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Le Relèvement et la Reconstruction à partir de 2009 Etude de case pour le Cadre de relèvement post catastrophe SÉNÉGAL : INONDATIONS URBAINES Juillet 2014

SÉNÉGAL: INONDATIONS URBAINES

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  • Le Relvement et la Reconstruction partir de 2009Etude de case pour le Cadre de relvement post catastrophe

    SNGAL: INONDATIONS URBAINES

    Juillet 2014

  • n INTRODUCTION A LA SERIE DETUDES DE CAS ii

    n LISTE DES ABREVIATIONS iv

    n APERU DES INONDATIONS URBAINES AU SENEGAL, 2009 ET 2012 1

    n LA POLITIQUE DE PREVENTION DES INONDATIONS ET DE RELEVEMENT/RECONSTRUCTION 4

    LA POLITIQUE AVANT 2009 5

    LE PROJET DE GESTION DES EAUX PLUVIALES ET DADAPTATION AU CHANGEMENT CLIMATIQUE (PROGEP) 6

    LE RELEVEMENT POST INONDATIONS DE 2012 ET LE LANCEMENT DU PROGRAMME DECENNAL DE GESTION DES INONDATIONS (PDGI) 7

    n LE CADRE INSTITUTIONNEL ET JURIDIQUE DE GESTION DES INONDATIONS ET DU RELEVEMENT AU SENEGAL 9

    LE CADRE INSTITUTIONNEL 9

    LE CADRE JURIDIQUE 12

    LES PARTENAIRES AU DEVELOPPEMENT 13

    PLATEFORMES DE COORDINATION AVEC LES AGENCES INTERNATIONALES 13

    IMPLICATION DU SECTEUR PRIVE 14

    n AVANCEES ET INNOVATIONS DE LA POLITIQUE DE PREVENTION DES INONDATIONS ET DU RELEVEMENT 15

    ETAT DAVANCEMENT DE LA POLITIQUE DE GESTION DURABLE DES INONDATIONS INITIEE EN SEPTEMBRE 2012 15

    INNOVATIONS ORGANISATIONNELLES ET DEVELOPPEMENT DU CADRE DE RELEVEMENT 19

    MESURES DE SAUVEGARDE ENVIRONNEMENTALE ET SOCIALE 22

    PLAN DE PARTICIPATION COMMUNAUTAIRE 23

    n LE FINANCEMENT DU RELEVEMENT 24

    LENGAGEMENT DE LETAT ET DES PARTENAIRES TECHNIQUES ET FINANCIERS 24

    TRANSPARENCE, MESURES ANTI CORRUPTION ET PASSATION DES MARCHES 26

    n LA GESTION ET LE SUIVI DE LA MISE EN UVRE DU RELEVEMENT A TRAVERS LE PDGI 27

    STRATEGIES DE COMMUNICATION 27

    SYSTEME DE RAPPORT, SUIVI ET EVALUATION 27

    n BILAN DES CONSULTATIONS AVEC LES PARTIES PRENANTES 28

    PERTINENCE ET EFFICACITE DE LA POLITIQUE DE PREVENTION CONTRE LES INONDATIONS ET DE RELEVEMENT 28

    DES EFFORTS A POURSUIVRE POUR COMPLETER LES PROGRES ACCOMPLIS 30

    RESUME DES RECOMMANDATIONS CLES ISSUES DES ENTRETIENS 34

    n CONCLUSION 42

    n ANNEXE 1: LISTE DES PARTIES PRENANTES CONSULTEES ET LEURS CONTACTS 44

    CONTENTS

  • ii Sngal: Inondations urbaines Le Relvement et la Reconstruction partier de 2009. Srie dtudes de cas | Cadre de relvement post-Inondations au Sngal | Juillet 2014 iii

    INTRODUCTION LA SRIE DTUDES DE CAS La Facilit mondiale pour la prvention des risques de catastrophes et le relvement (GFDRR) de la Banque mondiale, le Programme des Nations Unies pour le Dveloppement (PNUD) et lUnion Europenne (UE) se sont regroups autour dune initiative commune consistant en llaboration dun guide pour la mise en place dun cadre de relvement aprs une catastrophe. Ce Guide a pour objectif dtre un outil oprationnel qui permettra daider les gouvernements planifier et grer les programmes de relvement et de reconstruction aprs une catastrophe dans une perspective de dveloppement durable. Il est bas dune part sur les expriences et bonnes pratiques de pays qui ont t confront des situations de relvement post catastrophe et des tudes de cas ont t faites sparment pour les pays suivants: Hati, Indonsie, Laos, Mozambique, Pakistan, Sngal et Ymen. Il sinspire dautre part dtudes menes sur des thmatiques spcifiques troitement lies au relvement, savoir le principe de reconstruire mieux, lintgration des conflits et de la fragilit des nations, et le financement du relvement.

    Les tudes de cas sont axes sur la collecte et lanalyse: i) des critres et principes pour le relvement adopts par les pays suite des catastrophes spcifiques; ii) des moyens engags pour planifier le relvement, y compris les efforts financiers pour le rendre efficace, quitable et rsilient; iii) des politiques, institutions et capacits pour lexcution et le suivi du relvement post catastrophe; et iv) des moyens dploys pour tirer profit de la phase de relvement pour introduire des mesures de prvention et/ou dattnuation des risques pour un dveloppement rsilient.

    La mthodologie employe pour mener ces tudes comporte cinq tapes:

    1. Le passage en revue de la documentation sur les mcanismes institutionnels pour le relvement dune part et dautre part sur les plans de relvement et de reconstruction qui ont t labors suite la catastrophe slectionne et tudie ainsi que leurs rsultats. Lanalyse est organise de faon examiner 4 aspects du processus de relvement qui sont par ailleurs les quatre axes proposs dans le guide: (i) Organisation institutionnelle, (ii) Politique et planification, (iii) Financement et (iv) Gestion et suivi.

    2. Une tude de terrain qui vient complter et valider les constatations issues de la 1re tape qui comprend:

    Un atelier expliquant les objectifs de ltude aux parties prenantes intresses par le relvement et recueillant les avis et observations des diffrents acteurs lis la phase de relvement

    Des entretiens approfondis avec les partenaires des institutions gouvernementales cls au niveau central et local ainsi que les reprsentants de la Socit civile et autres partenaires

    3. La prparation dun document suivant les standards des tudes de cas du GFDRR

    4. La revue du document par le GFDRR, le Bureau pays de la Banque mondiale et les autres agences partenaires

    5. La validation du document final de ltude de cas par le gouvernement au cours dun atelier

    Il est important de noter que ces tudes de cas visent apprendreet non valuerdes initiatives de relvement et de reconstruction. Les pratiques tires des expriences de ces pays vont permettre de documenter le contenu du guide. Par ailleurs, les tudes de cas examinent les processus de planification, sans entrer dans les dtails de la mise en uvre des programmes spcifiques. Ainsi, ces tudes noffrent pas un droul dtaill des programmes de relvement post catastrophe mais plutt un aperu et certains dtails sur les processus de prise de dcision lis aux politiques et programmes de reconstruction.

    Suite aux inondations de 2009, lEtat du Sngal sest lanc dans llaboration de son premier plan de relvement en faisant appel la communaut internationale pour lappuyer valuer les pertes et dommages ainsi que les besoins lis cette catastrophe (PDNA). La prsente tude prend donc pour rfrence cet exercice de 2009 comme point de dpart dune politique oprationnelle de prvention des inondations et de relvement.

    Ce document est le fruit du travail effectu par le personnel de la Facilit mondiale pour la prevention des risques de catastrophes et le relvement (GFDRR, sigle anglais) bas sur des informations fournies par les partenaires du GFDRR. Les conclusions et analyses exprimes dans ce document ne refltent pas ncessairement les vues de toute organisation partenaire individuelle du GFDRR, y compris, par exemple, la Banque mondiale, les Administrateurs de la Banque mondiale, le PNUD, l'Union europenne, et les gouvernements quils reprsentent. Bien que le GFDRR fasse des efforts raisonnables afin de sassurer que toutes les informations presentes dans ce document sont correctes, lexactitude et lintgrit ne peuvent tre guaranties. L'utilisation des donnes et des informations de ce document est aux risques et prils de l'utilisateur et en aucun cas le GFDRR ou ses partenaires ne seront tenus responsables pour toute perte, dommage, responsabilit ou dpense encouru ou subi, prtendu rsulter de la dpendance sur les donnes contenues dans ce document.

  • iv Sngal: Inondations urbaines Le Relvement et la Reconstruction partier de 2009. Srie dtudes de cas | Cadre de relvement post-Inondations au Sngal | Juillet 2014 v

    LISTE DES ABRVIATIONS AID Association Internationale de Dveloppement

    ANAMS Agence Nationale de la Mtorologie du Sngal

    ANAT Agence Nationale de lAmnagement du Territoire

    ANLIB Agence Nationale de Lutte contre les Inondations et les Bidonvilles

    ARC African Risk Capacity

    ARSN Agence de Radioprotection et de Sret Nuclaire

    BADEA Banque Arabe pour le Dveloppement Economique en Afrique

    BCI Budget Consolid dInvestissement

    BIRD Banque Internationale pour la Reconstruction et le Dveloppement

    BOM Bureau Organisation et Mthode

    CDC Caisse de Dpts et Consignations

    CDD Comit Dpartemental de Dveloppement

    CEDEAO Communaut Economique des Etats de lAfrique de lOuest

    CETUD Conseil Excutif des Transports Urbains de Dakar

    CGES Cadre de Gestion Environnementale et Sociale

    CICES Centre International de Commerce et dEchanges du Sngal

    COGIC Centre Oprationnel de Gestion Interministrielle des Crises

    CRD Comit Rgional de Dveloppement

    CSA Commissariat pour la Scurit Alimentaire

    DEEC Direction de lEnvironnement et des Etablissements Classs

    DFID Dpartement du Dveloppement International (Grande Bretagne)

    DRAZI Direction de la Restructuration et de lAmnagement des Zones dInondation

    ECHO Service dAide Humanitaire de lUnion Europenne

    EIES Etude dImpact Environnemental et Social

    FAO Organisation des Nations Unies pour lAlimentation

    FICR Fdration Internationale de la Croix Rouge

    FNUAP Fonds des Nations Unies pour la Population

    FORREF Fonds de Restructuration et de Rgularisation Foncire

    GRC Gestion des risques de catastrophe

    HAALSS Haute Autorit de lAroport Lopold Sdar Senghor

    HASSMAR Haute Autorit charge de la coordination de la Scurit maritime, de la Sret maritime et de la Protection de lEnvironnement marin

    ICS Industries Chimiques du Sngal

    IPRES Institution de Prvoyance Retraite du Sngal

    MEDD Ministre de lEnvironnement et du Dveloppement Durable

    OCB Organisation Communautaire de Base

    OCNI Observatoire Cartographique Numrique des Inondations

    OMD Objectifs du Millnaire pour le Dveloppement

    OMS Organisation Mondiale de la Sant

    ONPI Office National de Prvention des Inondations

    OSC Organisation de la Socit Civile

    PAGIRE Plan dAction de Gestion Intgre des Ressources en Eau

    PAM Programme Alimentaire Mondial

    PAPRE Plan dAction des Ressources en Eau

    PAR Plan dAction de Rinstallation

    PCLSLB Projet de Construction de Logements Sociaux et de Lutte contre les Bidonvilles

