Jeanne d'arc par elle même

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« Un jour, j’étais alors âgée de treize ans, je filais assise sous un chêne, dans le jardin de mon père, lorsque j’entendis une voix qui m’appelait. Ne voyant personne, je crus avoir été le jouet de mon imagination ; la même voix se fit entendre quelques secondes après. Je vis alors, dans une nuée étincelante, saint Michel accompagné d’anges du Ciel. Il me dit de prier, d’espérer que Dieu délivrerait la France, et que bientôt une jeune fille, sans toutefois me dire son nom, serait l’instrument dont Il se servirait pour chasser les Anglais et remettre la France sous l’autorité de ses rois légitimes. A ces mots, ils disparurent, me laissant dans un profond étonnement et fort effrayée d’une telle apparition… »

Text of Jeanne d'arc par elle même

  • couverture : Joan of Arc,peinture de Robert Alexander Hillingford

  • Ermance Dufaux

    Jeanne dArc par elle-mme

  • Lon Denis

    Aprs la MortChristianisme et SpiritismeLe Problme de ltre et de la destineLa grande nigme (Dieu et lUnivers)Le gnie celtique et le monde invisibleDans lInvisible : Spiritisme et mdiumnit

    Allan Kardec tLe livre des Esprits

    Le livre des MdiumsLEvangile selon le Spiritisme

    Le Spiritisme sa plus simple expressionLa Gense, les miracles et les prdictions

    Oeuvres posthumesLe Ciel et lEnfer

    La prire

    Disponibles sur la libraire spirite :www.editions-philman.com

    Cette dition a t ralise avec la collaborationdu Centre Spirite Lyonnais Allan Kardec

    http://spirite.free.fr

    Imprim en France Dpt lgal : mars 2009ISBN : 978-2-913720-49-7 EAN : 9782913720497

    Chico XavierIl y a 2000 ansNosso LarLes messagersMissionnaires de la lumireDans le monde suprieurLes ouvriers de la vie ternelleDans les domaines de la mdiumnitAction et ractionEntre la terre et le cielLibrationCinquante ans plus tardAv ChristRenoncementPaul et Etienne

  • Mmoire de lAu-del

    Jeanne dArc par elle-mme

    Rcit autobiographique

    dict

    Ermance Dufaux

    Jeune mdiumalors ge de 14 ans

  • PRFACE

    Ce rcit historique et mouvant a t obtenu grce une jeunefille de 14 ans : Ermance Dufaux.

    La prcoce mdiumnit de cette adolescente fut observe etcontrle par Allan Kardec, qui crivait dans la Revue Spirite de mars1958 :

    En parlant de lhistoire de Jeanne dArc, dicte par elle-mme,nous avons dit que Mlle Dufaux avait crit de la mme manirelhistoire de Louis XI. Ce travail, lun des plus complets en ce genre,contient des documents prcieux au point de vue historique.

    Au point de vue spirite, cest lun des plus curieux chantillonsdes travaux de longue haleine produits par les Esprits. cet gard,deux choses sont particulirement remarquables : premirement, larapidit de lexcution (quinze jours ont suffit pour dicter ce rcit) ;secondement, le souvenir si prcis quun Esprit peut conserver desvnements de la vie terrestre. ceux qui douteraient de lorigine dece travail et en feraient honneur la mmoire de Mlle Dufaux, nousrpondons quil faudrait en effet dune enfant de 14 ans une mmoirebien phnomnale, dun talent dune prcocit non moins extraor-dinaire, pour crire dun seul trait un ouvrage de cette nature ; mais supposer que cela ft, nous demanderons o cette enfant auraitpuis les explications indites de cette fabuleuse pope. Des diverseshistoires crites par son entremise, celle de Jeanne dArc est la seulequi ait t publie. Nous faisons des vux pour que les autres lesoient bientt et nous leur prdisons un succs dautant plus grandque les ides spirites sont aujourdhui infiniment rpandues.

  • INTRODUCTION

    Ne dun simple laboureur, ma vie et d tre calme et paisible,comme le ruisseau inconnu qui coule sur le gazon ; il nen fut pasainsi : Dieu ne le voulut pas. Ce ne fut pas lambition, mais les ordresimprieux du Ciel qui me firent sortir de mon humble condition. mes yeux les fleurs des champs taient mille fois plus belles que lespierreries des rois, et je considrais la gloire comme un flambeau quibrle le papillon qui ose sen approcher.

    Je ne menorgueillis pas de ma mission, la regardant comme unegoutte de rose chue par hasard un brin dherbe qui la laisseraitbientt tomber, pour se scher comme ses semblables. A peine cettecarrire meut-elle t ouverte, que mille obstacles surgirent pour medcourager : je doutai alors du Ciel et de moi-mme, mais Dieu nemabandonna pas, de nouvelles apparitions vinrent me rassurer : Ilvoulait seulement me montrer que, sans lui, je ne pouvais rien ; quejtais comme les roues qui font marcher le char, mais qui sontinutiles si une force trangre ne leur donne pas le mouvement. Ilvoulait chasser de mon me lorgueil qui sen ft indubitablementempar, si sa prvoyante sollicitude ne meut pas dvoil ma faiblesse.Voir ma patrie libre des fers honteux qui la retenaient captive, ctaitle plus doux rve de ma jeune vie ; une vague tradition du foyerpaternel disait quune femme le raliserait, et le Tout-Puissant, parun miracle, mapprenait que cette femme ctait moi ! Moilhumble vierge de Domrmy ! Quel tre si parfait net senti cette pense son me tressaillir dorgueil ? La rvlation manantit ;le dmon mattaqua ; Dieu le vainquit pour moi.

