High photography World Light 360 issue 1

Embed Size (px)

DESCRIPTION

High photography World

Text of High photography World Light 360 issue 1

  • i s s u ehttp: / / l ight-360.com

    High Photography World

    1

  • L I G H T 3 6 0 I S S U E # 12

  • EDWINN BALLERK est manager consultant pour K2 Art Investment agency, install Duba depuis 1997. En charge du dpartement photographique, il sadresse des investisseurs privs intresss par lachat doeuvres, la constitution de collections et la diversification de porte-feuilles dinvestissements. Une spcialit au large spectre qui lamne voyager sans cesse pour visiter toutes sortes dexpositions travers le monde, assister aux multiples ventes aux enchres et autres vnements artistiques. Son oeil dexpert est naturellement trs attentif aux dif-frentes volutions du mtier de photographe dans sa di-mension internationale.

    p r o f e s s i o n

    p ho t og r a p h e

  • Comment voyez-vous le mtier de photographe au-jourdhui?En 20 ans, le mtier de photographe a beaucoup vo-lu. Leffet numrique et la virtualisation a forte-ment impact lordre des choses, son conomie, ses prix mais aussi son rapport la qualit.La transformation des normes de prise de vue et les comportements lis la consultation comme la dif-fusion de limage simposent aujourdhui tous les acteurs du march.Pour beaucoup, la facilit et la gratuit institues par Internet est une bonne chose! On peut les comprendre!Pour dautres, au contraire, ces nouvelles tendances re-prsentent un dfi supplmentaire quil nest pas tou-jours facile de relever.De nos jours, tous les professionnels doivent sadapter cette ralit et repenser leur mtier dans un contexte satur dimages dans lequel cohabitent tous les usages confondus. Cest possible, mais cest sportif et trs onreux!

    Pensez-vous leffet de masse dune photographie amateur devenue mdia social?Pas seulement et srement pas en ces termes! Dail-leurs, la dsignation damateur et de professionnel sont des termes juridiques et conomiques. Artistiquement, mdia social ou pas, il existera toujours une diffrence majeure entre loeuvre construite du talent, que jap-pelle la Haute photographie, et le travail, moins abouti, de quelquun qui nen a pas.Mauvais ou sublime, le fait dtre un professionnel ou un amateur ny change rien et inversement.

    On ne peut pourtant nier la forte mdiatisation photo-graphique dInternet?Ce nest pas la mme chose! Au cours des 15 dernires annes, la photographie amateur est en effet passe dune norme patrimoniale qui visait principalement figer les moments importants dune vie une norme

    de communication gnralise via les rseaux so-ciaux. Dsormais, cette photographie est devenue pour lessentiel une activit de capture, celle de linstant. Elle incarne un nouveau moyen de communication, dinformation, dmotion... qui se partage entre In-ternautes. Dans un monde hyper connect qui stimule lusage, cette volution soutenue par lengouement du public provoque naturellement des effets de masse. A beaucoup dgards, on peut sen rjouir!

    Economiquement, le march de lquipement est deve-nu un enjeu stratgique majeur qui ne cesse de progres-ser pour tous les industriels. Cest un levier essentiel qui propose sans cesse la performance technologique, la qualit technique, la baisse des prix et la cration demplois. Tant mieux!Artistiquement, cette photographie gnralise aug-mente la demande, multiplie lexpression et la crati-vit. Encore une fois ... tant mieux!Mais dans ce magma de proximit mondiale, il faut aussi donner au photographe professionnel les moyens de sadapter et de rorganiser son mtier dans un en-semble cohrent. Cest l que le bas blesse!

    A quels moyens pensez-vous en particulier?Je ne suis pas un expert dans ce domaine mais mon avis, une forme de rgulation serait la bienvenue! La rgulation contre le travail dissimul, par exemple, et quon ne vienne pas me parler de laspect anecdotique. Il suffit de se connecter un rseau social pour saper-cevoir que cest le sport le plus pratiqu en Europe, trs loin devant le football!Et au club Jarrondis mes fins de mois, les licencis

    sont nombreux: photographes intituls comme tels, modles amateurs en free-lance, commanditaires en tous genres de type magazines, commerants, publici-taires ... Evidemment, pour les professionnels installs dans leur logique de charges, de taxes et dimpts di-vers, cest compliqu de lutter!Je pense aussi une rgulation en faveur des droits dauteurs! Voici quelques jours, je recherche lauteur dune photo sur Internet. Jai trouv pas moins de huit photographes revendiqus pour la mme image! Deux dentre-eux sont mme alls jusqu publier dans un magazine!Il parait quil y a des lgislations en la matire, aussi incompltes soient-elles selon les Pays, mais priori, tout le monde nest pas inform!

    En pareils cas, il y a tout de mme des recours pos-sibles?