    PEPAM Programme Eau Potable et Assainissement du Millnaire

    PNAT Plan National dAmnagement du Territoire

    PRECOL Projet de Renforcement et dEquipement des Collectivits Locales

    PSE Plan Sngal Emergent

    RAARU Rseau Africain dAnalyse des Risques Urbains

    SAR Socit Africaine de Raffinage

    SDAU Schma Directeur dAmnagement et dUrbanisme

    SDE Sngalaise des Eaux

    SENELEC Socit Nationale dElectricit

    SICAP Socit Immobilire du Cap Vert

    SNH Service National dHygine

    SNHLM Socit Nationale dHabitat Loyers Modrs

    SONACOS Socit Nationale de Commercialisation des Olagineux au Sngal

    TGBT Tableau Gnral Basse Tension

    UNDAF United Nations Development Assistance Framework

    UNHCR Haut Commissariat des Nations Unies pour les Rfugis

    UNICEF Fonds des Nations Unies pour lEnfance

    UNOCHA Bureau des Nations Unies pour la Coordination des Affaires Humanitaires

    USAID Agence des Etats Unis pour le Dveloppement International

  • 1 Sngal: Inondations urbaines Le Relvement et la Reconstruction partier de 2009. Srie dtudes de cas | Cadre de relvement post-Inondations au Sngal | Juillet 2014 2

    APERU DES INONDATIONS URBAINES AU SNGAL, 2009 ET 2012

    Le Sngal est situ dans la rgion sahlienne de la Cte ouest africaine. Entre les annes 70 et 90, le pays a souffert de scheresses prolonges qui ont acclr lexode rural. Aujourdhui, prs de la moiti de la population sngalaise vit en milieu urbain, dont plus de 76% dans les zones classes comme habitats spontans. La capitale, Dakar, noccupe que 0,3% du territoire du Sngal (2011)1 et concentre 21% de la population sngalaise ainsi que la plupart des services publics et activits conomiques.2

    Ce sont les communauts dans ces zones dj parmi les plus pauvres du pays qui sont les plus vulnrables aux pisodes de fortes prcipitations et aux inondations quelles provoquent. Limpact des inondations dans une situation de croissance urbaine incontrle et dune occupation irrgulire des espaces est amplifi par labsence dun rseau fonctionnel de drainage des eaux pluviales, la faiblesse des politiques damnagement du territoire et le non respect du plan directeur durbanisme.

    Les inondations des annes 2000, notamment celles de 2005 dont les effets se font encore ressentir aujourdhui dans certaines zones de la banlieue de Dakar, mais aussi celles de 2009 et 2012 ont eu des impacts trs ngatifs sur les conditions socio conomiques des populations; des pertes en vies humaines ont t dplorer ainsi que la destruction dinfrastructures (routes, ponts), de maisons et dautres biens. Le secteur agricole a galement t touch par ces inondations, avec lanantissement des investissements raliss dans les primtres irrigus et la perte de cultures.3 Entre 2008 et 2012, plus de 70 milliards de FCFA, compte non tenu des appuis extrieurs, ont t injects par lEtat du Sngal dans la lutte contre les inondations sans que les rsultats soient pleinement satisfaisants.4

    Les inondations de 2009En 2009, lvaluation des besoins post catastrophes (PDNA) finance grce aux fonds de la Facilit Mondiale pour la Prvention des Risques de Catastrophes et le Relvement (GFDRR), a fait tat de 44,5 milliards de FCFA de dommages et de pertes lchelle nationale dont 35,517 milliards de FCFA pour la seule rgion de Dakar (voir tableau 1).5 De mme, cette valuation estimait plus de 30 000 le nombre de concessions qui

    1 Direction Nationale de la Statistique in Banque Mondiale, Document de projet pour une subvention de la Facilit Mondiale pour la Prvention des Risques de Catastrophes et le Relvement (GFDRR) la Rpublique du Sngal pour le Projet de Gestion des Risques et Catastrophes et dAdaptation au Changement Climatique au Sngal (Phase I), 15 janvier 2012.

    2 Banque Mondiale, Document de projet pour une subvention de la Facilit Mondiale pour la Prvention des Risques de Catastrophes et le Relvement (GFDRR) la Rpublique du Sngal pour le Projet de Gestion des Risques et Catastrophes et dAdaptation au Changement Climatique au Sngal (Phase I), 15 janvier 2012.

    3 Rapport Programme National RRC.4 Rpublique du Sngal, FAE, EAA, Table ronde des bailleurs de fonds pour le financement de la phase durgence du Programme dcennal de Lutte contre les

    Inondations, des programmes de gestion intgre des ressources en eau et daccs leau potable et lassainissement, dcembre 2012.5 Rapport dvaluation des besoins post catastrophe, Inondations urbaines Dakar 2009, Gouvernement de la Rpublique du Sngal, Banque Mondiale,

    Systme des Nations Unies et de la Commission Europenne, juin 2010.

    ont t touches dans la rgion de Dakar dont une grande partie dentre elles sont devenues inhabitables et souvent abandonnes.6

    Les zones priurbaines de Dakar ont t les plus affectes en 2009. Aussi, la plupart des 21 communes darrondissement que comptent les dpartements de Pikine et Gudiawaye ont t touches. Prs de 360 000 personnes, soit 44 % de la population du dpartement de Pikine ont t affectes et 22000 personnes, soit 7,2% de la population du dpartement Gudiawaye. 125 000 personnes ont galement t affectes dans les zones rurales et les villes de lintrieur comme Saint Louis, Dagana, Kaolack, Kaffrine, Mbour, Kolda, This, Tambacounda et Sdhiou.7

    En termes de dommages dans les zones priurbaines de Dakar, les secteurs les plus touchs ont t le logement (61%), le transport (11%) et la sant (10%); viennent ensuite lducation (7%), lindustrie et le commerce (7%). En termes de pertes, le secteur du commerce a t le plus touch avec 23% (surtout le commerce informel), suivi du logement (18%), des infrastructures urbaines communautaires (18%), de lnergie (17%) et du transport (16%).

    Tableau 1: Rcapitulatif de limpact des inondations de 2009 dans les zones priurbaines de Dakar en millions de FCFA et dUSD

    Axes sectoriels Dommages PertesTotal

    (millions FCFA)Total

    (millions USD)

    Secteurs infrastructures 2 230 6 247 8 477 20

    Transport 2 038 2 767 4 805 11

    Eau et assainissement (inclus dchets solides) 190 572 762 2

    Energie 2 2 908 2 910 8

    Secteurs sociaux 14 353 6 766 21 119 49

    Logement 11 088 3 140 14 228 33

    Infrastructures urbaines communautaires 142 3 070 3 212 7

    Sant 1 850 556 2 406 6

    Education 1 273 0 1 273 3

    Secteurs productifs 1 305 4 060 5 365 12

    Agriculture, levage et pche 0 61 61 0,141

    Industrie/Commerce, PME, secteur informel 1 305 3 999 5 304 12

    Environnement 261 295 556 1

    Zones protges et parcs na-tionaux (capital naturel et ses infrastructures et services)

    261 295 556 1

    TOTAL (millions FCFA) 18 149 17 368 35 517

    TOTAL (millions USD) 42 40 82

    Lvaluation post catastrophe de 2009 a conclu quil tait urgent de sattaquer aux causes sous jacentes de ces inondations rcurrentes et de formuler une stratgie moyen et long termes de rduction des risques dinondation base sur une combinaison de mesures structurelles et non structurelles.

    6 Rpublique du Sngal, FAE, EAA, Table ronde des bailleurs de fonds pour le financement de la phase durgence du Programme dcennal de Lutte contre les Inondations, des programmes de gestion intgre des ressources en eau et daccs leau potable et lassainissement, dcembre 2012.

    7 Ibid.

  • 3 Sngal: Inondations urbaines Le Relvement et la Reconstruction partier de 2009. Srie dtudes de cas | Cadre de relvement post-Inondations au Sngal | Juillet 2014 4

    Les mesures prioritaires identifies dans le rapport incluent:

    1. la prparation dun plan directeur de gestion des eaux pluviales en tant quoutil de planification des interventions spatiotemporelles;

    2. la mise en place dun rseau dvacuation des eaux pluviales dans les zones prioritaires de la priphrie de Dakar; et

    3. lappui la prvention et lattnuation des catastrophes grce a) un plan damnagement urbain adquat et une cartographie des risques dinondation, b) au renforcement du mcanisme de gestion des risques dino dation et c) des efforts soutenus de sensibilisation et dducation des communauts affectes.

    Suite cette valuation, lEtat du Sngal a labor un projet de Gestion des Eaux Pluvialeset dadaptation au changement climatique (PROGEP), avec lappui de la Banque mondiale. Ce projet (que nous verrons plus loin en dtails) a pour objectif daccompagner la mise en uvre des mesures prioritaires du PDNA.8

    Les inondations de 2012En 2012, le bilan du Plan National dOrganisation des Secours (Plan ORSEC) de lutte contre les inondations (activ aprs les fortes pluies du 26 aot) faisait tat de 26 dcs lis aux inondations, 264000 personnes sinistres et 7737 habitations affectes.9 En outre, ces inondations ont provoqu le dplacement de plus de 5000 familles (dont plus de 50% proviennent des rgions de Dakar et de Matam) et entran la contamination de 7700 sources deau potable.10

    Suite ces inondations qui ont affect la plupart des villes du pays, le Gouvernement du Sngal a pris des mesures fortes dont ladoption dun Programme Dcennal de Gestion des Inondations (PDGI) en 2012. Le cout de ce programme est valu plus de 700 milliards de FCFA (1.4 billion USD) en 2014.

    8 Document dEvaluation de Projet, PROGEP, Banque Mondiale, Fvrier 2012.9 Mare Lo, Septembre 2013, Consultation Nationale sur le Cadre dAction Post 2015 pour la rduction des risques de catastrophes, UNISDR, CAH,

    Septembre 2013.10 Notes de synthse sur limpact des inondations en Afrique de lOuest et du Centre, UNOCHA, 15 Septembre 2012.

    LA POLITIQUE DE PRVENTION DES INONDATIONS ET DE RELVEMENT/RECONSTRUCTION

    POLITIQUE DE RELVEMENT

    Afin daider les populations touches par des catastrophes retrouver leurs conditions de vie antrieures et mieux se prparer amortir les effets de celles ci, les gouvernements dveloppent une politique dite de relvement. Cette dernire reconnait que la catastrophe est par dfinition un grave bouleversement dans la vie quotidienne qui ncessite des interventions spcifiques et exceptionnelles qui vont bien au del des actions de secours durgence. Cela ncessite, en effet, que le gouvernement, les communauts et les diffrents acteurs de la socit civile puissent disposer dun cadre tabli et reconnu de tous dans lequel sinscrivent des oprations de relvement et de reconstruction mener aprs une catastrophe. Ce cadre permet de dfinir les besoins de relvement ainsi que les responsabilits de chaque partie prenante. Il permet ainsi dviter les actions ponctuelles et isoles et de favoriser dune part une bonne coordination des efforts et dautre part une utilisation efficace des ressources.

