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LA PÉRIODE GALLO-ROMAINE EN MEUSE : BILAN DE LA

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LA PRIODE GALLO-ROMAINE EN MEUSE : BILAN DE LA RECHERCHE ARCHOLOGIQUE

EN MEUSE .

Le territoire meusien, tel que nous le connaissons aujourd 'hui, est le rsultat d'une combinaison complexe de territoires historiquement et gographiquement disparates qui forment depuis la fin de l 'poque moderne seulement le cadre administratif actuel. D 'une superficie de 6216 km2, le dpartement est subdivis en 3 arrondissements, 31 cantons et 586 communes dont 88 regroupes. Au dernier recensement (1990)C1 l le territoire comptait 196 233 habitants pour une densit gnrale de 32 habitants au km2. La Meuse s 'affiche donc comme un espace faiblement peupl. Cette caractristique offre un champ d'investigation particulirement intressant pour la recherche archologique puisque la majorit des sites restent dcouvrir et ne sont pas menacs par des travaux d'amnagements d 'ampleur. Il est toutefois indispensable de disposer ds maintenant de donnes fiables pour rtablir le dsquilibre existant dans la connaissance de l 'occupation du sol l 'poque romaine entre les valles de la Meuse et de la Moselle. Avant de dbuter de nouvelles tudes, l 'laboration d 'un premier bilan de la recherche archologiques mettant en vidence les rsultats et leurs lacunes tait ncessaire. Cette contribution, divise en trois volets, se propose ainsi d 'analyser successivement les sources antiques constitues de textes littraires mais aussi d 'inscriptions, la documentation ancienne produite du XVIe sicle 1965 partir des lments matriels mis au jour puis la documentation rcente, labore entre 1 965 et nos jours et enfin d'en dresser un bilan chiffr destin cerner au plus prs les potentialits qu'offrent les gisements meusiens (fig. 1) .

1. Les sources anciennes Dans le domaine des textes antiques, les auteurs anciens n'ap

portent qu'une information peu fournie et disperse. La plus grande partie des sources ne concernent, en effet, que des donnes gographiques et administratives se limitant, le plus souvent, une simple mention nominale des civitates de la rgion(2) . Les indica-

1) A. Durup de Baleine, 1997, p . 8. 2) Csar, Bellum Gallicum, IV, 10 (mention de la Meuse et du Rhin) ; Strabon, IV, 3, 4, (Mdiomatriques, Leuques et Trvires), IV, 3 , 5 , (Rmes) ; Liste des provinces de Vrone, p. 377-399 ; Festus, Enumration des provinces ; Notitia Dignitatum ; Notitia Galliarum (premire mention de Verodunum-Verdun) .

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0

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200-300 m 1 00-200 m

Fig. 1 : Carte de l 'espace meusien l 'poque gallo-romaine (DAO. FM) .

tions relatives l 'conomie, l 'occupation du solC3l ou aux faits militaires

Fig. 2 : Extrait de la Table de Peutinger. On peut remarquer que Nasium est reprsente par le symbole des civitates. Or, le chef-lieu de cit des Leuques est Toul (Tullum) . Cet argument a t souvent repris pour tayer l 'hypothse que Nasium aurait t chef lieu de la civitas leucorum au Ier s. Cependant, la thorie ne repose, l 'heure actuelle sur aucun autre argument srieux. L'absence de Verdun, tend toutefois montrer que cette portion de la carte est ancienne, datant vraisemblablement du Haut Empire (GAULE, 1965, f.II et III) .

relative au pagus de Nasium (12l . Cette dernire tant malheureusement trop subjective, on ne peut tre rellement certain du bien fond de l 'interprtation qui lui est traditionnellement donne. Les graffittes, ne se limitent, souvent, qu'a de simples mentions de lettres ou d'initiales et plus rarement de noms(BJ . Il faudrait galement ajouter ce corpus les estampilles des potiers argonnais ainsi que les marques retrouves sur les supports de cuisson ou les vases. Leur inventaire, dress en grande partie par G. Chenet(l4) durant l 'entre-deux guerres, est d 'ailleurs en cours de ractualisation.

