Histoire de la d©couverte et de la conqute de l'Am©rique

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Auteur : Joachim Heinrich Campe / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Antilles et de la Guyane. Conseil Général de Guyane, Bibliothèque Franconie.

Text of Histoire de la d©couverte et de la conqute de l'Am©rique

  • MANIOC.org Bibliothque Alexandre Franconie Conseil gnral de la Guyane

  • M A N I O C . o r g Bibliothque Alexandre Franconie

    Conseil gnral de la Guyane

  • HISTOIRE DE LA DCOUVERTE ET DE L CONQUTE

    DE

    L'AMRIQUE

    M A N I O C . o r g Bibliothque Alexandre Franconie

    Conseil gnral de la Guyane

  • 3629 7 7 . CORBEIL. TYPOGRAPHIE DE CRTRE M A N I O C . o r g Bibliothque Alexandre Franconie

    Conseil gnral de la Guyane

  • M A N I O C . o r g Bibliothque Alexandre Franconie

    Conseil gnral de la Guyane

  • HISTOIRE DE LA DCOUVERTE ET DE LA CONQUTE

    L'AMRIQUE PAR J. H. CAMPE

    Traduction nouvelle, prcde d'un essai sur la vie et les ouvrages de l'auteur

    PAR CHARLES SAINT-MAURICE Traducteur des Mlanges de Wieland.

    NOUVELLE EDITION ORNE DE VIGNETTES DESSINES PAR MM. STAAL ET BERTRAND

    PARIS GARNIER FRRES, LIRRAIRES-DITEURS

    6, RUE DES SAINTS - P R E S , 6

  • ESSAI SUR LA VIE ET LES OUVRAGES

    Il faut le dire la louange de l'Allemagne, o les tudes s-rieuses, les travaux utiles ont conserv leur valeur et trouvent leur rcompense dans l'estime publique, elle sait honorer l'- . envahi qui consacre ses veilles l'ducation de la jeunesse, l'auteur dont l'ambition modeste s'est renferme dans un genre de compositions destines rendre l'enseignement plus facile, dgager la science des formes qui souvent effrayent ou rebutent le jeune ge. En Allemagne, la reconnaissance, qui est aussi quelquefois la justice, n'a jamais fait dfaut aux auteurs laborieux qui se sont vous avec succs celle tche pnible; l, cette reconnaissance mme, a un caractre et une expression qui ont quelque chose de noble et de touchant la fois : le nom de l'crivain dont l'ouvrage a mrit de devenir classique n'est prononc qu'avec respect au sein des familles, comme celui d'un ami, d'un bienfaiteur; ce souvenir affec-tueux s\ transmet comme une tradition, et des gnrations de lecteurs reconnaissants se succdent dans une espce de culte pour fauteur et pour son livre, surtout si sa vie n'a point d-menti son uvre et rfut ses enseignements, si la mmoire de l'homme de bien les fortifie par l'autorit de la vertu.

    C'est ce qui explique la faveur dont jouissent depuis prs d'un demi-sicle les crits de Campe : le temps et les rivalits qui ont essay de la lui disputer n'ont pu l'affaiblir: il rgne encore dans la bibliothque du jeune ge; l'ge mr mme l'admet dans la sienne ; les ditions de ses ouvrages se mul-tiplient, connue l'poque de leur nouveaut ; des traductions dans toutes les langues de L'Europe continuent tmoigner de cette estime gnrale qui reste fidle aux productions de Campe ;

    DE CAMPE

  • VI ESSAI SUR LA VIE

    certes, il faut reconnatre, dans cette perptuit de suffrages unanimes, un hommage au mrite de l'crivain, su suprio-rit dans un genre qui a aussi ses difficults et qui peut donner la gloire.

    Campe (Joachim-Henri) naquit Deusen, dans la principaut de Brunswick-Wolfenbuttcl, en 1746. Sa famille tait pauvre; elle balana quelque temps faire les frais de son ducation ; mais, avertie par les dispositions du jeune enfant, par sa pr-coce intelligence, elle s'imposa de pnibles sacrifices, et Campe put suivre les cours d'une cole o il eut le bonheur de rencontrer d'excellents matres : c'tait celle d'Holzminden, et il y fit avec succs une partie de ses tudes. Ses parents et peut-tre sa vocation le destinaient l'tat ecclsiastique ; il passa de l'cole d'Holzminden l'universit de Halle, o il fut bientt compt parmi les meilleurs lves en thologie.

    Mais l le jeune thologien eut lutter contre de dangereu-ses tentations qui l'entranaient vers la littrature ; il avait ren-contr Halle des condisciples qui sacrifiaient en secret aux Muses, et qui depuis ont honor l'Allemagne par leurs ouvra-ges. Campe, entran par ses gots, fit aussi des vers, com-posa quelques petits crits inspirs par les circonstances et que sa modestie garda prudemment dans son portefeuille ; parmi ses essais, il y avait aussi des traductions ou des imita-tions des potes de l'antiquit et des potes franais. Quelques-uns de ses vers furent publis dans des recueils littraires de l'Allemagne, mais sous le voile de l'anonyme ou du pseudo-nyme : l'honneur de l'insertion suffisait son amour-propre peu exigeant; ses amis eux mmes n'taient pas mis dans la confidence de ces triomphes clandestins du thologien pote. C'est que Campe avait le sentiment de ses devoirs ; pntr des obligations qui lui taient imposes par sa famille, il ne regar-dait la culture des lettres que comme un dlassement : il fallait qu'il s'assurt un tat dont les produits devaient l'aider s'ac-quitter envers ses parents. Aussi les professeurs de Campe ne purent ils jamais surprendre le secret de ses tudes littrai-res; et, grce ses progrs dans la thologie, il fut bientt jug digne d'enseigner lui-mme cette science ceux dont il tait nagure encore le condisciple. Ds lors, en attendant une place qui lui tait promise, il dut chercher d'autres ressources