    Figure 1: Les Phases Oprationnelles post catastrophe

    Cette phase de relvement doit surtout permettre de faire le lien entre les mesures durgence et les actions de dveloppement moyen et long terme. Elle doit aussi assurer la mise en place de mesures concrtes de prvention des risques qui assurent une gestion durable et efficace des causes et effets des catastrophes. Le schma au-dessus illustre les diffrentes phases oprationnelles post catastrophe et permet de visualiser leurs chevauchements dans le temps.

    TempsPhase 1 Phase 2 Phase 3

    Phase de reconstruction

    Catastrophe... au dveloppement

    Phase de relvement

    Cadre de relvementoprationnel

    Phase des Secours

    /UrgenceHumanitaire

    vnmentnaturel

  • 5 Sngal: Inondations urbaines Le Relvement et la Reconstruction partier de 2009. Srie dtudes de cas | Cadre de relvement post-Inondations au Sngal | Juillet 2014 6

    Au Sngal, les politiques de relvement et de reconstruction sont difficilement dissociables. Lexprience a montr que les seules stratgies post catastrophe qui permettaient rellement aux populations de se relever des impacts successifs des inondations taient celles sapparentant des activits de reconstruction (construction douvrages de drainage, restructuration de zones inondables, relogement de populations, etc.) Les inondations se sont succdes depuis plus dune quinzaine dannes sans que les gouvernements successifs ne soient parvenus aider les populations retrouver leurs moyens de vie. Aussi, les phases de relvement au Sngal concident elles souvent avec celles de la reconstruction qui apportent des solutions concrtes aux populations.

    LA POLITIQUE AVANT 2009Face aux inondations rcurrentes dans la plupart des villes du pays et surtout dans la rgion de Dakar, les autorits tatiques ont senti limprieuse ncessit dy apporter une solution. Durant les premires annes, cette solution a consist en une gestion des urgences menes travers des oprations de pompage post inondation dans les quartiers affects et le relogement temporaire des populations sinistres dans des btiments publics tels que les coles. Cette stratgie avait linconvnient dtre trs coteuse (cot du carburant et de la maintenance du matriel de pompage, cot relatif la prise en charge des quipes de terrain et des personnes reloges, cots lis la rfection des btiments ayant servi au relogement temporaire) et de ne pas tre durable puisque les mmes actions taient reproduites chaque anne sur les mmes sites engendrant dnormes pertes financires et des dpenses imprvues obligeant la rorganisation du budget de lEtat.

    Le Projet de Construction de Logements Sociaux11 et de Lutte contre les Inondations et les Bidonvilles a t cr en 2006 par arrt interministriel n 003409 du 31 mai 2006. Le projet fut charg de la mise en uvre de deux composantes: le Plan Jaxaay et le Programme Une Famille Un toit. Il tait tabli au sein du Ministre du Patrimoine Bti, de lHabitat et de la Construction, suite la dissolution de lAgence Nationale de Lutte contre les Inondations et les Bidonvilles (ANLIB). Le plan Jaxaay dvelopp par le Gouvernement de 2006 2012 avait pour objectifs la construction de logements pour les sinistrs des inondations ainsi que la construction douvrages hydrauliques de drainage faisant souvent appel au systme de pompage durgence. Ledit plan a permis de construire plus de 3000 logements Dakar et dans dautres rgions du pays et des bassins de rtention qui sont exploits dans le cadre du PROGEP avec le dveloppement dun systme de drainage dominante gravitaire.

    Les inondations de 2009 semblent marquer un nouveau dpart avec trois tapes qui ont permis au gouvernement du Sngal de sengager vers une politique de relvement et de gestion durable des inondations. Ces trois tapes sont:

    1. Lvaluation des dommages, pertes et besoins post catastrophe (PDNA) de 2009;

    2. Le Projet de Gestion des Eaux Pluviales et dadaptation au changement climatique (PROGEP);

    3. Le Programme Dcennal de Gestion des Inondations (PDGI 2012-2022).

    11 Logement social: le principe du logement social au Sngal est que les populations des zones inondables sont dplaces et reloges dans des maisons construites et subventionnes par lEtat. Ces populations deviennent propritaires de leur logement aprs stre acquitt dune somme modre. reprsentant 15% du montant de la maison, somme remboursable sur plusieurs annes.

    LE PROJET DE GESTION DES EAUX PLUVIALES ET DADAPTATION AU CHANGEMENT CLIMATIQUE (PROGEP)

    1. Lvaluation des dommages, pertes et besoins post catastrophe de 2009Cette valuation des besoins post inondation (PDNA)12 a permis davoir pour la premire fois au Sngal dune part une estimation conomique dtaille et multisectorielle des impacts ngatifs des inondations et dautre part une valuation des besoins de relvement et de reconstruction. Cette valuation a permis destimer les cots en besoins prioritaires pour le relvement et la reconstruction principalement Dakar, plus de 204,5 millions USD, dont 40,7 millions pour les actions de relvement et rhabilitation et 163,8 millions pour la reconstruction et la rduction des risques et catastrophes.

    Cet exercice dvaluation aura surtout permis de runir les acteurs sectoriels autour de la rflexion pour une solution durable ces inondations rcurrentes qui a abouti lidentification dun plan daction stratgique de relvement et de reconstruction pour les court, moyen et long termes. Lvaluation des besoins a concern les diffrents secteurs dintervention prioritaires que sont la protection sociale, es infrastructures, les services sociaux de base et les activits productives.13 LEtat du Sngal a alors labor un projet de Gestion des Eaux Pluviales et dadaptation au changement climatique (PROGEP) avec lappui de la Banque mondiale pour prendre en charge les recommandations prioritaires issues du PDNA.

    2. Le Projet de Gestion des Eaux pluviales et dadaptation au changement climatiqueEn Aout 2010, le Gouvernement de la Rpublique du Sngal dcide de la prparation dun projet de dveloppement urbain dnomm Projet de Gestion des Eaux Pluvialeset dadaptation au changement climatique (PROGEP), avec lappui de la Banque mondiale. Le PROGEP qui dcoule directement du plan daction du PDNA vise rduire les inondations par une approche intgre et durable. Sa mise en uvre saccompagne de mesures prioritaires telles que: 1) la prparation dun Plan Directeur de Drainage (PDD) des eaux pluviales en tant quoutil de planification des interventions spatiotemporelles des ouvrages de drainage; 2) la construction de rseaux dvacuation des eaux pluviales dans des zones prioritaires de la priphrie de Dakar; et 3) lappui lintgration de la dimension risque dans la planification urbaine et les amnagements urbains; la cartographie des risques dinondation et leur prise en compte dans les Plans dUrbanisme de Dtails (PUD); 4) le dveloppement de Systme dInformation Gographique (SIG) ax sur la prvention des inondations; 5) lengagement des communauts dans la rduction des risques dinondation et ladaptation au changement climatique via des campagnes dInformation Education Communication et dappui au dveloppement de microprojets de rduction des risques par les communauts, au niveau local.

    LAgence de Dveloppement Municipal (ADM) a t dsigne par le Gouvernement pour sa prparation et sa mise en uvre. Le PROGEP a t officiellement mis en vigueur en novembre 2012, mais des activits telles que la prparation du Plan Directeur de Drainage de la zone priurbaine de Dakar et la prparation des tudes techniques de drainage ont dbut en 2011. Le projet, dont la dure est prvue pour 5 ans (2013-2017), est financ hauteur de 72,9 millions USD dont 55,6 millions USD provenant de lAssociation Internationale de Dveloppement (IDA Banque Mondiale) 10,6 millions USD du Gouvernement du Sngal,

    12 Le PDNA conduit en 2009 conjointement par le Gouvernement du Sngal, les partenaires techniques et financiers ainsi que les organisations non gouvernementales (ONGs) a t financ par la Facilit Mondiale pour la Prvention des Risques de Catastrophes et le Relvement (GFDRR) de la Banque mondiale.

    13 Les secteurs concerns pour la protection sociale sont: la sant, la scurit alimentaire, lducation et le logement; pour le domaine des infrastructures et services de base: le transport et la voierie urbaine, lnergie, leau, lassainissement et la gestion des dchets solides et les infrastructures urbaines communautaires. Pour les activits productives, ce sont le commerce, lindustrie et le secteur informel et lagriculture. Pour chaque plan daction, les thmes transversaux de lenvironnement, du genre et de la protection des groupes vulnrables ont t pris en compte. PDNA, Juin 2010.

  • 7 Sngal: Inondations urbaines Le Relvement et la Reconstruction partier de 2009. Srie dtudes de cas | Cadre de relvement post-Inondations au Sngal | Juillet 2014 8

    4,1 millions USD du Fonds Nordique de Dveloppement (FND) et 2,6 millions USD de lADM. Des requtes de financements complmentaires ont t inities auprs de la Banque mondiale, la BID et la BAD.14

    LE RELVEMENT POST INONDATIONS DE 2012 ET LE LANCEMENT DU PROGRAMME DCENNAL DE GESTION DES INONDATIONS (PDGI)Suite aux inondations daot 2012, le gouvernement du Sngal sest engag renforcer de manire significative sa politique de relvement post inondation. Lengagement politique fort ainsi que les actions cls qui en ont dcoules et qui ont permis de lancer le Programme dcennal de Gestion des Inondations sont dcrites ci dessous.

    1. Dix dcisions stratgiques face aux inondationsA lissue du Conseil Prsidentiel du 19 Septembre 2012 et tirant les conclusions et recommandations de la runion laquelle ont pris part toutes les catgories dacteurs impliqus dans la gestion des inondations ainsi que les Partenaires Techniques et Financiers, le Prsident de la Rpublique a pris dix dcisions stratgiques allant dans le sens de lradication progressive et dfinitive des inondations rcurrentes au Sngal. Les dix commandements noncs dans le rapport du Conseil pour construire la rsilience face aux inondations sont:

    1. Mettre en place un programme spcial sur 10 ans: le Prsident de la Rpublique a valid le Programme Dcennal de Gestion des Inondations compos de trois phases (une phase durgence: 2012-2013, une phase court terme 2014-2016 et une phase de moyen et long terme 2017-2022);

    2. Mettre en place des ressources financires suffisantes: le Prsident de la Rpublique a valid le budget de la phase durgence 2012-2013 qui slve 66 milliards de FCFA et a demand de raliser des tudes plus approfondies afin dvaluer de manire plus prcise le budget global de tout le programme estim 766 milliards de FCFA;

    3. Mobiliser des fonds pour la phase durgence dans le budget 2013: cette directive enjoint au gouvernement dintgrer le budget de la phase durgence dans la Loi de Finances 2013, en invitant les partenaires au dveloppement dj impliqus apporter leur contribution au financement de cette phase durgence, en particulier pour la construction de canalisations pour le drainage des eaux pluviales;

    4. Organiser une table ronde des bailleurs de fonds: le Prsident de la Rpublique a demand au Ministre de lEconomie et des Finances dorganiser une confrence des bailleurs de fonds pour le financement du Programme Dcennal de Gestion des Inondations 2012-2022;

    5. Actualiser le Plan National dAmnagement du Territoire: le Prsident de la Rpublique a demand au Gouvernement de prendre les dispositions ncessaires pour lactualisation et la validation du Plan National dAmnagement du Territoire avant lhivernage 2013;

    6. Finaliser les Plans Directeurs dUrbanisme des localits: le Gouvernement devra finaliser et valider au plus tard en juin 2013 les Plans Directeurs dUrbanisme en prparation concernant les 12 communes et communauts rurales prioritaires et mettre en cohrence les Plans Directeurs dAssainissement avec les Plans Directeurs dUrbanisme;

    14 Sources: 1. Prsentation Gnrale du PROGEP (PP), Atelier de coordination et de mise en cohrence des actions de lEtat dans la gestion des inondations, 27 mars 2013; 2. Banque Mondiale, Document dvaluation de projet du PROGEP, Fvrier 2012.

