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    Bien-tre et sant mentale : des atouts indispensables pour bien vieillir

    Olivier de Ladoucette

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    Mars 2011

    Remerciements Mes remerciements iront en premier lieu Madame Nora Berra, Secrtaire

    dtat charge de la Sant, pour la confiance quelle ma tmoigne et en raison de son intrt remarquable pour les Ains .

    Je voudrais galement remercier Madame Delphine Brard, conseillre technique auprs du Secrtariat dEtat charg de la Sant, pour ses conseils aviss et son soutien.

    Je souhaiterais ,enfin, exprimer ma gratitude toutes les personnes qui ont accept de collaborer cette mission au travers dauditions et dchanges de documents, en particulier :

    Le professeur Jol Ankri, griatre, professeur de Sant publique, Paris Monsieur Georges Arbuz, anthropologue, Universit Paris VII Madame Claudine Badey-Rodriguez, psychologue, psychothrapeute, Nice Le professeur Philippe Robert, psychiatre, CHU de Nice Monsieur Sbastien Doutreligne, charg de mission SFGG Le docteur Marie-Franoise Fuchs, prsidente de lassociation OldUp Le docteur Thierry Gallarda, grontopsychiatre, hpital Sainte-Anne, Paris Monsieur Emmanuel Guiliano, psychologue, SHU, hpital Sainte-Anne, Paris Le professeur Anne-Marie Ergis, neuropsychologue, Institut de psychologie, Paris V Le docteur Jrme Pellerin, grontopsychiatre, hpital Charles-Foix, Ivry-sur-Seine Le professeur Philippe Robert, psychiatre, CHU de Nice Le docteur Genevive Ruault, dlgue gnrale de la SFGG et du CPGF Madame Fabienne Selle, journaliste Madame Jeanne Thiriet, directrice de la rdaction de Pleine Vie

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    Table des matires

    1. INTRODUCTION 4

    2. LE BIEN-ETRE EST-IL COMPATIBLE AVEC LAGE ? 5

    QUEST-CE QUE LE BIEN-ETRE ? 5

    3. LA SANTE MENTALE : UN ETAT DE BIEN-ETRE 7

    AMPLEUR DES PROBLEMES MENTAUX CHEZ LES PERSONNES AGEES 7

    4. BIEN VIEILLIR : UNE QUESTION DE BONNE SANTE MENTALE ? 8

    DES MECANISMES DE DEFENSE MATURE 9

    RESILIENCE ET CONATION : LA LEON DES CENTENAIRES 10

    VIEILLIR AVEC SUCCES 12

    5. LES CINQ CLEFS DUNE BONNE SANTE MENTALE 14

    CONSERVER UNE BONNE ESTIME DE SOI 14

    GARDER UNE IDENTITE POSITIVE 16

    LUTTER CONTRE LISOLEMENT ET LA SOLITUDE 19

    CONSERVER LE CONTROLE SUR SA VIE 22

    SAVOIR SADAPTER 23

    6. RECOMMANDATIONS 25

    CHANGER LIMAGE DE LA VIEILLESSE ET DONNER UNE PLUS JUSTE PLACE AUX JEUNES SENIORS 25

    LES SENIORS: DES ACTEURS SOCIAUX IGNORES 25

    PROMOUVOIR LA SOLIDARITE INTERGENERATIONNELLE 27

    DEVELOPPER LE TISSU ASSOCIATIF 28

    FAVORISER LA CREATION DE STAGES DE DEVELOPPEMENT PERSONNEL POUR PREPARER ET BIEN VIVRE SA

    TROISIEME VIE 29

    ENCOURAGER LE DEVELOPPEMENT DE LA SPIRITUALITE CHEZ LES SENIORS 30

    CREER UN MINISTERE DE LINTERGENERATION ET DE LAVANCE EN AGE 32

    ANNEXES 33

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    1. Introduction Il tait une fois, dans un pays proche, une ville traverse par une rivire. Les

    habitants taient trs proccups par le nombre lev de personnes qui sy noyaient. Pour mettre un terme ces disparitions, ils mirent en place un ambitieux

    programme. On mobilisa des ambulances, des hlicoptres, des bateaux rapides, des plongeurs chevronns, les meilleurs ranimateurs, des hpitaux de pointe et tous les services durgence de la rgion.

    Ces efforts considrables occupaient beaucoup de monde, mobilisaient normment dnergie et cotaient trs cher.

    Certes on sauva quelques vies, mais les rsultats restaient dcevants. Jusquau jour o quelquun posa la question : Pourquoi ces gens

    napprennent-ils pas nager ? Cette petite fable illustre notre attitude collective face au vieillissement. Pour la

    premire fois dans lhistoire de lhumanit, un nombre considrable de personnes vont pouvoir profiter de tout leur potentiel de vie. La moiti des tres humains de plus de soixante-cinq ans que la terre a connus vivent aujourdhui 1. Cet extraordinaire gain de longvit devrait tre en principe une bonne nouvelle. Malheureusement, notre fond culturel concernant lavance en ge est totalement prim.

    Le culte de lapparence, la dictature du jeunisme et la peur du trpas ont transform le vieillissement en une nvrose obsessionnelle collective.

