Les ambassades russes a la Cour de Louis XIV, d'après les documents des Archives du ministère des Affaires étrangères

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<ul><li><p>EHESS</p><p>Les ambassades russes a la Cour de Louis XIV, d'aprs les documents des Archives du ministredes Affaires trangresAuthor(s): Marianne SeydouxSource: Cahiers du Monde russe et sovitique, Vol. 9, No. 2 (Apr. - Jun., 1968), pp. 235-244Published by: EHESSStable URL: http://www.jstor.org/stable/20169492 .Accessed: 16/06/2014 17:52</p><p>Your use of the JSTOR archive indicates your acceptance of the Terms &amp; Conditions of Use, available at .http://www.jstor.org/page/info/about/policies/terms.jsp</p><p> .JSTOR is a not-for-profit service that helps scholars, researchers, and students discover, use, and build upon a wide range ofcontent in a trusted digital archive. We use information technology and tools to increase productivity and facilitate new formsof scholarship. 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Comme les d?crit A. Rambaud1 </p><p>d'apr?s les documents de l'?poque, c'?taient </p><p>? des hommes barbus et chevelus, v?tus avec une magnificence barbare et sordide, </p><p>portant des fourrures au c ur de l'?t?, tra?nant une horde de laquais qui ressem </p><p>blaient ? des janissaires, parlant une langue inou?e que l'on ne finissait par </p><p>comprendre qu'? l'aide d'une cha?ne inou?e d'interpr?tes et d'une s?rie de traduc </p><p>tions ; apportant des parchemins ind?chiffrables en caract?res bizarres [...] affichant des pr?tentions, des exigences, des susceptibilit?s ?tonnantes ; s'?ton </p><p>nant ou pleurant quand un nom manquait dans la kyrielle interminable des </p><p>pays inconnus sur lesquels leur ma?tre ?tait cens? r?gner [...] insupportables aux Ministres, d?sagr?ables au Roi, mais ameutant sur leur passage le peuple des badauds parisiens... ?. </p><p>Ils venaient annoncer au roi de France l'av?nement des tsars Michel et Alexis et lui demander d'aider la Russie dans sa lutte contre les Polonais et les Su?dois. </p><p>En dehors du caract?re pittoresque, abondamment d?crit dans les journaux et les documents de l'?poque, ces premiers envoy?s ne semblent pas avoir jou? de r?le dans l'?tablissement de relations </p><p>diplomatiques suivies entre la Russie et la France. On comprenait mal la raison de leur visite, et leurs r?cits sur les Polonais ou les viola </p><p>i. Instructions donn?es aux ambassadeurs et ministres de France depuis les trait?s de Westphalie jusqu'? la R?volution Fran?aise. VII : Russie, Paris, 1890 1891 (introd. de A. Rambaud). </p><p>This content downloaded from 185.44.77.40 on Mon, 16 Jun 2014 17:52:04 PMAll use subject to JSTOR Terms and Conditions</p><p>http://www.jstor.org/page/info/about/policies/terms.jsp</p></li><li><p>236 MARIANNE SEYDOUX </p><p>tions de fronti?res par des cosaques et des Tatars n'int?ressaient gu?re la Cour de France. </p><p>C'est seulement dans la seconde moiti? du xvne si?cle que la Russie </p><p>prend aux yeux des Fran?ais une importance politique croissante, dans la mesure o? elle nuit indirectement ? la France en s'attaquant aux pays qui sont ses alli?s contre le Saint Empire : Su?de, Pologne et Turquie. </p><p>Cherchant un d?bouch? vers les mers libres et repouss?e de la </p><p>Baltique par la Su?de, la Russie tente de se frayer un chemin vers la Mer Noire, entrant en conflit avec la Pologne, l'Empire ottoman et le khanat de Crim?e. C'est ? cette occasion que les souverains </p><p>moscovites vont rechercher l'aide et l'appui des grandes puissances de l'Europe occidentale : la France et l'Espagne. </p><p>C'est sous le pr?texte officiel d'?tablir des relations commerciales avec la France