OFFICE DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE ET .retourne sans cesse les mImes questions, ... en démontre

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  • Rflexions propos de la lutte contre

    les insectes rav8geurs des cultures

    vivrires africaines

    OFFICE DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE ET TECHNIQUE OUTRE - MER

    CENTRE OR5TOM DE BOUAKt - Cte d'IvoireB.P. 1434 - BOUAK 01 .

    -Dcembre 1981

  • OFfICE DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE ET TECHNIQUE OUTRE.MER

    LABORATOIRE D'ENTOMOLOGIE AGRICOLE BOUAKE

    R~flexions propos de la lu~e contre les insectes

    ravageurs des cultures ~iVTi~res africaines

    p. COCHEREAU

    D~cembre 1981

  • - 1 ..orrrCE DE LA RECHERCH~ SCrrNTIrrOUE ET TECHN~OUE OUTRE-MER

    LABORATOIRE D'ENTOMOLOGIE AGRICOLE - eOUAKE

    Rd'~~xion. p~Op08 de la +utte co~t~e +e8 i~~eate.

    ~.V8g8U~s des cultures uivri~re8 afrIcaines

    p. COCHEREAU

    Beaucoup sont inddois, on 'se pose des questions, qui peut y ~dpond~emcnt~e~ des exemplee prdoiset ooncrets J ddmontrer le bien-'ond~ des thdcriesexposdss. On aocepte'tout, toute iddenouvelle est bonne, car on a llimpres~sicn de ne pouvol~ progresser J il est possible que'llon tourne en rond, qulonretourne sans cesse les mImes questions, on a l'impression de se reposer sanscesse un probl~me dont la solution reste i"saieissable.

    Nous vivons sur nos aoquis,nous pensons selon nos acquis et nostechniques longuement dlabords sous dtautree contraintes ,'nous ag1ssons selonnos mdthodes et conceptions dconomiques qui. sans conteste, ont rait leurspreuves dans un autre contexte, mme si elles commena.nt 8tre remises en cau-se. N'Y eurait_il pas d'autres approches? Repenser ,et concevol~ des conceptsnouveaux, 'des techniques et des mdthodes qu'on n'a pas pensd modifier, mAmeprogressivement, et- adapter d'autres situations? car leurs ,conditionsd'applications sont-elles identiques 7

    1 ... la situation actuelle en pays ddyeloppds

    Il Y a une dizaine d 'annt. sel,llement qus"les pays ddveloPP~8 dprou-vent le besoin de plus en plus urgent de d~velopper des syst~mee'de productionde ressources al1mentai~es moins "ulndrables qu'auparavant devant les a.ttaquesdes insectee 1"8vageurs. Plusieurs plantes cultives dans le monde bn'iciant -. . -. - . -.. ' ' "'. ". ~ ".d'J' dans la pratique de'ces systlimes de gestion J.ntdgr~" des'ravageurs ("inte--greted pest management"), comme 1 ~agl'ocosyst~me oonet,itud'pe~ la cu.lturs coton-nlreaux USA (ADKINSrJN, 19'2, 1974 , BDTTRELL et. AOKISSON. 1'7~).

    Cette nouvelle stratgie, sn pleine volution et reocnnue par unnombre de plus sn pl~s g~8nd de chercheurs -etde'lg1slateur8, utilisera simul-tanment, suite Il l'dvaluation prdcise'de l'impact aono.miquedes ravag~urs etde la prddictlon 'de leurs pullulations, un certain nombre de m.thoc;les de 'luttestfleot1onnas GUI' la base-de leul's consquenoes dconom1quell" dcologiques, soc,io-legiques et prJlitiquas qu'il faudra prdvoirafin d l,optimiser le rsultat final(SMITH, 1972 r GLASS, 1975 J RUESINK 1976 J BOTTRELl et SMITH 1919 "B~ADER.19'9 , LEVINS et WILSON 1980). Ainsi on prcorllsera la culture de val'ldtde

    .../ ...

  • - 2 -

    rsistantes ou tol~rantes aux attaques des rav~geurs."dlverses faons culturalel

    ou bien l'emploi des ennemis naturels (OE BACH, 1961 , HUrrAKER-and MESSENG~R

    1976 , CALTAGIRONE, 1981) J'on peut ajouter ds mthodes plus sophistiqu~es,

    comme les l!cher massifs d'insectes strIles, "les manipulations gntiques de-

    l'insecte ou de la plante (PATHAK, 1970, 1972 1 WHITTEN et rOSTER, 1975) l'uti.. '

    lisation des chimiostrilisants, la confusion des sexes au moyen des phromones,

    les"appts"combins' des 'piges et poisons. le pigeage 'ltJmineux, les' rgula-

    teurs de croissance, les rpulsifs, et, parmi 'ces derniers, les produits qui

    provoqaent le rejet par l'insecte de sa' plante nourricire.Ces diverses techno-

    logies, et d'autres nouvelles prvoir, n'y constitcent pas des techniques de

    substitution aux mthodes de latte qui existent dj, mais sont plutOt ajoute!

    plus ou moins brve chance, aux syst~mes de gestion int~g~e dj mis en

    place ou installer. Dans un agrocosytme donn; le rdsultat final ne sera

    pas seulement valu en tonnes de produit rcolt. mais sera-aussi fonction de

    l'impact des pratiques de production sur la qualit ,de l'environnement et la

    sant publique.'Ces jugements de valeur doivent fttre faits la fois par lssim-

    pIe cultivateur, la communaut toute entire et les gnrations prsentes et

    venir (RABB. 1972).