    Pour repcher tous ces individus condamns au naufrage synonyme gaullien de la vieillesse , tous les espoirs se tournent vers la science. Toutefois notre approche de lavance en ge reste trs mcaniste. grands frais, nous rparons les pannes, assurons les travaux dentretien (bilans, traitements) et de remplacement (prothses, organes) de notre corps vieillissant. Cette conception consumriste de la sant, trs rpandue dans les pays dvelopps, a certainement contribu allonger nos existences. Toutefois, la mdecine occidentale traite bien, mais elle soigne mal et elle gurit peu. Ainsi, si elle est dune efficacit incontestable sur certains troubles organiques, elle se rvle rapidement limite devant les symptmes dorigine fonctionnelle et quelques maladies chroniques.

    Pour dcouvrir les clefs dun vieillissement russi, il faut sortir de cette approche biomdicale qui ne connatrait de lavance en ge que son aspect physiologique. On ne peut jouir dune vie longue et heureuse si lon ignore sa dimension spirituelle, psychologique et sociale.

    Comment vieillir avec succs ? Comment passer la deuxime partie de sa vie de faon plus positive, plus sereine, plus intressante sont les principales questions que se posent les seniors daujourdhui. Ces qualificatifs : positif, serein, intressant nont pas t choisis au hasard. Ils sont fondamentaux car russir son avance en ge dpend beaucoup de nos aptitudes mentales.

    1. Rowe J.W., Kahn R.L. : Successful Aging, Pantheon Books NY, 1998, p. 3. 2.

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    Notre corps et en particulier notre cerveau peuvent rester hautement fonctionnels trs longtemps. Toutefois, nos choix de vie et les comportements que nous adoptons peuvent entamer cet acquis prcieux. Il en va ainsi du stress, de la dpression, de la solitude, de la sdentarit physique et intellectuelle, mais aussi de la suralimentation, du tabagisme et de lalcoolisme. Tous ces comportements qui abrgent lexistence procdent de notre mental.

    Lesprit peut galement exercer une influence trs dterminante sur la longvit. Il existe des personnalits qui prdisposent vivre mieux et plus longtemps. Rester optimiste et garder une image positive de soi-mme permettent de lutter contre certaines maladies. La spiritualit peut agir sur notre longvit. Certaines stratgies adaptatives se sont rvles dcisives pour russir son avance en ge.

    Les recherches menes au cours des trois dernires dcennies, ont confirm par centaines que le vieillissement dpend de lindividu, beaucoup plus quon ne la cru par le pass. Trop de gens lignorent et dilapident ce prcieux capital dannes, en adoptant des comportements inappropris.

    2. Le bien-tre est-il compatible avec lge ? La publication en 2008 des rsultats de lanalyse dune enqute dopinion

    mene durant plus de vingt-cinq ans en Europe eut un grand retentissement dans les mdias 2. Contrairement aux ides reues, on serait plus heureux soixante-cinq ans qu trente ou quarante ! Schmatiquement, le sentiment de bien-tre est lev vers vingt ans, il sattnue jusqu la quarantaine et samliore ensuite nettement jusqu atteindre son apoge vers soixante-cinq ans. Il dclinera par la suite avec une pente plus ou moins forte lie laccumulation de problmes de sant et dvnements de vie difficiles (deuils, difficults financires, etc.).

    Bien entendu, ces rsultats statistiques qui expriment une tendance gnrale occultent la grande diversit des situations individuelles.

    Les facteurs qui agissent sur le bien-tre sont multiples. Si largent ou certains vnements de vie positifs contribuent au bonheur, ils ne peuvent justifier eux seuls ces rsultats. De fait, la croissance du bien-tre aprs cinquante ans serait faiblement corrle la situation conjugale ou au niveau de revenu. Selon les auteurs de ltude, elle pourrait tre lie de puissants processus dadaptation ou de rajustement des attentes. Ainsi, en revoyant la baisse leurs objectifs, les seniors seraient davantage aptes les atteindre en vieillissant 3.

    Quest-ce que le bien-tre ? En psychologie, en sociologie, en conomie, le bonheur sest impos comme

    une valeur incontournable, au point de faire dire Bruckner : Nous constituons peut-tre la premire socit de lhistoire rendre malheureux les gens de ne pas tre heureux. 4

    2. Cdric Afsa, Vincent Marcus, Le bonheur attend-t-il le nombre des annes ? dans France, portrait social, dition 2008. 3. Op. cit. p. 174. 4. Brckner P. : LEuphorie perptuelle : Essai sur le devoir de bonheur, Grasset, Paris, 2000, p. 86.

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    Evolution du sentiment de bien-tre au cours de la vie

    En moyenne, un individu est sensiblement moins heureux entre 45 et 50 ans quaux environs de 20 ans, et nettement plus heureux aux alentours de 65 ans. Champ : France mtropolitaine. Source : Eurobaromtres 1975-200

    Une des premires difficults consiste savoir de quoi il est question. Les sociologues se sont intresss la satisfaction de la vie, cest--dire aux

    conditions qui conduisent les personnes envisager leur vie de manire positive. Les psychologues, tourns vers le bien-tre subjectif, ont prfr consacrer leur recherche au vcu motionnel du bien-tre subjectif, savoir le bonheur, un tat dans lequel les affects positifs lemportent sur les affects ngatifs 5.

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