12) C.I .L. XIII , 4636 : [Augus] tati absti[nentissimo vira] 1 Ex D (ecreto) O(rdinis) P(agi) [Nasiens(ium) p (osuit) ? J , plaque de bronze grave trouve Naix-aux-Forges. 13) C.I .L. XIII, 4638 ; F. Linard, 1881 , p. 33, pl. XXIX,6 ; L. Maxe-Werly, 1886, p. 148 ; L. Legin, 1997, p. 232 ; A. Bretagne, 1876, p. 337-345 ; G. Chenet, 1936, p. 35 ; G. Chenet, 194l, p . 22 14) Voir notamment G. Chenet, 1941 , 146 p. ; G. Chenet G. , G. Gaudran, 1955, 249 p, fig. travail effectu par M. Feller (AFAN Lorraine) .

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Les sources antiques n'apportent par consquent que peu de renseignements sur l 'espace meusien. La principale source d'information est issue des travaux de chercheurs qui , partir de leurs dcouvertes matrielles ont constitu , depuis le XVIe sicle, une abondante et prcieuse documentation imprime et manuscrite.

Fig. 3 : Autel ddi Epona et au gnie des Leuques dcouvert Naix en 1838. Une inscription due au mme ddicant, un lgionnaire de la XXIIe lgion, a t retrouve Mayence (C.I .L. XIII, 6741 ; datation : 210 ap. J.-C. ) . Muse de Metz (C.I .L. XIII, 4630 ; Esp. 4650) .

2. La documentation archologique ancienne La documentation ancienne, antrieure 1965 , date de la cra

tion des circonscriptions archologiques, est la fois abondante et trs diversifie.

A l 'intrieur des ouvrages historiques d 'Ancien Rgime, qui servent, en gnral, justifier les prtentions hgmoniques des souverains et des tats, l 'archologie n'a qu'une place mineure en tant utilise comme illustration de l 'Histoire. Le premier grand recueil publi est celui du verdunois R. de Wasserbourg, en 1549(1 5) . Dans cet ouvrage, l 'rudit s 'est appliqu cataloguer les dcouvertes archologiques tout en identifiant les lieux mentionns dans les textes antiques. Ces soucis d'identification dominent d'ailleurs

15) R. de Wasserbourg, 1549.

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la recherche jusqu'au XVIIIe sicle. Le cas du site de Nasium, identifi selon les auteurs Nancy, Nanois ou Naix-aux-Forges, illustre pleinement ce phnomne(16) .

A partir du XVIIIe sicle, les dcouvertes sont consignes de faon plus mthodique. La multiplication des tudes ouvre l 're de la recherche archologique. La collecte des objets mme si elle demeure la proccupation essentielle, s ' insre, dans la mesure du possible, l 'intrieur une rflexion visant comprendre les structures. L'Antiquit explique, de Dom Montfaucon, en 1719 , fournit, par exemple, les observations d'un habitat gallo-romain Montierssur-Saulx(!?) . Un peu plus tard, en 1749, Claude de Maillet, dans ses Mmoires alphabtiques, s ' intresse aux vestiges de Nasium mais aussi aux camps de hauteur de Boviolles ou de Fains(lS) . Ces premires tudes sont compiles et compltes au sein du Recueil d 'Antiquits du comte de Caylus(19l . Paralllement, Dom Calmet utilise les donnes collectes au sein d 'ouvrages historiques(20) pour prouver l 'anciennet des localits et reconstituer leur histoire. Les descriptions, parfois assez longues, sont cependant encore trop extravagantes et imprcises comme l 'atteste l 'exemple de Vignot o, en 1727, ont t mis au jour plusieurs corps inhums de haute taille ct desquels gisaient des pes, des casques, des cuirasses et d 'autres armures toutes rouilles (21 ) .

