Le pseudo-expérimentalisme (transcription)

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    22-Jul-2015

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<p>http://docs.google.com/View?id=dc2m8p62_371hdbk2zds http://docs.google.com/Doc?docid=0AevnAZEI 5La7ZGMybThwNjJfMzcxaGRiazJ 6ZHM&amp;hl=fr http://lumiere101.com/2007/11/13/le-pseudo-experimentalisme/</p> <p>Le pseudo-exprimentalismeTranscription par Anton Perez de l'mission du 13 novembre 2007 sur Lumire 101, avec rectifications et complments Franois Guillaumat et Georges Lane expliquent pourquoi, contrairement ce que les dupes de leur pathos pourraient croire, les adeptes du socialisme traitent effectivement les gens comme des animaux ou comme des objets, incapables de penser : cest quils sinspirent dune conception contradictoire de la connaissance qui implique dtudier laction de lhomme comme si sa capacit de penser n'tait qu'un masque derrire lequel un vrai savant ne saurait rechercher que l'opration des lois naturelles. Cest le pseudo-exprimentalisme, qui consiste vouloir appliquer la mthode exprimentale dans les domaines de la pense et de l'action o, logiquement, on sait pourtant quelle ne peut pas sappliquer. Le pseudo-exprimentalisme, cest la prtention appliquer la science exprimentale et ses mthodes dans des domaines de la connaissance o celle-ci est logiquement inapplicableGeorge Lane : Vous coutez Lumire 101, un regard libre sur un monde ouvert. Aujourdhui Franois Guillaumat et moi-mme, George Lane, vous proposons un dbat sur le pseudo-exprimentalisme. Quest ce quil faut entendre par ce mot barbare de pseudo-exprimentalisme ? Une premire rponse, toute faite et superficielle, consiste dire que cest le nom donn lun des maux dont est atteinte la science conomique ou, plus exactement dont sont atteints des conomistes dans leurs actions scientifiques ou prtendument telles. Franois Guillaumat : Ce mot barbare dsigne effectivement la source dune barbarie criminelle qui est le socialisme. Le pseudo-exprimentalisme est le point de dpart historique et la caution pseudo-scientifique du socialisme. Si le socialisme se distingue des gnoses antrieures la manire anabaptiste, cest dans la mesure o, au lieu dinvoquer lintervention divine pour prtendre que la subversion et la violence du croyant gnostique pourraient changer les lois de la ralit, c'est l'autorit de la science que le pseudo-exprimentaliste invoque pour nier les Droits des autres ; et il le</p> <p>fait en prtendant, implicitement ou explicitement, que la capacit de penser des tres humains serait une illusion, puisque tout serait dtermin par les lois de la nature. Ce postulat, dont nous ferons remarquer qu'il contredit un prsuppos essentiel de toute science y compris l'exprimentale, lui sert alors disqualifier a priori la morale et le droit tels que les juristes et les philosophes les ont labors au cours des sicles ; et, dans la pratique, pour nier les lois de lconomie telles que la logique permet de les tablir, en lui fournissant un prtexte automatique pour les disqualifier. Cest--dire que, derrire la prtention se rclamer de la science et en particulier de la science exprimentale, vous avez la trilogie dune fausse mtaphysique, dune fausse thorie de la connaissance et dune ngation des Droits, trilogie ne d'un refus de tenir compte de certaines lois de la ralit, qui conduit rationaliser une forme de pense magique -- plus spcifiquement une idoltrie de la violence d'tat. Quest ce que cest que le pseudo-exprimentalisme et pourquoi cette expression, que j'ai choisie, vous ne pouvez pas la trouver ailleurs ? Le pseudo-exprimentalisme, cest la prtention appliquer la science exprimentale et ses mthodes dans des domaines de la connaissance o celle-ci est logiquement inapplicable. Avec pour consquence, bien entendu, que