Genius Loci 1 — Céline Domengie

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Série d'éditions accompagnant le travail de Céline Domengie sur la construction du collège de Montflanquin. Conception graphique et co-édition : tabaramounien. Plus d'information sur le projet : www.celinedomengie.fr

Text of Genius Loci 1 — Céline Domengie

  • Genius Loci

    1

  • juin 2011 septembre 2011,

    un projet de cLine DomenGie.

    notes pour un biLan De Genius Loci

  • notes pour un biLan De Genius Loci

  • Ce numro 1 tait rest en attente. Il vient aprs les numros 2, 3, 4 et 5.

    Renverser les procds. Finir par le commencement.

  • Septembre 2011, Genius Loci touche sa fin aprs seize mois de rsidence sur le chantier de construction du collge de Monflanquin (47150), et plusieurs annes de rflexion et de prparation.

    Genius Loci ?

    Comment se fait loeuvre avant dtre monument ? Faire une oeuvre qui ne soit pas monumentale.

    Demble, lide centrale du projet, tait de suivre lensemble du chantier de construction et de tisser un parallle entre deux processus de construction : celui de larchitecture et celui de loeuvre dart.

    Lun et lautre, le chantier de construction et latelier dartiste, sont des lieux inaccessibles : invisibles et abstraits.

    Construction dun collge, construction dun bien commun financ par largent public.

    Chantier interdit au public. Question de cloisonnement. Notion de barrire.

  • Lide premire : installer mon atelier au sein du chantier pour y mener un travail quotidien. Me mettre au travail dans un lieu de travail.

    Exprimenter des protocoles pour le rendre visible au public.

    Prvoir des visites, mnager un trou dans la barricade.

    Quel public ? Les ouvriers ? Les voisins ? Les habitants du village ? Les collgiens et leurs professeurs ? Les professionnels ? Les scolaires ?

    Jai commenc travailler sur ce projet fin 2007, lorsque jai appris que le Conseil gnral envisageait la construction dun nouveau collge Monflanquin. Cela fait donc quatre ans que je travaille sur Genius Loci.

    Cette chelle de temps pose demble la question du temps dans le processus artistique : o commence et quand sachve une oeuvre, quand celle-ci prend pour objet dexploration son propre processus dexistence ?

    Plus dune anne de rsidence. Comment rendre ce projet viable conomiquement, si mon activit principale se droule sur le chantier ?

  • Trouver des partenaires financiers.

    _ Se rapprocher de la matrise douvrage : le Conseil gnral. Rencontre avec le conseiller gnral reprsentant le canton. Il moriente vers le service de la Communication. Aucune avance en suivant cette piste.

    _ Se rapprocher de la matrise doeuvre. Rencontre avec un des architectes candidats la ralisation du btiment. Il est daccord pour intgrer mon projet sa proposition. Il sera retenu pour concourir mais, malheureusement, perdra le march en dernire phase de slection.

    _ Se rapprocher des professionnels de la culture. Rencontre avec le directeur de loprateur culturel local, dont la structure accueille des artistes en rsidence.

    Rencontre avec la directrice du service de la Culture du Conseil gnral. Mme rponse de la part de ces deux personnes : seule ligne budgtaire suffisamment importante : le 1 %.

    Pourtant.

    Le 1% nest pas adapt ce projet car dun point de vue chronologique, le concours est lanc au moment o

  • le chantier commence. Dautre part, le concours est labor partir dun programme auquel lartiste doit rpondre : jai peu de chance que ce concours soriente dans le sens de mes recherches. Enfin, en tant que concours, il y a trop de risques le perdre : garder le pouvoir de dcision sur lexistence de son travail.

    Deux annes se sont coules. Pendant ce temps, les expriences changes avec dautres artistes ont permis de dcouvrir une alternative.

    Juin 2009, naissance de lassociation Le Belvdre.

    La structure associative porte le projet de lartiste.

    Elle permet aussi le dveloppement collectif dun projet singulier : le groupe peut se mobiliser et soutenir leffort de lartiste pour faire exister le projet.

    Elle offre la possibilit de solliciter des soutiens financiers : cration dun emploi aid pour financer le temps de recherche artistique. La charge salariale est assume par des prestations scolaires ralises par lartiste sur le thme du chantier.

  • Exemples : projet pdagogique avec les collgiens concerns et leur professeur de musique, projet pdagogique avec des coliers dun village o on construit un muse, projet pdagogique avec des lycens en formation professionnelle pour les mtiers du btiment.

    Crer une autonomie conomique.

    Lassociation permet dobtenir une aide logistique : mise disposition dune salle avec technicien par la municipalit, prt de vido-projecteur et de matriel divers par les associations voisines et dpartementales.

    Le chantier commence en juin 2010

    Autorisation de pntrer sur le chantier par le Conseil gnral, mais celui qui a le mot de la fin : cest le chef de chantier.

    Obtenir sa confiance. Replacer le pouvoir sa juste place.

    Collaborer avec le grutier, lui laisser lexclusivit du point de vue cinquante mtres de haut. Aborder la question de la hirarchie.

    Un rituel : je viens tous les jeudis. Tous les jeudis je suis attendue par le grutier : avant quil ne monte,

  • je lui prte un petit appareil photo numrique.

    Montrer le travail en cours un fois par trimestre sous forme de confrence.

    La confrence comme cration.

    Une forme souple et vivante qui laisse une large marge de manoeuvre pour adapter la prsentation au travail en cours, une forme qui laisse de la place limprvu, une rflexion en public.

    Un laboratoire pour exprimenter des formes de monstration, de reprsentation.

    Lartiste seule, ou bien accompagne. Collaboration avec une ou deux autres artistes. Sur scne, elles sont affaires. Lune son puzzle, lautre ses dessins. Elles sont filmes. Portrait de lartiste en travailleur.

    Chacune vient avec son art. Participe sa faon. Prsences bienveillantes et rassurantes.

    La confrence nest pas professorale. Bien quil y ait un droulement dans le temps. Une conversation entre des prsences, des images, des histoires. Diffrentes entres. Le public assiste, choisit lobjet de son regard ou de son coute. lcran, sont projets les

  • diaporamas, les vidos, les gestes des artistes occupes puzzler ou dessiner.

    Montrer le chantier, le faire entendre. Les tmoignages des ouvriers. Le grutier raconte lennui, le plombier dfinit lart comme une qute de la perfection, le chef de chantier dcrit la mise en oeuvre du bton : le bton est vivant.

    Lartiste en action, les images, les sons : un jeu de cohabitations qui nest pas fig mais vivant, assumant la fragilit de la tentative.

    Complexit du chantier ( cf : Edgar Morin pour la notion de complexit ) : un agencement de comptences, un jeu de rpercussions (vases communicants, raction en chane : vider ailleurs lancien btiment, les carrires- pour remplir ici ).

  • Images hors du chantier : lancien collge, les carrires, lusine de ferraillage, le bureau dtude, etc.

    Variation des lieux dimplantation et de dveloppement.

    Diffrents types dchanges avec le public.

    Dans latelier de lartiste, sur scne, lors dune table ronde.

    Dans le chantier, Monflanquin, lancien collge, au nouveau collge.

  • Direction artistique & photographies Cline Domengie. www.celinedomengie.fr

    Relecture Jean-Paul Thibeau.

    Publication Le Belvdre, cent exemplaires, septembre 2011, Monflanquin. lebelvederedemonflanquin.wordpress.com

    Conception graphique Yasmine Madec & Damien Arnaud www.tabaramounien.com

    Le texte est compos en NotCourierSans et W Drog, typographies libres cres par OSP-Foundry.