Sur le terrain, l 'activit archologique n'a t anime, jusqu'au dbut du XIXe sicle, en l 'absence de toute structure de fdration en Meuse, que par des initiatives personnelles d 'antiquaires ou de collectionneurs. Les premires grandes collections meusiennes proviennent du site de Nasium qui a attir depuis le XVIIIe sicle un grand nombre d 'amateurs dont le plus minent est sans doute le prince Charles de Lorraine(22) . Les techniques d'acquisition de mobilier qui ont eu cours jusqu'au XXe sicle sont trs communes et consistent collecter des objets ou des informations auprs des habitants des villages qui on payait boire au caf(23l . L'exemple de M. Nocas, notaire Ligny, est ce titre assez significatif puisque jusqu' sa mort en 1877, il parcourait chaque anne les villages de Boviolles, Naix-aux-Forges et Saint-Amand-sur Ornain pour y acheter ce qu'offraient les agriculteurs(24) . La profusion des collee-

16) Voir L. Legin, 1997, p . 233. 17) B . Dom Montfaucon, 1719, t . 3 , p . 59, pl. XXIV. 18) Cl. de Maillet, 1749, p . 136. 19) A.-C. de Caylus, 1752-1767, t . 4, p . 395, pl. CXXI ; t . 5 , p . 318 20) Dom A. Calmet, 1745-1757, 7 vol. 21 ) Dom A. Calmet, op. cil. , 1745, t .1, p . 856. 22) Dom A. Calmet, 1756, t . 2, p. 116 . 23) J . -P . Ravaux, 1992, p . 16. 24) M. Toussaint, 1946, p . 35-36.

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tionneurs a aussi parfois engendr des situations cocasses, comme Naix-aux-Forges o les fouilles de M. Lallemand, vers 1830, ont amen la dcouverte de la partie infrieure de l 'autel ddi Epona. La partie suprieure, quant elle, avait t exhume quelque temps auparavant par l 'abb Hacquart, cur du village. Fort heureusement les deux portions du monument ont t par la suite acquises par le muse de Metz(2SJ .

La multiplication des intervenants a galement cr un parpillement des collections que ce soit l 'chelon rgional, national ou mme international (fig. 4) .

Fig. 4 : Carte de rpartition des lieux de conservation publique des collections meusiennes (DAO. FM) .

Conscients des pertes d'informations pour la recherche lotale, les rudits se sont appliqus publier de faon p lus ou moins systmatique leurs dcouvertes. Parmi ces personnes raisonnables figure Claude-Franois Denis, qui, travers les chroniques du Narrateur de la Meuse(26) publies entre 1804 et 1 840, a fait part de ses recherches sur la cit des Leuques. La plus grande partie de son nergie a t consacre l 'agglomration de Nasium pour laquelle il engage la premire fouille d'ampleur sous autorisation prfecto-

25) C.I .L . , XIII, 4633 ; M. Lorrain, 1874, p. 84-85, n158 . 26) C.-F . Denis, ms . 628 , B.M. , Bar-le-Duc ; N. Nerly, 1924, p. 138-140.

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rale en 1818 , renouvele en 1834(27 ) . Ces deux oprations, menes sous la forme de tranches, ont permis de reconnatre une partie du centre urbain gallo-romain et ont livr , entre autres, une mosaque reprsentant l 'enlvement d'Europe (fig. 5) qui constitue ce jour, pour la Gaule, la dcouverte la plus septentrionaleC28l .

Fig. 5 : Dtail du mdaillon central d'une mosaque reprsentant l 'enlvement d'Europe dcouverte Nasium en 1834 et dtruite le jour de sa dcouverte (A.D . Meuse, ms. 85Tl) .

Il faut toutefois attendre les annes 1820 pour que la recherche archologique soit rellement encadre et coordonne. Le vaste mouvement de cration national engendr par la fondation de l 'Acadmie celtique Paris, en 1 804(29) , s 'est traduit, en Meuse, par l 'tablissement en 1 823 , du premier organe de fdration, la Socit Philomatique de Verdun (M.S.P.V.) . L'activit archologique du groupement verdunois reste limite jusqu' la fin des annes 1830. Flix Linard, alors un des plus jeunes membres, sige aux cts de l 'abb Clout, du comte H. de Widranges et de Ch. Bonnabelle.

