La d©fense des forts contre les insectes. Approches .La d©fense des forts contre les insectes

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  • HAL Id: hal-00882417https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-00882417

    Submitted on 1 Jan 1987

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    La dfense des forts contre les insectes. Approchesactuelles et perspectives

    J. Levieux

    To cite this version:J. Levieux. La dfense des forts contre les insectes. Approches actuelles et perspectives. Annales dessciences forestires, INRA/EDP Sciences, 1987, 44 (3), pp.277-302.

    https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-00882417https://hal.archives-ouvertes.fr

  • La dfense des forts contre les insectes.Approches actuelles et perspectives

    J. LEVIEUX

    Station de Zoologie foreINRA, Station de Zoologie forestireCentre de Recherches dOrlans, Ardon, F 45160 Olivet

    D6!lIrn6Rsum

    Les attaques dinsectes subies par certaines de nos forts depuis une dcennie conduisent sinterroger sur la validit des mthodes actuelles de protection contre les ravageurs et sur lesperspectives offertes par diverses recherches en cours.

    Au plan prventif, quelques modifications des mthodes sylvicoles pourraient apporter desrsultats plus rapides que ceux attendre de la slection gntique de varits rsistantes. Lestudes dans ce dernier domaine sont encore trop peu avances pour tre susceptibles, saufexceptions notables, dune gnralisation rapide.

    Les mthodes curatives sont appliques avec des succs varis. Lutilisation dinsecticideschoisis, trs positive courte chance contre certains phyllophages, reste dcevante vis--vis desxylophages. La mise en ceuvre raisonne de piges phromones aux densits de populationsfaibles ou moyennes peut aider contrler la densit de certains ravageurs. On tente aussi dedvelopper plusieurs procds modifiant la physiologie de linsecte cible en perturbant lune oulautre des tapes de son dveloppement (analogues dhormones juvniles, dichromres, inactiva-teur de cette hormone, benzoylures...). ).

    Quelques mthodes de lutte biologique peuvent tre employes avec un certain succs sanstoutefois obtenir de rsultats spectaculaires. Lutilisation des Coloptres Rhizophagus contre leScolyte Dendroctonus parat cependant prometteuse. Divers agents pathognes ont t essays(microsporidies, baculovirus...). B. thuringiensis, bien que la rmanence des prparations soitsouvent brve, est efficace contre plusieurs Lpidoptres. Les travaux sur un ventuel contrlegntique dinsectes nont pas dpass le stade des tudes prliminaires.

    Par suite, il parat plus que jamais indispensable de concevoir et dappliquer la fort desapproches de lutte intgre unissant, outre les efforts du sylviculteur, ceux des gnticiens etchercheurs fondamentalistes pour crer une synergie entre procds existants.

    Mots cls : Protection, fort, insecte, revue, mthode.

    Introduction

    Cest ce que nous ne faisons pas plutt que ce que nous faisonsqui rend les traitements appliqus aux arbres inefficaces. En effet,nous ne modifions pas fondamentalement les conditions qui sont lescauses de lapparition des problmes.

    COULSON R.N. & STARK R.W., 1982.

    On sait lampleur des problmes poss nos forts par les insectes et par leschampignons quils vhiculent. Cette situation se rpte pisodiquement dans lhistoiredes massifs ; elle conduit sinterroger sur lorientation des actions dvelopper et le

  • type des procds mettre en oeuvre pour, sinon supprimer ces phnomnes ce quiparat illusoire, tenter tout le moins den circonscrire les dgts. On trouvera doncdans les pages qui suivent une description commente de ltat actuel du dveloppe-ment de quelques mthodes et divers lments de rflexion quelles inspirent.

    Il est commun duser dans le langage courant des termes amnagement ou contrle au sujet des ravageurs sans toujours prciser de faon explicite dans quelscadres de gestion ils sinsrent. Le gestionnaire se doit de considrer chaque fois quepossible, outre les aspects de protection, ceux de conservation du milieu naturel.Cependant, si les aspects de protection sont prendre en compte ds linstallation dundispositif, ils ne sauraient tre les seuls. Il se peut mme que lventuel amnagementdune surface forestire vis--vis dune espce nuisible puisse aller lencontre du butrecherch. Toute espce nuisible ne constituant que lune des composantes fonction-nelles dun cosystme, son limination laisse le champ libre dautres phytophagesprsents dans ce systme. On saisit donc toute la complexit du sujet.

    Compte tenu de lvolution actuelle des concepts de protection phytosanitaire desforts, il nous a paru intressant de rsumer les acquis des expriences conduites pardivers chercheurs en plusieurs points du globe pour dgager quelques principes dactiondont on souhaite quils soient intgrs aux dmarches entreprises pour sauver nosforts.

