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LUIGI NONO GÉRARD PESSON CLAUDE DEBUSSY Radio France / Auditorium – 17 novembre 2017 Théâtre de Saint-Quentin-en-Yvelines, Scène nationale – 18 novembre 2017

LUIGI NONO GÉRARD PESSON CLAUDE DEBUSSYLUIGI NONO GÉRARD PESSON CLAUDE DEBUSSY Radio France / Auditorium – 17 novembre 2017 Théâtre de Saint-Quentin-en-Yvelines, Scène nationale

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  • LUIGI NONOGÉRARD PESSONCLAUDE DEBUSSYRadio France / Auditorium – 17 novembre 2017 Théâtre de Saint-Quentin-en-Yvelines, Scène nationale – 18 novembre 2017

  • ment articulée de percuter les touches, divers champsd’intervalles, ont été ultérieurement composés surbande, toujours au studio de phonologie de la RAI deMilan, avec le concours de Marino Zuccheri.Il en résulte deux plans acoustiques qui souvent seconfondent, annulant fréquemment de la sorte l’étran-geté mécanique de la bande enregistrée.Entre ces deux plans ont été étudiés les rapports deformation du son, notamment l’utilisation des vibra-tions des coups de pédale, qui sont peut-être des réso-nances particulières « au fond de notre être ».Ce ne sont pas des « épisodes » qui s’épuisent dansla succession, mais des « mémoires » et « présences »qui se superposent et qui, en tant que mémoires etprésences, se confondent avec les « ondes sereines ».

    Luigi NonoLuigi Nono, Écrits. Traduction Laurent Feneyrou.

    Éditions Contrechamps

    Après la création de Al gran sole carico d’amore, gi-gantesque action scénique, Luigi Nono traverse unecrise majeure et ne compose, en cinq ans, que deuxœuvres, parmi lesquelles …sofferte onde serene…C’est un adieu, aux plus proches des siens, à la bandemagnétique, au Studio de la Rai, où Nono travailladès 1960, aux agitations révolutionnaires, aux certi-tudes.Recommencer au commencement, se remettre àl’étude, renouveler ses modes de penser impliquaientune suite d’épreuves : réduire les instruments au plusobligé d’entre eux, le piano ; en capter par l’électro-nique les détails infimes ; limiter le matériau et, ici,couper les attaques.Alors, dans l’adieu, dans la perte et la trace, émergeautre chose, que le dernier Nono ne cessera de scru-ter : une résonance en suspens, dans le sillage decelle, ancienne, de l’école de San Marco, la mémoirede Venise, une continuité de lointains, d’essences in-saisissables, mais ô combien prégnantes, les refletsde lumière, de sons et de couleurs sur les eaux, leseffets magiques d’échos et les écarts infimes, dansle temps et l’intonation, pour une écoute autre.

    Laurent Feneyrou

    Gérard PessonPastorale Suite pour orchestre en onze numérosComposition : 2005-2016Commande : WestdeutscherRundfunk/Festival de WittenEffectif : 2 flûtes (2e prenant piccolo), flûte à bec (prenant flûtesopranino, soprano, alto, ténor, basse et exilon), 2 hautbois (2e prenant cor anglais), 2 clarinettes en si bémol (2e prenant clarinette basse), 2 bassons (2e prenant contrebasson), 2 cors en fa, 2 trompettes en ut, trombone ténor-basse, tuba basse, timbale, 3 percussions, harpe (prenant harpe celtique), célesta, guitare, 4 violons I, 4 violons II, 4 altos, 4 violoncelles, 2 contrebasses à cinq cordesCréation : Festival de Witten/WDR, 24 avril 2016Orchestre du Westdeutscher Rundfunk, direction Emilio PomaricoEditeur : Henry Lemoine ParisDurée : 27’

    n°1 Fanfaren°2 Ouverture n°3 Choral sur le rubann°4 Musetten°5 Precipitoson°6 Sommeil de Céladonn°7 Interlude en forêt n°8 Chanson d’Hylasn°9 Branle du Poitoun°10 Sommeil d’Alexisn°11 Eden machine

    Cette suite pour orchestre est tirée dePastorale, opéracommandé par le Staatstheater de Stuttgart et crééle 14 mai 2006, sur un livret de Martin Kaltenecker,Philippe Beck et Hervé Péjaudier, inspiré d’un roman-fleuve,L’Astréed’Honoré d’Urfé (1567-1625), qui conteles amours impossibles du berger Céladon et de labergère Astrée dans la Gaule du IVe siècle. Ce romanest un immense jeu de rôles où les personnages sortentde leur propre condition espérant ainsi changer le réel– personnages qui deviennent, dans l’opéra, les can-didats d’un jeu de téléréalité sous forme d’un parcoursinitiatique dont ils finiront perdants. L’Embarquementpour Cythère se transforme alors pour eux en l’enferdu Big Brother et leur fantasme de réenchantementdu monde en désillusion.

    L’opéra, comme la suite pour orchestre, développentune rêverie sur la manière dont le jeu et la représentationpeuvent opérer dans nos sociétés d’aujourd’hui. L’idéed’une recherche de perfection, de bonheur inaltérable,de beauté artificielle, est puisée dans le monde de lapublicité qui fonctionne, selon l’impératif de jouir,comme un système d’utopie.

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    Luigi Nono...sofferte onde serene...pour piano et bande magnétiqueComposition : 1976Création : Milan, 17 avril 1977, par Maurizio PolliniDédicace : à Maurizio et Marilisa PolliniÉditeur : Ricordi MilanDurée : 14’

    Alors que s’approfondissaient mon amitié pourMaurizio Pollini ainsi que ma prise de consciencestupéfaite de son style pianistique, un rude vent demort vint balayer « le sourire infini des ondes » dansma famille et dans celle de Pollini. Cette expériencecommune nous a encore rapprochés l’un de l’autredans la tristesse du sourire infini des « sereines ondessouffertes ».C’est également ce que signifie la dédicace « à Maurizioet Marilisa Pollini ». Dans ma demeure de l’île Giudeccade Venise, on entend continuellement sonner diversescloches dont les sons nous parviennent, jour et nuit,à travers la brume et avec le soleil, avec des résonancesdifférentes, des significations variées.Ce sont des signes de vie sur la lagune, sur la mer.Des invitations au travail, à la méditation, des avertis-sements.Et la vie continue dans la nécessité subie et sereinede l’« équilibre du fond de notre être », comme ditKafka. Pollini, piano live, s’amplifie avec Pollini, pianoélaboré et composé sur bande.Ni contraste, ni contrepoint.Des enregistrements de Pollini effectués en studio,avant tout ses attaques de sons, sa manière extrême-

    Couverture : Esquisse pour Canti di vita e d’amore, Archives Luigi Nono, Venise © Ayants droit Luigi Nono

    Luigi Nono...sofferte onde serene..., pour piano et bande*

    Gérard PessonPastorale Suite, pour orchestre de chambre (création en France)

    entracte

    Claude DebussyPelléas et Mélisande, Suite(arrangement, Erich Leinsdorf)

    Luigi NonoCanti di vita e d’amore – Sul ponte di Hiroshimapour soprano, ténor et orchestreTextes : Günther Anders, Jesús López Pacheco et Cesare Pavese

    Anu Komsi, sopranoPeter Tantsits, ténorJulia Den Boer, piano*

    Orchestre philharmonique de Radio FranceTito Ceccherini, direction

    Joachim Haas, réalisation sonoreStudio Experimental de la Radio SWR*

    Coréalisation Radio France (Paris) ; Festival d’Automne à Paris

    Avec le concours de la Sacem

    Concert diffusé en direct sur France Musique

    Durée du concert : 1h40 plus entracte

    La 46e édition du Festival d’Automne à Paris est dédiée à la mémoire de Pierre Bergé.