La politique de Napolon III en matire d'archologie d'une part, avec la ralisation des grandes fouilles nationales, mais galement, conomique avec l 'engagement de grands projets d'amnagement tel que l 'tablissement de lignes de chemin de fer et le creusement du canal de la Marne au Rhin, d'autre part, provoquent durant la seconde moiti du XIXe sicle un accroissement considrable de l 'activit archologique. Le suivi de ces travaux occasionne, en effet, de nombreuses dcouvertes fortuites(30) . La ncessit

27) C.-F. Denis, mss. 85Tl, A.D. Meuse ; ms. 678, B .M., Bar-le-Duc ; ms. 677, B.M., Bar-le-Duc. 28) Seulement trois exemplaires ont t dcouverts en Gaule Arles, Nmes et Naix-auxForges ; O. Wattel-de-Croizant, 1 995, p. 141 . 29) Lequeux, M. Mainjonet, S . Roscian, 1986, p . 1 1 . 30) Voir notamment H . d e Widranges, 1872, p . 88-96 ; 1873, p . 229-273 ; F. Linard, 1881-1884, 3 vol.

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de mieux couvrir le territoire dpartemental s 'est fait ressentir ds les annes 1860. Toutefois, ce n'est qu'en 1 871 que la Socit des Lettres, Sciences et Arts de Bar-le-Duc est cre. Cette nouvelle structure dpartementale attire le comte H. de Widranges qui insuffle, aux cts de L. Maxe-Werly puis de L. Braye une nouvelle dynamique dans le Barrois(31) . Parmi les personnes formes par ces rudits figure notamment L. Schaudel, qui ralise la fouille d 'une villa Breux, d 'une mthodologie exemplaire pour l 'poque(32) (fig. 6).

Fig. 6 : Plan de la villa de Breux fouille par L. Schaudel en 1886 (L. Schaudel, 1888, pl. 1 ) .

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Le foisonnement des dcouvertes issues de relles recherches ou de simples suivis de travaux a ncessit la production d'une synthse gnrale dpartementale. Ce long travail de compilation, men depuis les annes 1830 par F. Linard est finalement publi entre 1 881 et 1 884. Les trois volumes de l 'Archologie de la Meuse consignent, pour la priode s 'tendant de la Prhistoire au Moyen Age plus d'un millier de sites. Dans les notices l 'auteur a insr ses propres comptes-rendus d'oprations. Les fouilles, ou plutt les ramassages de mobilier (lments architecturaux, monnaies, pote-

31) L. Maxe-Werly, 1886, p . 95- 106 ; L. Braye, 1 926, 15 p. 32) L. Schaudel, 1888, p. 1 1 1-133 .

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ries en bon tat de conservation) qu'il a effectus Villers, sur la commune de Balon(33) , montrent cependant dans quel tat d'esprit est encore pratique la discipline cette poque.

La publication de ce recueil a stimul la recherche comme l 'atteste la cration, en 1889, de la Socit des Naturalistes et Archologues du Nord de la Meuse. Cette structure fdrative regroupe entre autres E. Lehuraux et P. Errard, connus pour leurs monographies de sitesC34l et surtout F. Houzelle qui s 'illustre par la fouille d'une importante villa Montmdy(35) (fig. 7) .

'PLAN

VJLLA GALLDROMA!NE

MONTME D Y.

Fig. 7 : Plan de la villa de Montmdy fouille par F. Houzelle. Il s 'agit du plus important tablissement mis au jour en Meuse (F. Houzelle, 1905, p. 9) .