    7. Impliquer plus troitement les collectivits locales: le Prsident de la Rpublique a demand une implication plus importante et plus efficace des collectivits locales qui devront tre les partenaires privilgis du Gouvernement dans la mise en uvre du Programme Dcennal de Gestion des Inondations;

    8. Redynamiser la politique dhabitat social: le Prsident de la Rpublique a demand au Gouvernement de redynamiser la politique dhabitat social, notamment par une implication plus importante du secteur priv national, de la Caisse de Dpt et de Consignation, de la Caisse de Scurit Sociale et de lInstitution de Prvoyance Retraite du Sngal;

    9. Mettre en place un Observatoire national sur les inondations: le Prsident de la Rpublique a recommand la mise en place dun Observatoire national sur les inondations, pour assurer un rle de suivi et de veille sur ce phnomne, en y associant les lus locaux, les universitaires et les experts;

    10. Mettre en place un mcanisme de coordination interministrielle: le Prsident de la Rpublique a enfin demand Monsieur le Premier Ministre de mettre en place, sous la tutelle de la Primature, avant la mi novembre 2012, une structure interministrielle de coordination des interventions relatives au phnomne des inondations.15

    A ces 10 actions stratgiques issues du Conseil Prsidentiel sur les inondations du 19 Septembre 2012 sajoute une autre dcision forte, preuve de lengagement affirm du gouvernement faire de la gestion des inondations une priorit nationale: la cration du Ministre de la Restructuration et de lAmnagement des Zones dInondation (MRAZI) en novembre 2012, le premier ministre dans lhistoire du Sngal exclusivement ddi la lutte contre les inondations.

    On notera galement la suppression du Snat du Sngal dcide en 2012 par le Prsident de la Rpublique en vue de rallouer les fonds de cette institution au financement du PDGI.

    La Table ronde des bailleurs de dcembre 2012Une table ronde des bailleurs de fonds sest tenu en dcembre 2012 pour la mobilisation du financement de la phase durgence du Programme Dcennal de Gestion des Inondations (PDGI), ainsi que dautres programmes prioritaires du gouvernement tels que les Programmes de gestion intgre des ressources en eau et daccs leau potable et lassainissement (PAGIRE, PEPAM et Plan Directeur dAssainissement de Ziguinchor). A lissue de la runion, le Ministre de lEconomie et des Finances a annonc lacquisition du financement dun montant de 66,375 milliards FCFA pour la phase durgence du Programme dcennal de gestion des inondations (PDGI 2012 2013), sur lequel lEtat du Sngal a pu contribuer hauteur de 17 milliards FCFA. Pour la priode triennale 2014 2016, le Sngal a prvu des investissements dun montant de 112,736 milliards FCFA dont 85,703 milliards FCFA (76%) sont acquis et le restant (24%) tant en ngociation avec la Banque Africaine de Dveloppement (BAD) pour la mise en uvre du Projet Sectoriel Eau Assainissement.

    15 Mare Lo, Consultation Nationale sur le Cadre dAction Post 2015 pour la rduction des risques de catastrophes, UNISDR, CAH, Septembre 2013.

  • 9 Sngal: Inondations urbaines Le Relvement et la Reconstruction partier de 2009. Srie dtudes de cas | Cadre de relvement post-Inondations au Sngal | Juillet 2014 10

    Les autres structures consultatives sont:

    une Cellule Nationale de Prvention et de Lutte contre les Inondations prside par le Ministre de lIntrieur mise en place par dcret n20041153 du 18 aot 2004 modifiant le dcret n 2003 685 du 13 novembre 2003.

    une Commission Nationale de Prvention, de Supervision et de Suivi de la Lutte contre les Inondations mise en place en 2007 sous lautorit du Premier Ministre pour renforcer la gestion des inondations.

    On note surtout que des structures consultatives sont cres sans que dautres prexistantes et supposant avoir le mme mandat ne soient dissoutes, ce qui multiplie la complexit et le manque de clart dans le montage institutionnel de la politique de gestion des risques et notamment des inondations.

    Le niveau excutifLe niveau excutif rpond la ncessit de disposer de structures oprationnelles charges de lexcution des politiques de lEtat en matire de rduction des risques de catastrophe (RRC) et de la mise en cohrence des interventions. En ce qui concerne la prparation, rponse aux catastrophes et le relvement, la Direction de la Protection Civile du Ministre de lIntrieur coordonne le Comit de gestion des moyens du Plan National dOrganisation des Secours (ORSEC)qui est responsable du soutien logistique de lEtat major, des groupes oprationnels et des cellules dappui.18 Elle peut procder la rquisition de moyens nationaux privs,19 selon les procdures rglementaires en vigueur.20

    La Brigade Nationale des Sapeurs Pompiers (BNSP) issue du mme ministre est un des bras oprationnels de la rponse durgence.

    Le Plan National dOrganisation des Secours (ORSEC) est loutil de gestion des crises et catastrophes au Sngal. Adopt en prvision dvnements graves susceptibles de mettre en pril de nombreuses vies humaines, cest un cadre dorganisation permettant dtablir lavance la mise en uvre rapide et efficace de lensemble des moyens de secours publics et privs disponibles. Le Ministre de lIntrieur fixe par arrt les modalits de dclenchement, de mise en uvre et de leve du Plan National ORSEC.21 Ce Plan comprend (i) un Etat major de commandement, (ii) des groupes oprationnels et (iii) des cellules dappui susmentionns.22 Le plan ORSEC a t dclench plusieurs fois depuis les annes 2000 pour faire face des catastrophes rcurrentes comme les inondations.

    En juin 2010, un Plan daction durgence pour loptimisation du systme de pompage et dvacuation des eaux pluviales au profit des oprations du plan ORSEC est labor par la Direction de la Protection Civile (DPC) avec lappui de lAgence de Dveloppement Municipal (ADM) grce aux fonds du Programme de Renforcement et dEquipement des Collectivits Locales (PRECOL). Ce plan a permis, sur la base dune tude de levs topographiques et des bassins versants, doptimiser le dispositif de pompage durgence mis en place dans la banlieue de Dakar.

    La cration du Ministre de la Restructuration et de lAmnagement des Zones dInondation (MRAZI) en 2012 avait comme objectif principal la promotion dune gestion cohrente et priorise, base sur une approche de mobilisation optimise des acteurs et dlaboration conjointe dune vritable stratgie de gestion du risque dinondations avec tous les acteurs impliqus. Aussi, le rle du Ministre en charge des inondations (MRAZI) est danimer le processus de gestion et de prvention des inondations, de fdrer les acteurs concerns autour dune dynamique de rduction des consquences ngatives des inondations sur le territoire et de coordonner

    18 Decret N 99 172 du 04 Mars 1999.19 Arrete N 04387/M.MT/DPC du 22 Juin 1999.20 Il peut galement sadjoindre toute personne ou institution dont le soutien lui parait ncessaire.21 Arrete N 4386/MINT/DPC du 04 Juin 1999.22 DRM, Country Note, Dcembre 2009.

    LE CADRE INSTITUTIONNEL ET JURIDIQUE DE GESTION DES INONDATIONS ET DU RELVEMENT AU SNGAL

    La Gestion des Risques de Catastrophe (GRC) est une priorit dclare du Gouvernement sngalais qui multiplie depuis quelques annes les efforts pour sa promotion dans les politiques nationales de dveloppement. Ces efforts comprennent notamment la signature du Cadre dAction de Hyogo (CAH),16 lintgration de la GRC comme axe prioritaire de la Stratgie Nationale de Dveloppement du Sngal (SNDS) et ladoption en 2011 dun Programme National de Rduction des Risques de Catastrophes destin renforcer les capacits nationales dans tous les domaines de la GRC.

    LE CADRE INSTITUTIONNELLe cadre institutionnel a volu travers les annes au gr des politiques et stratgies prioritaires dveloppes par le gouvernement. Ce cadre est compos de plusieurs structures aux statuts trs diversifis mais quelquefois aussi redondants rparties selon deux niveaux dintervention: le niveau consultatif et le niveau excutif.17

    Le niveau consultatifLe niveau consultatif est le lieu de concertation, de dialogue, de partage et de participation de tous les acteurs et partenaires en matire de gestion des risques et catastrophes (GRC). Il est caractris par la coexistence de cadres dchange dimension transversale et sectorielle. Par exemple, la Commission Suprieure de la Protection Civile (CSPC) est charge de conseiller le Ministre de lIntrieur sur toutes les questions de protection civile et de contribuer la coordination des activits sectorielles de prvention des catastrophes et dorganisation des secours. Il existe aussi la Plateforme Nationale pour la Rduction des Risques Majeurs de Catastrophe (PNRRMC) mise en place en 2008 par dcret prsidentiel, en application des recommandations du Cadre dAction de Hygo. La CSPC et la PNRRMC ont des rles similaires au niveau consultatif. Le PNRRMC cr plus rcemment que la CSPC prouve des difficults de fonctionnement que le projet de Gestion des Risques et Catastrophes et dAdaptation au Changement Climatique tente de solutionner travers des activits de redynamisation. La CSPC semble quant elle ne plus tre en activit.

    16 Cadre dAction de Hyogo (2005 2015): pour des nations et collectivits rsilientes face aux catastrophes: adopt par 168 Etats lors de la Confrence Mondiale pour la Rduction des Catastrophes qui sest tenue Kobe au Japon les 18 22 janvier 2005. Le CAH comporte 5 priorits daction et des objectifs dans les domaines de la prvention (incluant linformation/la sensibilisation/la formation), de la prparation, de la rponse aux catastrophes atteindre par chaque Etat signataire dici 2015.

    17 Michel Seck, Revue du cadre institutionnel de la GRC au Sngal, Juillet 2013.

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    la mise en uvre des programmes dactions qui dcoulent de la stratgie nationale.23 Le Comit National de Lutte contre les Inondations (CNLI)cr suite aux inondations de 2009 sous lgide du Ministre de lHabitat et de la Construction et rattach au Ministre de lHydraulique et de lAssainissement en 2012est plac depuis 2013, sous la coordination du Ministre en charge des inondations (MRAZI), sachant que les interventions en matire de lutte contre les inondations sont aussi supervises par la Primature travers des rencontres priodiques qui deviennent de plus en plus frquentes avec lapproche de lhivernage. Ces runions prsides par le Premier ministre ont t organises de manire hebdomadaire de janvier 2013 septembre 2013 pour suivre les progrs dans la mise en uvre du programme dcennal.

