La Toile N°4 - 100 ans de Jeanne d'Arc

  • View
    132

  • Download
    1

Embed Size (px)

DESCRIPTION

Dossier 100 ans de Jeanne d'ArcLes Jeannes d'avant-guerreLes Jeannes interdites de 1990 et 1991Le S.O.C., Service d'Ordre CentralFaut-il encore fêter Jeanne d'Arc ?Entretiens:SylvainGuytosBernard PascaudBruno CastanierJean-Marie WanteElections européennesPlanète monarchistePar Frédéric Andrieux De Zarma, Smey, Sylvain RoussillonLa Toile, dossiers monarchistes d'information, est une publication de la Conférence Monarchiste Internationale éditée par SYLM

Text of La Toile N°4 - 100 ans de Jeanne d'Arc

Lettre dInformation Monarchiste

LA JEANNE A 100 ANSLes Jeanne davant-guerre et les Camelots du Roi, Les Jeanne interdites de 90 et 91, Le SOC, entretien avec Guytos, Les mouvements et la Jeanne aujourdhui

LA TOILE - NUMRO 4 - NOUVELLE SRIE - T 2009 - WWW.SYLM.INFOLA TOILE - # 4 - NOUVELLE SRIE - T 2009

1

SOUVENIRS

JEANNE 1909

La Jeanne a 100 ans, loccasion pour la Toile de revenir sur les grandes annes de cette commmoration annuelle symbole du Royalisme franais. 1re partie avec les rcits davant guerre. (source: Les Camelots du Roi, de Maurice Pujo et LHistoire des Camelots du Roi de Guy Steinbach) Le 16 mai 1909, la premire Jeanne (Maurice Pujo) Cette fte nest encore que religieuse et la rpublique maonnique qui la voit dun mauvais il veut du moins la confiner dans les glises. Cependant un caractre populaire lui a t donn spontanment par les Parisiens qui ont pavois leurs fentres; ces Parisiens catholiques et patriotes vont individuellement porter des fleurs aux statues de lhrone nationale et, dans laprs-midi, ils affluent autour de Notre-Dame o sera prononc le pangyrique de la Bienheureuse.

Camelots montrent autant de fermet que les agents dploient dardeur brutale. Un de ces derniers a arrach un drapeau ; il jette ltoffe tricolore au ruisseau et brise la hampe sur son genou.

Or, le mme jour, a lieu, dans un vaste rassurant de lavenue de Saint-Mand, le banquet annuel de la Saint-Philippe, fte patronymique de Monseigneur le duc dOrlans, auquel plus dun millier de royalistes prennent part. Dans laprs-midi, aprs les discours, lassistance scoule, la plupart des convives se rendant la crmonie de Notre-Dame. Les Camelots du Roi prsents, au nombre de deux cent cinquante, sortent les derniers, forms en colonne par quatre, ayant leur tte leur vnr doyen le baron Tristan Lambert et les membres de leur Comit, prcds de la bannire de Jeanne dArc que tient Lucien Lacour et de quatre drapeaux tricolores. Ils marchent, suivant la consigne qui leur a t donne, dans un silence complet et un ordre parfait.

Une jeune fille qui suivait la colonne se prcipite pour le lui reprendre. On veut larrter : les Camelots la dgagent au milieu dune violente bagarre, mais un certain nombre peuvent tre apprhends et, parmi eux Lucien Martin et Lon Graud qui taient en tte de la colonne. A son tour, la bannire de Jeanne dArc est prise un moment par les agents qui ont reu un renfort de municipaux, mais elle leur est reprise aussitt. La lutte est de plus en plus ardente. On voit le jeune Georges Morizot, les vtements dchirs, la tte en sang, frapp de coups de poing et de coups de pied, se jeter trois reprises nouvelles dans la mle. Le jeune Dubray, bless la tte, svanouit ; il est relev par les soins de la marquise de MacMahon qui le reconduit chez lui. Laronaute Paul Tissandier, accul contre la grille du mtro, rsiste victorieusement une dizaine dagents. Finalement les agents se retirent, renonant disperser les Camelots. Ils laissent le terrain jonch de kpis et de chapeaux. Les Camelots du Roi se reforment en cortge et, conduits par le baron Tristan Lambert, Marius Plateau et Lucien Lacour, ils reprennent leur marche vers Notre-Dame, adorant toujours la bannire de Jeanne dArc et leurs drapeaux dchirs. Mais cette promenade du drapeau national, cet hommage public Jeanne dArc que nos efforts russiront plus tard imposer sont, alors, pour le rgime maonnique, choses intolrables : il faut les empcher tout prix. LA TOILE - # 4 - NOUVELLE SRIE - T 2009

Tout coup, sans provocation, sans avertissement, sur le signe dun monsieur dont le paletot sest ouvert, une soixantaine dagents en uniforme et en bourgeois se prcipitent sur les drapeaux. Tout le monde se porte leur dfense. Cette fois, les Camelots du Roi rsistent rellement la police et celle-ci pourra faire cet gard des rapports qui, pour la premire fois, ne seront pas mensongers : il sagit du drapeau. Cest une vritable bataille qui sengage, o les

2

SOUVENIRSAu moment o la colonne arrive sur le parvis, applaudie par une nombreuse assistance, elle est de nouveau violemment charge par la police. La lutte sauvage autour des drapeaux recommence. Blesss, pitins, arrts, les Camelots du Roi se les passent de main en main ainsi que la bannire de leur patronne, galement en pices. Des femmes qui veulent prendre part cette dfense sont frappes et brutalises. Au terme de la lutte, drapeaux et bannire seront rests aux mains de nos amis, mais il y a vingt- quatre nouvelles arrestations, ce qui, avec dix-sept autres, opres lors de la premire bagarre, portera quarante et un le nombre de prisonniers de la journe.

