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Ile de Palmas Scott, Hague Court Reports 2d 83 (1932), (Perm. Ct. Arb. 1928), 2 U.N. Rep. Intl. Arb. Awards 829

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Île de Palmas/ Île des Palmes (Pulau Miangas)Mer des Célèbes et Mer des Philippines3.15 km2

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Chronologie1526: Espagne “découvre” l’île de Palmas (selon le rapport des voyages de Garcia de Loaisa)

1554: Ile de Miangas apparaît sur cartes selon les Pays-Bas

1595-6: Isla de Palmeiras/ Ihla de Palmeiras apparaît sur cartes espagnoles

1677: East India Company (néerlandaise) s’installe et établit des contrats avec des princes locaux

1898: Traité de ParisFin de la Guerre Hispano-AmericaineCession des Philippines par l’Espagne aux États-UnisL’Ile de Palmas est à la lisière des Philippines

1899: Le Royaume du Pays-Bas est informé du traitéNe fait aucune observation sur la délimitation des territoires respectifs

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Début du différent1906: Les États-Unis entrent pour la première fois en contact avec l’île, par l’entremise su Général Wood. Il constate que l’île est considérée par les Pays-Bas comme faisant partie de leur colonie.

Revendication des États-Unis sur la souveraineté de l’île Pays-Bas proclament qu’ils y exercent une autorité depuis plus de deux siècles.

1925: Entente spéciale pour recourir à la Cour permanente d’arbitrage

1928: Décision de l’Île de PalmasLe tribunal d’arbitrage attribue l’île aux Pays-Bas(750 habitants)

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Question en litige

Un territoire appartient-il à l’État l’ayant découvert en premier, même s’il n’y exerce aucune autorité, ou à l’État y exerçant sa souveraineté?

En l’espèce, l’Île de Palmas appartient-elle aux Pays-Bas ou aux États-Unis?

“The sole duty of the Arbitrator shall be to determine whether the Island of Palmas (or Miangas) in its entirety forms a part of territory belonging to the United States of America or of Netherlands territory.”

(Entente spéciale relative à l’arbitrage entre les Pays-Bas et les États-Unis, 1925, Art.1)

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Position des partiesÉtats-Unis

Acquis la souveraineté sur l’île en 1898 lors du Traité de Paris (titre de cession)

“…as successor to the rights of Spain over the Philippines, [the USA] bases its title in the first place on discovery” (p.837).

Selon le traité de Munster (1648) signé par l’Espagne et les Pays-Bas, le titre espagnol sur l’île de Palmas n’a pas disparu. Le titre est donc encore intact en 1898 lorsque l’Espagne a cédé les Philippines aux États-Unis (p.837)

“…unnecessary to establish facts showing the actual display of sovereignty precisely over the Island of Palmas (or Miangas)” (p.837).

De plus, Palmas fait partie de l’archipel des Philippines et en vertu du principe de contiguïté, devrait appartenir à l’État ayant souveraineté sur les Philippines.

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Position des partiesPays-Bas

Il n’y a aucune preuve de la découverte de l’île par l’Espagne.

Il n’y a aucune preuve d’une quelconque forme d’acquisition de l’île par l’Espagne

Même si l’Espagne a eu un titre sur l’île, celui-ci a disparu.

Contestation du principe de continuité.

East India Company possède et exerce sa souveraineté sur l’île depuis au moins 1677 (possiblement avant).

“This sovereignty arose out of conventions established with native princes of the Island of Sangi (the main island of the Talautse (Sangi) Isles), establishing the suzerainty of the Netherlands over the territories of these princes, including Palmas (or Miangas)” (p.838).

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Réponse des États-Unis

Il n’y a pas de preuve des faits allégués par les Pays-Bas.

Même s’il était prouvé que East India Company a établit des contrats avec des princes locaux depuis 1677, celà ne lui attribue aucune souveraineté et ne concerne par la souveraineté sur l’île de Palmas.

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Sovereignty in its relation to territory

sovereignty in relation to a portion of the surface of the globe is the legal condition necessary for the inclusion of such portion in the territory of any particular State.

Sovereignty in the relations between States signifies independence. Independence in regard to a portion of the globe is the right to exercise therein, to the exclusion of any other State, the functions of a State.