que le tsar Alexis, puis la r?gente Sophie, et enfin Pierre vont envoyer, tour ? tour, une s?rie d'ambassades ? Louis XIV et lui demander son appui contre les Polonais et contre les Turcs. </p><p>Les trois textes que nous pr?sentons ici, tir?s des Archives du minist?re des Affaires ?trang?res1, concernent les ambassades mosco vites re?ues par Louis XIV et donnent plus particuli?rement la descrip tion (r?dig?e en 1716) de deux ambassades marquantes : celle de </p><p>Pierre Potemkin en 1668, et celle de Jacob Dolgorukij en 1687. </p><p>a) La plus connue de ces ambassades, la mieux re?ue aussi, est celle en 1668 du stolnik Petr Ivanovic Potemkin, gouverneur de </p><p>Borovsk, accompagn? de son fils Stefan et du djak Simeon Rumjancev. Les envoy?s venaient annoncer ? Louis XIV et ? Philippe II d'Espagne la fin de la guerre entre la Russie et la Pologne, et proposer d'?tablir des relations commerciales : </p><p>? Sa Majest? le Tsar et Grand Prince Alexis Mikha?lovitch d?sire entretenir </p><p>avec Sa Majest? le Roi de France et de Navarre, des rapports de bonne alliance </p><p>et d'amiti? fraternelle... En outre, le Tsar, notre puissant ma?tre, d?sire nouer </p><p>des relations commerciales avec le Royaume de France, de mani?re ? ce que les habitants des deux empires puissent ? l'avenir les fr?quenter respectivement </p><p>pour se livrer ? des op?rations de n?goce ?2. </p><p>Le r?cit tr?s d?taill? de cette ambassade se trouve dans l'ouvrage de Galitzyne sur la Russie au xvne si?cle, ainsi que dans le rapport </p><p>i. ? Ordonnance du Roy sur la fa?on de recevoir les ambassadeurs du Grand Duc de Moscovie ?, 5 ao?t 1668 (cf. infra, p. 239). ? Sur la d?pense faite de la part du Roy Louis XIV pour faire d?frayer et traiter le Sieur Poterskin, ambassadeur du Czar Alexis pr?s sa Majest? en 1668 </p><p>? </p><p>(cf. infra, pp. 239-240). ? Sur le c?r?monial observ? en France ? l'?gard des Ministres envoy?s par </p><p>les Czars de la Grande Russie ?, septembre 1716 (cf. infra, pp. 240-244). Source : M?moires et documents du minist?re des Affaires ?trang?res de France </p><p>sur la Russie, III, f?. 117-129. 2. Lettre du tsar ? Louis XIV, dans E. Galitzyne, La Russie au XVIIe si?cle, </p><p>Paris, 1885, p. 342. </p><p>This content downloaded from 185.44.77.40 on Mon, 16 Jun 2014 17:52:04 PMAll use subject to JSTOR Terms and Conditions</p><p>http://www.jstor.org/page/info/about/policies/terms.jsp</p></li><li><p>LES AMBASSADES RUSSES A LA COUR DE LOUIS XIV 237 </p><p>pr?sent? au tsar par Potemkin lui-m?me ? son retour de Russie1. </p><p>Apr?s sept mois pass?s en Espagne, Potemkin arriva avec une suite </p><p>nombreuse, le 5 ao?t 1668, ? Bordeaux, o? il fut accueilli par un envoy? du roi et escort? jusqu'? Paris, d?fray? de toutes ses d?penses2. Tout au long de ce r?cit, deux probl?mes dominent : les d?penses et le </p><p>protocole. Conform?ment aux usages diplomatiques de la Cour de </p><p>Moscou, les envoy?s russes voulaient ?tre re?us ? l'?gal des ambassa deurs des plus grands empires, et surtout ?tre enti?rement d?fray?s de toute d?pense. Les relations avec Moscou ?tant longues et difficiles, il leur ?tait impossible d'emporter assez d'argent pour subvenir ? leurs besoins et ? ceux de leur suite, d'autant qu'il ?tait d'usage d'apporter un nombre important de cadeaux. La liste de ceux qu'ils firent au roi pour cette ambassade est d'ailleurs impressionnante3. </p><p>Les r?sultats de cette ambassade furent modestes : une lettre </p><p>pleine de bonnes paroles de la part du roi, et l'envoi ? Moscou par Colbert d'un agent commercial : Goosens ; </p><p>b) La deuxi?me en date des ambassades, celle d'Andr? Vinius, n'est pas relat?e dans le document que nous pr?sentons