  • Claude DebussyPelléas et Mélisande,Suite pour orchestre Arrangement, Erich Leinsdorf Composition : 1946Commande : Cleveland OrchestraEffectif : 3 flûtes (3e prenant piccolo), 2 hautbois, 1 cor anglais, 2 clarinettes, 3 bassons, 4 cors, 3 trompettes, 3 trombones, 1 tuba, 1 timbales, 3 percussions, 2 harpes, 14 violons I, 12 violons II, 10 altos, 8 violoncelles, 6 contrebassesCréation : Cleveland, 1946 Durée : 20’

    En composant Pelléas et Mélisande, Debussy avaitimaginé faire s’enchaîner avec naturel les différentesscènes de son opéra. Puis il se heurta aux contraintesde la scène et composa dans l’urgence des interludespermettant les changements de décors, soit environ150 mesures de musique. Ces pages symphoniques,augmentées des introductions instrumentales dechaque acte, ont donné l’idée à plusieurs musiciensd’élaborer une suite symphonique qui pût être jouéeau concert. C’est dans ce sens qu’ont œuvré le chefErich Leinsdorf en 1946, sous la forme d’une suite, puisle compositeur Marius Constant en 1983, avec sa Pel-léas et Mélisande-Symphonie. Pierre Monteux et JohnBarbirolli ont aussi cédé à la tentation. Par ailleurs,explique David Grayson, « dans l’enregistrement inté-gral dirigé par Désormière en 1941, trois des interludesfurent placés sur un 78 tours isolé, le dernier du coffret,ce qui permettait plus aisément de les écouter commeune suite pour orchestre séparée plutôt que suivantleur ordre d’apparition dans l’opéra ».Plus près de nous, en 2015, René Koering s’est lui aussiattelé à la tâche, mais d’une manière plus originale :« En évitant les “interludes” moins inspirés car com-posés après coup […], je remarquai que la partitionappelait aisément une suite d’instants somptueux pourun orchestre moins large que celui de l’opéra. C’estainsi qu’est née ma suite pour orchestre de chambrequi, ne pratiquant que le début et l’ultime fin du drame,m’a servi à intégrer les moments et les mesures lesplus denses et douloureuses de la partition ».

    Debussy, de son côté, mettait l’accent sur l’irrépressibleunité de sa conception : « À l’audition d’une œuvre,le spectateur est accoutumé à éprouver deux sortesd’émotions bien distinctes : l’émotion musicale d’unepart, l’émotion du personnage de l’autre ; générale-ment, il les ressent successivement. J’ai essayé queces deux émotions fussent parfaitement fondues etsimultanées ».Erich Leinsdorf, en imaginant sa Suite, a fait ce qu’il y

    avait de plus simple a priori : il l’a articulée en cinqpages successives, chacune reprenant l’un des lieuxoù se situe l’action des cinq actes (Acte I : une forêt ;Acte II, scène 1 : une fontaine dans le parc ; Acte III,scène 2 : les souterrains du château ; Acte IV : un appar-tement dans le château ; Acte V : une chambre dansle château, sachant que les extraits des Actes III et IVsont enchaînés). On ne cherchera pas ici de narration,sinon psychologique, on se laissera prendre aucontraire à cette orchestration fluide et vénéneuse quifait tout le délicieux malaise de l’opéra.

    Publiée en 1946, cette suite fut enregistrée les 22 et24 février de la même année par l’Orchestre de Cle-veland sous la direction de son auteur. Il la reprit à plu-sieurs reprises aux États-Unis, avec l’Orchestresymphonique de Boston en octobre 1962 et, quelquesmois avant sa mort (survenue le 11 septembre 1993),en janvier 1992, preuve qu’elle lui tenait à cœur. Ellefut enregistrée en 2003 par Claudio Abbado avec l’Or-chestre philharmonique de Berlin, mais le chef italien,à cette occasion, se permit d’ajouter sa touche au tra-vail de Leinsdorf.La suite de Leinsdorf, cependant, n’a jamais reçu l’as-sentiment de Durand-Salabert, éditeur de Pelléas. Àtel point que cet éditeur passa commande à Alain Alti-noglu d’une nouvelle suite, laquelle a été créée le21 septembre dernier lors du concert dirigé par le cheffrançais à la tête de l’Orchestre philharmonique deBerlin. « Je me suis basé principalement sur ces inter-ludes pour élaborer ma suite. J’ai voulu conserver ladramaturgie de l’œuvre et ai suivi l’ordre chronologiquedepuis l’introduction lente et sombre de l’opéra jusqu’àla lumière du do dièse majeur final qui suit la mort deMélisande », explique Alain Altinoglu. Si l’on veut com-parer les différentes suites qu’a inspirées Pelléas etMélisande, il sera essentiel d’écouter avec une extrêmeattention celle d’Erich Leinsdorf, car c’est la dernièrefois sans doute qu’il sera possible de l’entendre.

    Christian Wasselin

    Erich LeinsdorfNé en 1912 à Vienne, Erich Leinsdorf est l’assistant deBruno Walter et de Toscanini, mais doit fuir l’Autricheen 1938, comme nombre d’artistes d’origine juive. AuMetropolitan Opera de New York, il dirige Wagneravec des distributions réunissant Astrid Varnay, Kirs-ten Flagstad, Lauritz Melchior, etc. Il est directeur mu-sical de l’Orchestre de Cleveland dès 1943 puis del’Orchestre symphonique de Boston dès 1962. Il meurten 1993 à Zurich et laisse une abondante discographieoù l’on trouve notamment La Ville morte de Korngold.

    Onze des quarante-deux scènes de l’opéra ont étéchoisies et se succèdent dans l’ordre chronologiquede la pièce originale, formant une sorte de narration-paysage. Dans certaines scènes, comme la Chansond’Hylas, ou le Choral sur le ruban, les parties vocalesont été confiées à des instruments. L’argument, l’actionont moins d’importance dans cette suite pour orches-tre que l’esprit général qui a présidé à l’écriture del’opéra : les ressorts de la parodie et du détournement.Le décor se change en son contraire, la danse devientun training dangereux, tout ce qui paraît idyllique setransforme en piège ou en poison, comme dans lescontes. La musique, à travers cette fragmentation for-melle, use de stéréotypes, de simulacres, mêlant l’iro-nie à une douceur trompeuse qui tourne parfois àl’aigre. Ainsi l’orchestre restitue, en une éphéméridedes sensations, les murmures de la forêt, le bruisse-ment des oiseaux, l’arrivée d’un orage, les machinesmerveilleuses de ce parc d’attraction (qui peuvent serévéler des pièges) offertes aux divertissements des« candidats ».Le roman source, L’Astrée, a déterminé tout un réseaud’allusions poétiques et formelles à la musiqueancienne, sans toutefois de citations explicites : unecertaine grandiloquence de l’opéra baroque françaisdans la Fanfare (n°1) et l’Ouverture (n°2), le caractèrede danses anciennes détournées se résumant à desgimmicks, à des parodies grinçantes – Musette (n°4),Branle du Poitou (n°9). Certains topoï des tragédieslyriques des XVIIe et XVIIIe siècles sont évoqués,comme les scènes de sommeil et leur mouvement ber-ceur de cordes avec sourdine, la respiration simuléepar des pompes à vélo – Sommeil de Céladon (n°6),Sommeil d’Alexis (n°10). Quelques péripéties évoquentle personnage principal : le suicide de Céladon, chutesans fin dans la rivière où il veut se noyer – Precipitoso(n°5) –, son exil à l’écart de l’équipe – Interlude en forêt(n°7) –, l’épreuve « star académie » d’un de ses cama-rades – Chanson d’Hylas (n°8). Le Choral sur le ruban(n°3) figure là comme une sorte de vignette du bon-heur idyllique. Enfin, l’Eden machine (n°11) conclut lanarration avec sa mécanique froide marquant le dés-enchantement progressif des personnages. Les pièces1, 2, et 3 ainsi que 7 et 8 sont enchaînées.De poésie en illusion, les « candidats » voient le pos-sible s’éloigner d’eux, mais on ne sait s’ils en frisson-nent ou s’ils en sourient. Dans l’opéra, Astrée concluaitde manière ambiguë par une exclamation d’aise oude déconvenue : ce Ah !, dernier mot de l’Amphitryonde Kleist.