    Depuis la cration du MRAZI en 2012, le Programme de Construction de Logements Sociaux et de Lutte contre les Bidonvilles (PCLSLB) a t plac au sein de ce ministre et sest engag dans la finalisation des activits du plan Jaxaay ( Keur Massar) et la construction de 2000 logements qui sont en cours de ralisation sur une superficie de 68 ha Tivaouane Peul (39 ha devant accueillir 1200 logements) et Niaga (29 ha qui accueilleront 800 logements), dans le dpartement de Rufisque (rgion de Dakar). A la date du 13 mars 2014, le taux dexcution du projet de construction de 2000 logements sociaux tait de 86 pourcent.24 Le MRAZI a en outre en projet la cration de lOffice National de Prvention des Inondations (ONPI) qui aurait dans ses attributions la coordination de la gestion des rseaux de drainage des eaux pluviales. Le projet de Dcret de cration de lOffice est dans le circuit dapprobation administrative.

    Le Ministre de lHydraulique et de lAssainissement (MHA) tend aussi jouer un rle prpondrant dans la politique de lutte contre les inondations.

    LOffice National dAssainissement du Sngal (ONAS) et la Direction de lAssainissement (DA) sont sollicits dans la mise en uvre des projets de construction, rhabilitation et dans lexploitation et la maintenance des ouvrages de drainage. A noter quune dynamique de mise en place dun cadre institutionnel et de viabilit financire est en cours sous limpulsion de ces deux structures et avec lappui technique et financier du PROGEP, de lUE et la BAD.

    Le Ministre de lUrbanisme et de lHabitat (MUH) a la prrogative en matire de planification urbaine (PDU, PUD) et de contrle de loccupation des sols. Vu que lurbanisation incontrle est lune des causes principales des inondations urbaines au Sngal, ce ministre intervient aussi dans la politique de lutte contre les inondations.

    Pour faire face aux besoins spcifiques de prise en charge de certains types de risques et catastrophes, plusieurs structures spcialisessont responsabilises par lEtat: le Commissariat pour la Scurit alimentaire (CSA), lANAC et ANAMS fusionnes en une seule agence dornavant nomme ANACIM pour les aspects lis la scurit aroportuaire et la mtorologie et lARSN pour la radioprotection et la scurit nuclaire ou encore la HASSMAR cre suite au naufrage du bateau le Joola en 2000 pour prendre en charge les questions de scurit maritime.

    Dautres structures parapubliques ou prives comme la SENELEC, la SONES, la SDE, le Port Autonome de Dakar, les ICS, la SAR, la HAALSS, lAGEROUTE, lAPIX, la Nouvelle Prvention Routire, le CETUD sont des acteurs centraux non ngligeables de la RRC qui grent des domaines fort potentiel de risques stratgiques tels que leau ou lnergie.

    Au niveau dconcentr et dcentralis, on note lexistence des Commissions Rgionales et auxiliaires de la Protection civile, respectivement prsides par les Gouverneurs de rgion et les Prfets de Dpartement.

    La socit civile reprsente notamment par les associations de femmes, de jeunes, et de lutte contre les inondations, ainsi que les ONGs, sinvestit dans le plaidoyer, le montage et laccompagnement dinitiatives

    23 Prsentation du MRAZI latelier de consultation des acteurs du 17 Fvrier 2014.24 MRAZI.

    lchelle locale pendant les phases de crise et de relvement. Ces acteurs sont aussi souvent consults dans la planification et la mise en uvre de projets de plus grande envergure.

    Enfin les collectivits locales sont par excellence les acteurs dcentraliss du cadre excutif de la RRC y compris des inondations. Toutefois, leurs capacits en ressources humaines, financires et logistiques sont trs limites et les empchent de remplir convenablement leurs missions de prvention et de planification.

    Ce cadre institutionnel est articul un mcanisme oprationnel bti autour de plusieurs plans dintervention durgence, doutils de formation et de sensibilisation sur les risques et de dispositifs de financement de crise.

    Au plan oprationnel, subsistent des conflits de comptence et de positionnement favoriss par la similitude des missions confres aux uns et aux autres en matire de rduction des risques et de gestion des catastrophes. Il en dcoule des interventions disperses et concurrentielles renchries par labsence de cadres de travail partags qui favoriseraient une meilleure organisation des activits axe sur la complmentarit et les avantages comparatifs.25 On note aussi une tendance un isolement du cadre de Gestion des inondations qui ddouble les mcanismes au lieu de sarrimer ceux mis en place dans le cadre de la Gestion commune des Risques de catastrophes (plateforme nationale de RRC, systme dalerte prcoce, plan national durgence etc.)

    LE CADRE JURIDIQUELe cadre juridique devant soutenir la politique de Gestion des Risques et Catastrophes au Sngal mrite dtre clarifi et renforc autant que celle de la gestion des inondations, et ce, mme si la cration dun Ministre exclusivement ddi la gestion et coordination des activits lies aux inondations a permis damliorer la coordination. Cela dit, les rles et responsabilits des divers acteurs, surtout des directions des autres ministres doivent tre mieux clarifis dans la politique de gestion des inondations du gouvernement.

    Le cadre de GRC quant lui nexiste que sous forme de textes de loi, dcrets et arrts, disparates, pris en charge au niveau sectoriel sans spcification claire des connexions avec les objectifs de GRC (voire la politique de GRC) et dont les plus anciens datent de 1964. Larchitecture juridique est caractrise par une abondance de textes, mais la plupart sont mconnus et pas appliqus ou obsoltes. De plus, elle reste muette sur certains aspects. En effet, des lacunes sont principalement notes dans la lgislation en matire doccupation des sols, de transport et de lutilisation de matires dangereuses, de prise en charge de certains risques comme les inondations, de prparation, rponse, rhabilitation et reconstruction post catastrophe.

    Do la pertinence dune des principales recommandations issues de lvaluation des plateformes nationales de RRC conduite sous lgide du PNUD en mai 2008,26 allant dans le sens de ladoption dun texte juridique portant Stratgie de prvention et de gestion des risques. En effet, en labsence de texte contraignant, lempitement de comptences de certains ministres sectoriels cre beaucoup dinertie mme au niveau politique le plus lev. Lexistence dun cadre juridique permettrait ladoption de nouvelles lgislations, dinstruments de planification et la rvision des textes juridiques existants au niveau global.

    LES PARTENAIRES AU DVELOPPEMENTLa politique de gestion des inondations et celle plus globale de la RRC au Sngal a pour partenaire des acteurs de la coopration multilatrale tels que lUnion Europenne, la Banque mondiale, la Banque Islamique de Dveloppement, la Banque Africaine de Dveloppement, la Banque Europenne dInvestissement, les agences du Systme des Nations Unies (PNUD, FAO, PAM, UNOCHA UNICEF, FNUAP, OMS, etc.) et de la

    25 Mare Lo (Consultation Nationale sur le Cadre dAction Post 2015 pour la rduction des risques de catastrophes, UNISDR, CAH, Septembre 2013.26 Projet dAppui au Programme National de Gestion des Risques et Catastrophes (DPC PNUD). Analyse institutionnelle des Plates formes Nationales et des

    organes rfrents de la Rduction des Risques de Catastrophes Troisime partie: Synthse des leons acquises par Pays; Mai 2008.

  • 13 Sngal: Inondations urbaines Le Relvement et la Reconstruction partier de 2009. Srie dtudes de cas | Cadre de relvement post-Inondations au Sngal | Juillet 2014 14

    coopration bilatrale comme la France, le Japon, la Chine, la Sude, la Norvge, les Pays Bas, les Etats Unis et lEspagne qui appuient le gouvernement du Sngal, soit par des contributions ponctuelles lors des rponses durgence, soit par le financement de projet de renforcement de capacits.

    Les ONG impliques quant elles, interviennent surtout dans lappui la rponse durgence ou pour mettre en place des projets communautaires de rsilience. Il sagit principalement de Caritas, OxfamGB, World Vision Sngal, Plan International, Save the Children, Aid Transparency, Christian Relief Services, Action Contre la Faim, le Secours Islamique Franais, le Village denfants SOS, etc. La Croix Rouge Sngalaise (CRS) bnficie de lappui de plusieurs types de partenaires: USAID, DFID, SNU, Coopration Irlandaise, Croix Rouge Espagnole et Croix Rouge Japonaise. La CRS a notamment pu lancer un projet de renforcement de la rsilience des populations victimes des inondations de 2012 Sinthiou Garba dans la rgion de Matam, au Nord du Sngal sur un financement du PNUD. Ce projet vise rduire limpact des inondations de 2012 chez les mnages vulnrables, notamment dans les rgions les plus touches, savoir Matam, Kaffrine et Diourbel.27

    PLATEFORMES DE COORDINATION AVEC LES AGENCES INTERNATIONALESLa plateforme nationale de RRC en tant quorgane consultatif et de concertation des acteurs sectoriels en matire de gestion des risques de catastrophe y compris des inondations intgre les partenaires internationaux qui sont mis contribution dans la rflexion des stratgies et politiques de RRC. Elle est coordonne par la Primature et le Secrtariat est assur par la Direction de la Protection Civile (DPC). En pratique cette plateforme est reste peu oprationnelle depuis sa cration en 2008, ce qui fait que la coordination avec les partenaires internationaux se fait plus selon une approche par secteur de dveloppement que par souci de promotion de la RRC. Par exemple on note le rseau des partenaires au dveloppement dans divers domaines tels que lenvironnement, leau et lassainissement, la sant, lagriculture, etc. Les spcialistes des divers secteurs issus de ces agences internationales se runissent priodiquement dans le cadre de ces rseaux pour partager des expriences, des opinions sur la politique sectorielle du gouvernement et mettre des recommandations consolides lattention du gouvernement et de ses dmembrements ministriels.

    Il importe aussi de rappeler ici, comme dcrit dans le chapitre prcdent, que le Gouvernement du Sngal a organis une confrence appele table ronde des bailleurs en dcembre 2012 pour mobiliser des fonds pour le financement du PDGI.

    IMPLICATION DU SECTEUR PRIVLe niveau dimplication du secteur priv dans la politique de RRC au Sngal na pas t spcifiquement valu. Toutefois, on note que certains types de risques tels que les risques industriels majeurs et ceux lis au transport de matires dangereuses sont gnrs principalement par des activits du secteur priv. Paralllement lEtat est oblig de souvent recourir aux services du secteur priv pendant les phases durgence et de relvement, post inondation notamment, pour la fourniture soit de matriel et de services pour la rponse durgence, soit en phase de reconstruction pour la ralisation ou la rfection dinfrastructures telles que les rseaux de drainage, les routes, les coles, les centres de sant endommags, etc. Le secteur priv participe galement, linstar des citoyens sngalais du territoire national et de la diaspora, aux actions de solidarit nationale pendant les phases durgence. On constate toutefois que ces actions ne sont pas toujours bien coordonnes ni comptabilises et les informations sont rarement disponibles et exploitables.

    27 UNDP Senegal news on website, UNDP and Senegalese Red Cross strengthen resilience among flood victims in Sinthio Garba in 2012, May 23, 2013.

