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La Petite Maison Dans La Prairie 001 La Petite Maison Dans La Prairie

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roman

Text of La Petite Maison Dans La Prairie 001 La Petite Maison Dans La Prairie

  • LAURA INGALLS WILDER

    la petite maisondans la prairie

    tome 1

    traduit de langlais (tats-Unis) par

    HLNE SEYRS

    illustrations deGARTH WILLIAMS

    Castor Poche Flammarion

  • La srie La petite maison dans la Prairie constitue les souvenirs authentiques deLaura, tels quelle les a raconts bien des annes plus tard. Ces souvenirs dcrivent la vie

    de pionnier de la famille Ingalls dans la Jeune Amrique de la priode 1870-1890.

  • CHAPITRE 1

    VERS LOUEST

    Il y a trs longtemps, quand tous les grands-pres et toutes les grands-mres ntaientque des petits garons ou des petites filles, ou mme de trs petits bbs, sils taient djns, Papa, Maman, Marie, Laura et Bb Carrie quittrent la petite maison o ils vivaient,dans les grands bois du Wisconsin. Ils montrent dans un chariot bch etlabandonnrent, solitaire et vide, au cur de sa clairire cerne par les grands arbres. Ilsne devaient plus jamais revoir cette petite maison.

    Ils sen allaient vivre au loin, en pays indien.Papa disait quil y avait trop de gens, dans les grands bois, prsent. Laura, pour sa

    part, entendait souvent rsonner le bruit sourd dune hache qui ntait pas celle de Papaou lcho dun coup de fusil qui ntait pas le sien. Le sentier qui longeait la petite maisontait devenu une large piste. Chaque jour ou presque, Laura et Marie sarrtaient de joueret regardaient, surprises, un chariot y passer lentement en grinant.

    Les animaux sauvages ne voulaient plus rester dans un pays o il y avait tantdhommes. Papa navait pas envie dy rester, lui non plus. Ce qui lui plaisait, ctait unecontre o le gibier vivait sans avoir tout redouter. Il aimait apercevoir les petits faonset leurs mres, qui le suivaient des yeux dans lombre des bois, ou les gros ours paresseuxqui se rgalaient de baies sauvages.

    Durant les longues soires dhiver, il voquait, pour Maman, les rgions de lOuest.L-bas se droulaient dimmenses plaines et il ny avait pas darbres. Lherbe y poussaithaute et drue. Les animaux sauvages les parcouraient en tous sens et sy nourrissaientcomme sils se trouvaient dans un pturage dont lil de lhomme ne pouvait pas

  • distinguer les limites ; et il ny avait pas de fermiers. Seuls, les Indiens y vivaient.Un beau jour, tout la fin de lhiver, Papa dclara Maman : Comme tu ne ty opposes pas, jai dcid de partir dans lOuest. On ma fait une

    offre pour cette maison et nous en obtiendrons autant maintenant que nous pourronsjamais lesprer. Cela nous permettra de repartir du bon pied dans une nouvelle rgion.

    Oh, Charles, dit Maman, faut-il que nous partions dj ?Il faisait encore bien froid et la chaude petite maison tait trs confortable. Si nous voulons partir cette anne, il nous faut partir ds prsent, lui rpondit

    Papa. Nous ne pourrons plus franchir le Mississipi aprs la dbcle.Voil donc comment Papa vendit la petite maison. Il vendit aussi la vache et le veau.

    Il prpara des arceaux de noyer et les dressa sur la caisse du chariot. Maman laida tendre la toile blanche par-dessus.

    Au petit matin, alors quil faisait encore sombre, Maman secoua doucement Marie etLaura pour les faire lever. la lumire du feu et de la bougie, elle fit leur toilette, lespeigna et les vtit chaudement. Elle leur mit leurs jupons, leurs robes et leurs longs basde laine par-dessus leurs longs sous-vtements de flanelle rouge. Elle leur enfila leursmanteaux, leurs bonnets de peau de lapin et leurs mitaines de laine rouge.

    Tous les objets de la petite maison avaient t empils dans le chariot, lexceptiondes lits, des tables et des chaises. Ils navaient pas besoin de les emporter, car Papa leuren fabriquerait dautres larrive.

    Le sol tait couvert dune mince couche de neige. Il faisait froid et noir, mais il nyavait pas de vent. Les silhouettes des arbres dnuds se dessinaient avec nettet sous lestoiles, plus brillantes dans lair glac. lest pourtant, le ciel plissait, et par les bois gris,on voyait approcher les lanternes, puis les chariots et les chevaux de Grand-pre, Grand-mre, des tantes, des oncles et des cousins.

    Marie et Laura, qui serraient contre leur cur leurs poupes de chiffons, ne direntmot. Les cousins les entourrent et se contentrent de les dvisager. Grand-mre ettoutes les tantes les prirent dans leurs bras, les embrassrent, les treignirent, puis lesembrassrent nouveau pour leur dire au revoir.

    Papa suspendit son fusil aux arceaux du chariot, sous la bche, l o il lui serait facilede latteindre rapidement quand il serait sur le sige. Il suspendit son sac balles et sacorne poudre au-dessous. Il dposa avec prcaution la bote violon entre les coussinspour protger linstrument des cahots.