    Gérard Pesson

    Gérard Pesson

    Gérard Pesson est né en 1958 à Torteron (Cher). Aprèsdes études de Lettres et Musicologie à la Sorbonne,puis au Conservatoire national supérieur de musiquede Paris, il fonde en 1986 la revue Entretemps. Il estpensionnaire à la Villa Médicis de 1990 à 1992. Il apublié en 2004 aux Éditions Van Dieren des extraitsde son journal, Cran d’arrêt du beau temps. Son opéra Pastorale, d’après L’Astréed’Honoré d’Urfé,commande de l’Opéra de Stuttgart, a été créé en ver-sion de concert en mai 2006, puis en version scénique,dans une mise en scène du vidéaste Pierrick Sorin, auThéâtre du Châtelet à Paris, en juin 2009. Le Festivald’Automne à Paris lui consacre, lors de son édition2008, un portrait en 19 œuvres, dont Rubato ma glis-sando conçu avec Annette Messager. Cantate égalepays, commande de l’Ircam, pour ensemble vocal, ins-trumental et électronique, a été créée en juin 2010, auCentre Pompidou, lors du Festival Agora. Son concertode piano, Future is a faded song, a été créé en novem-bre 2012 à la Tonhalle de Zurich par Alexandre Tharaud,et joué à Francfort et à Paris. Son troisième quatuor,Farrago, a été créé en novembre 2013 par le QuatuorDiotima dans la série Musica Viva à Munich. En 2014, Gérard Pesson compose, sur des textes ajou-tés de Pierre Alféri, La Double Coquette, à partir del’opéra d’Antoine Dauvergne. Annette Messager réaliseles costumes et Fanny de Chaillé la mise en scène ;vingt-quatre représentations en France et à HongKong, Herrenhausen, Charleston (Caroline du Sud),Montclair (New Jersey).Gérard Pesson est professeur de composition auConservatoire National Supérieur de Musique de Parisdepuis 2006. Ses œuvres sont publiées aux ÉditionsHenry Lemoine et par Maison ONA.

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  • Luigi NonoCanti di vita e d’amore – Sul ponte di Hiroshimapour soprano, ténor et orchestre Composition : 1961-1962Commande : Edinburgh International FestivalTextes : Günther Anders, Jesús López Pacheco et Cesare PaveseEffectif : soprano et ténor ; 3 flûtes, 3 hautbois, 3 clarinettes, 3 bassons, 4 cors, 4 trompettes, 4 trombones, percussions (4 timbales,8 tambours sans timbres, 4 grosses caisses, 8 cymbales suspendues, 4 tam-tams, 12 cloches), 8 violons I, 8 violons II, 8 altos, 6 violoncelles, 6 contrebasses Éditeur : Ars VivaCréation : Édimbourg, 22 août 1962, par Dorothy Dorow, Richard Lewis,London Symphony Orchestra, direction John PritchardDurée : 18’

    Après sa première action scénique, Intolleranza 1960(Intolérance 1960), dont la création à La Fenice deVenise suscite un scandale retentissant et l’interventiondes forces de l’ordre, Luigi Nono ancre de plus en plusson œuvre dans les conflits politiques de son temps :« Pour moi, la musique est l’expression-témoignaged’un musicien-homme dans la réalité actuelle. Et cha-cun, dans la musique aussi, choisit et contribue à déter-miner la réalité de la vie ». Significativement, lepersonnage du Rebelle, dans la version initiale dulivret, devient Un Algérien, dans la version définitive,inscrivant l’œuvre dans la stricte actualité de la guerrecoloniale et ouvrant la voie à l’utilisation de graffitis,de tracts syndicaux ou de déclarations d’ouvriers etde révolutionnaires.Ainsi, Canti di vita e d’amore ouvre trois fronts de résis-tance.

    Dans le premier mouvement, pour soprano, ténor etorchestre, retentit la menace nucléaire, quand la pro-lifération des armes pendant la Guerre froide laissaitcraindre le pire. Or, le bilan des morts, des blessés etdes dommages matériels aide ceux qui n’en ont éténi les victimes ni les témoins à connaître un drame etson ampleur. Aussi les images d’Hiroshima ou deNagasaki appellent-elles des chiffres, que l’essayisteGünther Anders rapporte dans son ouvrage L’Hommesur le pont, journal écrit lors de sa visite au Japon, enaoût 1958. Des 400 000 habitants et soldats présentsà Hiroshima le jour de l’explosion, 282 000 étaientmorts en 1950, la moitié le jour de la catastrophe, untiers dans les trois mois qui suivirent, les autres aprèsnovembre 1945 – et l’on ne comptait plus les maladiesdes survivants. Mais on ne saurait rendre compte dela dévastation en additionnant le détail des destruc-tions au dénombrement des vies humaines anéanties.Dans ce contexte, Anders décrit, en ouverture de son

    journal, un homme sans visage et sans main, sur unpont d’Hiroshima, puis la silhouette d’un leucémique,aux gestes et silences épuisés : « Maigre et vert oliveavec un grand crâne, soutenu par un assistant méde-cin, il se dresse dans son lit et ressemble à un saintpeint par Le Greco et attendant l’extrême-onction.Impossible de déterminer s’il a quarante ou soixanteans ». Nono emprunte à Anders ces deux descriptions,sinon l’idée que, à l’ère atomique, ce n’est pas notredisparition qui tient du miracle, mais notre surviemême. Une autre thèse pourrait aussi valoir pour lemaniement de l’effectif orchestral et vocal dans lesCanti di vita e d’amore : selon Anders, plus l’efficacitédes dispositifs techniques de destruction est grande,plus grande est la responsabilité des individus qui, parleurs décisions et leurs gestes, sont en mesure d’ac-tionner ces dispositifs et de déclencher ainsi l’apoca-lypse nucléaire. « Nous ne vivons pas seulement à l’âged’une massification monstrueuse […], mais en mêmetemps à l’âge de la monstrueuse solistique ». C’estpourquoi le premier mouvement expose de denseschamps sonores, que délimitent des intervalles variés,jusqu’au quart de ton, et que multiplient à l’occasiondes suites de Fibonacci – un nombre y est l’additiondes deux nombres antérieurs de la suite, par exemple :1, 2, 3, 5, 8… Et loin de la pulsation, les harmonies, voireles clusters, les registres, les dynamiques et les timbresarticulent temporellement chaque intervalle.

    Dans le deuxième mouvement, Nono lie fascisme etcolonialisme, à travers l’Espagne, sous le joug deFranco, et dont Nono juge, avec le poète Jesús LópezPacheco, qu’elle est encore « plongée dans les ténè-bres », et à travers l’Algérie où résonne la voix de Dja-mila Boupachà, qui subit la « question » des militairesfrançais. Intolleranza 1960 empruntait déjà à HenriAlleg d’atroces descriptions de torture de ce qu’onappelait les « événements ». Simone de Beauvoir etGisèle Halimi s’emparèrent de l’histoire de DjamilaBoupachà : « Une Algérienne de vingt-trois ans, agentde liaison du FLN, a été séquestrée, torturée, violéeavec une bouteille par des militaires français : c’estbanal. Depuis 1954, nous sommes tous complices d’ungénocide qui, sous le nom de répression, puis de paci-fication, a fait plus d’un million de victimes : hommes,femmes, vieillards, enfants, mitraillés au cours desratissages, brûlés vifs dans leurs villages, abattus,égorgés, éventrés, martyrisés à mort », écrit Simonede Beauvoir. Pour exprimer la fragilité de l’existence sous la bar-barie, Nono compose un mouvement lent poursoprano solo, sans le moindre accompagnement ins-trumental. Son lyrisme, y compris bouche fermée,

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    Ci-contre : Luigi Nono, Venise, 1961 © Cameraphoto Epoche

  • un acte d’accusation, comme un messager. Délivronscet homme de sa charge. Faisons ce qu’il faut pourpouvoir lui dire : « Tu n’es plus nécessaire ; tu peuxquitter ton poste ».

    Günther Anders, Essere o non essere – Diario di Hiroshima e Nagasaki,Turin, Einaudi, 1961

    (texte original en allemand, texte chanté en italien)L’Homme sur le pont de Günther Anders a été publié dans

    Hiroshima est partout (Paris, Le Seuil, 2008).