plus loin. En octobre 1672, Andr? Vinius apporta une lettre du tsar Alexis rendant compte des r?voltes des cosaques et des incursions des Tatars et des Turcs, et demandant ? Louis XIV de s'allier ? la Russie et ? </p><p>l'Espagne contre les Turcs. Vinius n'eut qu'une seule audience de Louis XIV, et fut rapidement reconduit aux fronti?res avec 500 pistoles et une lettre du roi, qui ?tait fort peu soucieux de conclure une alliance contre les Turcs, ses alli?s ; </p><p>c) En 1681, le tsar Feodor envoya ? nouveau Pierre Potemkin, </p><p>accompagn? du djak Stefan Volkov, demandant la m?diation du roi de France pour mettre fin ? la guerre contre les Turcs et les Tatars, et renouvelant les offres pr?c?dentes concernant le commerce entre les deux pays ; </p><p>d) En 1685, Semen Jerofeevic Almazov et le djak Semen Ippolitov apport?rent au roi une lettre en latin4 de la part des tsars Ivan et Pierre. La r?ponse de Louis XIV ?tait une fois de plus tr?s vague. Le rapport d'Almazov n'ayant pas ?t? publi? en Russie, cette ambassade reste tr?s peu connue, et le document que nous pr?sentons ci-dessous la confond avec celle de Jacob Dolgorukij qui est de deux ann?es post? rieure ; </p><p>e) L'ambassade du prince Jacob Dolgorukij et du prince Jacob Mycetskij en 1687 a laiss? par contre, en France et en Russie, un vif souvenir. Les ?pisodes de leur visite, largement comment?s dans le </p><p>i. ? Statejnyj spisok P. I. Potemkina ? </p><p>(Rapport diplomatique de P. I. Potem </p><p>kin), in Putehstvija russkih poslov XVI-XVII vv. Statejnye spiski (Voyages des ambassadeurs russes aux XVIe et XVIIe si?cles ? Rapports diplomatiques), </p><p>Moscou-Leningrad, 1954, PP- 227-3x5 2. Cf. infra, pp. 239-240, le relev? des d?penses. 3. Cf. infra, p. 241, n. 1. </p><p>4. S. M. Solov'ev, Istorija Rossii s drevnej?ih vremen... (Histoire de la Russie </p><p>depuis les temps les plus anciens), Moscou, 1959, VII, p. 411. </p><p>7 </p><p>This content downloaded from 185.44.77.40 on Mon, 16 Jun 2014 17:52:04 PMAll use subject to JSTOR Terms and Conditions</p><p>http://www.jstor.org/page/info/about/policies/terms.jsp</p></li><li><p>238 MARIANNE SEYDOUX </p><p>document ci-apr?s, se retrouvent ? la fois dans les publications russes et dans les rapports fran?ais1. </p><p>Envoy?s par la r?gente Sophie, les ambassadeurs russes venaient </p><p>proposer ? Louis XIV d'entrer dans la ligue contre le sultan ; cepen dant, apr?s avoir ?chou? du c?t? diplomatique, ils se tourn?rent vers </p><p>l'aspect commercial, et semblent avoir laiss? un fort mauvais souvenir ? la Cour de Versailles2. Au moment de leur d?part, les envoy?s essay?rent d'emprunter deux ou trois millions de Thalers, qui leur furent refus?s. L'impression laiss?e par leur s?jour fut d'autant plus </p><p>mauvaise, qu'ils suscit?rent plusieurs incidents cocasses dont on </p><p>trouvera plus loin la description. </p><p>Avec l'av?nement de Pierre, un nouvel effort fut tent? pour s'entendre avec la France. D?s 1703, Pierre Ier eut ? Paris un agent diplomatique, Postnikov, sans caract?re officiel, charg? de l'achat d'instruments et de mat?riel, de l'embauche des ma?tres de m?tiers. </p><p>En 1705, le comte et vo??vode Andrej Artamonov Matveev fut </p><p>charg? par le tsar de r?cup?rer deux vaisseaux russes captur?s par des corsaires de Dunkerque et de n?gocier un trait? de commerce. </p><p>Sa mission n'eut aucun r?sultat. En 1710, enfin, le tsar Pierre envoya le secr?taire Grigorij Volkov </p><p>n?gocier ? Fontainebleau une m?diation de Louis XIV pour une </p><p>paix russo-turque ; mais en raison des int?r?ts par trop divergents des deux pays, la mission de G. Volkov se solda elle aussi par un </p><p>?chec. D'ailleurs, apr?s la campagne