Section d’Histoire des Usines

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  • Section dHistoire des Usines Renault27, rue des Abondances92100 BOULOGNE BILLANCOURT tl. : +33 (0) 146 05 21 58 Larticle suivant a t publi dans le Bulletin de la section dHistoire des Usines Renault, Tome 4,December 1982, N25, p.319-331Avec lautorisation de la Section dHistoire des Usines Renault, il est disponible surhttp://www.gmm.insa-tlse.fr/~rabut/bezier Sa reproduction est soumise lautorisation de la Section dHistoire des Usines Renault The following paper was published in Le Bulletin de la Section dHistoire des Usines Renault, Tome 4, December1982, N25, p.319-331With the kind authorization of the Section dHistoire des Usines Renault, you can get it athttp://www.gmm.insa-tlse.fr/~rabut/bezierIt may not be reproduced without the authorization of the Section dHistoire des Usines Renault

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  • Vox clamantis

    Visite aux "Trois Grands" Assister un congrs peut constituer une bonne occasion de comparer ses opinions avec celles de collguesexpriments ; il faut avoir quelque chose offrir en change des informations que l'on recherche et, si possible, trecapable de s'exprimer dans l'idiome local. Nos expriences taient assez avances pour que je puisse, sans risque de nous ridiculiser, prsenter au congrsnational de la S.A. E. (Society of Automotive Engineers), Detroit, en janvier 1968, un expos dcrivant le principed'Unisurf, avec quelques notions sommaires de mathmatiques mais, surtout, une philosophie gnrale de son emploi. Mon texte avait t diffus par la S.A.E. plusieurs semaines avant l'ouverture de la runion, o j'avais le prilleuxhonneur de figurer en lever de rideau. Sans doute mon papier avait-il suscit quelque curiosit, car je pris la paroledevant une salle quasiment pleine. Tout au fond, de chaque ct de la porte principale, se tenaient deux groupescompacts. Notre collgue Fournier, qui tait notre correspondant 'aux U.S.A., me signala que l'un appartenait Ford etl'autre General Motors. Les gens de Chrysler et ceux de Budd taient galement prsents. L'expos donna lieu des questions qui portaient sur l'emploi du procd plutt que sur ses bases mathmatiques. A la sortie de la sance, je fus sur-le-champ invit par les gens de Ford les accompagner Dearborn pour continuerla discussion. L'offre tait superflue, car notre ami Fournier avait dj pris pour moi rendez-vous avec leur service desmthodes. Mais la teneur de l'expos m'avait fait passer de l'tat de visiteur, de curieux, que l'on accueille avecgentillesse, celui de collgue avec qui l'on peut utilement changer des informations. Tout l'aprs-midi se passa endiscussions avec Harold Bogard, J. Schatz et Norman Hopwood. Comme les sujets abords allaient de lamathmatique la servo-commande en passant par le dessin, l'lectronique, le fraisage de forme et l'ajustage desoutils, l'on appelait, l'un aprs l'autre, chacun des spcialistes concerns, et l'effectif de la runion passa peu peu dequatre douze.