    Deuxième mouvement Soprano soloTexte de Jesús López Pacheco

    Esta noche Quitadme de los ojos / esta niebla de siglos.Quiero mirar las cosas / como un niño.Es triste amanecer / y ver todo lo mismo.Esta noche de sangre, / este fango infinito.Ha de venír un día, / distinto.Ha de venir la luz, / credeme lo ques os digo.

    Cette nuitÔtez de mes yeux / cette brume des siècles.Je veux regarder les choses / comme un enfant.L’éveil est triste comme / de voir tout inchangé.Cette nuit de sang / cette fange infinie.Un jour viendra, / différent.La lumière viendra, / croyez-moi.

    Jesús López Pacheco, « Esta noche », poème extrait de Pongo la mano sobre España, Rome, Edizioni

    Rapporti Europei, 1961

    Troisième mouvement Soprano, ténor et orchestre Texte de Cesare Pavese

    Passerò per Piazza di Spagna Sará un cielo chiaro. / S’apriranno le stradesul colle di pini e di pietra. Il tumulto delle strade / non muterà quell’aria ferma.[I fiori spruzzati / di colori alle fontaneocchieggeranno come donne / divertite.] Le scalele terrazze le rondini / canteranno nel sole.S’aprirà quella strada, / le pietre canteranno,il cuore batterà sussultando / come l’acqua nelle fontane– / sarà questa la voce / che salirà le tue scale.[Le finestre sapranno / l’odore della pietra e dell’arial-matuttina.] S’aprirà una porta.

    Il tumulto delle strade / sarà il tumulto del cuorenella luce smarrita.Sarai tu — ferma e chiara.[28 marzo 1950.]

    Je passerai par la Place d’EspagneLe ciel sera limpide / Les rues s’ouvrirontsur la colline de pins et de pierre.Le tumulte des rues / ne changera pas cet air immobile.[Les fleurs éclaboussées / de couleurs aux fontaines /feront des clins d’œil comme des femmes gaies.]Escaliers et terrasses / et les hirondelles / chanteront au soleil.Cette rue s’ouvrira / les pierres chanteront,le cœur en tressaillant battracomme l’eau des fontaines.Ce sera cette voix / qui montera chez toi.[Les fenêtres sauront / le parfum de la pierreet de l’air du matin.]Une porte s’ouvrira. / Le tumulte des ruessera le tumulte du cœur / dans la lumière hagarde.

    Tu seras là — immobile et limpide.[28 mars 1950]

    Cesare Pavese, « Passero per Piazza di Spagna »,extrait du recueil Poesie del disamore, Turin, Einaudi, 1962

    (Traduction : Gilles de Van, dans Cesare Pavese, Travailler fatigue / La mort viendra et elle aura tes yeux, Paris,

    Gallimard, coll. « Poésie / Gallimard », 1979)

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    évoque les airs de Bellini, dont Nono admirait les lignessans commencement ni fin, qui se transforment sanscesse et dont les silences vibreraient, disait-il, des cul-tures accumulées sur la terre de Sicile.

    Mais avec Cesare Pavese, les Canti di vita e d’amore,comme chacune des œuvres de Nono, annoncent destemps meilleurs. Dans le dernier mouvement, poursoprano, ténor et orchestre, ils font leur une manifes-tation, rare chez le poète, de la joie : « Le tumulte ducœur ». Comme les Canti di vita e d’amore, deux ansplus tard, en 1964, La fabbrica illuminata, pour sopranoet bande magnétique, comportera aussi trois mouve-ments et présentera une trajectoire analogue : unchœur initial, évocation de l’« usine des morts » ; desconditions de travail épuisant l’ouvrier ; des vers dePavese encore, pour un chant fragile, une promesseencore hésitante et pleine d’angoisses apaisées.Pavese est le poète d’une rédemption laïque à laquelleaspire Nono. Les vers des Canti di vita e d’amore sontau futur : « Le ciel sera limpide. / Les rues s’ouvriront /sur la colline de pins et de pierre ». En ce sens, aveceux, Nono s’inscrit dans une vision marxiste de l’his-toire : l’utopie, de laquelle participent musicalementles résonances des cymbales et des tam-tams, ainsique des clusters pleins ou évidés des cloches, exigede se souvenir des tragédies d’antan et d’agir sur l’ac-tualité pour créer une société délivrée des infamiesde l’intolérance.

    Laurent Feneyrou

    Textes

    Premier mouvement Soprano, ténor et orchestreTexte de Günther Anders

    en italique, le texte chanté

    essi / non devono giacere / e basta.la loro / non è / una morte abituale.ma / un monito. / un avvertimento.

    « Ils ne doivent pas seulement être étendus. Leur mortn’est pas une mort habituelle. Mais une prémonition.Un avertissement. Et comme les autres ne peuventplus lancer cet avertissement, alors qu’il nous a étédonné de le pouvoir encore, encore un peu, nousdevons le faire vite à leur place. Dites, je vous en prie,à vos concitoyens qui vous ont envoyé à nous, qu’ildépend d’eux s’il leur arrive aussi ce qui est arrivé auxautres ; et qui nous arrivera aussi d’ici peu ».

    su un ponte di Hiroshima / un uomopizzica le corde di uno strumento / e canta.dove vi aspettate di trovare il volto,non troverete un volto, / ma una cortina :perchè non ha più volto.dove vi aspettate di trovare la mano,non troverete una mano / ma un artiglio d’acciaio :perchè non ha più mano.finchè non avremo esorcizzato il pericolo,che alla sua prima manifestazioneportò via 200.000 uomini, / quell’automasarà su quel ponte / e / canterà la sua canzone.sarà su tutti i pontiche conducono al nostro futuro comunecome atto di accusa / come messagero.facciamo quanto occorre / per potergli dire :non sei più necessario, / puoi lasciare il tuo posto.

    Sur un pont d’Hiroshima, un homme pince les cordesd’un instrument et chante. Regardez-le. Là où vousvous attendez à trouver son visage, vous ne trouverezaucun visage, mais un voile : parce qu’il n’a plus devisage. Là où vous vous attendez à trouver sa main,vous ne trouverez aucune main, mais une serre d’acier: parce qu’il n’a plus de main. Tant que nous n’auronspas réussi à atteindre le but pour lequel nous sommesréunis ici, tant que nous n’aurons pas exorcisé le dangerqui, à sa première manifestation, a emporté 200 000hommes, cet automate sera sur ce pont et chanterasa chanson. Et tant qu’il sera sur ce pont, il sera surtous les ponts qui mènent à notre futur commun, comme

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    Archivio Luigi NonoLa fondation « Archivio Luigi Nono », établie par Nuria Nono-Schoenberg en 1993, à Venise, sur l’île de la Giudecca où le com-positeur vécut pendant des années, a pour but de veiller à laconservation de ses documents et de ses partitions, ainsi qu’à laconnaissance et à la diffusion de son héritage artistique. Lafondation s’engage par ailleurs dans des recherches, des coursd’interprétation, des expositions et l’établissement de cataloguessur son œuvre.

    www.luiginono.it

  • Günther AndersGünther Anders (Günther Siegmund Sterne) est né àBreslau en 1902 et mort à Vienne en 1992. Fils des psy-chologues Clara et William Sterne, cousin de WalterBenjamin, il devient l’élève d’Edmund Husserl et deMartin Heidegger, dont il suit les séminaires avec HansJonas. Il est, de 1929 à 1937, le premier mari de HannahArendt. L’avènement du nazisme le contraint à l’exil àParis et aux États-Unis, où il exerce divers métiers,notamment en usine et dans l’industrie cinématogra-phique hollywoodienne. En 1950, il revient en Europeet se fixe à Vienne, puis à Bad Ischl, non loin de Salz-bourg. Günther Anders est membre du Tribunal Rus-sell, qui juge en 1967 les crimes commis au Vietnam.Son engagement contre la menace nucléaire se mani-feste dans sa correspondance avec Claude Eatherly,un officier américain qui assista au largage de la pre-mière bombe atomique, ainsi que dans les ouvragesDer Mann auf der Brücke (L’Homme sur le pont), jour-nal philosophique d’une conférence internationale surHiroshima, et Über die Bombe und die Wurzeln unsererApokalypse-Blindheit (De la bombe et de notre aveu-glement face à l’apocalypse). Nono, dont c’est la seulemusique sur un texte d’Anders, a annoté l’édition ita-lienne de L’Homme sur le pont.

