODUCTION I

    la production; ce rapport dmontre les limites de formation du surplus net. La satisfaction de l'imposition prsuppose l'existence d'une pro-duction excdentaire au niveau de l'exploitation familiale. Une partie de cette production excdentaire est mise au service de la rente en nature, une autre est destine au paiement de la rente en argent, ce qui laisse percevoir les relations du paysan avec le march. Ainsi, pour trouver ces surplus nets il est ncessaire d'examiner certains questions: a) dans quelle mesure la production correspond aux besoins de l'auto-

    consommation, de l'imposition et de la reproduction; b) dans quelle mesure la nature de l'conomie du village reflte la

    possibilit d'intercommunication des divers secteurs qui la cons-tituent et dans quelle mesure ces rapports se ralisent par le truche-ment de la monnaie;

    c) dans quelle mesure les surplus sont destins parer aux besoins fiscaux ou dans quelle mesure ils permettent la ralisation des profits nets.

    Pour explorer ces questions, nous avons fait l'estimation de la produc-tion au niveau de l'exploitation familiale moyenne et celle de l'imposi-tion qui la frappe. Pour rpondre toutes ces questions nous avons considr comme indispensable: de recourir des constructions thoriques (en traduisant par exemple les valeurs montaires en valeurs naturelles et vice-versa); d'adopter, comme nous l'avons fait au sujet de la production type en crales le minimum vital exig pour l'alimentation d'une famille et de sa reproduction; d'aboutir des considrations logiques comme nous l'avons fait concernant la migration de la main-d'uvre d'un village l'autre, dans le cas o la population locale ne semble pas suffisante raliser une production assez leve.

    En bref, nous avons essay de soumettre ces sources fiscales un certain nombre de questions que se pose tout historien d'une conomie par excellence rurale. Ces questions se rsument une demande basilaire: S o u s q u e l l e s c o n d i t i o n s se r a l i s e n t la p r o d u c t i o n e t la r p a r t i t i o n du s u r p l u s ?

    Pour rpondre, il faut tout d'abord avoir la matrise du document.

  • 4 CONOMIE ET POPULATION

    Les travaux et les publications d' . L. Barkan, L. Fekete, H. Inalcik, N. Beldiceanu, Irne Beldiceanu-Steinherr, Vera Mutafcieva, Bistra Cvetkova, N. Todorov, . Nedkov, A. Velkov, . Sabanovic, Duganka Bojanic-Lukac, . McGowan, S. Pulaha etc. nous ont permis d'avoir cette matrise. Du point de vue de l'application des