    AVANCES ET INNOVATIONS DE LA POLITIQUE DE PRVENTION DES INONDATIONS ET DU RELVEMENT

    ETAT DAVANCEMENT DE LA POLITIQUE DE GESTION DURABLE DES INONDATIONS INITIE EN SEPTEMBRE 2012Les actions prioritaires retenues suite au Conseil Prsidentiel du 19 Septembre 2012 ont t mises pour partie compltement ou partiellement mises en uvre selon la catgorie dactions. Les avances accomplies ce jour peuvent se rsumer dans le tableau suivant:

    Tableau 2: Etat davancement des actions prioritaires retenues par le Gouvernement en Septembre 2012

    Actions prioritaires du gouvernement valides lors du conseil prsidentiel du 19 Septembre 2012

    Etat de ralisation du plan dactions prioritaires en date du mois de fvrier 2014

    1. Mise en uvre dun programme spcial sur 10 ans Le Programme Dcennal de Gestion des Inondations (PDGI 2012-2022) a t adopt et est en cours de mise en uvre.

    2. Prparation dtudes techniques plus approfondies pour une meilleure prcision du budget global du pro-gramme dcennal pr estim 766 milliards de Francs CFA.

    Des tudes ont t faites dans le cadre du PROGEP et par lONAS qui ralisent les travaux de drainage. Des tudes complmentaires dvaluation du budget global du PDGI nont pas encore t ralises.

    3. Mobilisation des fonds durgence ncessaires pour le drainage des eaux pluviales.

    Le financement de la phase durgence a t mobilis en partie partir du budget de lEtat (Loi de Finances 2013).

    4. Organisation dune table ronde des bailleurs de fonds en dcembre 2012 pour la mobilisation du reliquat de financement du Programme Dcennal de Gestion des Inondations 2012-2022.

    Le financement de la phase durgence a t boucl en partie grce au financement budgtaire du gouvernement et lorganisation dune table ronde des bailleurs. LEtat continue depuis 2012 inscrire chaque anne entre 10 et 20 milliards FCFA (20 et 40 millions USD) dans son budget annuel pour le financement du PDGI.Le financement complmentaire du PDGI est encore recher-ch pour les projets des court, moyen et long termes.

    5. Actualisation du Plan national damnagement du terri-toire avant lhivernage de 2013. En cours.

  • 15 Sngal: Inondations urbaines Le Relvement et la Reconstruction partier de 2009. Srie dtudes de cas | Cadre de relvement post-Inondations au Sngal | Juillet 2014 16

    Tableau 3: Les phases du PDGI court, moyen et long termes28

    Phases du PDGIHorizon

    temporelMontant (en milliards de FCFA)

    Total 2012 2013

    Phase durgence 2013-2014 66375 5415 60960

    Amnagement du territoire 500 500

    Restructuration urbaine et relogement 17000 4000 13000

    Gestion des eaux pluviales 48875 1415 47460

    Total 2014 2015 2016

    Phase court terme 2014-2016 250604 75018 88225 87361

    Amnagement du territoire 2500 1000 750 750

    Restructuration urbaine et relogement 86301 21576 21576 43151

    Gestion des eaux pluviales 161801 52442 65899 43460

    Total 2017 2018 2019 2020 2021 2022

    Phase Moyen et Long Termes 2017-2022 450009 71494 81858 81954 69934 75684 69084

    Amnagement du territoire 2500 500 500 500 500 250 50

    Restructuration urbaine et relogement 380385 63398 63398 63397 63397 63397 63397

    Gestion des eaux pluviales 67124 7596 17961 18056 6036 12036 5436

    TOTAL GENERAL 2012-2022 766988 151927 231043 169315 69934 75684 69084

    Action 3 La mobilisation des fonds durgence ncessaires pour le drainage des eaux pluviales

    Le cot global du Plan durgence de lutte contre les inondations a t estim 66,375 milliards FCFA rpartis comme suit:

    Tableau 4: Cot global du Plan durgenceCot global (en milliards FCFA)

    Amnagement du territoire 500

    Gestion des eaux pluviales 48875

    GEP ONAS (30100)

    GEP Matrice dActions Prioritaires Banlieue (5150)

    Raffectation forages de Thiaroye SONES (6000)

    Matrice dActions Prioritaires GNSP/MINT (7625)

    Restructuration urbaine et relogement 17000

    Cot global 66 375

    28 Rpublique du Sngal, FAE, EAA, Document de base pour la Table ronde des bailleurs de fonds pour le financement de la phase durgence du Programme dcennal de Lutte contre les Inondations, des programmes de gestion intgre des ressources en eau et daccs leau potable et lassainissement, 2012.

    Actions prioritaires du gouvernement valides lors du conseil prsidentiel du 19 Septembre 2012

    Etat de ralisation du plan dactions prioritaires en date du mois de fvrier 2014

    6. Finalisation des Plans Directeurs dUrbanisme (PDU) des localits au plus tard en juin 2013 et mise en cohrence des Plans Directeurs dAssainissement avec les Plans Directeurs dUrbanisme.

    Des PDU sont en cours dlaborationdans certaines com-munes comme Pikine et Gudiawaye sous financement du PROGEP.Le Plan Directeur de Drainage des eaux pluviales de Pikine et Gudiawaye a t prpar et finalis depuis mai 2012 dans le cadre du PROGEP; celui du dpartement de Dakar actualis depuis 2013 par lONAS sur financement de la BEI et celui de Kaolack (PDD intgr eaux pluviales, eaux uses, dchets solides) depuis 2013 avec lappui de la JICA.19 autres Plans dassainissement des eaux uses dont cer-tains intgrent les eaux pluviales existent aussi en dehors de Dakar, dans les autres rgions.

    7. Implication des collectivits locales dans la mise en uvre du Programme Dcennal de Gestion des Inonda-tions.

    Le MRAZI a initi la tenue de fora communautaires et mis en place des observateurs locaux en 2013. Ces derniers sont dots de petits matriels dintervention durgence.

    8. Redynamisation de la politique dhabitat social avec une implication plus importante du secteur priv national, de la Caisse de Dpt et de Consignation, de la Caisse de Scurit Sociale et de lIPRES.

    La redynamisation de la politique dhabitat social (qui dpend du MUH) tarde dmarrer dans la mesure o le budget de financement ncessaire nest toujours pas disponible.

    9. Mise en place dun Observatoire national sur les inon-dations.

    En cours. Le projet de dcret crant lObservatoire a t transmis au Secrtariat Gnral du Gouvernement.

    110. Mise en place dun mcanisme de coordination interministrielle des interventions relatives aux inonda-tions sous la tutelle de la Primature, avant la mi novembre 2012.

    Runions priodiques coordonnes de manire rgulire par la Primature et par le Ministre en charge des inonda-tions (MRAZI).

    Les cinq actions 1, 3, 4, 8 et 10 sont dtailles dans les paragraphes suivants, les cinq autres ne pouvant tre prcises au moment de la rdaction de ce rapport.

    Action 1 La mise en uvre dun programme spcial sur 10 ans

    Afin de trouver une solution durable aux inondations, le Gouvernement du Sngal a mis en place le Programme Dcennal de Gestion des Inondations (PDGI) couvrant la priode 2012-2022 qui a t valid lissue du Conseil Prsidentiel tenu le 19 Septembre 2012. Ce programme dun cot global estim 767 milliards FCFA, est pilot par le Ministre en charge des inondations. Il vise mettre en uvre des solutions durables au flau rcurrent des inondations. Il comprend une phase durgence 2012-2013, une phase court terme 2014-2016 et une phase moyen et long termes 2017-2022 (cf. tableau 3 ci dessous).

    Ainsi, on peut dire que lautorit au plus haut niveau de la rpublique sest engage dans la recherche de solutions durables pour lutter contre les inondations et a initi une politique de rupture. Ce programme repose sur quatre volets principaux:

    1. le dplacement et la rinstallation des populations sinistres installes dans des bas fonds sur des zones amnages et quipes, offrant un meilleur cadre de vie;

    2. la ralisation dinfrastructures de drainage des eaux pluviales;

    3. la restructuration urbaine des zones et quartiers inonds;

    4. lamlioration de la politique damnagement du territoire et le dveloppement de nouveaux ples urbains.

  • 17 Sngal: Inondations urbaines Le Relvement et la Reconstruction partier de 2009. Srie dtudes de cas | Cadre de relvement post-Inondations au Sngal | Juillet 2014 18

    Le gouvernement est arriv mobiliser lessentiel du financement de la phase durgence qui a permis dengager des travaux de drainage ainsi que la construction de logements sociaux Dakar, Touba, Bambey et Matam sur fonds propres du gouvernement et grce la contribution de la Banque mondiale travers le PROGEP. Ces travaux prioritaires ont eu des impacts positifs pendant lhivernage 2013, ce qui prouve que les solutions de drainage envisages ont t efficaces. Le gouvernement a aussi inclus dans le budget annuel 2014 du Ministre en charge des inondations 11 milliards de FCFA (22 millions USD) additionnels pour le financement de travaux de drainage supplmentaires en perspective de lhivernage 2014.

    Action 4 L'organisation dune table ronde des bailleurs de fonds

    Ladite table ronde des bailleurs sest tenue le 12 dcembre 2012 avec le soutien financier de la Facilit Africaine de lEau (FAE). Cette runion a rassembl des membres du Gouvernement du Sngal avec les Partenaires Techniques et Financiers (PTF) suivants: lAgence franaise de dveloppement (AFD), la Banque africaine de dveloppement (BAD), la Banque islamique de dveloppement (BID), lUnion europenne (UE), la Banque mondiale, la Banque ouest africaine de dveloppement, la JICA et lUnion conomique et montaire ouest africaine (UEMOA) et diverses Reprsentations diplomatiques.29 Elle a permis de confirmer le financement i) par la BID de 17 milliards de FCFA (34 millions USD) pour principalement la construction de logements sociaux et ii) par la Banque mondiale pour la ralisation de travaux de drainage prvus dans le cadre de la phase durgence du PROGEP.

    Dans un message adress au gouvernement au cours de cette runion, les bailleurs ont tenu insister sur la ncessit de mettre en place un cadre institutionnel et de viabilit financire pour la prise en charge de lexploitation et de la maintenance des ouvrages de drainage financer vu quun tel mcanisme ntait pas oprationnel dans le pays et que les ouvrages financer devaient tre rgulirement entretenus pour continuer jouer efficacement leur fonction dvacuation des eaux vers la mer. Ces conditions fixes par les bailleurs pour lallocation de fonds supplmentaires au profit du programme ont t intgres par le Gouvernement qui svertue depuis 2012 avec laccompagnement du PROGEP mettre en place le cadre institutionnel ainsi que des fonds ddis lexploitation et la maintenance des ouvrages de drainage. Le mcanisme de mobilisation de fonds pour le financement de lensemble du programme na pas t clairement dfini et stabilis par le gouvernement, ce qui fait que le manque de financement, soit lessentiel du cot du programme estim plus de 700 milliards de FCFA (1,4 milliard USD) na toujours pas t combl. Le Gouvernement continue encore aujourdhui faire des efforts sur son budget propre pour financer des ouvrages et paralllement solliciter des bailleurs pour leur soutien financier au programme.