    Les oncles laidrent atteler les chevaux. On ordonna tous les cousins dembrasserMarie et Laura, aussi sexcutrent-ils. Papa prit Marie, puis Laura dans ses bras et lesdposa sur le lit, larrire du chariot. Il aida Maman grimper sur le sige et Grand-Maman lui tendit Bb Carrie. Papa se hissa son tour et prit place ct de Maman.Jack, le bouledogue tachet, alla prendre place sous le chariot.

  • Cest ainsi quils abandonnrent la petite maison de rondins. Les volets, poss sur lesfentres, empchrent la petite maison de les regarder partir. Elle demeura l, entourede sa palissade, derrire les deux grands chnes qui, lt, avaient offert Marie et Laurales toits verts sous lesquels elles avaient jou. Puis ils dirent adieu la petite maison.

    Papa promit Laura de lui montrer un papoose, quand ils seraient arrivs danslOuest.

    Quest-ce que cest quun papoose ? lui demanda-t-elle. Un papoose, cest un petit bb Indien, tout brun, lui rpondit-il.Ils roulrent longtemps dans les bois enneigs avant datteindre la ville de Ppin.

    Marie et Laura y taient dj venues une fois, mais la ville leur parut avoir un aspect trsdiffrent, ce jour-l. La porte du magasin et celles de toutes les maisons taient closes, lesbarrires taient couvertes de neige et les petits enfants ne jouaient plus dehors. Degrands cordeaux de bois taient empils lintrieur des barrires. On ne voyait que deuxou trois hommes, botts, coiffs de bonnets de fourrure et vtus de manteaux cossaisaux couleurs vives.

    Maman, Laura et Marie mangrent du pain et de la mlasse dans le chariot ; leschevaux, le mas de leur musette, tandis que Papa allait changer ses fourrures aumagasin contre tout ce dont ils auraient besoin pour le voyage. Ils ne pouvaient resterlongtemps en ville, car il leur fallait traverser le lac le jour mme.

    Limmense lac stendait, plat, lisse et blanc jusqu lhorizon que bornait un ciel gris.Les traces laisses par les chariots la surface se poursuivaient si loin quon ne pouvaitdeviner jusquo elles allaient. Elles semblaient ne finir nulle part.

    Papa engagea le chariot sur la glace dans les traces de ceux qui lavaient prcd. Lessabots des chevaux rendaient un son mat, alors que les roues crissaient. Le bourg,derrire eux, samenuisa de plus en plus et la haute btisse du magasin finit par ntre

  • plus quun point. Il ny eut plus autour deux quune immense tendue, o rgnait lesilence. Laura se sentit mal laise. Papa, pourtant, tait sur le sige du chariot et Jack,au-dessous. Elle savait que rien ne pourrait lui arriver, tant que Papa et Jack seraient l.

    Au bout dun trs long temps, le chariot grimpa une rive de terre et nouveau, il y eutdes arbres. Une petite maison en rondins se dressait au milieu de ces arbres. Laura sesentit soulage.

    Nul ne vivait dans cette petite maison : ctait un endroit o lon pouvait camper.Cette cabane avait quelque chose de bizarre, avec sa grande chemine et ses grossirescouchettes fixes contre tous les murs. Mais une fois que Papa eut allum un feu dans lachemine, il y fit chaud. Cette nuit-l, Marie, Laura et Bb Carrie dormirent avec Mamandans un lit improvis sur le plancher, prs du feu, pendant que Papa dormait dehors dansle chariot, pour le garder, ainsi que les chevaux.

    Au milieu de la nuit, un bruit surprenant veilla Laura. On aurait dit un coup de fusil,mais ctait tout la fois plus sec et plus prolong. Elle lentendit encore et encore. Marieet Carrie dormaient, mais Laura ne se rendormit quaprs avoir entendu Maman luisouffler dans le noir :

    Rendors-toi, Laura. Ce nest que la glace qui se brise.

    Le lendemain matin, Papa remarqua : Il est heureux que nous ayons travers hier, Caroline. Je ne serais pas surpris si la

    glace se rompait aujourdhui. Nous avons travers tard dans la saison et nous avons eu dela chance que la dbcle nait pas commenc quand nous tions encore au beau milieu.

    Cette ide mtait venue hier, Charles, lui rpondit doucement Maman.Cette ide ntait pas venue Laura auparavant, mais prsent quelle y songeait, elle

    se demandait ce qui se serait pass si jamais la glace stait rompue sous les roues duchariot et quils se soient tous enfoncs dans leau froide, au milieu de ce vaste lac.

    Tu inquites quelquun, Charles, prvint Maman.Papa serra trs fort Laura contre sa large poitrine, et l, elle se sentit en scurit. Nous voil de lautre ct du Mississipi ! scria-t-il, en ltreignant, tout joyeux.

    Quest-ce que tu dis de a, ma petite chope de cidre doux moiti bue ? Est-ce que a teplat daller dans lOuest, l o vivent les Indiens ?

  • Laura reconnut que a lui plaisait, puis elle demanda sils se trouvaient dj au paysdes Indiens. Ils ne lavaient pas atteint, pourtant. Ils taient au Minnesota.

    Le Territoire indien tait encore trs, trs loin de l. Chaque jour ou presque, leschevaux avanaient autant quils le pouvaient. Chaque soir ou presque, Papa et Mamancampaient en un nouvel endroit. Ils devaient parfois demeurer plusieurs jours en unpoint donn, parce quune rivire tait en crue et quil leur fallait attendre la baisse duniveau des eaux pour la traverser. Ils franchirent un si grand nombre de rivires quils enperdirent le compte. Ils dcouvrirent des bois et des collines

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