UNE ANALYSE DE LA CHANE DE VALEUR - .une analyse de la chane de valeur pour accompagner la transformation

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  • UNE ANALYSE DE LA CHANE DE VALEUR POUR ACCOMPAGNER LA TRANSFORMATION

    DU TISSU INDUSTRIEL FORESTIER DE LABITIBI-TMISCAMINGUE

    RAPPORT FINAL

    Prsent :

    CONFRENCE RGIONALE DES LUS DE LABITIBI-TMISCAMINGUE

    Prpar par :

    8 2 5 , r u e R a o u l - J o b i n Qubec (Qubec) G1N 1S6

    Mars 2013

  • Rfrence citer :

    DEL DEGAN, MASS, 2013. tude de la chane de valeur des produits issus des ressources provenant des forts de lAbitibi-Tmiscamingue. Rapport final prsent Confrence rgionale des lus de lAbitibi-Tmiscamingue, 115 p. + annexes. Rfrence interne : 12-956.

  • Une analyse de la chane de valeur pour accompagner la transformation du tissu industriel forestier de lAbitibi-Tmiscamingue Rapport final

    www.groupe-ddm.com I

    SOMMAIRE EXCUTIF CHANE DE VALEUR ET COMPTITIVIT DES ENTREPRISES/FILIRES

    La chane de valeur verticale reprsente lensemble des activits dune entreprise; celles-ci se regroupent en activits principales (ventes et marketing, operations management, logistique amont et aval, service aprs-vente) et en activits de soutien (approvisionnement, gestion des ressources humaines, technologie de linformation et autres).

    Le principe fondamental qui sous-tend la chane de valeur verticale repose sur le caractre

    systmique dune entreprise, la performance dune activit particulire selon lefficacit avec laquelle les autres activits se ralisent. Une chane de valeur efficace se veut gnratrice de valeur pour lentreprise et pour ses clients, et contribue une amlioration de sa rentabilit.

    La chane de valeur horizontale peut tre perue comme une jonction des chanes de valeur

    verticales. La relation quune entreprise entretient avec ses fournisseurs (en amont) et ses clients (en aval) reprsente, dans le cas dune chane de valeur horizontale efficace, plus que la somme des chanes de valeur verticales individuelles (somme des chanes de valeur verticales intgres > somme individuelle des chanes de valeur verticales). Le secteur tend alors vers une comptitivit accrue.

    La cration de valeur lintrieur dune chane verticale ( lintrieur de la firme) ne peut

    augmenter que par une volont constante et permanente dinnover, dune manire technologique ou non. Dans le premier cas, des produits ou des procds de fabrication mergeront, alors que dans le deuxime cas, une firme adoptera de nouveaux modes de gouvernance/gestion ou une approche diffrente de commercialisation.

    La rentabilit et la comptitivit constituent des concepts fort diffrents, mais souvent

    confondus. La rentabilit est un outil comptable mettant en opposition les revenus et les dpenses dune entreprise. La comptitivit est un outil conomique servant mesurer la capacit des entreprises dune industrie maintenir ou augmenter ses parts de march.

    Les interventions de ltat visant hausser la rentabilit des entreprises tablies ont peu deffet

    long terme et ne constituent quune faon de se substituer aux marchs. Ltat possde toutefois un pouvoir important dans lamlioration de la comptitivit dune industrie en travaillant sur lenvironnement financier, conomique et social lintrieur duquel les compagnies doivent fonctionner et se dvelopper.

    Lutilisation de fonds publics pour amliorer la comptitivit du secteur forestier de lAbitibi-

    Tmiscamingue est non seulement possible, mais souhaitable, si elle vise consolider et complexifier le tissu industriel. Laccs aux ressources ne constitue plus un gage de dveloppement industriel. cet gard, la rgion doit compter sur lintervention bien dose et cible de ltat afin dattirer sur son territoire des entreprises en phase de dveloppement et de dmarrage.

  • Une analyse de la chane de valeur pour accompagner la transformation du tissu industriel forestier de lAbitibi-Tmiscamingue Rapport final

    II

    NOUVEAU RGIME FORESTIER ET APPROVISIONNEMENT EN FIBRE

    Le nouveau rgime forestier, entr en vigueur le 1er avril 2013, viendra modifier substantiellement la structure industrielle forestire du Qubec, et lAbitibi-Tmiscamingue ny chappera pas. La mise en march libre dune partie des volumes de bois publics aura un effet beaucoup plus grand que le transfert des responsabilits damnagement ltat.

    Le dynamisme affich par les entreprises forestires de premire transformation de lAbitibi-

    Tmiscamingue tout au long de la dernire crise conomique et financire laisse croire que la concurrence domestique pour lacquisition de la ressource leur sera bnfique. La concurrence domestique demeure un lment incontournable dans lacquisition dun avantage concurrentiel en permettant aux bonnes entreprises de devenir meilleures, entranant ainsi progressivement la fermeture des autres.