    La mise en uvre des rformes requises pour une durabilit des acquis devrait encourager les bailleurs allouer plus de fonds au secteur des eaux pluviales et de manire gnrale celui de la gestion des inondations. A noter par ailleurs que le gouvernement sest donn pour objectif de mettre en place un organe en charge de lopration et de la maintenance des ouvrages de drainage oprationnel dici fin 2015.

    Action 8 La redynamisation de la politique dhabitat social:

    La redynamisation de la politique dhabitat social a t confie au Ministre de lUrbanisme et de lHabitat (MUH) travers la construction de 5000 logements (via la SICAP et la SNHLM). Ces ralisations nont pas dbut parce que le budget ncessaire na pas t mis la disposition du MUH. Ce programme de construction de logements vient complter le programme de logements sociaux prsent dans le chapitre II prvu pour le relogement des populations vivant dans les zones de bas fonds irrmdiablement inondables. Ledit programme est directement excut par le Ministre en charge des inondations

    29 Birane Hady Ciss, Sngal-Assainissement. Lutte contre les inondations : le financement de la phase durgence boucl (ministre), Dakar, 13 dc 2012(APS).

    (MRAZI) qui a dj prvu la finalisation de 2000 logements pour les dplacs des inondations dici fin 2014. A noter aussi que lEtat du Sngal a pour projet de crer un ple urbain de dveloppement dans la zone de Diamniadio (40 km environ dans la priphrie de Dakar) qui devrait permettre de multiplier les opportunits de logements dans des zones pr amnages. Ce nouveau ple urbain permettrait aussi de dsengorger lactuelle zone urbanise de Dakar qui souffre de rels problmes lis une urbanisation non contrle qui est une des premires causes des inondations.

    Action 10 La mise en place dun mcanisme de coordination interministrielle

    Un mcanisme de coordination interministrielle avait t mis en place par le prcdent Premier Ministre qui avait institu un systme de runions de coordination hebdomadaires quil prsidait personnellement pour assurer le suivi de la mise en uvre des activits du programme dcennal de gestion des inondations. Le Ministre en charge des inondations coordonne dornavant les runions hebdomadaires de suivi de la mise en uvre du programme. Par ailleurs, la demande du Premier Ministre, des runions sont aussi organises par la Primature pour sassurer des avances du PDGI. Aussi, on peut dire que le mcanisme de coordination interministrielle existe mme si, du point de vue oprationnel, des efforts restent faire pour impliquer et responsabiliser tous les dpartements ministriels concerns par la problmatique des inondations.

    INNOVATIONS ORGANISATIONNELLES ET DVELOPPEMENT DU CADRE DE RELVEMENT

    Ministre de la Restructuration et de lAmnagement des Zones dInondationUne des plus grandes innovations sur le plan politique est la cration dun Ministre exclusivement ddi la gestion des inondations soit le Ministre de la Restructuration et de lAmnagement des Zones dInondation (MRAZI) en 2012. Sa cration devrait favoriser la coordination de tous les acteurs tant en soi une innovation au sein de ladministration.

    Le Programme Dcennal de Gestion des Inondations (PDGI)Le PDGI est aussi peru comme une grande innovation du gouvernement. Le cadre de relvement est principalement illustr travers la mise en uvre du PDGI qui inclut le Projet de Gestion des Eaux Pluvialeset dadaptation au changement climatique (PROGEP), un projet intgr, innovateur de gestion durable des inondations ainsi que les projets de construction de rseaux de drainage par lONAS.

    Dans son document dorientations stratgiques, le Ministre en charge des inondations (MRAZI) sest fix les objectifs prioritaires suivants mettre en uvre sous forme de Plan durgence 2013 2014:

    lidentification des zones dinondation critiques et le recensement de tous les sinistrs;

    le relogement des populations installes dans les zones dinondation librer dans lurgence (bas fonds, voies deau, lits des lacs et mares);

    llaboration dtudes de restructuration et damnagement des zones dinondation;

    la ralisation des ouvrages structurants et durables de drainage et de stockage des eaux pluviales dans les zones prioritaires.

    La figure ci dessous illustre ses objectifs, actions et calendrier. 30

    30 MRAZI, Politique de gestion des zones dinondation prsente au Groupe Consultatif, Club de Paris, fvrier 2014.

  • 19 Sngal: Inondations urbaines Le Relvement et la Reconstruction partier de 2009. Srie dtudes de cas | Cadre de relvement post-Inondations au Sngal | Juillet 2014 20

    Figure 2: Le Programme Dcennal de Gestion des Inondations

    Les autres objectifs stratgiques moyen et long termes du Programme dcennal pour la priode 2014 2022 sont:

    la meilleure connaissance et la matrise des zones dinondation;

    le relogement, la fin du programme dcennal, de lensemble des sinistrs actuels et potentiels installs dans les zones dinondation;

    la restructuration des zones dinondation habitat spontan sur lensemble du territoire national;

    la requalification et lamnagement des bas fonds librs pour leur intgration dans le paysage urbain;

    la ralisation des ouvrages structurants et durables de drainage et de stockage des eaux pluviales.

    Ces objectifs sont mis en uvre aujourdhui avec le concours du PROGEP excut par lADM et de lONAS.

    Le PROGEP excut par lAgence de Dveloppement Municipal (ADM) comprend quatre composantes:

    Composante A: Intgration du risque dinondation dans la planification urbaine (3,9 millions USD) subdivise en trois sous composantes: i) lamnagement et la gestion urbaine, ii) le renforcement des capacits institutionnelles des structures nationales (en particulier la DAU, DUA, DSCOS, DPC, ONAS etc.) et des municipalits de Pikine et de Gudiawaye et iii) le dveloppement dun programme intgr de gestion des eaux pluviales et dadaptation au changement climatique pour la zone priurbaine de Dakar ainsi que dune stratgie nationale de

    gestion intgre des eaux pluviales et dadaptation au changement climatique en milieu urbain de plus grande envergure.

    Composante B: Construction et gestion des ouvrages de drainage (55,8 millions USD) comprenant deux sous composantes: i) les investissements pour les infrastructures de drainage et ii) lexploitation et la maintenance des systmes de drainage.

    Composante C: Engagement des communauts dans la rduction du risque dinondation en milieu urbain et ladaptation au changement climatique (4,4 millions USD) comprenant deux sous composantes: i) Sensibilisation, communication et renforcement des capacits dadaptation des communauts aux inondations, et ii) Investissements communautaires de rduction des risques dinondations.

    Composante D: Coordination, gestion et suivi valuation du Projet (8,8 millions USD).

    Le projet prvoit sous sa composante B la construction de 28 km de canaux dvacuation des eaux pluviales jusqu la mer sur la base dun Plan Directeur de Drainage (PDD) des Dpartements de Pikine et de Gudiawaye. Ledit PDD sert aujourdhui de cadre dharmonisation des interventions dans la zone couverte de Pikine et Gudiawaye.

    Les travaux du PROGEP sont excuts en deux phases:

    phase 1: bassins de Dalifort et Thiourour

    phase 2: bassins de Yeumbeul Nord et Mbeubeuss

    La Phase 1 des travaux a t scinde en deux tranches de sorte permettre la ralisation dune tranche prioritaire de travaux de fvrier 2013 dcembre 2013. La deuxime tranche des travaux de cette premire phase a t dmarre depuis fvrier 2014.

    Les travaux durgence en cours de ralisation ont permis pendant lhivernage 2013 de librer des eaux 88 ha de zones habites dans les quartiers de Dalifort et Cheikh Sy (Yeumbeul sud) et de soulager plus de 18 500 habitants.

    Le PROGEP finance, en outre, les activits relatives la clarification du mcanisme institutionnel et de viabilit financire pour lexploitation et la maintenance des ouvrages de drainage lchelle nationale, lactualisation des Plan dUrbanisme de Dtails de Pikine et de Gudiawaye ainsi quune cartographie des zones inondables de ces zones, un Systme dinformation gographique (SIG) pour la prvention des inondations, la dfinition de normes de construction pour les zones inondables ai si que des petits projets communautaires axs sur la rduction des risques dinondation et ladaptation au changement climatique.

    Le cot total du PROGEP est de 72,9 millions USD avec une contribution de lIDA de 55,6 millions USD, du Fonds de Dveloppement Nordique de 3 millions EUR, et du Gouvernement de 13,2 millions USD. Le projet est mis en uvre par lAgence de Dveloppement Municipale et un Comit de Pilotage prsid par la Primature a t mise en place pour la prparation et la mise en uvre du projet, associant tous les acteurs cls.

    Les activits menes par LOffice National dAssainissement du Sngal (ONAS) dans le cadre du PDGI:LONAS intervient dans la ralisation, la gestion et la rhabilitation douvrages de drainage deaux pluviales dans les dpartements de Dakar, Pikine et Gudiawaye pour amliorer lvacuation des eaux pluviales. LOffice construit aussi des canaux de drainage dans les villes secondaires de Touba, Tambacounda, Nioro, Kolda et Fatick.

    Recensement Meilleure connaisance et matrise des zones dinondation

    LE PDGI EST UNE RPONSE ADAPTE, QUI TRAITE L'URGENCE ET CONSTRUIT LONG TERME

    Urgence Court Terme Moyen et Long Terme

    2013 2014-2016 2017-2022

    La connaissance pour la prvention et lefficacit

    Le relogement des populations sinistres

    La restructuration des zones inondables

    Lanticipation et la prvention des inondations

    Relogement durgence

    Restaurer un cadre de vie valorisant et scurisant par la construction de logements sociaux

    Etudes de restructuration

    Valorisation et requalification des zones inondables (cration demprise pour infrastructures et quipements), trame bleu, trame verte,...

    Drainage et stockage

    structurants

    Elaborer des documents de planification spatiale, realiser des ouvrages structurants et durables de drainage et de stockage des eaux pluviales dans les villes

  • 21 Sngal: Inondations urbaines Le Relvement et la Reconstruction partier de 2009. Srie dtudes de cas | Cadre de relvement post-Inondations au Sngal | Juillet 2014 22

    De manire plus dtaille, les principaux projets conduits par lONAS dans le cadre du PDGI sont les suivants:

    Construction douvrages de drainage des eaux pluviales dans les quartiers de CICES FOIRE et Yoff (exutoire en mer et dispensaire Philippe M. Senghor).

    Drainage des points bas sur la RN1 au niveau de la Patte DOie (ex Station ELTON).

    Construction douvrages de drainage des eaux pluviales dans la ville de Touba

    Construction douvrages de drainage des eaux pluviales dans la ville de Bambey

    Rhabilitation et renforcement des stations de pompage de Grand Yoff, Bourguiba et Zone de captage

    Curage et amnagement du bassin de la zone de captage

    Rhabilitation et renforcement du rseau et des stations de pompages existants et construction de nouvelles stations dans les rgions de This, Kaolack et Saint Louis.