    Jesús López PachecoJesús López Pacheco est né à Madrid en 1930 et mortà London (Ontario, Canada) en 1997. Romancier, dra-maturge, poète et essayiste, il est l’un des principauxreprésentants du réalisme critique. Après des étudesde lettres et de philosophie à l’Université de Madrid,où il soutient une thèse sur le poète Pedro Salinas,Pacheco s’engage dans la lutte contre le franquisme.Ses sympathies communistes l’incitent à devenir mem-bre d’un groupe d’opposition et à organiser le Congrèsuniversitaire des jeunes écrivains, qui sera suspendupar les autorités. Arrêté et emprisonné en 1956, il estfinaliste du Prix Nadal, l’année suivante, pour sonroman Central eléctrica (Centrale électrique). Au coursdes années 1960, il voyage, en Italie, en URSS, à Cuba,en Suède, et quitte l’Espagne en 1968 pour s’établirau Canada, où il enseigne à l’Université de l’Ontariode l’Ouest. Lauréat de prix littéraires, il est aussi tra-ducteur de Brecht, d’Umberto Eco et de Tony Harrison.Nono a annoté l’édition bilingue, italo-espagnole, dePongo la mano sobre España, recueil alors interdit enEspagne, qui paraît à Rome en 1961.

    Cesare Pavese

    Cesare Pavese est né à Santo Stefano Belbo en 1908et mort à Turin en 1950. Après des études de littératureanglaise à l’Université de Turin, où il soutient en 1930une thèse sur Walt Whitman, il traduit Melville, DosPassos, Faulkner, Defoe, Joyce et Dickens. Inscrit auParti national fasciste de 1932 à 1935 (sous la pression,dit-il, de sa sœur et du mari de celle-ci), mais lié aumouvement Giustizia e Libertà, d’orientation contraire,Pavese est nommé en 1934 directeur de la revue Cul-ture, dont il dirige la section d’ethnologie. En 1935, ilest arrêté pour activités anti-fascistes, exclu du partiet exilé en Calabre, où il passe l’essentiel de l’annéesuivante. Là, il entreprend son « Zibaldone », quideviendra Le Métier de vivre (publié à titre posthumeen 1952), et voit paraître son premier recueil depoèmes Travailler fatigue. De retour à Turin, il reprendses activités de traducteur et se consacre à la prose.Après la guerre, Pavese adhère au Parti communisteitalien, collabore au quotidien L’Unità et travaille pourles éditions Einaudi. Il se suicide dans une chambrede l’hôtel Roma, à Turin, après avoir achevé La mortviendra et elle aura tes yeux. De 1957 à 1974, Nono asouvent mis en musique des poèmes de CesarePavese : La terra e la compagna, Sarà dolce tacere,Canti di vita e d’amore, La fabbrica illuminata, Un volto,del mare et Al gran sole carico d’amore.

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    Biographies

    Luigi NonoNé à Venise en 1924, Luigi Nono étudie le droit à l’Uni-versité de Padoue. Au Conservatoire Benedetto-Mar-cello de Venise, où il est auditeur libre, Gian FrancescoMalipiero l’initie aux musiciens et théoriciens de laRenaissance, mais aussi à l’école de Vienne et à l’œuvrede Bartók. Nono rencontre alors Bruno Maderna, puisapprofondit en 1948 sa connaissance des œuvres deDallapiccola avec le chef d’orchestre Hermann Scher-chen, qui lui ouvre les portes de son Studio expéri-mental de Gravesano en 1954. En 1950, il fait laconnaissance d’Edgar Varèse et de Karl AmadeusHartmann, à Darmstadt, puis se lie avec KarlheinzStockhausen.Il s’inscrit au Parti communiste italien en 1952. Il épouseNuria Schoenberg en 1955. Il enseigne à la DartingtonSummerschool of Music, à l’Université de Helsinki, etprononce à Darmstadt, en 1959, la conférence « Pré-sence historique dans la musique d’aujourd’hui » rédi-gée avec la collaboration de son élève HelmutLachenmann, qui provoque de vives réactions.Les années 1960 sont jalonnées par des recherches

    au Studio de phonologie de Milan et marquées par unintense engagement politique : Nono voyage enEurope de l’Est et en Amérique du Sud, où il rencontreles principales figures des mouvements communisteset révolutionnaires ; avec le musicologue Luigi Pesta-lozza, il organise dans les usines italiennes concertset débats. En outre, son intérêt pour le théâtre se mani-feste dans ses collaborations avec Josef Svoboda(Intolleranza 1960), Erwin Piscator (Die Ermittlung),le Living Theater (A floresta é jovem e cheja de vida),Youri Lioubimov (Al gran sole carico d’amore)…Après une période de crise, Nono entreprend, à la findes années 1970, un dialogue avec Massimo Cacciariet des expérimentations au Studio de Freiburg, quiaboutissent en 1984 à la création de Prometeo. Tra-gedia dell’ascolto. Responsable de la revue Laboratoriomusica, Nono voyage encore (Groenland, Japon…) etréside un temps à Berlin, à l’invitation du DAAD. En1987, il est à Paris pour le cycle de ses œuvres au Fes-tival d’Automne. Il meurt le 8 mai 1990 à Venise.

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  • Anu Komsi, sopranoLa carrière d’Anu Komsi sedéploie sur les scènes d’opéraset au travers de collaborationsavec les orchestres européenset américains dans un réper-toire très étendu. En 2010, ellese produit sur les scènes duNew York City Opera, del’Opéra national de Finlande,

    de l’Opéra de Francfort, de l’Opéra de Stuttgart, duThéâtre du Châtelet, dans des rôles qui vont d’Olympiaà Lulu, Gilda, Blondine et Zerbinetta. Dans le répertoire d’aujourd’hui, elle a participé auxproductions de Philomela de James Dillon, Into theLittle Hillde George Benjamin, Neither de Morton Feld-man ; elle a créé des œuvres de John Zorn, Kaija Saa-riaho, dont Grammar of Dreams, chantéKafka-FragmentedeGyörgy Kurtág, White as Jasminede Jonathan Harvey. Esa-Pekka Salonen (Wing onWing) et Unsuk Chin (Cantatrix sopranica) ont composépour le duo de sopranos qu’Anu forme avec sa sœurjumelle Piia. En 2013, elle chante dans Lady Sarashinade Eötvös à l’Opéra national de Varsovie et en 2014,Schneewittchen de Heinz Holliger à l’opéra de Bâle. Anu Komsi a collaboré avec Esa-Pekka Salonen dès1988, Lothar Zagrosek, Roger Norrington, Heinz Holliger,Péter Eötvös, Alan Gilbert, Franz-Welser Möst et SakariOramo. Son répertoire s’étend de la période de laRenaissance à celle d’aujourd’hui ; elle a chanté lesLeçons de Ténèbres de Couperin, les Scènes de Faustde Schumann, le Second Quatuor de Schoenberg, lesChansons de jeunesse de Debusssy. Elle est directrice artistique de l’Opéra de Kokkola, laville où elle vit, sur la côte ouest de la Finlande. Outredes productions desNoces de Figaro de Mozart, Carmende Bizet, Lulu de Berg, une commande a été passéeau compositeur Sebastian Fagerlund pour créer Döbeln. En 2008, Anu Komsi a reçu le Prix de la Fondationculturelle de Finlande. De nombreux enregistrementspubliés par différents labels témoignent de son talentet de la diversité de son répertoire.

