Lettre aux amis - Qîqājôn de Bose LETTRE AUX .tout disciple du Seigneur, ... des accords théologiques

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  • LETTRE AUX AMISQqjn de Bose

    Avent 2006

    Lettre aux amis - Qqjn de Bosen. 43 - Avent 2006 - dition franaise

    Bose est une com-munaut monasti-que dhommes et de femmes de diverses glises chrtiennes.

    Une communaut qui cherche Dieu dans le clibat, la communion frater-nelle et lobissance lvangile.

    Une communaut prsente dans le compagnonnage avec les hommes et leur service.

    MONASTRE DE BOSE

    Qqjn est le nom hbreu de la plante que Dieu fi t pousser auprs de Jonas pour lui offrir un moment de joie et de fracheur.

    Cest un bulletin de nouvelles adress ceux qui dsirent maintenir un lien avec Bose.

  • LETTRE AUX AMIS Qqjn de Bose2

    Notre communaut pratique laccueil de tous, mais surtout de ceux qui veulent par-tager notre prire et notre vie, ou cherchent un lieu pour changer sur les problmes du monde et de lglise. Hormis les initiatives du calendrier, la communaut propose aux htes:

    Pour sjourner Bose et participer aux rencontres, il suffi t dcrire ou de tlphoner :

    HOSPITALIT - COMMUNAUT MONASTIQUE DE BOSEI-13887 Magnano (BI)

    Tl. (+39) 015.679.185 - Fax (+39) 015.679.294e-mail: ospiti@monasterodibose.it (seulement pour informations)

    La lectio divina, cest--dire ltu-de et la prire des textes du diman-che et des ftes, chaque samedi et veille de fte, de 20 h.30 22 h.

    La lectio divina quotidienne sur lvangile du jour, guide par un frre ou une sur de la communau-t, chaque jour, de 17 h. 18 h.

    Journes de retraite individuelle et de rvision de vie en tout temps de lanne, avec un membre de la communaut (crire ou tlphoner pour se mettre daccord lavance).

    Ceux qui dsirent recevoir le sacrement du pardon peuvent sadresser laccueil: un frre prtre est toujours disponible.

    La prire commune chaque jour

    Semaine

    matin 6 h.00midi 12 h.30soir 18 h.30

    Chaque jeudiet mmoire des saints,eucharistie (12 h.00)

    Samedi

    comme en semaineet 20h. 30, lectio divinasur les textes du dimanche

    Dimanche et ftes

    matin 8 h.00eucharistie 12 h.00soir 17 h.00(doctobre mars 16 h.30)complies 20 h.00

    Sur le nouveau site www.monasterodibose.it vous trouverez la liste complte des contacts pour les diverses activits du monastre

  • n.43 - Avent 2006 3

    CUMNISME ET VANGILE

    Chers amis, chers htes et vous qui nous suivez de loin,

    Comme chaque anne, revient le temps de lAvent, ce temps o se fait plus intense la vigilance dans lattente du retour glorieux du Seigneur, saison propice chacun pour sinterroger devant Dieu, dans la prire, sur ce quil attend vraiment, sur qui est celui dans lequel il met sa confi ance. Et ce qui est vrai pour tout baptis, pour tout disciple du Seigneur, est vrai galement pour tout moine et pour toute commu-naut chrtienne qui fonde le motif de sa vie commune uniquement dans la rponse lamour prvenant du Pre.

    Ainsi la Parole de Dieu, qui rsonne avec une force renouvele au cur de nos vies, accompagne la lecture des signes des temps prsents dans les vicissitudes humaines et ecclsiales, et nous sollicite poser sur elles un regard toujours plus con-forme au regard mme de Dieu. Ces derniers temps, nous avons t amens plusieurs reprises nous demander o nous nous trouvons dans le chemin vers lunit de lglise voulue par le Seigneur. Ceux qui nous suivent depuis plus longtemps savent que nous avons dnonc, par le pass, la tentation dun retour au confession-nalisme , cest--dire la raffi rmation de lidentit confessionnelle au dtriment du tmoignage chrtien commun dans le monde contemporain, de mme que nous avons craint, dautres fois, la rigueur dun hiver cumnique . Nous ne nous sommes toutefois pas tus non plus devant les signes dun printemps pour lcumnisme , pour lesquels nous avons rendu grces au Seigneur. Mais la priode que nous tra-versons actuellement nous semble nouveau nous faire tomber dans une stagnation cumnique qui apparat toujours davantage comme une rgression par rapport au printemps conciliaire. Les signaux sont malheureusement nombreux : des dialogues thologiques sans avances ou qui se contentent de trouver des compromis minima-listes ; des contentieux juridico-pastoraux qui blessent et divisent les communauts locales ; des craintes identitaires qui se traduisent par la remise en question des acquis prcdents : ainsi, par exemple, le travail si prcieux qui a permis la rdaction et lap-probation de la Charta cumenica de la part des glise chrtiennes dEurope nest pas parvenu insrer, parmi les engagements que les chrtiens assument, celui de prier ensemble , se limitant celui de prier les uns pour les autres et pour lunit de lglise , comme sil ntait pas scandaleux pour des chrtiens de rciter le Notre Pre chacun pour son compte. Et puis, il faut le dire avec nettet : aujourdhui, dans lglise, on trouve galement de ceux qui travaillent contre lunit ! Lorsquon se hte de dire que lunit se fera quand Dieu le voudra , accomplit-on un acte sincre dabandon confi ant laction de Dieu ou justifi e-t-on sa rsignation et son incapacit faire quelque chose ?

