Notes du mont Royal ← ?· TOME SECOND. A PARIS, ... au moment auquel ce héros s’élance sur son…

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    14-Sep-2018

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  • Notes du mont Royal

    Cette uvre est hberge sur Notes du mont Royal dans le cadre dun

    expos gratuit sur la littrature.SOURCE DES IMAGES

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    www.notesdumontroyal.com

  • OEUVRES COMPLETES

    DHOMERE.

    TOME II.

  • OEUVRES COMPLETES

    DHOMERE,

    TRADUCTION NOUVELLE,

    DDIE AU ROI;

    Avec des notes littrales, historiques et gographiques ,suivies des imitations des potes anciens et modernes.

    PAR M. GIN,CONSEILLER AU GRAND-CONSEIL.

    TOME SECOND.

    A PARIS,DE LIMPRIMERIE DE DIDOT LAN.

    M. DCC. LXXXVII.

  • It ,r." is . ,la. ,.. .Ri. .4xw 1 .rn

    . a a . .(a. w. .

    . c.-.-...:-

  • SOUSCRIPTEURS.

    LE ROI. pour 100 exemplaires.Madame la princesse un LAMIIALLE.

    S. A. S. le duc pas DEUX-PORTS.

    M. le comte DE Ba AUFORT.

    Madame DE Bovrocnn.M. BOYER DE Fonconomnn.M. un CANSY.M. CONTY DAnmcovnr.

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    M. DELALAIN jeune, libraire. 3 ex.M. DESJARDINS, libraire.

    Madame Ducnnsnn, libraire. 3 ex.M. DURAND , libraire. 2 ex.M. GATTBY, libraire.M. Gionwn , bibliothcaire de S. M. le roide Suede.M. LAMESLB, imprimeur.M. labb MAUG , vicaire gnral de Carcassonne.

    M. Mfinroor, libraire.M. MONTLAC, docteur en mdecine.M. LARCHEVQUB in PARIS.

    M. PONCE. . 4 ex.M. Forum.M. Pouncm DE GnanmCHAMPs , secrtaire du roi.

    M. SAVOYn,libraire. 7 ex.M. TnnUTnL , libraire.M. vaxssnun.M. le duc DE WALLBRSTEIN.M. le prince DE YOUSSOUPOW.

  • am

  • LwI L I A DE.

    CHANT VIL

  • ARGUMENT.PAR le conseil dHlnus instruit des volonts des dieux , Hec-

    tor dfie au combat celui des hros de la Grece qui osera se mesurer

    contre lui. Neuf se prsentent; le sort tombe sur Ajax fils de Tla-

    mon. La nuit spare les combattants : des prsents rciproques sont

    les tmoignages de lestime quils se portent. Propositions de paix

    des Troyens; une treve leur est accorde pour rendre aux morts lesdevoirs fimebres. Le mme soin occupe larme des Grecs : monu-

    ment quils levent ; ils lenferment, ainsi que leurs vaisseaux , dun

    foss et dune haute muraille. Neptune sen irrite. Prsages sinistres

    qui effraient les Troyens.

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  • LILIADE.

    CHANT VII.Combat singulier entre Ajax et le. divin Hector.

    AYAN T ainsi parl, le grand Hector sort desportes de la ville. Pris, son frre , est ses cts;

    une ardeur martiale vit dans leurs ames, ils brlentlun et lautre du desir impatient de combattre.

    Tel quun vent favorable. qui sleve sur la

    plaine liquide soulage les matelots puiss par le

    travail des rames; tel est pour les Troyens lar-rive de Pris et dHector, aprs lesquels ils sou-

    pirent depuis long-temps. Mnesthe tombe sousles coups de Pris ; Mnesthe, habitant dArna ,

    fils du roi Arithos et de la belle Philomduse;Mnesthe, qui na dautre arme quune norme

    massue. Hector atteint ione au sommet delchine, au dfaut du casque; il ltend sur la

    poussiere. Le javelot de Glaucus fils dHippolo-chus, le chef des Lyciens, pnetre, aprs unrude combat, dans lpaule droite dIpliinos,

    au moment auquel ce hros slance sur son char

    2. 2

  • lO LILIADE,pour hter sa fuite; il tombe, sa vie sexhaledans les airs. A la vue des Grecs qui prissentdans ce carnage affreux, Minerve se prcipitede la cime de lOlympe sur les Champs troyens.Du sommet de la tour de Pergame, Apollon. quidesire la victoire des Troyens , voit la dessede la sagesse voler au secours des enfants de laGrece ; il sempresse de la prvenir. Le dieu et la