    Je mattendais trouver une route large et facile qui me mneraitau but, au milieu de mille fleurs : mais hlas ! Des rochers, des pr-

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    cipices chaque pas me barraient le passage. Tous mes efforts, toutesmes tentatives demeuraient inutiles : Dieu alors me prenait par lamain ; Il me faisait gravir les uns et franchir les autres. Je reconnusmon impuissance, et jappris tout attendre de Lui, de Lui seul. Jetrouvais des pines l o jattendais des fleurs ; elles mtaient bienpnibles, mais elles loignaient mes pas de labme que je ctoyais.Toujours le vent me faisait ployer, quand je croyais tre assez fortepour le braver ; mais la main qui mavait place au milieu de loragemempchait dtre brise.

    Pour que je ne devinsse pas inutile pour ne pas dire nuisible auxprojets du Ciel, il fallait quun guide sr me maintnt dans la bonnevoie : Dieu permit ses saints de tomber sous mes sens, en prenantdes formes visibles. Ces visions taient pour moi comme laimant quidirige toujours vers le nord laiguille de la boussole ; jtais sre de nepas mgarer en suivant leurs conseils ; que ne les ai-je toujourscouts !

    Devenue lmule des Dunois, des La Hire, des Xaintrailles, jenen fus pas plus heureuse : le bonheur ne se trouve pas dans lespalais, comme les hommes le pensent, mais plus souvent dans leschaumires et dans le cur des humbles. Les plaisirs mondains sontcomme les fleurs de lEphmre ; mais ceux que donne le devoir sontcomme celles de lImmortelle, qui ne se fanent jamais.

    La leve du sige dOrlans, la journe du sacre et les victoiresremportes par les Franais taient pour moi des vnements heu-reux ; mais ils ne me donnaient pas ce bonheur pur que je gotaisdans la chaumire ; je regrettais mes couronnes de bleuets et depquerettes et la quenouille que je filais lombre des vieux noyers.Jesprais revoir mes riantes montagnes Hlas ! Ma missionaccomplie, il fallut encore rester : les vux du Roi et de la France meretinrent peut-tre aussi les miens.

    Prires, avis, menaces, mes clestes protecteurs npargnrent rienpour me sauver : hlas ! On et dit quun fatal bandeau drobait ma vue le gouffre qui devait mengloutir. Mon imprudence medonna de nouveaux droits la gloire : au titre de libratrice je joigniscelui dinfortune ; jachetai lun au prix de mon bonheur et lautre

  • Ermance Dufaux 11

    au prix de ma vie. Le malheur sacre les hros comme le sang sacrait leslus du cirque ; sous un buisson dpines, la gloire, comme la violette,parat plus belle aux yeux de tous ; pure par le malheur, elle estpour ainsi dire entoure dun cercle de feu que le serpent de lenvienose approcher.

    Si jai perdu sur la terre un bonheur passager, linnocence de mavie, les chanes de la prison et les flammes du bcher men ont acquisun qui ne passera jamais.

  • CHAPITRE 1

    Je reus le jour Domrmy, pauvre village prs de Vaucouleurs,de Jacques dArc et Isabeau Daix, sa femme. Ma mre ntait connue Domrmy que sous le nom de Rome ; voici pourquoi : JeanRome tait un honnte laboureur de Domrmy. Un jour quil allaitramasser des rames au bois Chesnu, il rencontra une petite filleabandonne, qui avait environ six ans. Il apprit delle, non sanspeine, quelle se nommait Isabeau Daix, et que les Bourguignonslavaient chasse du village de Macey, aprs avoir massacr sesparents, qui taient Armagnacs. Touch de piti pour le sort de cetteenfant, et ne pouvant se rsoudre labandonner, tandis que le Ciella lui confiait dune manire si vidente, il lemmena chez lui etlleva comme si elle lui et appartenu, quoiquil et dj deux filles :Jeanne et Ameline. Quand elle fut en ge de stablir, il la maria mon pre qui stait fix Domrmy depuis quelque temps, et luidonna pour dot la chaumire dans laquelle je suis ne. Javais djtrois frres : Jacquemain, Jean et Pierre, et une sur nommeIsabeau.

    Mes parents, pauvres et honntes, ne me donnrent quune du-cation convenable leur tat : jappris coudre, et je filais, quand jene gardais pas les btes avec ma sur. Ds mon enfance javais tnourrie dans de grands sentiments de pit et damour pour monlgitime souverain, ainsi que dans une forte haine pour les Anglais,haine que naugmentaient pas peu les ravages de la guerre et lesrcits, trop souvent exagrs, des cruauts quils exeraient conti-nuellement contre ceux qui navaient pas trahi leur patrie et quitaient rests fidles leurs souverains ; surtout contre les malheureuxpaysans, toujours les premires victimes de la guerre. Hommes,

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    femmes, vieillards, enfants mme, tous sentretenaient journellementdes malheurs de linfortun Charles VI, que lon tait loin de rendreresponsable des maux qui affligeaient la France, maux quon attri-buait surtout la coupable Isabeau de Bavire, femme dnature, quisut affranchir son cur des sentiments que les animaux les plusfroces ne peuvent touffer, et qui soublia au point darracher dufront de son fils un diadme dont il tait le lgitime hritier. Lesinfortunes sans nombre quprouvaient les Franais ne purent dimi-nuer lattachement quils avaient pour Charles VI, ni lui faire perdrele titre de roi bien-aim, titre le plus noble quun souverain puisseenvier, quil garda toujours.

    On ne cessait non plus de clbrer les mille vertus du jeune dauphinCharles et ses grandes qualits qui semblaient prsager la France unbrillant avenir, sil montait un jour sur le trne de son pre. Mafamille, mes compagnes, et moi en particulier, nous ne cessionsdadresser au Ciel de ferventes prires pour flchir sa colre, obtenirlexpulsion des enn