du Prut et le r?glement provisoire de ses rapports avec l'Empire ottoman, la Russie n'avait plus besoin de la m?diation fran?aise. </p><p>Paris, 1968. Marianne Seydoux. </p><p>i. Instructions donn?es aux ambassadeurs..., op. cit., VIL </p><p>2. ? Ils parurent ?tre plut?t des marchands qui voulaient ?tre d?fray?s et vendre leurs marchandises sans payer de droits, que des ambassadeurs qui eussent quelque affaire d'?tat ? traiter ; c'est pourquoi </p><p>on ne fut pas content </p><p>d'eux, et le Roi leur fit d?clarer qu'il ne pr?tendait pas d?frayer les ambassadeurs </p><p>que le Czar lui enverrait et qu'il donnerait aussi de sa part, ? ceux qu'il enverrait au Czar, de quoi subsister sans lui ?tre ? charge. </p><p>? (Sbornik Imperatorskogo </p><p>russkogo istoriceskogo obscestva (Recueil de la soci?t? historique imp?riale russe), </p><p>Saint-P?tersbourg, 1881, XXXIV, pp. 3-4.) </p><p>This content downloaded from 185.44.77.40 on Mon, 16 Jun 2014 17:52:04 PMAll use subject to JSTOR Terms and Conditions</p><p>http://www.jstor.org/page/info/about/policies/terms.jsp</p></li><li><p>LES AMBASSADES RUSSES A LA COUR DE LOUIS XIV 239 </p><p>I </p><p>Ordonnance du Roy sur la fa?on de recevoir les ambassadeurs du Grand Duc de Moscovie. </p><p>5 ao?t 1668. </p><p>De par le Roi </p><p>Sa Majest? voulant que les ambassadeurs qu'envoie vers elle le Grand Duc de Moscovie re?oivent dans son Royaume les honneurs </p><p>qui sont dus aux Ministres d'un si puissant prince, Sa Majest? a jet? les yeux sur le Sieur de Calva1, l'un des gentilshommes ordinaires de sa maison, le ma?tre de camp de sa cavalerie, pour aller ? leur rencontre prendre soin de leurs personnes et de ceux de leur suite tenant la main, que dans leur route ils soient r?gal?s, log?s, charet?s convenablement ? leur dignit? et ? leur caract?re, et afin que la volont? soit en cela formellement suivie et observ?e. Mand? et ordonn?, Sa Majest?, ? tous gouverneurs et ses lieutenants g?n?raux, capitaines et gouverneurs particuliers ensemble, ? tous baillifs, s?n?chaux, pr?v?ts et juges, maires, ?chevins, consuls, et ? tous autres, ses officiers de </p><p>justice municipaux qui se trouveront dans les lieux de leur passage de deff?rer ? toutes les choses que le Sieur de Calva leur fera entendre de la part de Sa Majest? sur le sujet du traitement des ambassadeurs et au surplus de le favoriser et assister en tout ce dont il pourra avoir besoin pour l'enti?re ex?cution de sa commission qu'il a re?ue de Sa Majest?. </p><p>Fait ? Saint-Germain-en-Laye le 5 ao?t 1668. </p><p>II </p><p>Sur la d?pense faite de la part du Roy Louis XIV pour faire d?frayer et traiter le Sieur Poterskin, ambassadeur du Czar Alexis pr?s sa Majest? en 16682. </p><p>Cet ambassadeur arriva le 5 aoust 1668 ? Bordeaux, et le 31 ? Paris. </p><p>Sa d?pense sur la route co?ta au Roy. 5 333 Il fut ensuite trait? par pr?sens jusqu'au 3 septembre </p><p>inclusivement, ce qui co?ta au Roy. 384 </p><p>i. Note : Finalement, ce n'est pas Calva, mais le Sieur de Catheux qui fut </p><p>envoy? au-devant de Potemkin. 2. Note : Le relev? de ces d?penses se trouve ?galement dans un manuscrit </p><p>This content downloaded from 185.44.77.40 on Mon, 16 Jun 2014 17:52:04 PMAll use subject to JSTOR Terms and Conditions</p><p>http://www.jstor.org/page/info/about/policies/terms.jsp</p></li><li><p>240 MARIANNE SEYDOUX </p><p>Dans la suite, et jusqu'au 26 de ce mois de septembre, jour de son d?part de Paris, la d?pense de sa nourriture fut </p><p>compt?e au Roy. 9 568 Pendant sa route de Paris ? Calais, o? il s'embarqua le </p><p>8 octobre, sa d?pense monta ?. 1 775 Le louage de la vaisselle pendant 27 jours et le paie </p><p>ment de ce qui en fut perdu m...</p></li></ul>