Star wars La bataille des jedi - .STAR WARS La Bataille des Jedi De Thimothy Zahn Traduit par Michel

  • View
    219

  • Download
    0

Embed Size (px)

Text of Star wars La bataille des jedi - .STAR WARS La Bataille des Jedi De Thimothy Zahn Traduit par Michel

  • STAR WARS

    La Bataille des Jedi

    De Thimothy Zahn

    Traduit par Michel Demuth

  • 1

    Droit au-dessus, l'toile tait une agate jaune orang, dont l'clat tait modr par la distance et par les filtres automatiques des baies. Et autour d'elle, autour du vaisseau, il y avait toutes les autres toiles de la galaxie, projetes comme autant de points ardents sur le fond noir de l'espace. Et, immdiatement sous le vaisseau, l'aube se levait sur la partie occidentale de la Grande Fort Nordique de la plante Myrkr.

    La dernire aube que cette fort connatrait. Debout devant l'une des baies de la passerelle du

    superdestroyer imprial Chimaera, le commandant Pellaeon observait la ligne floue du terminateur qui se dirigeait vers la cible. Dix minutes auparavant, les forces au sol, regroupes autour du point d'impact, avaient annonc qu'elles taient prtes. Le Chimaera lui-mme tait en position stationnaire depuis prs d'une heure. Il n'attendait plus que l'ordre d'attaquer.

    Lentement, furtivement, Pellaeon tourna la tte de quelques centimtres. Sur sa droite, le Grand Amiral Thrawn tait assis au poste de commandement. Son visage bleu tait inexpressif et ses yeux rouges taient fixs sur les voyants. Depuis le dernier rapport des forces au sol, il n'avait pas quitt cette position, et Pellaeon pouvait sentir monter la tension des hommes de passerelle.

    Pellaeon, quant lui, avait depuis longtemps renonc deviner les arrire-penses de Thrawn. Si le dernier Empereur avait jug digne de nommer Thrawn au titre de douzime Grand Amiral, cela prouvait qu'il avait confiance en l'homme - d'autant que Thrawn n'tait pas

  • de souche humaine et que l'Empereur tait bien connu pour avoir des prjugs cet gard. Plus encore, durant la premire anne o Thrawn avait command le Chimaera et entrepris de reconstituer la Flotte Impriale, Pellaeon avait eu de nombreuses preuves du gnie militaire du Grand Amiral. Et s'il avait une raison de retarder l'attaque, elle devait tre justifie.

    Toujours aussi lentement, il revint la baie. Mais, apparemment, ses mouvements n'taient pas passs inaperus, et Thrawn demanda de sa voix douce et module dans le bourdonnement touff des conversations :

    - Une question, capitaine? - Non, amiral, fit Pellaeon en s'efforant de le regarder

    en face. Un instant, les yeux de braise l'tudirent, et Pellaeon

    s'attendit une rprimande, ou pis encore. Mais Thrawn, et Pellaeon avait tendance trop souvent l'oublier, n'avait pas

    le caractre vindicatif du lgendaire Dark Vador. - Vous vous demandez sans doute pourquoi nous

    n'avons pas encore attaqu? Le Grand Amiral haussa les paules. - Oui, je dois l'admettre, amiral. Toutes nos forces

    semblent en position. - Nos forces militaires, certes, mais pas les

    observateurs que j'ai envoys Hyllyard City. Pellaeon cilla. - Hyllyard City? - Oui. Je me suis dit qu'il tait improbable qu'un

    homme aussi rus que Talon Karrde implante une base au milieu d'une fort sans assurer des contacts avec d'autres distance. Hyllyard City est trop loigne de la

  • base de Karrde pour que quiconque puisse tre directement tmoin de notre attaque ; par consquent, tout surcrot d'activit en ville signifierait qu'il existe un moyen de communication plus subtil. A partir de l, nous serons en mesure d'identifier les contacts de Karrde et de les placer sous surveillance long terme. Et ils finiront bien par nous conduire jusqu' lui.

    - Oui, amiral, fit Pellaeon. Donc, vous ne vous attendez pas capturer vivants les hommes de Karrde.

    Le sourire du Grand Amiral se fit plus caustique. - Au contraire. Je compte bien que nos troupes ne

    trouveront qu'une base abandonne et vide. Pellaeon risqua un regard vers la baie et entrevit le

    croissant lumineux de la plante. - En ce cas, amiral... pourquoi attaquons-nous? - Pour trois raisons, capitaine. Premirement, mme

    des personnages tels que Talon Karrde commettent des erreurs. Il se pourrait bien que dans la prcipitation de la fuite, il laisse derrire lui des informations capitales. Deuximement, comme je l'ai dj mentionn, une attaque de sa base pourrait nous conduire ses contacts de Hyllyard City. Et, troisimement, c'est une occasion pour nos troupes au sol d'acqurir une exprience qui leur manque fortement.

    Les yeux rouges s'apesantissaient sur Pellaeon. - Capitaine, n'oubliez jamais que notre stratgie n'est

    plus ce pitoyable harclement d'arrire-garde que nous avons pratiqu ces cinq dernires annes. Avec le Mont Tantiss et la collection de cylindres spaarti de notre ex-Empereur entre nos mains, l'initiative nous revient. Bientt, nous entamerons le processus de reconqute des plantes prises par la Rbellion, et pour a, nous

  • aurons besoin d'une arme aussi bien entrane que les quipages et les officiers de la Flotte.