    Travaux de rhabilitation et renforcement de stations Dakar et dlocalisation du Tableau Gnral Basse Tension (TGBT) de Cambrne

    En termes de rsultats atteints au mois de fvrier 2014 en matire de rduction des risques dinondation lchelle nationale, lONAS a russi mettre hors deau une superficie totale de 7639 ha et protger prs de 1460 000 personnes.31 En ce qui concerne les travaux relatifs au systme de drainage dans les zones dinondation, la longueur des canaux fonctionnels est passe de 310 km en 2013 334 km en fvrier 2014 et le nombre de stations de pompage de 44 67.

    Dans le cadre du plan directeur de drainage de Dakar, les niayes (dpressions inondables) ont fait lobjet dune attention particulire pour, en plus de la fonction de stockage des eaux de pluie, dvelopper les fonctions ludiques et rcratives de ces espaces. Cest ainsi que le long des axes de drainage et autour des niayes, une voierie pave sera amnage non seulement pour protger les ouvrages, mais pour faciliter aussi la mobilit dans ces zones. Par ailleurs, ces amnagements pourraient servir de bouclier contre la progression de lhabitat sur les niayes.

    MESURES DE SAUVEGARDE ENVIRONNEMENTALE ET SOCIALELexcution du PDGI saccompagne de la prise en charge de mesures de sauvegarde environnementale et sociale. Par exemple, dans le cadre du PROGEP, un Cadre de Politique de Rinstallation des Populations (CPRP) a t prpar conformment la Politique Oprationnelle PO/PB 4.12 de la Banque mondiale relative aux mesures de relogement/indemnisation. Le CPRP comprend des directives pour lindemnisation et les mesures daide la rinstallation, de mme que des dispositions relatives la concertation et la prise en charge des plaintes.

    Sur le plan environnemental, les instruments suivants ont t prpars et valids selon les procdures nationales sous lgide de la Direction de lEnvironnement et des Etablissements Classs (DEEC): un Cadre de Gestion Environnementale et Sociale (CGES) ainsi que des Etudes dImpact Environnemental et Social (EIES). Ces instruments permettent didentifier les impacts environnementaux et sociaux susceptibles dtre gnrs par les activits du projet et de dfinir un plan de mitigation drouler pendant lexcution du projet. Ces instruments de sauvegarde environnementale et sociale ont t examins et valids par les acteurs sectoriels. Ce processus se fait sous la coordination de la Direction de lEnvironnement qui a la prrogative de validation de ces types de documents ainsi que du contrle et du suivi de lapplication des mesures de sauvegarde environnementale et sociale prescrites dans

    31 Source: ONAS

    lesdits documents. Ces derniers ont fait lobjet de consultation auprs des communauts concernes et sont accessibles au public sur le site de lagence dexcution du PROGEP ou sur celui de la Banque mondiale via Infoshop.

    PLAN DE PARTICIPATION COMMUNAUTAIRELe PDGI intgre travers les activits du PROGEP des activits communautaires de rduction des risques dinondation. Celles ci sont dveloppes dans le cadre de la composante C dudit projet intitul Engagement des communauts dans la prvention des risques dinondation et ladaptation au changement climatique et prsent dans la section b) ci avant. Cette composante comprend des activits dinformation, ducation communication sur la prvention des risques auprs des communauts affectes. Elle inclut galement des initiatives communautaires contribuant lentretien des ouvrages de drainage et la prservation des zones inondables non constructibles. Cette dimension communautaire de la politique de prvention des inondations qui est exprimente dans le cadre du PROGEP pourrait tre largie toutes les autres zones, au moins, de travaux car limplication des communauts dans la lutte contre les inondations est le premier gage de russite et de durabilit des acquis dans ce type de programme.

    Le PDGI nintgre pas encore de plan stratgique spcifique pour la participation des communauts la mise en uvre du programme. Les collectivits locales ont t souvent convies pour changer avec le Ministre sur la problmatique de la gestion des inondations, mais sans cadre de partenariat formel tabli pour limplication des communauts la mise en uvre du PDGI. Doter le PDGI dune stratgie de participation communautaire qui capitaliserait, entre autres, les expriences des collectivits et des communauts en matire de lutte contre les inondations ainsi que les expriences issues de la composante communautaire du PROGEP serait sans doute une solution envisager pour sassurer que les populations participent activement latteinte des objectifs du PDGI y compris au maintien des ouvrages de drainage et la prservation des zones non aedificandi.

  • 23 Sngal: Inondations urbaines Le Relvement et la Reconstruction partier de 2009. Srie dtudes de cas | Cadre de relvement post-Inondations au Sngal | Juillet 2014 24

    LE FINANCEMENT DU RELVEMENT

    LENGAGEMENT DE LETAT ET DES PARTENAIRES TECHNIQUES ET FINANCIERSLEtat participe de manire consquente au financement du relvement post inondation et en premier lieu au financement du Programme Dcennal de Gestion des Inondations (PDGI) dont le budget est, nous lavons vu pour linstant, pris en charge, en grande partie, par le Gouvernement. Ces fonds qui financent des investissements de drainage, de relogement et des oprations durgence, font lobjet dune gestion centralise au niveau du Ministre en charge des inondations.

    Des partenaires techniques et financiers (PTF) ont allou des crdits lEtat du Sngal pour le financement de projets du PDGI, en loccurrence la Banque Mondiale (55,6 millions USD pour le PROGEP), la BID (38 millions USD environ pour le financement dhabitat social pour le relogement des populations dplaces), lAFD (19 millions USD pour la restructuration (eaux uses, eaux pluviales) du quartier inondable Pikine Irrgulier Sud) et la BEI (800000 EUR pour le financement de lactualisation du plan directeur dassainissement eaux uses, eaux pluviales du dpartement de Dakar et le plan directeur dassainissement des dpartements de Pikine et Guediawaye) . Des dons ont aussi t allous, en autres, par le Fonds Nordique de Dveloppement qui contribue hauteur de 3 millions EUR dans le financement du PROGEP, le GFDRR 1,1 million pour le financement du PGRC ACC, le PNUD qui a financ le PAPNGRC hauteur de 700000 USD en 2007, la JICA qui contribue aussi beaucoup en dons de matriels de rponse durgence au profit de la BNSP et de la DPC. La JICA a aussi financ le Plan Directeur Eaux pluviales Eaux uses dchets solides de la ville de Kaolack.

    Le financement des oprations de secours durgence et dassistance humanitaire est galement principalement fourni par lEtat. On note cependant un appui complmentaire sous forme daides et de contributions ponctuelles (en numraires, en nature, en matriels, etc.) des Partenaires techniques et financiers (Agences du Systme des Nations Unies, FICR et Croix Rouge Sngalaise, diffrentes reprsentations diplomatiques et ONGs, Banque Mondiale, Organisation Internationale de Protection Civile), des collectivits locales, du secteur priv, des citoyens sngalais.

    Les informations obtenues auprs de la Direction de la Coopration Economique et Financire (DCEF) font tat de labsence de disposition budgtaire a priori ddi aux oprations de secours durgence. Toutefois, en cas de catastrophe des rorientations budgtaires sont opres pour permettre le financement des secours durgence. Linconvnient avec ces procdures de rorientations budgtaires est que les fonds ncessaires la rponse durgence arrivent souvent avec un deux mois de dcalage par rapport au dbut de la catastrophe ce qui rduit lefficacit et la rapidit dans le secours aux populations comme ce fut le cas en 2012. La gestion des inondations en 2013 a t plus pro active puisque le MRAZI avait dj reu avant lhivernage 2013 une partie du budget devant servir financer la rponse durgence.

    Tableau 5: Partenaires techniques et financiers

    Partenaire technique et financier

    Secteur financMontant du financement

    Crdits Dons

    Banque mondiale (BM) PROGEP 55,6 millions USD

    Banque Islamique de Dveloppement (BID)

    Habitat social pour le relogement des populations dplaces 38 millions USD

    Agence Franaise de Dveloppement (AFD)

    Restructuration (eaux uses, eaux pluviales) du quartier inondable de Pikine Irrgulier Sud 19 millions USD

    Banque Europenne dInvestissement (BEI)

    Actualisation du Plan dassainissement eaux uses, eaux pluviales du Dpt. de Dakar 800 milles EUR

    Fonds Nordique de Dveloppement PROGEP 3 millions EUR

    GFDRR PGRC ACC 1,1 million USD

    PNUD PAPNGRC 700 000 USD

    JICA Plan Directeur EP EU DS de la ville de Kaolack

    Il faut surtout signaler la complexit des procdures de dcaissement et de dpense des fonds publics destins aux oprations durgence, ce qui contribue galement rduire lefficacit des interventions sur le terrain. A noter que le Ministre de lIntrieur vient de se doter dun manuel de procdure pour la mobilisation et lutilisation des fonds ddis au financement des oprations durgence. Ce manuel valid par arrt ministriel devrait permettre de mieux clarifier les rles et responsabilits lis aux oprations comptables, les procdures et surtout diligenter laccs aux fonds durgence. Lexprience pourrait tre reprise par le Ministre en charge des inondations qui centralise actuellement lutilisation des fonds durgence ddis la gestion des inondations.

    Sagissant du mcanisme dassurance aux victimes de catastrophes naturelles, le gouvernement sngalais a adhr linitiative de la Mutuelle panafricaine de gestion des risques de catastrophes (African Risk Capacity ARC) pour bnficier des primes dassurance agricole en cas de scheresse svre. Le mcanisme est en cours de formulation et a besoin dtre mieux encadr, soutenu un haut niveau de dcision pour tre rapidement oprationnel.

    Le Sngal rpertorie lensemble des projets et programmes du gouvernement dans ce quon appelle le Programme Triennal dInvestissements Publics (PTIP) pour une priode de 3 annes.

    En ce qui concerne le sous secteur de lhydraulique urbaine et de lassainissement, il est prvu un programme dinvestissement dun montant de 129,171 milliards FCFA32 en vue dune part, de rendre universel laccs leau potable et damliorer laccs aux services dassainissement, et dautre part, de lutter efficacement contre les inondations.33 La phase durgence du Programme Dcennal de Gestion des Inondations (volet gestion des eaux pluviales) et le PROGEP font partie des 20 projets programms dans le PTIP (sous secteur hydraulique urbaine et assainissement).

    32 Rpartis comme suit: 2014: 33,001 milliards FCFA, soit 25,6%; 2015: 47,951 milliards FCFA, soit 37,1% et 2016: 48,219 milliards FCFA, soit 37,3%. Sur ce financement, 120,015 milliards FCFA sont acquis, soit 92,9% et un montant de 9,156 milliards FCFA, soit 7,1% est en phase de ngociation.

    33 PTIP 2014-2016.

  • 25 Sngal: Inondations urbaines Le Relvement et la Reconstruction partier de 2009. Srie dtudes de cas | Cadre de relvement post-Inondations au Sngal | Juillet 2014 26

    TRANSPARENCE, MESURES ANTI CORRUPTION ET PASSATION DES MARCHSLe Sngal est un pays o aussi bien la socit civile que le secteur priv sont impliqus dans les oprations de contrle des marchs publics. LAgence de Rgulation des Marchs Publics (ARMP), cre au dbut de lanne 2008, est gre de manire tripartite par des reprsentants de lAdministration gouvernementale, le secteur priv et la socit civile. LARMP est responsable des politiques, de lexamen des rclamations des soumissionnaires et des audits en matire de passation des