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  • Le projet de Ford, ce qu'il m'a sembl, tait de ne rien changer l'enchanement des oprations du processusclassique maquette (fig. 10), trac provisoire, modle, trac dfinitif, matre-modle, reproduction - maisd'automatiser ce que l'informatique et l'lectronique pouvaient accomplir. C'tait l'oppos de ce que nous nousprparions faire, et ne permettait pas de tirer tous les avantages qu'aurait procurs un systme cohrent. Or, les gensque j'avais ainsi rencontrs taient tous parfaitement comptents dans leur spcialit ; la faiblesse de leur ensemble,qui n'avait pas su, ou pas os, franchir d'un seul coup plusieurs tapes, provenait probablement de l'absence d'unhomme qui aurait eu, la fois, l'aptitude effectuer une synthse de toutes les conceptions particulires et le pouvoird'en faire appliquer les conclusions. Plusieurs fois, par la suite, j'eus l'occasion d'tre accueilli Dearborn, et mon impression est que les techniciens y sontsous la coupe de cadres administratifs qui ne connaissent videmment rien la technique et qui, avant de s'engager surun projet, font procder des tudes conomiques perte de vue. La sclrose serait-elle la consquence invitable dugigantisme ? videmment, il est plus facile de prtendre comptabiliser le cot d'une tonne de copeaux ou d'unkilomtre de trait que de dcider de quel prix on est prt payer le gain d'un mois de dlai. Mon tonnement fut sans limite lorsque j'entendis exprimer que les stylistes taient capables de percevoir unediscontinuit de la drive quatrime au point de raccordement de deux arcs de courbe. Or, cela ne pourrait intervenir,videmment, que si les courbes taient de classe cinq, ce qui n'tait srement pas le cas. En effet, une latte dfinit approximativement une courbe de troisime degr, si toutefois on accepte de ngliger l'effetdu frottement au droit des poids qui la chargent. Une simple exprience montre que lil humain, ft-il celui d'unstyliste, est incapable de distinguer une discontinuit de courbure infrieure 5 % . Que dire alors de la quatrimedrive ? Passe encore que des farceurs soient pris au srieux par des gens aussi incapables qu'eux de dire ce qu'estune drive, de quelque rang qu'elle soit, mais je me refuse croire qu'ils aient pu profrer leurs hbleries sansdclencher, parmi les techniciens, une discrte hilarit. Le lendemain, chez Gnral Motors, je rencontrai surtout les mathmaticiens, le professeur Butterworth et WilliamGordon. Mon sentiment fut que l'on s'y orientait vers l'exploitation intensive de la mthode de Coons. Privilgier latraduction au dtriment de la conception directe ne me semblait pas la meilleure solution. Chez Chrysler, deux jours plus tard, je me trouvai face des gens bien moins avancs que leurs collgues rencontrsprcdemment, et qui avaient beaucoup apprendre sur le sujet. Les spcialistes de Budd m'avaient, la veille, emmen Philadelphie. Leur problme tait particulirement difficile rsoudre, car ils travaillaient principalement pour les Trois Grands, ainsi que pour American Motors ; les donnes leurtaient transmises sous les formes les plus varies : pures, calibres, pices, contre-moulages de matre-modle ouplans sommairement cots ; il leur fallait trouver un systme qui les accepte toutes. C'tait vraiment vouloir rsoudrela quadrature du cercle, et leur position tait bien inconfortable. Leur mathmaticien avait labor un procd pluttbtard, mlant les coniques et les fonctions de Coons, et dont les rsultats taient mdiocrement prometteurs. De ce voyage d'une semaine, je rapportai l'impression que nous tions dans la bonne voie en cherchant lier toutes lesphases du processus d'tude et de fabrication des carrosseries, et que nous avions de l'avance sur nos concurrentsamricains. Mais leur comptence et l'ampleur des moyens dont ils disposaient me donnaient penser qu'ils

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  • rattraperaient vite leur retard si on leur permettait de donner suite un projet bien bti. Ds mon retour, je rdigeai un compte rendu de ce que j'avais observ, appris ou devin, et je l'adressai tous ceuxque cela pouvait concerner, sans recevoir, d'ailleurs, la moindre raction. Visite chez Peugeot En 1967, Renault et Peugeot taient lis par un accord de coopration technique, mais l'emploi de l'ordinateur pour lestravaux de carrosserie ne figurait pas sur la liste de leurs proccupations communes. Ayant appris par hasard en 1968 que nos collgues envisageaient d'acheter la licence du systme Budd, je demandai M. Beullac s'il ne serait pas correct et charitable de leur faire part de notre opinion et de notre projet. C'est ainsi que jerencontrai MM. Chillon et Hamon ; ils avaient dj accompli un essai avec la SOGREAH, qui n'avait pas abouti desrsultats significatifs. Ils furent vite intresss par notre solution, mais Sochaux fut hostile ce projet, qui secouaitsrieusement les habitudes et le choix final se porta sur Budd, en dpit des objections de l'quipe de La Garenne. Ainsi qu'il tait prvoir, cette tentative ne donna pas les rsultats esprs ; Peugeot devint alors le partenaire de laRgie et prit une part trs active au dveloppement d'Unisurf. Peu peu, la conviction dont faisait preuve l'quipe de La Garenne entrana l'adhsion de celle de Sochaux. Il seraitintressant de savoir comment le procd s'est dvelopp, ce dont Pinin-Farina a bnfici par ricochet grce auxefforts, en particulier, de MM. Cerruti et Martinelli. Mise en route des prototypes Vers la fin de 1967, les prototypes assembls furent transports au service lectrique pour subir la mise au point descommandes asservies. Cela ncessita beaucoup d'efforts, et des hommes comme Franois Goutierre, Jacques Daumal,Gosset et Soutif, sous les ordres de Maurice Georges, ont jou un rle fondamental par leur savoir, leur virtuosit etleur persvrance. Enfin, les machines commencrent fonctionner convenablement ; compares celles d'aujourd'hui, leursperformances sembleraient presque ridicules ; nanmoins, c'tait pour nous, cette poque, un vritable sujetd'merveillement. Cependant, une machine se mit manifester des caprices gnants autant qu'imprvisibles. Aprs un examen assezlaborieux, il fallut conclure que la faute incombait un capteur de position. C'tait un appareil dlicat, de hauteprcision, o se mlaient la mcanique, l'optique et l'lectronique. Pour donner une ide de sa finesse, qu'il suffise derappeler qu'il comportait un disque transparent dont le rseau grav contenait des traits pais de cinq millimes demillimtre. Jacques Daumal le dmonta pour effectuer une rparation provisoire puis, quelque temps aprs, il rapportale capteur chez son