Les musées et les Amis des musées sont-ils à la hauteur de la situation?

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    29-Sep-2016

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    Chronique de la FMAM Fdration mondiale des Amis des muses Secrtariat gnral de la FMAM, Palais du Louvre, 34, quai du Louvre, 75041 Paris Cedex 01, France (Tl. : (1) 48.04.99.55).

    FZash SUT la FMAM La FMAM vient de lancer lopration MuseumExpress. Cest la premire fois quune action nat de la coopration directe de la FMAM et de ZICOM (International Council of Museums), associant amis et professionnels des muses part entire dans un but commun : accrotre la sensibilisation de lopinion publique internationale en faveur du patrimoine mondial. Par cette opration, les Amis des muses obtiennent une double carte de membre individuel de la FMAMImembre bienfaiteur de IICOM. Cette carte leur permet de se mouvoir parmi les professionnels des muses en assistant en tant quobservateurs aux runions administratives de PICOM et davoir accs de nombreux muses et expositions dans le monde. Ainsi, les membres de la FMAM deviennent solidaires des professionnels dans la recherche dune meilZeure communication entre les muses et leurs publics. Renseignements auprs du Secrtarzat gnral de la FMAM : Palais du Louvre, 34, quai du Louvre, 75041 Parir Cedex 01, Frunce (Tl. : (1) 48 04 99 55).

    Les muses et Zes Amis des muses sont-iZs Zu huuteur de Zu situution ?

    %&?ze Congrs international de la FMAM, Toronto (Canada), 15-19 juin 1987

    Pour la premire fois, un Congrs de la FMAM a eu lieu hors dEurope. Cest Edmund C. Bovey, prsident de la FMAM, ancien prsident du Conseil dadministration de la Galerie dart de lOntario, puis prsident de la Fdration canadienne des Amis des muses (CFFM), qui a organis Toronto, ce sixime Con- grs international de la FMAM, qui sest tenu sous la prsidence dhonneur de Mme Flora MacDonald, ministre des communications du gouvernement fd- ral canadien et de Mme Lily Munro, ministre de la citoyennet et de la culture de lOntario. Le thme choisi,

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    sion dadmirer lincomparable collection duvres dHenry Moore, une partie de la donation de Marcia et Harry Klamer expose l spcialement, et dapprcier des uvres venant des importantes dona- tions de Joey et Toby Tanenbaum et dArthur Gelber.

    LAGO est dailleurs un bel exemple du rle que peuvent jouer les Amis des muses. En effet, toutes les uvres expo- ses dans la galerie ont t donnes par des particuliers ou acquises par souscrip- tion. Ce Congrs sest cltur par un ban- quet organis dans la toute nouvelle salle de concert de Toronto, le Roy Thomson Hall. Les organisateurs du Congrs avaient eu la bonne ide entre-temps dorganiser des visites de collections pri- ves ainsi que des ateliers dans diffrents muses pour illustrer diverses activits des Amis.

    Des conversations ont voqu les nom- breux dfis lis lvolution des muses dans le monde et la ncessit a t main- tes fois voque de pouvoir compter sur les Amis des muses.

    Les congressistes, invits de la Socit canadienne des arts dcoratifs, ont eu un avant-got de ce que seront la nouvelle Galerie nationale du Canada, qui va ouvrir ses portes en 1988, et le Muse canadien des civilisations, qui ouvrira en juillet 1989. Situs au cur du deuxime pays du monde par la superficie, ces deux btiments permettront de dcouvrir dix millnaires dhistoire de lhomo cana- diensis et lextraordinaire diversit du Canada et de son peuple. A lheure du village mondial, il est bon que le Muse des civilisations ne propose pas seulement aux Canadiens leur propre image laide des dernires technologies de la commu- nication, mais quil rvle galement le monde au Canada et le Canada au monde. En fait, ces deux muses font figure de machines remonter le temps et explorer lespace, et laissent entrevoir quelques-unes des orientations futures des muses du sicle.

    Les interventions de Richard Olden- burg, directeur du Muse d v moderne de New York, sur le financement des muses par le secteur priv, et de L0 Dorais, du Dpartement des communi- cations dOttawa, sur laide du secteur public, leur ont appris que de nouveaux montages financiers associant finance- ment priv et aide publique sont en train de devenir la norme pour de nombreux muses, au moins en Occident ; les expo- ss taient judicieusement ponctus dindications utiles sur la manire de col- lecter des fonds et donnaient quelques

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    avertissements utiles et ncessaires sur les piges que peuvent recler certaines com- binaisons financires.

    Plusieurs Amis ont ensuite prsent des ralisations concrtes. Dans le cadre du thme

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    Concrtement, la fonction des muses est quadruple : collecter, conserver, clas- ser et commaniqaer; cest dans ce der- nier domaine que les Amis ont une res- ponsabilit toute particulire. Nous savons tous que les nouvelles technolo- gies lectroniques de la communication sont en train de rvolutionner bon nom- bre dactivits musographiques et cer- tains Amis ont dj rflchi sur la manire dont ils peuvent acclrer des changements ncessaires. I1 est possible damliorer les communications inter- nes, par exemple en adoptant de nou- veaux systmes de stockage de linforma- tion, en tablissant des catalogues interconnects pour que linformation soit plus gnralement accessible et plus largement diffuse. Par ailleurs, il est grand temps denvisager srieusement lutilisation de lholographie pour rper- torier les dments du patrimoine. Sil nest plus possible de continuer collec- ter ou conserver n importe gaoi, on peut, en revanche, enregistrer et restituer dnormes quantits de donnes et dimages.