    www.komsi.info

    Peter Tantsits, ténorLe ténor Peter Tantsits étudiele violon à l’Université Yale etau Conservatoire de musiqued’Oberlin. Chanteur lyrique,ses récentes apparitions surla scène internationale luivalent de nombreux éloges,notamment son interpréta-tion de Michael dans Don-

    nerstag aus Licht de Karlheinz Stockhausen, créé auThéâtre de Bâle. Il interprète le rôle titre de Perelà dePascal Dusapin au Staatstheater de Mayence ; Andreasdans Wozzeck d’Alban Berg, enregistré pour la radioau Concertgebouw d’Amsterdam ; et participe à laproduction des Soldatsde Zimmermann au BayerischeStaatsoper. Il chante aussi le répertoire de contre-ténor.Récemment, il a chanté sur les scènes du Teatro allaScala, du Bayerische Staatsoper, des Festwochen deVienne et du Festival international Händel de Göttin-gen. Il collabore avec de nombreux orchestres, commel’Orchestre symphonique de Londres, le Philharmo-nique de Munich, l’Orchestre symphonique MDR, leTonkünstler Orchestra, le Deutsche Kammerphilhar-monie, et le New York Philharmonic (notamment, lorsde la première new-yorkaise du Grand Macabre deLigeti), sous la direction des chefs Thomas Adès, KirillPetrenko, Emmanuelle Haïm, Alan Gilbert, Lorin Maa-zel, Pierre-André Valade, Leonard Slatkin, MarkusStenz et Titus Engel.Parmi ses enregistrements récents :Dog Days de DavidT. Little, Æsopica de Marcos Balter et The Importanceof Being Earnest de Gerald Barry sous la direction deThomas Adès avec le Birmingham ContemporaryMusic Group.En 2016-17, il fait ses débuts avec le Philharmoniquede Berlin puis rejoint l’Orchestre symphonique de Lon-dres pour le Grand Macabre de Ligeti, dirigé par SimonRattle et mis en scène par Peter Sellars. Il chante sousla direction de Thomas Adès au Philharmonique deLos Angeles lors de la création du nouvel opéra deGerald Barry Alice’s Adventures Under Ground et par-ticipe à la première mondiale de For it will never returnd’Anna Thorvaldsdóttir.

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    Biographies des interprètes

    Tito Ceccherini, chef d’orchestre

    Tito Ceccherini est né à Milan en 1973. Il y commenceses études au Conservatoire Giuseppe Verdi puis seperfectionne auprès de Péter Eötvös, Sandro Gorli etGustav Kuhn. Son intérêt pour les musiques d’au-jourd’hui l’amène à collaborer avec des compositeurstels que Unsuk Chin, Hugues Dufourt, Ivan Fedele, Sal-vatore Sciarrino, et à diriger de nombreuses créations :Sette de Niccolò Castiglioni, Da Gelo a gelo, Superflu-mina et Carnaval de Salvatore Sciarrino, Les Pigeonsd’argile de Philippe Hurel, Future is a faded song deGérard Pesson, avec Alexandre Tharaud, à Francfortet à Paris (2012). Il a aussi dirigé Les Espaces acous-tiques de Gérard Grisey et Sinfonia de Berio au TeatroColon à Buenos Aires.Son répertoire d’opéra témoigne de l’étendue de sesintérêts : Turandot au Bolshoï, Le Château de Barbe-Bleuede Béla Bartók,L’Enlèvement au sérailde MozartetBéatrice et Bénédict de Berlioz à l’Opéra de Toulouse,La Flûte enchantée et La Traviata au Festival de Erl(Autriche), The Rake’s Progress de Stravinsky, De lamaison des morts de Janáček à l’Opéra de Francfort.

    Tito Ceccherini a dirigé de nombreuses formationssymphoniques, et la plupart des ensembles spéciali-sés ; son répertoire va des œuvres baroques auxœuvres de Bartók, Ravel, Webern, Schoenberg etDebussy. Il a dirigé l’Orchestre de la Radio de Cologne(WDR), l’Orchestre de la Radio de Stuttgart (SWR),l’Orchestre philharmonique de la Radio néerlandaise,l’Ensemble intercontemporain, l’Orchestre philharmo-nique de Radio France, la Philharmonia de Londres,l’Orchestre philharmonique de la Scala de Milan...Tito Ceccherini enseigne en Europe et au Japon. Il aété titulaire de la chaire de direction d’orchestre auConservatoire régional d’Innsbruck et mène une étroitecollaboration avec le Conservatoire national supérieurde musique et de danse de Paris. Parmi les enregistrements pour les labels Amadeus,Col legno, Kairos, Stradivarius etc. : un coffret de troisCDs d’œuvres de Salvatore Sciarrino et un CD réunis-sant des œuvres de Giacinto Scelsi.

    www.resiartists.it

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  • Orchestre philharmonique de Radio FranceMikko Franck, directeur musicalDepuis sa création par la radiodiffusion française en1937, l’Orchestre philharmonique de Radio France s’af-firme comme une formation singulière dans le paysagesymphonique européen par l’éclectisme de son réper-toire, l’importance de la création, les géométries varia-bles de ses concerts, les artistes qu’il convie et sonprojet éducatif.Cet esprit « Philhar » trouve en Mikko Franck – sondirecteur musical depuis 2015 – un porte-drapeau àla hauteur des valeurs et des ambitions de l’orchestre,décidé à faire de chaque concert une formidable expé-rience humaine et musicale. Son contrat a été prolongéjusqu’en 2022, apportant la garantie d’un compagnon-nage au long cours. Il succède à ce poste à GilbertAmy, Marek Janowski et Myung-Whun Chung.80 ans d’histoire ont permis à l’Orchestre philharmo-nique de Radio France d’être dirigé par des personnalitéstelles que Cluytens, Dervaux, Désormières, Copland,Inghelbrecht, Kubelik, Munch, Paray, Jolivet, Rosenthal,Tomasi, Sawallisch, Boulez, Saraste, Eötvös, Ashkenazy,Benjamin, Harding, Temirkanov, Gilbert, Salonen, Duda-mel…

    Après des résidences au Théâtre des Champs-Élyséespuis à la Salle Pleyel, l’Orchestre philharmoniquepartage désormais ses concerts entre l’Auditorium deRadio France et la Philharmonie de Paris, et s’est récem-ment produit avec Mikko Franck dans des salles tellesque la Philharmonie de Berlin, le Konzerthaus de Vienneou pour une tournée de dix concerts en Asie.Mikko Franck et le Philhar poursuivent une politiquediscographique et audiovisuelle ambitieuse dans lalignée de leur premier disque Debussy chez Sony etdes nombreuses captations pour France Télévisions(Victoires de la musique classique 2017) ou ArteConcerts. Parmi les parutions 2017 notamment, L’Enfantet les Sortilèges de Ravel et L’Enfant prodigue deDebussy (Erato) et les Concertos de Michel Legrand(Sony). L’ensemble des concerts de l’Orchestre phil-harmonique sont diffusés sur France Musique.

    Conscient du rôle social et culturel de l’orchestre, lePhilhar réinvente chaque saison ses projets en directiondes nouveaux publics avec notamment des dispositifsde création en milieu scolaire, des ateliers, des formesnouvelles de concerts, des interventions à l’hôpital,des concerts participatifs... Avec Jean-François Zygel,il poursuit ses Clefs de l’orchestre à la découverte dugrand répertoire (France Inter et France Télévisions).Et les musiciens du Philhar sont particulièrement fiersde leur travail de transmission et de formation des

    jeunes musiciens (orchestre à l’école, jeune Orchestredes lycées français du monde, académie en lien avecles conservatoires de la région parisienne). L’Orchestrephilharmonique de Radio France est ambassadeur del’Unicef depuis dix ans.

    www.maisondelaradio.fr

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    Julia Den Boer, pianoLa pianiste franco-américaineJulia Den Boer est réputéepour son investissement dansle répertoire contemporain.Installée à New York, ellecommande et crée de nom-breuses pièces. Elle chercheconstamment à repousser leslimites sonores et techniques

    de son instrument en privilégiant la collaboration avecles compositeurs. Elle a travaillé entre autres avecHeinz Holliger, Philippe Leroux, Martin Matalon et KaijaSaariaho. Lauréate de la Fondation Solti et du Yvar MikhashoffTrust for New Music avec la compositrice Zosha DiCastri, elle est lauréate avec Mention Spéciale du PrixMaurice Ohana au Concours International de pianod’Orléans (2012). Elle se produit aux États-Unis et en Europe, commerécemment à Unerhörte Musik (Berlin), au Centre deMusique Canadienne (Toronto), au Columbia GlobalCenter (Paris), au festival ManiFeste à l’Ircam (Paris),... En 2016, elle a été artiste invitée à Utopian Listening,une conférence dédiée aux pièces éléctro-acoustiquesde Luigi Nono et organisée par les universités Tuftset Harvard.