    Jimagine que oui! A condition que lArtiste intress soit inform, quil ait beaucoup de temps disponible et un budget avocat prvu au bilan. Aprs, quad-vient-il dune quelconque procdure lorsque le pil-leur est en Mongolie infrieure? Je ne sais pas! On appelle Interpol je suppose? (rires)

    I N T E R V I E W

    L I G H T 3 6 0 I S S U E # 14

  • Il semble que lvolution du march contraigne les acteurs professionnels toujours plus dexcellence. Quen pensez-vous? Selon moi, la photographie distingue deux grands sec-teurs. Celui trs dominant des photographies faible, voire trs faible valeur artistique et marchande. Une photographie de consommation qui privilgie la fonc-tion et lusage la qualit. Cette production est encourage par tout un systme low cost, des sites discount de stocks photos jusqu de nombreux magazines en passant par le ronron des rseaux sociaux qui tend bercer le rve et lillusion ... en marge des ralits. Le fameux story telling coup de I like. Quand on pense que plus de 8 milliards de photos sont partages en une anne sur le seul rseau Facebook, cest tourdissant!Lautre secteur est celui de la photographie dexception dont la valeur ajoute est dautant plus leve quelle ncessite une expertise, un savoir-faire, un regard et un talent dauteur exceptionnel. Celle-ci est souvent sacralise par le march de lart qui donne certains lus de belles opportunits. Pour des spcialits comme la photographie de mode dont la production est trs importante, les plus talentueux sont gnralement valoriss par la publication dans certains magazines qui offrent la fois une forte valeur ajou-te et un intrt lucratif durable. On observe aussi que ce type de publication est souvent lorigine dexpo-sitions dans les galleries spcialises mais dans lim-mensit de la photographie contemporaine, le niveau dexigence et lexcellence restent encore les meilleurs critres de distinction.

    Malgr un march en forte progression contre sens de la crise, beaucoup de photographes rencontrent pour-tant dnormes difficults conomiques. Comment

    lexpliquez-vous? De faon gnrale, le modle conomique du pho-tographe est devenu une quation complexe. Pour sadapter aux diffrentes volutions, il est souvent oblig de diversifier ses prestations, dadopter une or-ganisation diffrente, dintgrer la varit des supports de production, de recourir des quipes pluridiscipli-naires, dinvestir dans un matriel toujours plus perfor-mant, de dployer une communication de plus en plus efficace ... Tout cela un prix quil doit naturellement

    supporter.Dans le mme temps, tous ses pourvoyeurs de travail

    comme les magazines ou les publicitaires sont dans un contexte de rentabilit. Le prix de son travail baisse fortement et ce qui est terrible, cest quil na pas dautre choix que de subir cet effet de ciseaux.On voit de plus en plus de socits disposer dun ser-vice photo intgr. Cest indit!Trs souvent, nombreux sont les photographes qui sont obligs daccepter des commandes la limite de la rentabilit pour pouvoir diffuser leurs travaux. On observe un march en forte progression? Cest vrai sur tout le spectre marchand, pour la plupart des institu-tionnels, les fabricants de matriel, les intermdiaires, les rseaux de distribution et de diffusion ... mais tout semble se passer comme si le photographe tait le pa-rent pauvre dun secteur quil est pourtant le seul va-loriser. Cest incroyable!

    La photographie devient une des valeurs sres du mar-ch de lArt. Cette volution offre-telle une relle op-portunit conomique?Bien sur, il y a toujours des niches condition de gar-der le sens dune certaine ralit. Il ne suffit pas de

    simplement le dcider pour finir dans les catalogues de

    ventes, dautant que lArtiste ne contrle pas la cota-tion de son travail et proportionnellement, les lus ne sont pas lgion. Mais on constate aujourdhui un int-rt soutenu des galleries qui proposent dsormais des oeuvres moins cotes, mais toutes aussi mouvantes et des prix largement accessibles du grand public. Cest une trs bonne chose mme si ce nest quun dbut. Pour linvestisseur, le risque est nul! Il peut acqurir sans se ruiner une oeuvre dont il profitera pleinement

    en esprant, peut-tre, valoriser son capital terme.

    Quel conseil donneriez vous un jeune photographe?De rester lucide et de ne pas cder au chant des Si-rnes! La photographie est un Art qui ncessite un vrai talent. Il faut parfois du temps pour parvenir maturit artistique dautant que lchelle dexposition du photo-graphe est aujourdhui plantaire. Il ny a videmment pas de recette prcise pour atteindre la reconnais-sance mais sentourer de professionnels comme les agents, les conseils en communication et autres sp-cialistes Internet reste encore la mthode qui me parait la plus efficace.

  • Cover by Marc Evansmodel Anna weber

    for 10TEN magazineEditorial Larmes de Mode

  • 2 6INTERVIEWProfession Photographe

    by Edwinn Ballerk

    MARC EVANS

    EditorialMaleficient

    FRENCH TOUCH

    Stphane Mounet forNOISE UK magazine

    NEWS MAG

    10TEN magazine byMarc Evans

    BLACK & WHITE

    Jacques BeneichJazz collection

    BACK LIGHT

    Alberto BuzzancaBuzz