    desse se rencontrent prs du htre consacr

    Jupiter.Fille du dieu qui lance le tonnerre, lui dit

    Apollon , sans doute de grands desseins te dter-minent descendre de lOlympe avec cette prci-

    pitation: viens-tu fixer en faveur des Grecs lavictoire jusquici incertaine? car le malheur desTroyens qui prissent dans ces terribles combatsne touche pas ton cur. Suis mes conseils, prendsun parti plus utile tes projets. Suspendons au-jourdhui les combats meurtriers: bientt ils serenouvelleront jusquau jour marqu par le destinpour la chte dIlion, puisque vous avez conjur,

    impitoyables immortelles, la ruine de cette citpuissante.

    Apollon, qui lances au loin tes fleches in-vincibles , lui rpond Minerve , la desse auxyeux bleus , je consens tes dsirs. Je suis des-

  • CHANT VII. ilcendue dans ce dessein du sommet de lOlympe

    aux campagnes de Troie; consultons entre noussur les moyens de sparer ces guerriers acharns se dtruire.

    Enflammons le courage du vaillant Hector, r-pond Apollon ; quil propose un combat singulierentre lui etlun des chefs de larme des Grecs. Les

    valeureux enfants de la Grece noseront le refuser;ils choisiront lun dentre eux pour mesurer ses

    forces contre le divin Hector.Il dit; la desse aux yeux bleus, Minerve, ap-

    plaudit. Hlnus, fils de Priam, ne tarde pas tre

    instruit de la volont des immortels; sapprochantdHector :

    Fils de Priam , Hector , lui dit-il , toi dont lesconseils galent en sagesse ceux du matre desdieux, prte une oreille attentive aux avis salu-taires de ton frere. Spare les deux armes; em-presse-toi de provoquer au combat celui des en-fants de la Grece qui osera mesurer ses forces con-tre toi; car le jour de ton trpas nest point ar-riv: ainsi je lappris de la bouche mme des im-

    mortels.Il dit. La grande ame dHector est rjouie ; il

    savance entre les deux armes : prenant son jave-

    lot par le milieu, il contient les phalanges troyen-

  • 12 LILIADE,. ns; elles sarrtent. De son ct, Agamemnon

    modere limpatience des Grecs. Sous la forme dedeux vautours, Minerve et le dieu larc dargent

    se posent sur le htre consacr au dieu qui portelgide, pour tre spectateurs du combat. Les ban-

    des nombreuses des Grecs et des Troyens segrouppent dans la plaine; leurs boucliers , leurscasques, leurs javelots levs, impriment la ter-reur: semblables aux flots amoncels par limp-

    tueux vent douest, qui, se prcipitant avec rapi-

    dit, noircit les ondes de la mer bruyante, dontlaspect imprime lhorreur; telles les bandes ser-

    res des Grecs et des Troyens couvrent la plainede lairain de leurs armures. Hector savance entre

    les deux armes :

    Troyens, dit-il, et vous, gnreux enfants dela Grece , coutez ce que me suggere lintrpide

    courage qui vit au fond de mon aine. Le fils deSaturne na point ratifi notre trait; il na pas

    agr nos serments. Irri t contre les deux armes,

    il nous accable de maux, jusqu ce que vous vous

    soyez rendus matres de la puissante ville de Troie,

    enfants de la Grece, ou que vous succombiezvaincus , repousss , assigs jusques dans vos vais-

    seaux. Il est parmi vous des hommes courageux;aucun nose-t-il mesurer ses forces contrer moi?