    1. Constat

    Un certain nombre de difficults sajoutent pour rendre dlicate toute approche delutte contre les ravageurs forestiers et empcher la gnralisation de mthodesexistantes ou lessai.

    Compte tenu de lanciennet et de la densit de limplantation humaine en Europe,il ny existe plus depuis longtemps de forts dites naturelles , encore moins de fortsconsidres comme vierges (BECKER & LE TACON, 1985). Pour bien des auteurs,lartificialit des forts actuelles engendre un degr de sensibilit aux ravageurs pluslev que celui des sylves naturelles. Ce point mrite dtre comment.

    Le degr de rsistance dune fort dpendant dabord de sa diversit floristiquecest--dire de son degr de mixit, les forts naturelles, souvent large spectrefloristique, seraient moins attaques. Cest quelquefois le cas. Cependant, la sapinirecanadienne, naturelle dans sa majeure partie, compose dune cinquantaine despcesde feuillus et de rsineux en mlange introduisant une certaine diversit, subit limpactde divers ravageurs dont la Tordeuse des bourgeons de lEpinette (Choristoneurafumiferana Clem.). Notons cependant que les espces darbres sensibles constituentsouvent 80 p. 100 des peuplements. Limportance des attaques est telle que les servicesforestiers canadiens ont dlibrment brl en une seule fois 800 hectares de fort danslOntario en aot 1985 pour dtruire un foyer dinfestation. De mme ltendue deszones attaques par les Scolytes dans les forts naturelles peu ou pas exploites ducontinent nord amricain ne cesse de sagrandir. Ainsi, ce seul critre parat-il insuffi-sant pour assurer limmunit.

    Les cosystmes forestiers artificiels, souvent monospcifiques, prsentent la plu-part du temps une certaine fragilit (ScnwERDTFECER, 1954 ; VOUTE, 1964). Ceci reste

  • valable que larbre soit dorigine indigne ou exotique. Par exemple, lEpica commun,plant sur sols acides faibles rserves en eau, dprit en anne sche. Ceci favoriselexplosion des populations dIps typographus qui, partir des placettes o les rsineuxsont mal implants, gagnent celles o il est mieux adapt (BECKER & LE TACON, 1985).Les Pins sylvestres installs sur les parcelles les plus hydromorphes de la FortdOrlans ont subi durant une dcennie limpact de divers ravageurs (Diprion du Pin,plusieurs Scolytes...) ayant caus dimportants dgts. Les conditions de milieu sem-blent avoir jou ici un rle dterminant.

    A linverse, la monospcificit ne conduit pas obligatoirement des catastrophes,du moins lchelle dobservations qui est la ntre. Le Massif des Landes na pas subidepuis 40 ans de dgts majeurs bien que la plupart des ravageurs cits des autresforts franaises y soient prsents en permanence (Scolytes, Matsucoccus...). La prove-nance des arbres, pas plus que lhumidit relative ambiante ncessaire une bonnecroissance du Pin maritime, nexpliquent la relative inocuit dont semble bnficierlessence dans cette zone gographique. Les rcents dboires subis dans une partie dumassif sont des rsultantes directes du gel de lhiver 1985.

    Un autre facteur ncessite examen. Il consiste dans lintroduction sous nos latitudes

    despces exotiques. Certains essais rcents paraissent tre dans une premire phase dessuccs conomiques sans contreparties phytosanitaires majeures. Cest le cas du Dou-glas. Notons cependant limportance du facteur temps dans ce domaine. Commentvoluera le pouvoir adaptatif du puceron Gilletteella cooleyi dans les dcennies venir ?Cet aphidien semble sadapter aux Epicas de Sitka comme aux jeunes Douglas(VOUTE, 1964). Plus gnralement, on peut redouter le rsultat de la pression deslection considrable quexerce sur lentomofaune phytophage lexistence de vastesmassifs monospcifiques dessences exotiques auxquelles les insectes locaux sont tran-gers au dpart. Il peut y avoir la longue apparition de populations locales deravageurs adapts ces essences. Il en est de mme sous dautres latitudes. Ainsi,Madagascar, le dpourvue de Conifres indignes, abrite un Lpidoptre Lymantriidaeinfod aux Angiospermes qui sadapte progressivement aux Pins, causant des dom-mages considrables aux boisements artificiels (P. du Merle, comm. pers.).

    Bien dautres points seraient considrer quil serait trop long dexaminer ici. Desconnaissances plus approfondies sur la constitution du patrimoine gntique des htes etde leurs ravageurs, sur linfluence du milieu, sur la sensibilit physiologique des tigesaux attaques dans des conditions climatiques et daphiques connues, sur la natureexacte et le mode de fonctionnement des mcanismes de dfense des arbres seront

    indispensables pour laborer des mthodes de protection prventives et curativesadquates comme pour expliquer le passage dun niveau de population dune phasedendmie une priode dpidmie.

    Deux