A la fin du XIXe sicle on compte prs de cinquante chercheurs actifs en Meuse. Le nombre de sites ou indices de sites rpertoris pour la priode gallo-romaine s 'lve alors 750 environ, soit prs de la moiti des gisements actuellement connus. Le climat intellectuel favorable qui s 'est install dans le dpartement

33) F. Linard, 1884, p . 25. 34) E. Lehuraux. articles publis de 1 901 1 909, voir notamment 1 907, p . 67-78 ; P. Errard, articles publis de 1904 1931 , voir notamment 1923, p . 29 et 1931 , p . 23-30. 35) F. Houzelle, 1898, p. 20-23 ; 1905, p . 1 -40.

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au sein des socits perdure jusqu' la premire Guerre Mondiale. En Argonne, un nouveau secteur de recherche s 'est ouvert grce aux travaux du docteur Meunier(36) puis de G. Chenet(37) sur les ateliers de cramiques gallo-romains.

Jusqu'en 1914, les socits se multiplient et se renforcent. La preuve en est donne par l 'importance des publications de chaque groupement. La ncessit de raliser de nouvelles synthses se fait ressentir ds le dbut du sicle comme en tmoignent une note manuscrite de J. Meunier retrouve dans ses archives(38) mais aussi la publication de rpertoires annexes dont fait parti le recueil du canton de Fresnes-en-Wovre(39J , vritable complment local l 'Archologie de la Meuse.

La premire Guerre Mondiale marque cependant une profonde mutation dans l 'activit archologique meusienne pour laquelle s 'opre un mouvement de dclin, except en Argonne o un dynamisme particulier s 'est install. Durant la Grande Guerre, au hasard de l 'tablissement d'ouvrages militaires, des sites archologiques ont t dcouverts et les Allemands surtout en ont profit pour raliser des fouilles(40l . A Senon, entre 1916 et 1917 , des fouilles places sous la direction du lieutenant de rserve H. Reiners et de F. Drexel permettent de mettre au jour au lieu-dit Le Bourge un fortin du Bas Empire (fig. 8) et quelques dizaines de mtres, plusieurs btiments du vicus gallo-romain dont des thermes et un petit difice municipal (41 ) .

L'tablissement des zones de combat en Argonne, pendant l 'hivers 1914-1915 et au printemps 1916 , a galement donn l 'occasion aux scientifiques allemands de collecter d'importants lots de cramiques(42l . A partir de cette priode, l 'tude des ateliers de potiers argonnais dpasse le stade rgional avec la cration de deux ples de recherche distincts tablis en France et en Allemagne.

Pour les socits savantes meusiennes, l 'aprs-guerre est marque par l 'amplification de difficults structurelles trouvant leur origine la fois dans la profusion des groupements mais aussi dans

36) Voir notamment J. Meunier, 1905a, p . 137-148 ; 1905b, p . 98 ; 1908, p . 185-198 ; ses archives ont t conserves par G. Chenet. La totalit du fond des deux chercheurs a t vers aux archives dpartementales de la Meuse sous la cote 711. 37) Voir nombreux articles publis de 1907 1945. 38) Cette note est conserve dans le fonds G. Chenet la cote 71 J 29 A.D. Meuse. 39) H. Thorion, J . Bohin J . , 1914. 40) G. Chenet, 1920, p . 239-241 ; 1922b, p . 145-146. 41) F. Drexel, 1918, p . 16-33 ; G. Chenet, 1922b, p . 145-146. 42) La collecte de cramique dcore la molette permettra l 'archologue allemand W. Unversagt de produire la premire synthse sur ce type de cramique (W. Unversagt, 1919, 50 p . ) .

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l 'affaiblissement des recherches archologiques. L'analyse des publications montre clairement, durant l 'entre-deux guerres, une tendance de migration du contenu des articles vers des monographies historiques dans lesquelles les tudes archologiques sont plus rares.