le pseudo-exprimentalisme est tout sauf scientifique. Et si je parle de "pseudo-exprimentalisme", cest pour viter demployer des mots qui nont pas en eux-mmes de sens prcis. Par exemple, lors de la dernire mission, on avait parl de mots qui nont aucun sens normatif identifiable tels que ceux de "justice sociale" ou de solidarit sociale, l'un et l'autre mots ne pouvant dsigner qu'une certaine manire dont les puissants volent les faibles Alors, videment, quand on critique les autres parce qu'ils emploient des mots qui nont aucun sens, on a intrt ne pas en utiliser soi-mme qui nen auraient pas non plus. Or, les mots qui taient jusqu prsent disponibles pour dsigner le pseudoexprimentalisme nont pas en eux-mmes vraiment de sens.</p> <p>La contradiction fondamentale, et la rfutation par lui-mme, de ce qui sappelle le "positivisme", consiste noncer des affirmations qui sont de type philosophique alors justement que celles-ci impliquent de nier la possibilit dune connaissance philosophique vraiePar exemple, le mot de "positivisme" ne signifie rien en lui-mme ; en outre il n'est mme pas vraiment, comme ses adeptes le prtendent, une doctrine positive mais bien au contraire une ngation -- ngation de la preuve philosophique, ngation de la connaissance philosophique, on aurait aussi bien fait de l'appeler "ngationnisme" ; mais</p> <p>l'expression n'indiquant pas davantage ce qu'elle nie, il faudrait en outre prciser "ngationnisme philosophique". Historiquement, en effet, ce qu'on a arbitrairement appel le "positivisme" consiste nier la possibilit dune connaissance vraie qui soit issue de la mthode philosophique, cest-dire de la rflexion purement logique sur l'exprience connue. a consiste nier la possibilit dune connaissance vraie a priori, c'est--dire dune connaissance de la ralit qui ne soit pas issue de la mthode exprimentale. Le "positivisme" consistait expressment affirmer que seule la mthode exprimentale pouvait engendrer une connaissance vraie. Or, jai finalement trouv des auteurs qui mont dmontr que cette ngation-l nest pas, ne peut pas tre le produit de la mthode exprimentale, de sorte que cest en fait une affirmation de type philosophique -- c'est--dire cela mme dont elle nie que cela puisse tre vrai. La contradiction fondamentale, et la rfutation par lui-mme, de ce qui sappelle le "positivisme", consiste donc noncer des affirmations qui sont de type philosophique alors justement que celles-ci impliquent de nier la possibilit dune connaissance philosophique vraie. En dautres termes, cest une ide radicalement contradictoire, une philosophie qui se rfute elle-mme parce qu'elle est demble absurde.</p> <p>Aussi longtemps qu'on na rien mettre la place, dans la pratique, on va saccrocher ces illusions en dpit du fait que leur absurdit est dmontreOr, pourtant, une bonne partie des gens qui sont forms la mthode scientifique ne tirent pas les consquences de cette contradiction, ils n'admettent pas que celle-ci la rfute totalement et dfinitivement. L'exprience personnelle montre que s'ils ne s'en aperoivent pas, cest parce qu'ils n'ont rien d'autre mettre la place. Nous avons l une sorte de cercle vicieux : tant qu'on ignore la philosophie, on peut croire au positivisme, et lui-mme dcourage d'tudier celle-ci. Aussi longtemps qu'on na rien mettre la place, dans la pratique, on va saccrocher ces illusions en dpit du fait que leur absurdit est dmontre. Alors nous, si nous avons chang davis ce sujet, cest parce que nous avons dcouvert autre chose. Nous avons dcouvert autre chose qui permet de rendre compte de ce que le positivisme prtend affirmer, de ce quil y avait de vrai dans sa dmarche, et qui en mme temps permet de le rfuter et de le rejeter totalement.