    - Je comprends, amiral, dit Pellaeon. - Parfait. (Thrawn se tourna vers les crans.) Il est

    l'heure. Signalez au gnral Covell qu'il peut commencer.

    - Oui, amiral. Pellaeon regagna son poste. Il lut rapidement les

    donnes, et appuya sur la touche de son intercom, conscient que Thrawn faisait de mme. Un message priv l'intention de ses espions d'Hyllyard City?...

    - Ici le Chimaera. Dclenchez l'attaque.

    - Bien reu, Chimaera, dit le gnral Covell dans son

    comlink. Il ravalait son mpris. Typique de la Flotte - mais

    prvisible et curant. Ils s'taient tous agits comme des dmons pour dbarquer troupes et vhicules, on leur avait dit de se tenir prts d'urgence... et ils attendaient depuis que les gens de la Flotte, avec leurs uniformes impeccables, dans leurs grands vaisseaux tout propres, veuillent bien finir leur tasse de th pour donner enfin l'ordre d'entrer en action.

    C 'est a, installez-vous bien confortablement, pensa-t-il, sardonique, en levant les yeux dans la direction du superdestroyer. Que le Grand Amiral Thrawn ft intress par des rsultats concrets ou uniquement par un bon spectacle, il allait en avoir pour son argent. Le gnral se pencha sur sa console et appela plusieurs frquences de commandement.

    - Gnral Covell toutes les units : on a le feu vert. Allons-y.

  • Le plancher mtallique vibra, et l'norme bipode AT-AT s'avana de son pas pesant et trompeusement maladroit travers la fort, en direction du camp situ un kilomtre de l. En avant de l'AT-AT, parfois visibles travers la baie de transparacier blind, deux bipodes claireurs AT-ST progressaient en parallle sur la piste, afin de dtecter les piges et les positions ennemis.

    Mais des dfenses aussi futiles n'apporteraient gure Karrde. Covell avait command des centaines de campagnes d'attaque au service de l'Empire. et il connaissait parfaitement bien les capacits de ses machines de combat.

    Sous la baie, l'hologramme de la projection tactique tait illumin comme un disque dcoratif : les points rouges, blancs et verts clignotants indiquaient les positions du cercle des AT-AT et AT-ST de Covell. ainsi que de ses hoverscouts d'attaque, qui tous se rabattaient en bon ordre sur le camp de Karrde.

    C'tait bien, mais pas parfait. Le flanc nord des AT-AT et les vhicules de soutien tranaient de faon perceptible derrire le nud coulant.

    - Unit Deux, recollez. lana Covell dans son comlink. - Nous essayons. mon gnral. (La voix tait

    mtallique, lointaine. cause des brouillages tranges de la flore de Myrkr, riche en mtaux.) Nous rencontrons des vrilles denses qui ralentissent nos claireurs bipodes.

    - Vos AT-AT galement? - Non, mon gnral, mais je voulais maintenir la

    cohsion du flanc... - Major, la cohsion est certainement une valeur

    apprciable durant des manuvres, le coupa Covell, mais on ne peut risquer tout un plan de bataille pour a.

  • Et si vos AT-ST n'arrivent pas suivre, laissez-les en arrire.

    - Bien, mon gnral. Covell coupa la communication. Le Grand Amiral avait

    raison sur un point : ses troupes avaient besoin d' un entranement au feu avant de parvenir au niveau imprial. Mais, quand mme, le potentiel brut tait l. Il vit que le flane nord se regroupait, les hoverscouts revenaient sur les positions initiales des AT-ST pendant que les AT-ST eux-mmes se dployaient en formation d'arrire-garde.

    Le senseur d'nergie mit un bip : ils taient tout prs du camp.

    - Statut? demanda Covell. - Armement charg et par, rpondit l'artilleur, le

    regard fix sur les cibles. - Aucun signe de rsistance, active ou passive, ajouta le

    pilote. - Restez en tat d'alerte, ordonna Covell. Il passa sur la frquence de commandement. - A toutes les units : attaquez. Dans un dernier fracas d'arbres crass, l'AT-AT

    pntra dans la clairire. Le spectacle tait impressionnant. Comme la parade,

    les autres units AT-AT surgirent simultanment des quatre autres cts de la clairire, entoures des hoverscouts qui encerclrent instantanment les btiments.

    Covell jeta un regard acr sur les senseurs. Deux sources d'nergie fonctionnaient encore, une dans le btiment central, l'autre dans un des casemements extrieurs. Il n'y avait aucun signe de la prsence de senseurs activs, d'armes ou de champs d'nergie.

  • L'analyseur de formes de vie dploya ses calculs algorithmiques complexes et donna sa conclusion : il n'y avait pas trace de vie dans les btiments dserts.

    Mais dans le grand btiment principal, par contre... Le commandant de l'AT-AT quatre transmit son

    rapport. - Gnral, je dtecte au moins vingt signaux manant

    de formes de vie dans le btiment principal. Tous dans la section centrale.

    - Mais l'analyse ne confirme pas qu'ils sont humains. murmura le pilote de Covell.

    - lls ont peut-tre un bouclier, grommela Covell en jetant un regard au-dehors : toujours aucun signe de mouvement dans le camp.

    - ll faut aller y voir. Escouades d'assa