  • CHANT VII. 13quil paroisse. Telles seront les loix du combat,que Jupiter soit garant de leur excution. Si ceGrec me perce de son javelot, il semparera demes armes , il les emportera dans vos vaisseaux:mais il abandonnera mon corps mes concitoyens;les Troyens et leurs chastes pouses le placerontsur le bcher. Si je donne la mort ce hros etquApollon maccorde la victoire, enlevant sonarmure, je lemporterai dans la sainte cit dIlion ;

    je la suspendrai aux votes du temple dApollonqui lance au loin ses fleches invincibles : mais ja-

    bandonnerai son corps aux Grecs; les valeureuxenfants de la Grece lui feront de superbes obseeques, ils lui leveront un pompeux monument surles rives du vaste Hellespont; ceux qui, dans lessiecles fiiturs, fendront le sein de cette mer avecdes vaisseaux lgers, diront: cc Ici est le tombeaucc dun hros qui osa autrefois combattre Hector,

    (c et tomba sous ses coups a). Tels seront leurs dis-cours , et ma gloire stendra dans les siecles

    venir.Il dit. Tous gardent le silence , lame perce

    dune douleur profonde, nosant refuser ni accep-

    ter ce prilleux dfi. Mnlas se leve enfin; iladresse larme ces reproches amers :

    Lches, leur dit-il, femmes timides, qui vous

  • .4 LILIADE,bornez de vaines menaces , quelle tache seroitimprime sur la nation des Grecs , sil ne se trou-

    voit aucun guerrier qui ost combattre Hector?Aines insensibles la gloire, demeurez en paix,serrez les rangs , gardez de quitter la place quevous occupez. Que la terre sentrouvre sous vospas ! que votre nom scoule comme londe l Seul

    je marnierai contre Hector; les dieux, habitantsde lOlympe, disposeront de la victoire.

    Il dit, et revt sa brillante armure. Hector ettranch le fil de tes jours, Mnlas, si les chefs

    de larme des Grecs, se levant avec prcipitation ,

    ne se fussent opposs lexcution de ce prilleux

    projet; car le fils de Priam lemportoit de beau-icoup sur toi, etpar sa lgret, et par sa force.Tonfrere , le roi Agamemnon, tarrte.

    Insens, dit-il, o temporte lexcs de ta tm-

    rit? contiens les mouvements imptueux de toncur; nentreprends pas de combattre, avec desforces si ingales, le vaillant Hector fils de Priam,

    la terreur de nos guerriers. Achille lui-mme,Achille , qui tu noserois te comparer, craindroit

    de se mesurer contre ce hros. Reprends , parmites compagnons , ta place accoutume ; les enfants

    de la Grece opposeront Hector un adversaireplus redoutable. Quelque intrpide quil soit,

  • CHANT VII. 15quoiquinsatiable de combats , je pense quaprs

    cette joute terrible ses genoux flchiront, silchappe au trpas.

    Il dit. Mnlas cede aux sages conseils de sonfrere; ses cuyers se htent de dtacher larmure

    qui le couvre. Nestor se leve; adressant la paroleaux Grecs :

    mes amis, leur dit-il , une douleur profondeafflige la patrie. Combien gmiroit le magnanimePle , ce vieillard respectable , si cher aux Thessa-

    liens, autant par la sagesse de ses conseils que parla force de son loquence! Il minterrogeoit dansson palais; il se plaisoit mentendre rappeler son esprit lillustre origine des hros de la Grece;lui faire lnumration de leur nombreuse post-

    rit. Avec quelle douleur il leveroit au ciel sesmains affaiblies par les ans et par les travaux , avecquelles vives instances il demanderoit aux immor-tels de sparer son ame de son corps , de le pr-Cipiter dans les sombres demeures, sil apprenoitquil nest aucun de ces hros qui ne tremble au

    seul nom dHector! Plt Jupiter, Minerve,

    Apollon, que mes membres-eussent la vigueur dela jeunesse , que e fusse tel quautrefois , quand les

    Pyliens combattirent les braves Arcadiens sur lesrives du rapide Cladon , sous les murs de Phs,

  • 16 L I L I A D E,prs du Jardanus! reuthalion, gal aux dieux,

    commandoit les troupes ennemies. Il portoit surson paule larme terrible du roi Arithos , du

    grand Arithos , redout de tous les mortels cause de lnorme massue dont il toit arm : car

    ce hros ddaignoit et les flchs et les longs ja-

    velots; il dispersoit avec sa massue dacier desphalanges entieres. Lycurgue le surprit dans undfil troit o son norme massue ne put le sau-

    ver du trpas; il le prvint, le pera de son jave-lot , ltendit sur la poussiere , sempara de larme

    terrible que limpitoyable Mars lui avoit donne.

