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DES POLITIQUES ECONOMIQUES DIRECTION DE LA ... ... enjeux pour la croissance économique. Dans les pays d'Asie du Sud qui, pour la plupart, font partie des pays émergents, l'économie

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    Un Peuple - Un But – Une Foi

    MINISTERE DE L’ECONOMIE, DES FINANCES ET DU PLAN

    DIRECTION GENERALE DE LA PLANIFICATION ET DES POLITIQUES ECONOMIQUES

    DIRECTION DE LA PREVISION ET DES ETUDES ECONOMIQUES

    Document d’Étude N°36

    Configuration de la Demande et Croissance Économique au Sénégal

    DGPPE/DPEE/DEPE @ septembre 2016

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    CONFIGURATION DE LA DEMANDE ET CROISSANCE ECONOMIQUE AU SENEGAL

    Par Issa FAYE, Hamat SY et Diabel DIOP

    septembre 2016

    Résumé

    Cette étude anticipe sur la configuration de la demande qui découlerait de la mise en œuvre de la nouvelle politique

    économique et sociale (PSE) du pays. D’abord, un diagnostic de la structure de la demande actuelle a été effectué

    montrant que celle-ci est quelque peu extravertie, notamment, dans l’industrie lourde où les importations excèdent

    largement la production locale. Ensuite, à travers un modèle DSGE, des simulations stochastiques et déterministes

    ont été réalisées indépendamment dans deux secteurs, à savoir celui des biens et services échangeables et celui des

    biens et services non échangeables. Les résultats montrent qu’un choc positif sur la Productivité Globale des

    Facteurs (PTF) pourrait permettre, d’une part, de lever les contraintes qui pèsent sur l’offre, et d’autre part, de

    réduire les importations dans le long terme au profit de la demande intérieure. Par ailleurs, un choc déterministe

    suivant la politique de dépenses publiques (renforcement des dépenses en capital et rationalisation des dépenses

    courantes) définie dans le Plan d’Action Prioritaire du PSE engendrerait une croissance du PIB de 7,7% entre 2014-

    2018 avec une nouvelle configuration de la demande qui faciliterait la marche vers l’émergence.

    Mots clés : croissance économique, offre, demande, DSGE

    Classification JEL : 040, E20, E20, D58

    Abstract

    This paper anticipates the structure of the demand that best matching the output targeted by the new country’s

    economic and social strategy (PSE). An analysis of the current structure of the demand indicates that in the heavy

    industry branch among others, imports exceed output. Furthermore, using a DSGE model, stochastic and

    deterministic simulations were performed independently in both tradable and non-tradable goods and services.

    Results show that positive total factor productivity (TFP) shock should help lift the constraints on supply, and

    reduce imports in the long run in favor of domestic output. Additionally, a deterministic shock based on public

    spending policy (strengthening of capital and rationalization of current expenditure) as defined in the Priority Action

    Plan of PSE should yield a 7.7% GDP growth between 2014 and 2018 with a new structure of the demand that

    should facilitate the pursuit towards emergence.

    Keywords: Economic Growth, supply, demand, DSGE

    JEL classification: 040, E20, E20, D58

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    1. Introduction

    Les performances économiques enregistrées au Sénégal depuis plusieurs décennies n'ont pas

    permis d'impulser le développement et réduire significativement la pauvreté. Entre 1980 et 2013

    où l'économie a atteint une croissance moyenne de 3,5%, seule la période post dévaluation du

    FCFA, notamment la décennie 1995-2005, a été marquée par des taux moyens avoisinant 5%.

    Ainsi, à travers une stratégie d'émergence, le Sénégal projette d'atteindre des taux de croissance

    élevés d’au moins 7%. L’axe 1 du plan Sénégal émergent (PSE) est relatif à la transformation

    structurelle de l'économie en privilégiant, notamment, des projets et programmes présentant des

    niveaux de productivité suffisamment élevés pour booster la croissance et permettre l'émergence

    à l'horizon 2035. A cet égard, un accent particulier est mis sur la définition de nouveaux secteurs

    porteurs qui permettraient de stimuler l'offre productive nationale. Cependant, parallèlement à

    cette offre, il est nécessaire de définir une politique de relance et de restructuration de la demande

    adaptée selon que l’économie est extravertie ou tirée par l'absorption intérieure. La notion de

    demande renvoie à la quantité de biens et services censés couvrir les besoins de consommation

    et/ou d'investissement des agents économiques pour un niveau de prix donné. Si l'offre

    productive s'accroit tandis que l'absorption de biens destinés à la consommation finale est

    adressée essentiellement à l'extérieur, l'incitation à investir, produire et embaucher de la main

    d'œuvre pourrait s'amoindrir lorsqu'en plus, l'économie peine à faire face à la compétition sur les

    marchés extérieurs. L'importance de la notion de demande s'explique par son caractère dual qui

    pourrait s’illustrer à travers l'exemple de la Chine dont l'économie est principalement extravertie

    et celui des États-Unis qui dispose d’un fort marché intérieur capable d’absorber la grande

    majorité de sa production.