</p> <p>la question nest pas de savoir si la science est une bonne chose, mais de savoir si on peut faire une vritable science qui ne soit pas exprimentale.Une deuxime dnomination quon peut associer au pseudo-exprimentalisme cest ce que Friedrich Hayek a appel le "scientisme". Dans Scientisme et sciences sociales, Friedrich Hayek montre comment, dans la science sociale, notamment dans la science conomique, la prtention appliquer la mthode exprimentale aux tres humains conduit tout naturellement les traiter comme s'ils</p> <p>taient les objets naturels que l'on tudie dans un laboratoire. Cest--dire, au mieux comme des animaux, et au pire comme des objets inanims. Et cette dmarche, videmment, mconnat un lment essentiel de l'action humaine qui est la pense. Linconvnient de cette mconnaissance cest qu'elle est plausible ; non seulement parce que les tres humains sont bel et bien, aussi, des objets naturels, mais aussi dans la mesure o en thorie conomique les deux premiers niveaux savoir lapproche comptable et lapproche en termes d'quilibre permettent de se dispenser de tenir compte de cette pense ou en tout cas den faire partiellement abstraction. Et l'efficacit du raisonnement comptable, de mme que la possibilit de tirer des conclusions vraies de l'approche en terme dquilibre, entretiennent lillusion comme quoi lapproche scientiste serait vritablement justifie. Et il faut donc certaines rflexions, et une rflexion dune certaine dure, pour se rendre compte que ce nest pas le cas. Donc, en conclusion de cette tentative de dfinition, on pourrait dire que la notion de "pseudo-exprimentalisme", parce qu'elle prcise en quoi consiste lerreur tenter d'appliquer la mthode exprimentale dans des domaines o on peut logiquement dmontrer quelle est inapplicable est prfrable d'autres expressions qui en soi nont pas de sens dfini comme le "positivisme", ou ne dsignent pas quelque chose a priori condamnable, comme le "scientisme" . En effet, employer l'expression de "scientisme", comme le fait Hayek, comprend aussi une part d'arbitraire, parce que la question nest pas de savoir si la science est une bonne chose, mais de savoir si on peut faire une vritable science qui ne soit pas exprimentale.</p> <p>L'lment qui dfinit la mthode exprimentale est la recherche de ce quon appelle l'exprience cruciale, c'est--dire de lexprience qui, logiquement, permettrait de rfuter l'hypothse scientifique envisageUne vritable science qui ne soit pas exprimentale au sens particulier -- distinguer de la thorie absurde des ides innes-- de dcouvrir des noncs vrais qui ne soient pas issus de ce quon appelle gnralement la mthode exprimentale. En effet, il ne faut pas confondre la mthode exprimentale avec l'ide suivant laquelle toute connaissance nous vient de l'exprience, et que partageait saint Thomas d'Aquin bien avant que cette mthode et t mise au point : non, ce qui dfinit la mthode exprimentale c'est qu'elle consiste spcifiquement rechercher dans lexprience le test qui permettra de vrifier ou de rfuter une hypothse scientifique concernant une loi gnrale de la nature. L'lment qui dfinit la mthode exprimentale est donc la recherche de ce quon appelle l'exprience cruciale, c'est--dire de lexprience qui, logiquement, permettrait de rfuter l'hypothse scientifique envisage ou, au contraire, de constater qu'elle n'est pas rfute de sorte qu'elle demeure provisoirement acceptable. Or notre exprience nous, en tant qu'conomistes, cest d'avoir cherch en vain la dfinir, cette exprience cruciale, pour un certain nombre de dmonstrations thoriques</p> <p>de l'conomie. Ce qui nous a permis de dcouvrir qu'il existe en la matire une connaissance qui est vraie alors qu'elle n'est pas une conclusion de la mthode exprimentale.