    www.juliadenboer.com

    Joachim Haas, réalisation sonoreDepuis 2007, Joachim Haas est attaché à la directionartistique du Studio Experimental de la Radio SWR àFreiburg.Entre 1991 et 1998, il étudie l’acoustique, les sciencesde la communication à l’Université technique de Berlin.Il reçoit une bourse pour étudier l’analyse et la syn-thèse du son à l’Université Pompeu Fabra de Barce-lone. Il est ensuite ingénieur du son au service deproduction musicale de la Radio SFB de Berlin et par-ticipe à la fondation du laboratoire Freq où il déve-loppe des logiciels instrumentaux. Parallèlement à sesétudes, il joue de la flûte et du saxophone.Joachim Haas a participé et enseigné aux Cours Stock-hausen de Kürten et aux cours d’interprétation desœuvres de Luigi Nono avec bande ou électronique àVenise, au Centre d’art et media de Karlsruhe, ainsique lors d’académies à Freibourg, Varsovie et Ams-terdam. Les festivals comme la Biennale de Venise, leFestival de Berlin, de Donaueschingen, de Madrid etFestival d’Automne à Paris font souvent appel à lui.Auprès du Studio experimental SWR, il a contribué àla réalisation des œuvres de Karlheinz Stockhausen,Vinko Globokar, Mark Andre, José Maria Sánchez-Verdú et bien d’autres.

    SWR Experimental StudioLe Studio expérimental de la Radio SWR de Freiburgcherche à réaliser la synthèse des arts acoustiques etdes technologies de pointe. Il s’appuie sur le traitementélectronique en temps réel, c’est-à-dire sur une tech-nique qui consiste à enrichir les sons produits par lesmusiciens en les traitant par différents effets et en lesdéplaçant dans l’espace grâce à un système de haut-parleurs et de contrôles. Le Studio Experimental seconsidère comme un lien entre l’idée compositionnelleet la réalisation technique de cette idée. Chaque année,des compositeurs et musiciens se voient offrir desbourses pour y réaliser leurs œuvres dans un dialoguecréatif avec l’équipe technique (documentalistes musi-caux, desi gners sonores, ingénieurs du son, réalisateurssonores). Après trente-cinq années de présence surla scène musicale internationale, l’Experimentalstudioest reconnu pour sa participation à la réalisation enconcert des compositions utilisant l’électronique entemps réel.Pierre Boulez, Karlheinz Stockhausen, Cristobal Halff-ter, Vinko Globokar et Emmanuel Nunes ont créé desœuvres marquantes au Studio. Luigi Nono y a produitla plupart des œuvres de sa dernière période. Depuissa création, Prometeo, a été réalisé par l’Experimen-talstudio et son ancien directeur artistique, AndréRichard, à plus de cinquante reprises. La nouvellegénération de compositeurs ayant produit desœuvres avec ces moyens techniques est incarnée parMark Andre, Chaya Czernowin et José-María Sánchez-Verdú. L’Experimentalstudio a été récompensé par de nom-breux prix.

    www.experimentalstudio.de

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  • TrompettesAlexandre Baty, 1er trompette soloJean-Pierre Odasso, 2e trompette Gilles Mercier, 3e trompette et cornetBruno Nouvion, 4e trompette

    TrombonesPatrice Buecher, 1er trombone soloAntoine Ganaye, 1er trombone soloAlain Manfrin, 2e trombone David Maquet, 2e trombone Raphaël Lemaire, trombone basseFranz Masson, trombone basse

    TubaVictor Letter

    TimbalesJean-Claude Gengembre

    PercussionsRenaud Muzzolini, 1er soloFrancis Petit, 1er soloGabriel BenloloBenoît GaudeletteNicolas Lamothe

    HarpesNicolas Tulliez

    ClaviersCatherine Cournot

    Chef assistanteElena Schwarz

    Responsable de la coordination artistiqueCéleste Simonet

    Responsable administrative et budgétaireAurélie Kuan (Raphaële Hurel par intérim)

    Responsable de production / Régie principalePatrice Jean-Noël

    Chargée de production / Régie principaleChloé Van HoordeEmilia Vergara Echeverri

    RégisseurPhilippe Le BourAdrien Hippolyte

    Responsable des programmes pédagogiquesCécile Kauffmann-Nègre

    Chargée de médiation culturelleFloriane Gauffre

    Professeur-relais de l’Education nationaleMyriam Zanutto

    Responsable de la bibliothèque d’orchestresMaud Rolland

    BibliothécaireNoémie LarrieuAlexandre Duveau

    Responsable de la promotionLaurence Paillot Laura Jachymiak (par intérim)

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    Orchestre philharmonique de Radio FranceMikko Franck, directeur musical Jean-Marc Bador, délégué général

    Violons solosHélène Collerette, 1er soloSvetlin Roussev, 1er solo

    ViolonsVirginie Buscail, 2e soloAyako Tanaka, 2e soloMarie-Laurence Camilleri, 3e soloMihaï Ritter, 3e soloCécile Agator, 1er chef d’attaquePascal Oddon, 1er chef d’attaqueJuan-Firmin Ciriaco, 2e chef d’attaqueGuy Comentale, 2e chef d’attaqueEmmanuel André, Joseph André,Cyril Baleton, Emmanuelle Blanche-Lormand,Martin Blondeau, Floriane Bonanni,Florence Bouanchaud, Florent Brannens,Aurore Doise, Françoise Feyler-Perrin,Béatrice Gaugué-Natorp, Rachel Givelet,Louise Grindel, David Haroutunian,Mireille Jardon, Jean-Philippe Kuzma,Jean-Christophe Lamacque, François Laprévote,Amandine Ley, Arno Madoni,Virginie Michel, Ana Millet,Céline Planes, Sophie Pradel,Marie-Josée Romain-Ritchot, Mihaëla Smolean,Isabelle Souvignet, Thomas Tercieux,Véronique Tercieux-Engelhard, Anne Villette.

    AltosJean-Baptiste Brunier, 1er soloMarc Desmons, 1er soloChristophe Gaugué, 1er soloFanny Coupé, 2e soloAurélia Souvignet-Kowalski, 2e soloDaniel Vagner, 3e soloJulien Dabonneville, Marie-Emeline Charpentier,Sophie Groseil, Élodie Guillot,Clara Lefevre-Perriot, Anne-Michèle Liénard,Frédéric Maindive, Benoît Marin,Jérémy Pasquier, Martine Schouman,Marie-France Vigneron.

    VioloncellesEric Levionnois, 1er soloNadine Pierre, 1er soloDaniel Raclot, 1er soloPauline Bartissol, 2e soloJérôme Pinget, 2e soloAnita Barbereau-Pudleitner, 3e solo

    Jean-Claude Auclin, Catherine de Vençay,Marion Gailland, Renaud Guieu,Karine Jean-Baptiste, Jérémie Maillard,Clémentine Meyer, Nicolas Saint-Yves.