    Les entreprises forestires de premire transformation de lAbitibi-Tmiscamingue se sont

    traditionnellement approvisionnes partir de forts publiques ou prives situes lextrieur de la rgion. Les baisses rcentes du calcul de la possibilit forestire rehausseront leur dpendance envers les autres rgions limitrophes et feront de celles-ci des comptiteurs agressifs pour lobtention des volumes mis aux enchres par lentremise du Bureau de mise en march des bois (BMMB). Les entreprises dtentrice de garanties dapprovisionnement (anciennement, de contrats d'approvisionnement et d'amnagement forestier, ou CAAF), linverse des autres bnficiaires du Qubec, ont particip massivement aux enchres portant sur les arrrages qui se sont droules jusqu lautomne 2012.

    La raret relative de matire ligneuse en Abitibi-Tmiscamingue (la rgion tant une

    importatrice nette) fera en sorte que la valeur marchande des bois sur pied risque daugmenter proportionnellement plus rapidement que celui du bois duvre sur les marchs alors que le bois rond de lAbitibi-Tmiscamingue saffiche dj comme lun des plus dispendieux au monde.

    Les rsultats des premires enchres semblent appuyer cette affirmation. Dans la rgion du

    nord-ouest, les enchres octroyes lont t un prix plus de 54 % suprieur au prix de dpart. La deuxime rgion (centre-nord) ne la t que par moins de 20 %. Pourtant, aucun de ces volumes ne venait diminuer lapprovisionnement des usines en places.

    Un rapprochement est souhaitable entre les industriels de lAbitibi-Tmiscamingue et les

    propritaires forestiers de la rgion. Alors quune proportion importante du bois priv ne trouve pas preneur, du bois des rgions limitrophes sert approvisionner les usines de la rgion. Les autorits et les acteurs doivent profiter de limpulsion du moment offert par le nouveau rgime pour favoriser le dveloppement des solutions gagnant-gagnant reposant sur le principe de la rsidualit. Loptimisation de la chane horizontale ne peut se raliser alors quune partie de la richesse rgionale se perd au profit de volumes ligneux extrieurs.

    De mme, la possibilit totale (fort prive et fort publique) en peupliers en Abitibi-

    Tmiscamingue dpasse un million de mtres cubes. Il sagit dun lourd fardeau pour le reste du secteur forestier qui doit souvent composer avec des peuplements mixtes pour sapprovisionner en sapins, pinettes, pins gris et mlzes (SEPM). Loptimisation de la chane de valeur horizontale passe par la prsence dutilisateurs pour cette essence.

  • Une analyse de la chane de valeur pour accompagner la transformation du tissu industriel forestier de lAbitibi-Tmiscamingue Rapport final

    www.groupe-ddm.com III

    MISE EN VALEUR DES RESSOURCES FORESTIRES : CHOIX DE FILIRES

    Les entreprises de la filire non ligneuse (produits forestiers non ligneux et extractibles forestiers) de lAbitibi-Tmiscamingue demeurent encore un stade de production artisanale. Elles ne possdent pas la notorit dautres rgions comme le Saguenay-Lac-Saint-Jean ou Charlevoix. Pourtant, plusieurs de ces entreprises dmontrent une volont inalinable de diffrenciation de leurs produits. Un label rgional similaire celui dautres rgions pourrait savrer bnfique pour ce secteur sur le plan de la commercialisation et de la mise en march.

    Les entreprises de premire transformation intgres et non intgres de la filire structurelle

    (sciage, droulage, copeaux, etc.) prsentent des diffrences importantes en matire de stratgies concurrentielles. La stricte discipline budgtaire jumele une dcentralisation limite des pouvoirs dcisionnels laisse moins de place linnovation rgionale chez les intgres que chez les non intgres. Ces dernires, qui dmontrent une plus grande propension maintenir leurs parts de march, ont procd davantage dinnovations, parfois au dtriment de leurs marges de profits court terme.

    Les entreprises de cette filire doivent tenter de rattraper le retard enregistr au chapitre des

    immobilisations. Un soutien rgional apparat indispensable afin de fournir aux entreprises un accs adquat du financement commercial sous toutes ses formes.

    La situation problmatique des surplus de copeaux ne pourra tre rgle que par une

    amlioration de rendement matire, les entreprises de sciage de lAbitibi-Tmiscamingue affichant dj un trs bon dossier cet gard. Limminence de la fin de lAccord sur le bois duvre rsineux (ABR2006) laisse poindre des menaces de droits calculs partir des sciages de faibles dimensions et de faible valeur.

    Tout le secteur forestier canadien sest dot dune infrastructure de R et D commune en

    FPInnovations. La coopration ce chapitre sinscrit trs avantageusement dans le modle danalyse utilis dans le cadre de cette tude la condition que les entreprises puissent se concurrencer sur dautres plans. Lancien rgime forestier limitait la comptition et contribuait ainsi au maintien artificiel dentreprises non performantes. linverse, des entreprises qui peuvent soutenir un niveau de comptition interne lev savrent des partenaires exigeants et