L'activit s 'est dsormais dplace et les socits ne tiennent plus qu'un rle secondaire face aux travaux entreprenants de G. Chenet. Utilisant des techniques d'approches nouvelles, fondes des analyses comparatives du mobilier et des structures, il concentre une grande partie de son nergie tudier de faon mthodique les ateliers de potiers(43l . Le matre tuillier s 'est galement appliqu, ds son retour en Meuse en 1919 , effectuer des recherches dans la partie septentrionale du dpartement. Il a pu, en effet, profiter de la reconstruction des centres urbains et du nivellement des terrains agricoles pour raliser de prcieuses observations archologiques Verdun(44) et Senon(45l . Sa renomme nationale et internationale lui vaut d 'tre lu membre du Comit des Travaux Historiques et Scientifiques et correspondant de l 'Institut de France. Sous ce statut, il ralise plusieurs fouilles dont celles d'une petite villa Auzville(46) et surtout celles d'un fortin gallo-romain Saint-Laurent-sur-Othain(47J . Cette opration dirige en collaboration avec M. Delangle a permis de reconnatre un castellum de la fin du Ille sicle, proximit duquel, se trouvait une petite ncropole

Fig. 8 : Le fortin de Senon ( gauche) et le castellum de Saint-Laurent-SurOthain (A. Grenier, 1931 , p . 448-449) .

des tudes de J. Meunier et de G. Chenet. Le dpouillement analytique de ce catalogue permet d 'valuer le nombre de gisements dcouverts avant la deuxime Guerre Mondiale environ un millier soit 250 de plus qu' la fin du XIXc sicle.

Les travaux des deux scientifiques argonnais ont annonc les mutations mthodologiques de l 'archologie. A ce vaste mouvement structurel, fond sur l 'laboration de mthodes et techniques d 'analyses et sur un renouvellement des problmatiques, s 'est adjoint, en 1941 , un cadre juridique (loi Carcopino) .

La dynamique de recherche meusienne s 'teindra avec le dcs du matre-tuillier en 195 1 . Il faut attendre les annes 1960 pour qu'apparaisse un nouvel lan avec la mise en place des circonscriptions archologiques, fondement de l 'archologie moderne.

3. La documentation rcente Les mutations de l 'archologie durant les dcennies 1960 et

1 970 ont fortement chang la recherche dans ses dmarches et ses finalits. Cette nouvelle impulsion se manifeste, en Meuse, par une augmentation sensible de l 'activit archologique et surtout par un gain qualitatif important que ce soit au niveau des fouilles, sondages, prospections inventaires ou thmatiques.

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-1-

3.1. Les fouilles et sondages

Le Service Rgional de l 'Archologie (S.R.A.) conserve depuis son origine les rapports de fouilles et de sondages raliss par les agents de l 'Etat ou sous leur contrle. Entre 1965 et le milieu des annes 1980, les opration de fouilles programmes et de sauvetage coexistent.

Pour la priode concerne, deux grandes fouilles programmes ont t menes Sorcy et Nasium.

L'opration de Sorcy, place sous la direction de R. Marguet de 1966 1973, a livr, l 'intrieur des remparts et proximit d'une source, deux fana difis durant la seconde moiti du Ier sicle auxquels succde, la fin du He sicle, un nouvel dific cultuel(51 ) (fig. 9).

Les fouilles de Nasium, sur le plateau de Mazeroie, entre Naixaux-Forges et Saint-Amand-sur-Ornain, diriges par CI. Gilquin puis de L. Legin, ont dbut en 1968 et ont dur une vingtaine d'annes. Les recherches de terrain ont consist tudier un fanum rig au dbut de l 'poque augustenne et reconstruit entre 30 et 50 ap. J. -C. L'difice cultuel du deuxime tat, abandonn vers 150 ap. J. -C. se prsente sous la forme d'un temple mixte (fanum sur podium accompagn d'une galerie) lui donnant un caractre original(52) (fig. 9).

Paralllement ces travaux des oprations de sauvetage se sont dveloppes. Les rsultats, consigns l 'origine sous forme de simples courriers, ne font pas l 'objet de rels rapports administratifs avant la fin des annes 1960. Au cours des annes 1970 et 1980, alors que le nombre de sauvetages ne cesse d'augmenter, les oprations programmes diminuent. Ce phnomne illustre le glissement de l 'archologie vers une politique patrimoniale (fig. 10).