  • LETTRE AUX AMIS Qqjn de Bose4

    Comme vous pouvez limaginer, tout ceci est pour notre communaut source de souffrance et, tout la fois, occasion de conversion de nos penses et de nos actions, de purifi cation de notre cumnisme comme mthode et comme contenu. Vaut-il vrai-ment la peine de continuer lengagement cumnique ? Quelle effi cacit tout ce la-beur porte-t-il ? Rpondre ces questions signifi e en ralit sen poser une autre, plus profonde et fondamentale : pourquoi cherchons-nous vivre lcumnisme ? Au nom de qui et de quoi persvrons-nous rsolument sur ce chemin, malgr tout ?

    Ceux qui connaissent notre histoire savent que nous sommes ns comme communaut cumnique non par choix dlibr ni par idologie, mais par accepta-tion docile dun dessein dont nous ne connaissions pas les contours prcis, mais dont nous avions saisi les lments vangliques : vivre ensemble comme frres et surs appartenant diffrentes confessions chrtiennes na pas t pour nous une option stratgique, une manire de nous diffrencier dautres ralits, ni le fruit dun plan labor en thorie, mais la rponse la prire du Seigneur Jsus au Pre : Quils soient un, afi n que le monde croie (Jn 17,21), une prire que nous avions perue comme adresse nous aussi lorsque les premiers membres se sont interrogs sur les fondements de leur vie commune dans le clibat. Ctaient les annes o lcumnisme tait une passion de pionniers, qui se faisaient souvent attaquer par leurs glises dap-partenance ; et Bose aussi, nous avons d souffrir lincomprhension et une longue hostilit pour ce choix. Puis sont venues les annes du printemps du dialogue, amor-ces par la prsence prophtique dobservateurs non catholiques Vatican II : une priode bnie, qui a vus combls en quelques dcennies des fosss profonds, creuss par des sicles de division. Avoir pu vivre cette poque, pleinement conscients, est pour nous un motif de profonde et de constante reconnaissance envers les Seigneur. Mais cette route sest progressivement enlise, notamment parce que lon nest pas parvenu tirer les consquences concrtes, pastorales et institutionnelles, des convergences et des accords thologiques ni donner continuit et solidit aux anticipations prophti-ques. Et, comme toujours, limpasse na pas tard se transformer en marche arrire : les peurs, les inscurits, les adversits ont fait penser quil tait plus simple et moins risqu de se replier sur ce que lon connaissait dj, de serrer les rangs, de recompacter sa confession autour des certitudes du pass et des richesses confessionnelles non essentielles la foi chrtienne.

    Humainement, cela est plus que comprhensible ; mais la centralit retrouve de la Parole de Dieu, fruit irrversible du Concile, amne lire ces situation dune autre manire : non dans loptique mondaine de leffi cience, du rendement, mais dans celle, vanglique, de la conformit lvangile. Certes, durant des sicles, les glises ont cru en parfaite bonne foi quil tait possible de vivre et de tmoigner lvangile tout en restant spares, voire en se considrant mme ennemies ; mais le souffl e de lEsprit, qui a anim tant de nos pre et de nos frres dans la foi au cours de ce dernier sicle, nous a fait comprendre que cela nest aujourdhui plus possible. Oui, ce nest pas lvangile qui change, cest nous qui le comprenons mieux , comme aimait dire

  • n.43 - Avent 2006 5

    Les frres et surs de Bose

    Bose, le 30 novembre 2006Saint Andr, aptre

    le pape Jean XXIII, et cette meilleure comprhension ne laisse plus place une glise di-vise si elle veut tmoigner de lunicit de son Seigneur dans la socit contemporaine.

    Lcumnisme, pour nous Bose, na jamais t un service , un qua-trime vu , un engagement particulier, une mission dure dtermine, mais la modalit concrte, quotidienne, selon laquelle il nous a t demand de vivre lvan-gile : il ne nous est pas possible de sparer notre recherche laborieuse la suite du Seigneur Jsus, notre existence chrtienne, de la passion pour lunit du Corps du Christ qui est lglise. Cest la raison pour laquelle nous nous sommes reconnus avec joie dans les paroles de lencyclique Ut unum sint de Jean Paul II : Lcumnisme, le mouvement pour lunit des chrtiens, nest pas quun appendice quelconque qui sajoute lactivit traditionnelle de lglise. Au contraire, il est partie intgrante de sa vie et de son action, et il doit par consquent pntrer tout cet ensemble et tre comme le fruit dun arbre qui, sain et luxuriant, grandit jusqu ce quil atteigne son plein dveloppement. Cest ainsi que le pape Jean XXIII croyait lunit de lglise et cest ainsi quil recherchait lunit de tous les chrtiens (UUS 20).

    Cest ce que nous croyons nous aussi, et cest ainsi que nous continuons considrer lunit des chrtiens : comme un aspect inalinable de notre vcu van-glique. Sans recherche de communion, il nest pas de recherche de la vrit ;