</p> <p>Saint-Simon niait les Droits de lhomme parce que le socialisme nie les Droits de lhomme, et que les premiers socialistes avaient lhonntet de le direGL : Avant den arriver l, restons sur cette notion de pseudo-exprimentalisme, fondement du socialisme. Franois Guillaumat vous avez cit le positivisme. Habituellement on associe le positivisme Auguste Comte, nous sommes dans la seconde partie du XIX sicle.me</p> <p>FG : Auguste Comte est devenu le pape du pseudo-exprimentalisme et donc de la rationalisation pseudo-scientifique de cette ngation du Droit qu'est le socialisme, principalement technocratique. Cependant, d'aprs Hayek, l'inventeur du scientisme comme rationalisation premire du socialisme, c'est son prdcesseur dont il avait t le secrtaire, Henri de Saint-Simon. Et celui-ci, lpoque, avait la franchise de nier les droits de lhomme, donc de reconnaitre que le socialisme, en tant qu'organisation autoritaire de la socit sous prtexte de soumettre celle-ci "la science", implique par dfinition une ngation des Droits de l'homme. Donc Saint-Simon niait les Droits de lhomme parce que le socialisme nie les Droits de lhomme, et que les premiers socialistes avaient lhonntet de le dire : pour eux, les Droits de lhomme nexistaient pas --ce que les socialistes hitlriens, par exemple, ont continu faire par la suite. Cet inventeur du socialisme, donc, navait pas la malhonntet qu'ont les socialistes pseudo-dmocratiques d'aujourd'hui, qui font semblant d'affirmer les Droits de lhomme alors qu'ils passent leur temps leur faire la guerre. Le moyen qu'ils ont trouv pour camoufler leur haine des Droits de l'homme c'est de les remplacer par leur ngation en affirmant de prtendus "droits sociaux", ces fameux "droits " qui sont en fait autant de ptitions de principe esclavagistes. Alors qu'videmment, le Droit fondamental de l'homme c'est celui de ne pas tre esclave. GL : Vous avez ensuite voqu Friedrich Hayek et son ouvrage Scientisme et sciences sociales qui a t publi au dbut de la dcennie cinquante en France et traduit par Raymond Barre.</p> <p>ce qui prouve qu'il ne s'agit en fait que d'un prtexte une prise de pouvoir arbitraire, c'est qu'on voit la plupart de ces pseudoexprimentalistes, aprs avoir soi-disant disqualifi la philosophie en tant que telle, multiplier les affirmations de nature philosophiqueFG : Traduit partiellement par Raymond Barre sous le titre de Scientisme et sciences sociales. La partie historique, que celui-ci a laisse de ct, est pourtant trs rvlatrice</p> <p>puisqu'elle justifie le titre The Counter-Revolution of Science --La contre-rvolution de la science, dont on na pas forcment tir toutes les consquences. C'est pourquoi on doit remercier Herv de Quengo davoir traduit un chapitre de cette partie historique, et de l'avoir affich sur son site. Pourquoi est-ce quen France on na pas voulu parler de contre-rvolution de la science ? Parce que, ce que dit Hayek expressment, cest que le scientisme de Henri de SaintSimon, d'Auguste Comte et de leurs successeurs a conduit la mise en cause progressive des Droits de lhomme que la Glorieuse Rvolution anglaise de 1688 avait donn l'occasion d'affirmer. S'en tenir aux seules considrations mthodologiques de Hayek, sans tenir compte de son analyse historique, c'est refuser de donner toute son importance au fait que, alors que la Glorieuse Rvolution anglaise avait affirm les Droits de lhomme, la ngation de la capacit de penser des hommes par le pseudo-exprimentalisme conduit la destruction du Droit et la disqualification a priori de la morale et du Droit au prtexte de la mthode exprimentale. Car en niant la possibilit dune connaissance philosophique vraie, le pseudoexprimentalisme balaye la morale et le Droit. Alors, il se met y avoir des gens qui disent : La philosophie, cest des philosophades, a ne vaut rien, ils se contredisent entre eux, les conomistes se contredisent entre eux, c'est bien la preuve qu'il ne peut pas y a...</p>