    L'audience pour ces concepts et principes~ qui"va maintenant en slla~

    gissant, se trouve la base du sucos'd'une gestion de ravageurs des cultures,

    de laquelle il ne faut"pas, si lion est raliste, attendre de remdes "miracles q

    immddiats tous les problmes poss.

    Si sa mise en"oeuvre n'est pas contraire llintrftt public et s'avre

    possible au niveau de l'indIvidu, d'une oommunaut ou d'un gouvernement, elle

    demande nanmoins une approche critique multipl!sciplinaire souvent difficile

    mettre en pratique du t'ait du niveau scientifi'que requis et des Jugemente de

    valeur formuler. Elle peut en 'effet aller l'encontre dos traditions et des

    philoeophies des individus et n'fttre pas'accepte jusqu' ce que l'ducation

    en dmontre 10 bien-t'ond au profit de l'intr~t public,

    2 - ~a situation actuelle en pays africains en voie de dveloppement.

    pour la plupart des pays en voie de dveloppement, ceux qui ne dispo-

    sent pas de ressources minires, l'agrioulture constitue la source prinoipale

    des revenus et)' occupe la grande majorit de la population' actiVe (MAYMARO.

    1974). Celle.ci s consacre deux secteurs distinris de-production 1 les'grand9s

    cultures de rente, parfois subventionnes, sotJrces de devises l'exportation -

    maie aussi de'prot'itspour le-petit paysan-qui s.yconsacre, et un secteur pro~ -

    ductions vivrires extensives, souvent dficitaire, destines nourrir les popu~

    lations loc~les, mais utilisant souvent des varits indignes et des techniques

    traditionnelles bien adaptes aux sols, aux conditions climatiques extrmes Dt

    ... / ...

  • - 3.-

    aux moyens P1nanciers du petit paysanat, pov~ l~quel une production aesurBbon

    an mal an importe plus que la performance al4atoire.

    Dans'la plupart des cas, le transfert des mthodes-de-lutte mises eu

    pDint en pays tempr4s haut niveau de technologies et d'investissements, ns

    peut 8tre effectu en -totalit vers les pays en voie de dvloppement (SMITH,

    197B),"surtout lorsqu'Il s'agit du secteur vivrier, pauvre en investissements' -

    et loin d'8tre n'entrain ", comme il a t souhait~ par les mthodes dj pra-

    tiques an cclture de--rents. -Vouloir un tel transfert alest faire Il table rase-n

    de ce qui existe et c'est remettre en cause tout le syst~me dj en place. Cer-

    taines mthodes de cultures-ou de lutte offrent nanmoins une' grande potentla.

    lit de transfert et d'utilisation dans' les situations complexes existantes -

    (PEREi:-et MAHA PATRA, 1977). Par exemple, en Asie, la foug~re ~quatique Azolla'

    pinnata fixe, en association avec des algues bleues et vertes, 25 kilos d'azote

    atmosphrique l'hectare tous les 20 jours (lUMPKIN, 1977 , WATANABE, 1977 , -

    SAWATDEE et-coll, 1978). La foug~re Azolla africana, commune en certaines rizi

    ~ree de bas-fond de cOte d'Ivoire, est susceptible des m~mes performances et la

    propagation de cette fougre serait ainsi tester et recommander en rizi~res

    africaines.

    Devant intgralement faire partie des syst~mesde production mie ou

    mettre en place dans une optique de " dveloppement rural intgr n, de telles

    mthodes doivent fttre compatibles avec les pratiques et conditions de cultures

    traditionnelles, tr~s variables d'une rgion l'autre, mais qui peuvent ~tre

    amliores (Brni~re, 1979). En effet il doit exister un juste milieu entre la -

    simple juxtaposition l'Afrique des techniquos sophistiques appliques gran-

    ds chelle dans les pays technologie avance et l'agriculture traditionnelle

    telle qu'elle'ost pratique depuis des si~cles en Afrique. Cette approche se'

    trouve aux antipodes des espoirs et crdits placs en d'normes et c08teux pro-

    jets de dveloppoment. Pour tre rentables, ceux-ei doivent non seulement 8tre

    gr4s awec rigueur par un personnel tr~squalifl, afin d'augmenter lss rendement

    dans des proportions trs importantes par l'introd~ction de toutes les techniques

    modernes (dont la mcanisation et la motorisation), mais aussi et surtout doivent

    amener le paysan africain participer, abandonnr une attitude soit attentiste

    devant des crdits d'aide au dveloppement assurs, soit fataliste devant la

    pauvret des-moyens disponibles et la rudesse et les incertitudes du climat (dans

    ces deux casi en marge des proccupations essentislles qu'il faut at~sndrs d'un-

    eultivateur). pour acqurir le goOt d'u"e entreprise dynamique et se sentir con-

    cern par la rentabilit d'une grande exploitation mene sur le mode coopratif

    (An., 1979).

    L'utilisation de l'outil puissant que constituent les-insecticides peut

    apparaitre comme indispensable dans la plupart des cas. l'orsqu'existent des

    ...1e,

  • - 4 -

    syet~mes'd'avertissements agricoles, l'emploi des insecticides peut varier for-

    tement d'un pays ~ l'autre et d'une culture ~-l'autre J cette utilisation ne

    d~pend pas seulement des disponibilits financi~res, mais aussi des prix mondiau

    de certains produits agricoles fournis par les-cultures industrielles de rente

    (particulirement le coton, le caf~; le cacao), de l'importance accorde ~ la

    protection des denr~es emmagasin~es, des possibilit~s d'approvisionnement, de

    transport, de stockage des produits chimiques et des possibilit~