JEANNE 1919

Neuf dentre eux seront maintenus : Lucien Martin et Lon Graud, laumnier des Camelots , tous deux membre du Comit ; Morizot, Guillerot, Gourbeyres, Guyon, Boulais, Boissire, Courtin. Ils comparatront en correctionnelle devant un prsident relativement modr, M. Gibon, qui 1es condamnera des peines variant entre deux mois et six jours de prison. Lorsque, le soir mme, le nouveau contingent fera son entre au quartier politique de la Sant o nous sommes dj nombreux, on peut penser de quel cur nous lacclamerons.

1919, la premire Jeanne aprs la Victoire, et la terrible saigne, de 14-18 (Guy Steinbach) Les annes de guerre virent les Camelots mobiliss ou engags volontaires quand leur jeune ge les cartait de la mobilisation immdiate. Au front, ils firent preuve du mme courage et de la mme volont de vaincre que dans les combats de la rue. Le trs lourd tribut pay par leurs vies en tmoigne: 80% des Camelots du Roi tombent au champ dhonneur. Sur 15 secrtaires-gnraux des tudiants davant-guerre, 13 trouvent la mort. Les campagnes ncessaires larrire furent pendant plus de quatre ans menes par le journal et son quipe dirigeante. Aprs la victoire, les rangs des Camelots, comme ceux de la Ligue, taient clairsems. Il fallait refaire une organisation, recruter et reformer. Cela fut fait et la premire grande manifestation daprs- guerre fut la fte de Jeanne dArc, le 19 mai 1919. Une colonne de trois kilomtres rassemblait vingt-cinq associations et la Prfecture de Police avait mis en place un important service dordre. En tte : les Alsaciens-Lorrains en costume, Maurice Barrs, puis les combattants, les mutils, les pres et mres des morts de la guerre, la jeunesse : les coles, facults, cours prparatoires aux grandes coles et, enfin,

lAction franaise : sa tte deux cents combattants en uniforme autour du drapeau port par Gaston Baetz, membre du comit et secrtaire des Camelots du Roi. Daudet et Maurras furent lobjet dovations spontanes. Ils taient suivis par les sections dj reconstitues et les Dames dAction franaise derrire leur prsidente, la marquise de Mac Mahon. Le Paris nationaliste stait retrouv. Les Camelots ntant cependant pas encore reforms en tant que tels, il fallut attendrc 1920, o dmarra le regroupement des anciens revenus du front et le recrutement des plus jeunes. Deux groupements distincts, qui ne se confondaient pas, furent mis en place :

- Les Camelots, chargs dassurer la vente de lAction Franaise et le services dordre dans les manifestations et dans les runions. lls taient rpartis en quipes et en groupes. - Les Commissaires dA.F., dont le rle tait dtre la disposition de lAction franaise en toutes circonstances et pour toutes les ventualits.

LA TOILE - # 4 - NOUVELLE SRIE - T 2009

3

SOUVENIRS1921, la rpublique reconnat la Jeanne (Guy Steinbach) La rpublique franaise reconnat officiellement la Fte de Jeanne dArc. Cette fte devient Fte nationale au mme titre que le 14 juillet

JEANNE les annes 201925 et 1926, deux tentatives dinterdiction (Guy Steinbach) En 1925, encore, la fte de Jeanne dArc est exemplaire le Cartel des gauches prtendait interdire le cortge traditionnel des patriotes : le 29 avril on apprenait linterdiction. Le soir mme, Maurice Pujo profitant de la grande runion dAF Luna Park, lit au milieu de 20,000 personnes une dclaration annonant que le 10 mai, 10 heures du matin, les patriotes formeraient malgr tout le cortge traditionnel. Les jours suivants, Abraham Shrameck maintient linterdiction. Le 10 mai, Paris est en Etat de sige avec un formidable dploiement de police. La place Saint-Augustin, point de dpart du cortge traditionnel est compltement entoure. A 10 heures, Mgr Jouin, cur de Saint-Augustin, mitre en tte, entoure de tout son clerg, bnit solennellement la statue de Jeanne. Une formidable ovation de la foule qui russit passer les barrages, salue larrive de Daudet, de Pujo. Une colonne de 1,200 tudiants et Camelots russit passer, au pas cadenc, dans un ordre impeccable ; cest en vain encore ensuite que les gardes rpublicains cheval sinsrent entre les groupes. Le barrage du boulevard Malesherbes est enfonc et, 10 h 40, la colonne dpose ses couronnes place des Pyramides. Le dfil, immense se poursuit jusqu 15 heures : les chefs de la police ont abandonn ! Ce rsultat est luvre discrte, silencieuse mais efficace, de huit quipes de commissaires dAF conduites par leur comit directeur : Pierre Lecur, Maxime Real del Sarte, Lucien labour, Franois de la Motte, Andr Guignard, Philippe Rouland, et Henri Martin. ()

Le 8 mai 1921 est une date prcieuse, marque aux annales nationales : Cest la premire fois, un demimillnaire aprs avoir d son Salut Jeanne dArc, que la France la ftait lgalement et solennellement. () Ce 8 mai 1921, 10 heures du matin, aprs un cortge officiel trs rduit, le dfil organis par lAction Franaise regroupait toutes les associations dtudiants, les collges, les grandes coles, les facs, les lyces, les coles techniques et professionnelles, les groupements danciens combattants, de mutils, les associations patriotiques, les unions catholiques professionnelles, les unions paroissiales, les patronages et les comits royalistes de la Seine.

Le long cortge recevait la bndiction du clerg sur la place Sa