Principle of exclusive competence of the State in regard to its own territory is the point of departure in settling most questions that concern international relations.

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Territorial Sovereignty

“Territorial sovereignty is, in general, a situation recognized and delimited in space, either by so-called natural frontiers as recognised by international law or by outward signs of delimitation that are undisputed, or else by legal engagements entered into between interested neighbours, such as frontier conventions, or by acts of recognition of States within fixed boundaries.” (p.838)

“Titles of acquisition of territorial sovereignty in present-day international law are either based on an act of effective apprehension, such as occupation or conquest, or, like cession, presuppose that the ceding and the cessionary Powers or at least one of them, have the faculty of effectively disposing of the ceded territory.” (p.839)

“…continuous and peaceful display of territorial sovereignty (peaceful in relation to other States) is as good as title.”

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Souveraineté territoriale

Peut être établie par convention.

“If, however, no conventional line of sufficient topographical precision exists or if there are gaps in the frontiers otherwise established, or if a con- ventional line leaves room for doubt, or if, as e.g. in the case of an island situated in the high seas, the question arises whether a title is validerga omnes, the actual continuous and peaceful display of State functions is in case of dispute the sound and natural criterium of territorial sovereignty.”

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Réserves par rapport à un traité entre tiers

Les Pays-Bas n’ont pas émis de réserves par rapport au Traité de Paris.

”The question whether the silence of a third Power, in regard to a treaty notified to it can exercise any influence on the rights of this Power, or on those of the Powers signatories of the treaty, is a question the answer to which may depend on the nature of such rights. Whilst it is conceivable that a conventional delimitation duly notified to third Powers and left with- out contestation on their part may have some bearing on an inchoate title not supported by any actual display of sovereignty, it would be entirely contrary to the principles laid down above as to territorial sovereignty to suppose that such sovereignty could be affected by the mere silence of the territorial sovereign as regards a treaty which has been notified to him and which seems to dispose of a part of his territory.”

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Sous-question en litige

En 1898, l’île de Palmas était-elle sous la souveraineté de l’Espagne ou des Pays-Bas?

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Souveraineté territoriale ipso jure,

par découverteIle de Palmas “vue” de la mer. Il n’y a aucune preuve qu’elle fut possédée par l’Espagne.

Les États-Unis réclame la souveraineté territoriale ipso jure (par opération de la loi)

“not merely an "inchoate title", a jus ad rem, to be completed eventually by an actual and durable taking of possession within a reasonable time…” (p.845)

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Principe de la contiguïté

Il n’y a pas de principe en droit international soutenant l’approche terra firma des États-Unis, selon laquelle la proximitié à un continent ou à une île de taille considérable donne droit à la terre.

L’argument de la proximité de tient pas.

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Possession continue et paisible

Les États-Unis n’ont aucune preuve concernant l’autorité continue espagnole sur l’île.

Il n’y a aucune preuve que l’île faisait partie de l’organisation judiciaire ou administrative du gouvernement espagnol dans les Philippines.

Les Pays-Bas ont toutefois pu démontrer que la Dutch East India Companie avait négocié des ententes avec les princes locaux depuis le 17e siècle et y avait exercé une autorité.

La compagnie a également exigé la religion protestante et le renvoi d’étrangers sur l’île.

Si l’Espagne avait effectivement exercé une autorité, il y aurait eu des conflits!

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DécisionL’île de Palmas appartient au Royaume des Pays-Bas.

Un titre basé sur la contiguïté n’est pas reconnu par le droit international.

Title by discovery is only an inchoate title.

If another sovereign begins to exercise open, public, with good title, continuous and actual sovereignty, and the discoverer does not contest this claim, the claim by the sovereign that exercises authority is greater than a title based on mere discovery.

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Points intéressants

• Le quatrième fait sur lequel les deux parties s’accorde est que l’île appartient soit à l’une soit à l’autre (p.837). La possibilité de partager la souveraineté sur l’île n’est pas soulevée.– “territorial sovereignty belongs

always to one, or in exceptional circumstances to several States, to the exclusion of all others” (p.838)

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Prologue

• Ile de Palmas appartient maintenant aux Philippines