    Depuis ce temps Lycurgue se servoit, dans lescombats , de la massue dArithos. Quand les ans

    leurent affoibli dans son palais , il la lgua sonfidele serviteur reuthalion. Arm de lnorme

    massue , reuthalion dfioit au combat les hros

    les plus intrpides. Ils trembloient devant lui ; au-cun nosoit accepter ce prilleux dfi. Son orgueil

    irrita mon courage; quoique le plus jeune , josai

    le combattre, et Minerve me donna la victoire.La force de ce hros galoit sa taille gigantesque;je le perai, je ltndis sur la poussiere. Si mes

    forces toient telles aujourdhui quelles furent

    alors, si je revenois cet heureux temps de majeunesse , le fier Hector trouveroit en moi un ad.-

  • CHANT V11. .7versaire digne de lui. Et vous , guerriers les plusrenomms de larme des Grecs , v0us tremblezau seul nom dHector !

    Sensibles aux reproches du fils de Nle, neufhros se levent: le roi des hommes, Agamemnon;le vaillant Diomede , fils de Tyde ; les deux Ajax ,gaux en force, gaux en courage; Idomne, et:lcuyer dIdomne , Mrion , lmule de lhomi-

    cide Mars; Eurypyle, fils dvemon; Thoas, fils

    dAndremon; et le divin Ulysse. Tous briguentlhonneur de combattre le grand Hector. Le vieux

    Nestor les arrte. .Tirez au sort, leur dit-il; celui que le sort nous

    donnera sera notre vengeur. Combl de gloire , soname tressaillera de joie, sil chappe la mort dans

    ce prilleux combat.

    Il dit. Chacun donne son signe. Un hraut lesrecueille dans le casque du fils dAtre , Agamem-

    non. Les peuples , levant les mains et les yeux auciel, adressent leurs vux Jupiter.

    Pere des dieux et des hommes, Jupiter, faissortir de ce casque, ou le nom dAjax, ou le nomdu fils de Tyde, ou le nom du roi de la riche My-cenes.

    Telles sont leurs prieres. Nestor agite le casque ,en tire un signe : cest celui dAjax, quils ont sou-

    2. 3

  • 18 LILIADE,hait. Un hraut le prsente tous les chefs delarme, en commenant par la droite ; aucun ne

    le reconnot. Parvenu celui qui a fait cette mar-que , qui la jete lui-mme dans le casque, Ajax

    tend la main; le hraut lui remet le signe. Il lereconnot ; son ame en tressaille: le rejetant loinde lui, il scrie :

    mes amis, le sort ma choisi pour combattreHector; mon aine est dans la joie: jai confianceque je vaincrai le divin Hector ; je me hte de mecouvrir de mes armes. Adressez en secret vos vuxau fils de Saturne , au puissant Jupiter; que les.Troyens ne les entendent pas. Ou plutt, invo-quez les dieux haute voix; car je ne crains per-sonne : accoutum ds lenfance aux travaux qui

    illustrent les hros , form dans lart des combats

    Salamine ma patrie, qui ma vu natre, qui leva

    mon enfance , personne ne lemportera sur moi ni

    par sa force ni par son adresse.Il dit. Les Grecs , levant les yeux et les mains au

    ciel, adressent leurs vux au fils de Saturne :Pere des dieux et des hommes , Jupiter, qui

    domines sur lIda , qui tous les tres rendent un

    hommage religieux , accorde la victoire Ajax,comble de gloire ce hros : ou si Hector test cher,

    si tu tintresses sa gloire, laisse la victoire incer-

  • CHANT VII. 19taine ; partage entre ces deux hros lhonneur decette action mmorable.

    Ils parlent ainsi. Cependant Ajax revt lairain

    tincelant : couvert de toutes ses armes , il sa-vance, semblable au dieu Mars quand il se montredans les combats que Jupiter irrit , que la Dis-corde avide de sang, suscitent entreles nations:tel parot le grand Ajax, le rempart des Grecs. Undoux sourire tempere sur son front lardeur mar-tiale qui lenflamme; il marche grands pas, agi-tant dans ses mains son long javelot. La joie clate

    dans les yeux des Grecs ; les Troyens tremblent,leurs genoux flchissent ; lin trpide courage dHec-

    tor est branl: mais il nest plus temps de fuir, de

    se confondre dans la foule des siens; cest lui-mme

    qui a provoqu le combat. Ajax approche , couvertde son bouclier semblable une tour dairain. Ty-chius, habitant dHyl , le plus habile des artistes,

    forma ce vaste bouclier de sept c...

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