  • ET LES OUVRAGES DE CAMPE. VII pour venir en aide sa famille ; il donna des leons de grec et de latin et compta, en peu de temps, beaucoup d'lves. Quoique bien jeune encore, il avait dj cette gravit nces-saire au matre et que l'ge et l'exprience de renseignement peuvent seuls donner ; il se prparait ainsi aux fonctions qu'il devait exercer plus tard avec tant de succs, et sur un thtre plus digne de ses talents.

    A Halle comme Holzminden, il s'tait fait des amis et avait trouv des protecteurs. N sujet du duc de Brunswick Wolfen-buttel, un des meilleurs gnraux du grand Frdric, il dut la recommandation de ce prince la place d'aumnier d'un rgi-ment prussien qui tait en garnison Potsdam. Il s'y rendit en 1773 ; c'tait l'poque du premier dmembrement de la Pologne. Campe put voir de prs le hros du sicle, le monar-que qui avait gagn tant de batailles et fait tant de mauvais vers, le prince philosophe, l'ami de Voltaire. Le jeune aum-nier ne fut point sduit par le prestige de ce grand nom; peine arriv en Prusse, il lui tardait de quitter des fonctions qui rattachaient un gouvernement qu'il n'aimait pas-. Peut-tre le souvenir de l'ingratitude de Frdric envers le duc Ferdinand de Brunswick influa t-il sur le jugement et sur le3 dispositions de Campe ; car le roi de Prusse, oubliant les cla-tants services que ce prince lui avait rendus, avait pousse l'ou-bli des convenances jusqu' lui disputer la place de doyen du chapitre de Magdebourg. Le caractre de Frdric, ses princi-pes politiques, contriburent sans doute dgoter Campe du service prussien ; il saisit donc avec empressement la premire occasion qui lui fut offerte de renoncer aux fonctions d'aum-nier en Prusse,

    L'espce de noviciat professoral qu'il avait l'ail Halle lui avait rvl en quelque sorte sou aptitude pour l'enseignement, et l'avait fait connatre d'une manire avantageuse ; il dsirait vivement une position o il put se livrera ses gots et prou-ver par l'application ses thories sur l'ducation de la jeunesse. Dsigne comme le seul homme capable de remplacer le cl-bre; Bazedoff, qui avait dirig avec la plus grande distinction l'institut de Dessau, dit Philanthropinum, il devint, en 1776, le chef de cet tablissement et continua dignement l'uvre de son prdcesseur. Mais il ne resta qu'une anne Dessau ; des

  • VIII ESSAI SUR LA VIE offres brillantes l'appelrent Hambourg, o il fonda un ta-blissement du mme genre, et dont la prosprit rapide cou-ronna les efforts du fondateur. Bientt l'institut de Hambourg ne fut plus assez vaste pour recevoir les nombreux lves qui s'y prsentaient.

    La rputation de Campe s'tait tendue dans toute l'Allema-gne et mme en France ; il ne pouvait suffire l'empressement des familles qui voulaient confier leurs enfants un aussi esti-mable matre. On vantait les talents du directeur, le systme de son enseignement, l'excellence de ses leons. Les lves parlaient de sa bont, mais non pas de manire faire suppo-ser que cette bont ft chez lui de la faiblesse; Campe, au contraire, tait svre, car il savait que, sans la svrit, un matre ne peut tre obi; mais il tait juste, mais il temprait la svrit par le secret ou plutt par l'-propos de l'indulgence ; il tudiait les caractres de ses lves, dispensait dans une juste mesure l'loge et le blme, les punitions et les rcom-penses. Habile surtout saisir, reconnatre la vocation de chaque enfant, les tudes qui lui convenaient, il tait le con-seiller des familles ; il les clairait sur le danger de ces calculs, de ces dispositions prmatures qui prjugent l'avenir ; et les guidait dans le choix des tats et des professions de leurs en-fants, et aucun pre n'eut regretter d'avoir suivi ses conseils.

    De celle cole florissante sortirent beaucoup d'hommes qui se distingurent dans les sciences, dans les arts et dans les lettres ; quelques-uns occuprent avec clat des postes mi-nents, et des magistrats, des diplomates, des gnraux, furent les lves toujours reconnaissants de Campe. Ce laborieux instituteur, dont l'activit singulire ne reculait pas devant les dtails d'une tche pnible, se multipliait, en quelque sorte, pour y suffire. Seconde par des matres intelligents, il savait leur communiquer l'ardeur de son dvouement et de son zle pour l'instruction de la jeunesse confie ses soins. Aussi l'institut de Hambourg tait-il cit comme un tablissement modele dans l'Allemagne ; il avait l'ail presque oublier celui de Dessau, et Campe recul de nombreux tmoignages d'estime et de gratitude de la part de la ville qu'il avait dote d'une excel-lente cole.

    Campe tait lier, et avec raison, de son ouvrage ; il jouissait

  • ET LES OUVRAGES DE CAMPE. IX de son bonheur, et l'on peut dire de sa gloire ; car pourquoi refuserait-on ce nom au succs de travaux aussi nobles, aussi utiles? Mais ils avaient puis les forces de Campe. Aprs sept annes