Les oprations d 'urgence permettent de renouveler abondamment les connaissances par un accroissement du nombre de sites mme si on ne matrise malheureusement ni l 'emplacement ni les superficies. Ces fouilles, qui taient leur dbut de vritables sauvetages mens avec de faibles moyens, ont t, durant les annes 1980, de mieux en mieux gres afin qu'elles interviennent suffisamment en amont des projets d'amnagement.

51) R. Marguet, rapport de synthse 1966-1973, dactyl. , S.R.A. ; voir l 'article X. Delestre, 1997, p . 375-376. 52) Cl. Gilquin, rapports de synthse 1969-1982, 1974-1977, 1978-1980, 1984-1985 ; CL Gilquin, G. Gnot, 1972 ; L. Legin, 1986-1988, dactyl. , S.R.A. ; voir l 'article L. Legin, 1997, p . 241-243.

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Fig. 9 : Les fana de Sorcy (ci-contre) et ceux de Nasium

(en bas)

1 0 9 8 7 6 5 4 3 2 1 0

(R. Billoret, 1970, p. 295 ; L. Legin, 1997, p. 251 ) .

10m

0 lO 0 lO 1'- 1'- co co .n 6 .n 6

Parmi les oprations importantes des annes 1980, on peut mentionner la fouille d'une cave gallo-romaine Avioth(53) , d'un quartier du vicus de Balon(54) ainsi que de plusieurs fours de potiers Avocourt(55) . Il faut toutefois attendre la second moiti des annes 1980 et le dbut des annes 1990 pour voir s 'oprer une relle coordination entre sondages et fouilles. L'inversement des deux courbes sur le graphique prsent ici correspond une meilleure gestion des l 'activit archologique (fig. 10) . Le Service Rgional d'Archologie est, en effet, depuis cette priode, consult lors de chaque projet d'amnagement, selon les dispositions du code de 1 'urbanisme.

La Meuse, compare la Moselle o la Meurthe-et-Moselle, connat une faible dynamique d 'amnagement, expliquant ainsi le nombre peu lev d'oprations. Dans la pratique, l'instruction des dossiers en amont des projets permet d'effectuer des sondages d 'valuation(56) et c'est partir des informations recueillies que les terrains sont (ou non) librs des contraintes archologiques . L'examen des rsultats des sondages effectus entre 1991 et 1996(57) montre qu'environ une valuation sur cinq a rvl un site intressant la priode comprise entre le vne sicle av. J. -C. et le vne sicle ap. J. -C. Cette faible proportion n'induit pas forcment une faible occupation du sol l 'poque antique, puisqu'il faut la pondrer avec le nombre et la superficie des oprations.

Proportionnellement aux sondages, les rsultats des fouilles de ces cinq dernires annes sont limits. En milieu rural, deux ateliers ont pu tre fouills, l 'un dans la fort de Hesse(58) (fig. 11) et l 'autre Aubrville(59) en 1993. Les grands dcapages des Souhesmes(60) , prs de Verdun, ont livr un habitat rural du Haut-Empire auquel sont associs un four chaux et une petite ncropole du BasEmpire. En milieu urbain, les travaux du Centre Mondial de la Paix(61 ) et surtout ceux du collecteur rive gauche (62) Verdun, en

53) Ph. Yoluer, 1981 . 54) Ph. Voluer, 1978 ; M. Feller, 1985 ; 1987a. 55) M. Feller 1987b- voir galement le chapitre sur les prospections thmatiques. 56) Les sondages sont effectus selon la technique dite "lorraine" qui consiste pratiquer des dcapages sous forme de fentres de 10 mtres de longueur sur 2 mtres de large au moyen d'une pelle mcanique munie d'un godet lisse. En milieu rural, le terrain est ouvert sous forme de fentres disposes en quinconce permettant un chantillonnage de l 'ordre de 6 7 %. En milieu urbain, en revanche, leur emplacement est dtermin en fonction des contraintes du terrain tudi (canalisations, rseaux lectriques . . . ) . 57) Voir les Bilans scientifiques rgionaux annuels du S.R.A. Lorraine . 58) Aprs la dcouverte de cet atelier en 1978 (Lutz, 1983, p . 12 et S . Bucher 1992), M. Feller, 1991 . 59) F. Boura, 1993 (rapport inclus au fichier de la Carte Archologique du S.R.A.) . 60) J. Yanmoerkerke, 1994. 61) M. Keller, 1994. 62) F. Gama, P. Rohmer, 1994.