    ContrebassesChristophe Dinaut, 1er soloYann Dubost, 1er soloLorraine Campet, 2e soloMarie Van Wynsberge, 2e soloEdouard Macarez, 3e soloDaniel Bonne, Wei-Yu ChangEtienne Durantel, Léo GenetLucas Henri, Boris Trouchaud

    FlûtesMagali Mosnier, 1re flûte soloThomas Prévost, 1re flûte soloMichel Rousseau, 2e flûteNels Lindeblad, piccoloAnne-Sophie Neves, piccolo

    HautboisHélène Devilleneuve, 1er hautbois soloOlivier Doise, 1er hautbois soloCyril Ciabaud, 2e hautboisStéphane Part, 2e hautbois et cor anglaisStéphane Suchanek, cor anglais

    ClarinettesNicolas Baldeyrou, 1re clarinette solo Jérôme Voisin, 1re clarinette soloJean-Pascal Post, 2e clarinetteManuel Metzger, petite clarinetteDidier Pernoit, clarinette basseChristelle Pochet, 2e clarinette basse

    BassonsJean-François Duquesnoy, 1er basson soloJulien Hardy, 1er basson solo

    Stéphane Coutaz, 2e bassonWladimir Weimer, contrebasson

    CorsAntoine Dreyfuss, 1er cor soloMatthieu Romand, 1er cor soloSylvain Delcroix, 2e cor Hugues Viallon, 2e corXavier Agogué, 3e corStéphane Bridoux, 3e corIsabelle Bigaré, 4e corBruno Fayolle, 4e cor

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    Présidente : Sylvie HubacDirecteur général : Emmanuel Demarcy-MotaDirectrices artistiques : Marie Collin, Joséphine Markovitswww.festival-automne.com

    Président-directeur général : Mathieu GalletDirecteur de la musique et de la création culturelle : Michel Orierwww.maisondelaradio.fr

    Président : Alain OuvrardDirecteur : Lionel Massétatwww.theatresqy.org

    Prochains concerts du Festival d’Automne à Paris

    Prochains concerts de l’Orchestre philharmoniquede Radio France

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    MUSIQUESALLE DES CONCERTS – CITÉ DE LA MUSIQUEVen. 1er décembre 20h30––––––14,40€ et 18€ / Abonnement 12,60€ Durée : 1h15 plus entracte – Chanté en japonais et en anglais, surtitré en françaisIntroduction au concert 19h45

    Depuis le XIXe siècle, la France et le Japon échangent musique et compositeurs. À force d’allers et retours, la curiositépour les ancestralités lointaines prend de nouvelles tournures. L’Ensemble intercontemporain joue deux compositeursjaponais emblématiques de ces échanges.

    Né au Japon en 1955, Toshio Hosokawa s’est installé en Allemagne en 1976, tout en s’intéressant aux ressources musicalesde ses origines, les anciennes musiques du Japon telles que les musiques de cour gagaku ou celles du théâtre nô. Depuis,les œuvres de Toshio Hosokawa témoignent à la fois d’une parfaite connaissance du canon occidental de Bach à Lachenmann,doublée d’un ancrage traditionnel très éloigné des repères européens. Et comme les allers-retours entre les traditionsrencontrent des échos spécifiques d’un compositeur, outre Atem-Lied et Futari Shizuka, The Maiden from the Sea, de ToshioHosokawa, l’Ensemble intercontemporain interprète deux œuvres de Toru Takemitsu.En deuxième partie, la soprano Kerstin Avemo et l’actrice nô Ryoko Aoki rejoignent l’Ensemble pour la création de FutariShizuka, The Maiden from the Sea. Si « Shizuka » en japonais signifie « silence », c’est aussi un nom de fleur et un prénomféminin. C’est le nom d’une danseuse, épouse d’un guerrier samouraï héros du roman Gengi Monogatari du XIIe siècle.Zeami, le grand dramaturge du XVe siècle, reprend ce sujet pour la scène du théâtre nô. Oriza Hirata, six siècles plus tard,prolonge : le fantôme de la danseuse réapparaît dans le corps d’Hélène qui, échouée sur la plage d’une île, sou7re de laperte d’un être cher. Très célèbre au Japon, le dramaturge et metteur en scène Oriza Hirata est aussi bien connu du Festival d’Automne, depuisTokyo Notes en 2008 jusqu’aux Gens de Séoul en 2016. Associé à Toshio Hosokawa pour faire revivre Futari Shizuka, tousdeux organisent la rencontre de deux techniques vocales, celle du théâtre nô et celle de l’opéra occidental. Quand unesou7rance en supplante une autre, toutes les conditions poétiques sont réunies pour donner à la voix une chargeobsessionnelle encore plus fantomatique.

    ORIZA HIRATATOSHIO HOSOKAWATORU TAKEMITSU

    Toru Takemitsu : Archipelago S., pour ensemble ; And then I knew ‘twas Wind, pour flûte, alto et harpeToshio Hosokawa : Atem-Lied, pour flûte basseOriza Hirata / Toshio Hosokawa : Futari Shizuka, The Maiden from the Sea, pour soprano, actrice nô et ensemble (création – commande de l’Ensemble intercontemporain)

    Emmanuelle Ophèle, flûte // Kerstin Avemo, soprano // Ryoko Aoki, actrice nô // Oriza Hirata, livret et mise en espace // Toshio Hosokawa, musique // Ensemble intercontemporain // Matthias Pintscher, direction

    Coproduction Philharmonie de Paris ; Ensemble intercontemporain ; Festival d’Automne à Paris // Avec le soutien de la Fondation pour l’étude de la langue et de la civilisation japonaisessous l’égide de la Fondation de France // France Musique enregistre ce concert.

    Vendredi 1er décembre 20h30 Oriza Hirata, Toshio Hosokawa, Toru TakemitsuSalle des concerts – Cité de la musique

    Vendredi 24 novembre 20hAuditorium de Radio FranceSerge Prokofiev, Felix MendelssohnChœur de Radio FranceSofi Jeannin, chef de chœurOrchestre philharmonique de Radio FranceMikko Franck, direction

    Dimanche 26 novembre 16hAuditorium de Radio FrancePiotr Illitch Tchaïkovsky, Erwin SchulhoffVadim Repin, violonMusiciens de l’Orchestre philharmonique de Radio France :Florent Brannens, Amandine Ley, violonsJérémy Pasquier, Aurélia Souvignet-Kowalski, altosJérémie Maillard, Nicolas Saint-Yves, violoncelles

    Vendredi 1er décembre 20hAuditorium de Radio FranceAaron Copland, Magnus Lindberg, Gunther Schuller, Modeste Moussorgski / Elgar HowarthEnsemble de cuivres de l’Orchestre philharmonique de Radio FranceHåkan Hardenberger, direction

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    MUSIQUETHÉÂTRE DE LA VILLE / ESPACE CARDINLun. 27 novembre 20h30––––––14€ et 19€ / Abonnement 11€ et 14€Durée : 1h10 plus pause

    Salvatore Sciarrino évoque les fascinants croisements de la civilisationsicilienne, lointains souvenirs de cultures déposées par les siècles surla terre d’Empédocle. Et sa musique, tendue, dramatique, empruntel’image d’une activité volcanique, observée de loin, assourdie, subtile.

    Ce concert propose de retracer une décennie de l’œuvre de SalvatoreSciarrino, entre Siciliano (1975), une sicilienne dite « chamboulée », etLo spazio inverso (1985), avec en son centre Fauno che fischia a un merlo(1980). L’imaginaire du compositeur regorge alors de divinités issues desrecoins les plus sombres de notre esprit, qui hantent les lieux sauvageset inquiètent. Ces créatures, composites, sont toujours porteuses demerveilleux, symboles d’immortalité.Le monstre dénote une hybridation stylistique, où le zoologique, entrefaune et merle, se résout dans l’esthétique, et la création naturelle,fabuleuse ou non, dans une poétique. Créer, c’est gre)er – ou maintenirla confusion des corps et des sexes, à l’exemple de l’hermaphrodite.Aussi Aspern (1978), comme les opéras de Salvatore Sciarrino d’avantLohengrin (1982), joint-il deux sources principales : une nouvelle de HenryJames, Les Papiers d’Aspern, et des fragments de Lorenzo da Ponte, lelibrettiste de Mozart, auquel renvoie d’ailleurs le genre de l’œuvre, unSingspiel, littéralement « jeu chanté ». De cet opéra, qui se déroule dansune Venise spectrale, traversée de citations du XVIIIe siècle, SalvatoreSciarrino a tiré une suite, avec arietta, arie, canzonetta, chanson rituelleet mouvements d’une musique aux saisissants ra*nements.

    SALVATORE SCIARRINOŒuvres des années1970 et 1980

    Salvatore Sciarrino : Fauno che fischia a un merlo, pour flûte et harpe ; Siciliano, pour flûte et clavecin ;Lo spazio inverso, pour flûte, clarinette, célesta, violon, violoncelle ; Aspern Suite, pour soprano, deux flûtes,percussions, clavecin, alto, violoncelle

    Ensemble L’Instant Donné // Amandine Trenc, soprano

    Coréalisation Théâtre de la Ville-Paris ; Festival d’Automne à Paris // France Musique enregistre ce concert.

    Lundi 27 novembre 20h30Salvatore SciarrinoThéâtre de la Ville / Espace Cardin

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