    Mais quen est-il des communications avec l'extrieur ? I1 est certes souhaitable, et mme souvent indispensable, pour des raisons budgtaires, de faire entrer le visi- teur dans les muses, mais le cot de limplosion voque plus haut ne cesse daugmenter.

    A la clture de ce Congrs il a t rap- pel que cela fait des annes que lon parle douvrir les muses, dexporter ce quils ont offrir au-del des btiments eux-mmes, que beaucoup a dj t fait dans ce sens, grce aux catalogues, repro- ductions et cartes postales, mais que laudiovisuel permettrait de faire davan- tage encore en incitant le public dcou- vrir, chez lui et au moment qui lui con- vient, ce que nous sommes en train de prserver et pourquoi. Les nouvelles tech- niques de communication offrent en effet bien des moyens de mettre ces richesses la disposition de tous, au-del de toutes les frontires sociales, politi- ques ou linguistiques ; les associations dAmis ont grand besoin de membres rompus ces techniques pour contribuer cet effort de vulgarisation. Le principal souci de tous doit tre, a-t-on soulign, dobtenir que la conservation du patri- moine devienne une proccupation cen- trale et non plus marginale aux yeux de lopinion publique, des planificateurs et des organes de financement. Comme le rappelait un congressiste argentin, la meilleure faon de protger les collec- tions, cest de faire comprendre au public

    combien elles sont prcieuses. Laissons la parole Vincent Tovell :

    ct On pourrait poser une dernire ques- tion. Comment se fait-il que les probl- mes nous interpellent tellement au-del des satisfactions passagres que nous pou- vons retirer de notre action ? Je voudrais apporter ma rponse personnelle. A 12 ans seulement de lan 2000, nous som- mes en droit de nous demander quelle est, parmi les millions dimages accumu- les dans notre cerveau depuis notre nais- sance, celle qui, par-dessus toutes les autres, rsume pour nous de la manire la plus frappante lexprience du me sicle. Chacun de nous aura videmment une rponse diffrente, correspondant une exprience pour certains merveilleuse, pour dautres, horrible. Quant moi, je choisirai limage dune bille dagate bleu-vert roulant dans linfini - la Terre contemple depuis la Lune - car elle me rappelle lancien commandement qui nous invite tous grer en responsables la vie sur cette plante et les richesses de la nature et de lHistoire. >>

    Le gouvernement de la province de lOntario, qui a hberg ce Congrs, rexamine actuellement sa politique du patrimoine et vient prcisment de publier un document de travail pour lan- cer un dbat public. Un passage de ce document parat bien rsumer certains problmes fondamentaux.

    ((Les nouvelles mthodes de collecte, dorganisation et de contrle de Iinfor- mation sont en train de bouleverser notre vie quotidienne. A qui appartient-il de dcider des informations que nous devons stocker et de les contrler, et qui pourra y avoir accs ? O et comment ? Ces questions, qui sont au cur de notre vie sociale et politique, sont particulire- ment pertinentes dans le domaine des dcisions qui touchent ce que nous appelons dsormais le patrimoine. Notre patrimoine est prsent sous de multiples formes dans notre environne- ment naturel aussi bien que dans lordre humain. Une partie de ce patrimoine demeure immatrielle, tacitement dpo- se dans nos esprits et dans nos curs : ce sont nos coutumes et nos traditions, nos habitudes et nos rites. Mais une partie croissante de ce mme patrimoine se trouve conserve quelque part dans des objets matriels -photographie, dis- que, image, uvre dart, objet, spci- men. La responsabilit que nous impose la prservation et linterprtation de ces tmoignages se fait de plus en plus proc- cupante. Les connaissances - ncessaires pour informer et orienter les choix-

    dont dpend dsormais notre civilisation fragile se trouvent parpilles un peu par- tout sous diverses formes : micro-impul- sions dans des archives lectroniques, uvres dart, enregistrements de contes populaires, collections des muses dhis- toire naturelle, cathdrales, alignement de vieilles maisons, dbris archologi- ques, sans oublier le message silencieux des fleuves, des fossiles enfouis dans les parcs naturels, de ce monde vert dont nous sommes issus. Cet hritage, vivant ou inanim, doit etre apprci sa juste valeur et judicieusement prserv en bon ordre afin de rester utilisable pour que nous puissions linterprter et le rinter- prter mesure que nous lenrichissons quotidiennement. Sinon, nous risquons de devenir - cest le moins quon puisse dire - des amnsiques impuissants . . . L est la source de tout notre savoir, Iinspi- ration de tous nos jugements, le ressort de notre vitalit intellectuelle et spirituelle et de notre capacit dadaptation et de . renouvellement. D I

    Christian Pattyn, chef de la Mission damnagement du Muse des plans reliefs de lhtel des Invalides Paris, a eu le mot de la fin :