    Par ailleurs, si les économies en développement d’Asie de l’Est et du Pacifique ont pu jouer un

    rôle moteur dans la croissance mondiale, c’est grâce à leur demande intérieure (Banque mondiale,

    2013). En outre, les économies d’Afrique ont été largement soutenues pendant plusieurs

    décennies par l'absorption extérieure à travers les exportations de matières premières.

    Aujourd’hui, elles souffrent d’un ralentissement sous l’effet d’une contraction de la demande

    internationale qui a fait chuter les cours mondiaux des matières premières. Ainsi, selon la dernière

    édition d'Africa's Pulse de la Banque mondiale, la demande intérieure portée par la consommation

    des ménages, l'investissement et les dépenses publiques devrait relancer la croissance en Afrique

    Subsaharienne, qui s'élèverait à 4,4% en 2016 et 4,8% en 2017. Toutefois, selon le rapport 2014

    sur les pays les moins avancées (PMA) de la CNUCED, la transformation structurelle nécessaire

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    pour la réduction de la pauvreté doit aller de pair avec l’augmentation de la demande intérieure et

    extérieure (exportations) afin de créer des débouchés suffisants, susceptibles d’ouvrir des

    possibilités d’emplois productifs et rémunérateurs. En 2006, ce même rapport faisait état de la

    contribution des composantes de la demande dans la croissance du PIB des PMA. Il apparaissait

    en moyenne que c’était la consommation privée qui contribuait beaucoup plus à la croissance

    (51%), suivie des exportations (33%) et des investissements (31%).

    A l'instar des pays en développement, le Sénégal est confronté à des contraintes qui pèsent aussi

    bien sur l'absorption intérieure que sur la demande extérieure. D'une part, la faiblesse du marché

    national due, en partie, à un niveau faible du pouvoir d'achat, n'encourage pas une production

    nationale de masse. D'autre part, la concurrence accrue existant sur les marchés extérieurs à

    laquelle s'ajoute le manque de capacités de production et d'infrastructures pour y accéder, plombe

    la possibilité pour les entrepreneurs locaux de développer de véritables marchés d'exportations.

    Ainsi, la croissance est principalement tirée par la demande intérieure avec une faible part

    attribuée aux exportations. En moyenne, sur les quinze dernières années et en pourcentage du

    PIB, les composantes de l'absorption ont été de 90,5% pour la consommation finale, 23,6% pour

    la formation brute de capital fixe et 25,5% pour les exportations. Ces statistiques sont révélatrices

    de la forte dépendance de l'économie sénégalaise vis-à-vis de la demande intérieure.

    L'importance du rôle de la demande dans les pays en développement et, en particulier, au

    Sénégal, tient au fait qu'en l'absence de marchés, la réticence dans les décisions d'investissement

    des entrepreneurs locaux comprime considérablement les capacités productives. Par ailleurs,

    l'accès au marché extérieur est plombé par des contraintes d'infrastructures et l'incapacité à

    proposer des produits de qualité. Dès lors, il est important d'examiner le rôle que pourraient jouer

    les composantes de l'absorption sur l'activité économique. En outre, l'économie sénégalaise se

    caractérise par une demande quelque peu extravertie avec les importations de biens et services qui

    pèsent 47% du PIB en 2014. L'ensemble de ces caractéristiques justifie l'intérêt d'examiner la

    problématique de la demande dans le contexte du PSE qui est l'objet de la présente étude.

    De façon spécifique, il s’agira, d'une part, de faire un diagnostic de la situation actuelle de la

    demande intérieure et de la demande extérieure et, d'autre part, de proposer, au besoin, une

    configuration optimale de la demande qui permettrait d'atteindre les objectifs fixés du PSE. Le

    diagnostic permettra de voir si la configuration actuelle de la demande est pro-PSE.

    Pour répondre à la problématique de la présente étude, la méthodologie proposée utilise un

    modèle DSGE (Dynamic Stochastic General Equlibrium) qui

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