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1993 , ont permis d 'affiner la connaissance de la topographie urbain e gallo-romaine avec, notamment, l a m i s e e n vidence d ' u n q uarti er structur l e long des berges de l a Meuse(63 ) .

Fig. 1 1 : Four cramiques com munes de la Fort de Hesse ( H .007 ) (cl ich M . Fel l e r ) .

Le nombre total des fo uilles e t des sondages est , e n dfi n itive, trs l imit puisq u ' i l s ' l ve une quarantaine d 'oprations e n 40 ans. Au niveau des rapports, on observe depuis ces trente dernires a n nes, une amlioration qualitative constante, mouvement parallle au dveloppement de l a recherche. Les documents an trieurs aux annes 1 990 sont toutefois trs ingaux entre eux e t c 'est dans une optique d ' uniformisation qu'ont t cres les normes des Documents Finaux de Synthse (D.F. S. )

3.2. Les prospections-inventaires

Dans Je cadre de la Carte Archologique du Service Rgional de l 'Archologie, des travaux d'inventaire sont effectus chaque anne au moyen de prospections ariennes et pdestres.

3.2.1. La prospection arienne Grce la photographie arienne basse altitude, il est pos

sible de reprer les anomalies du sol correspondant des vestiges archologiques (indices sciographiques, phytographiques ou pdographiques) . Cette mthode s 'est dveloppe en France au cours des annes 1970, priode durant laqueJJe on trouve, en Meuse, quelques oprations issues d 'initiatives isoles(65l . Il faut cependant attendre 1 989 pour qu'un programme de prospection gnral et rationalis soit mis en place par le S.R.A. Sept quipes, encadres par la Carte Archologique, sillonnent l 'espace lorrain grce au soutien financier de la Sous-Direction de l 'Archologie et des Conseils gnraux(66) . Le travail de chaque quipe vise recenser le plus grand nombre de structures en un dlais le plus court possible. La reconnaissance des anomalies constitue la premire tape du travail, la seconde concerne l ' interprtation et l 'indexation des documents.

Les prospections ralises en Meuse permettent, chaque anne, d 'acqurir, pour la priode concerne, quelques dizaines de sites indits et d'apporter environ autant de donnes complmentaires. Entre 1989 et 1996 ont t recenss plus d'une centaine de sites gallo-romains auxquels il faut adjoindre prs de 300 gisements indtermins. Comme on peut le voir, une grande partie des donnes ncessite une vrification au sol afin de pouvoir disposer d'interprtations fiables. Or, en Meuse, ce travail a t largement dlaiss , faute de temps et de moyens. Les informations sont donc actuellement stockes en masse afin d'alimenter la Carte Archologique pour qu'elle puisse remplir pleinement son rle patrimonial.

Les clichs meusiens ne font encore l 'objet d'aucune tude systmatique touchant la reconstitution des paysages et parcellaires anciens. Ce domaine de recherche, reposant aussi sur des examens cartographiques(67) s 'avre pourtant, au regard des dpartements

65) Notamment les prospections de L. Collin et de G. Poplineau en 1976. 66) Il s 'agit de R. Berton, O. Faye, Ph. Frigrio, D . Jacquemot, B . Muller , J .-C. Sztuka et S . Tylcz que nous remercions pour leurs travaux. 67) L'tude du parcellaire ne se limite, en effet, pas au seul examen de photographies ariennes qu'elles soient obliques ou verticales mais doit galement se fonder sur une analyse des cartes et des plans cadastraux. Le principe d'utilisation de ces documents tient au fait que des formes contemporaines du paysage peuvent avoir pig des formes anciennes qui sont ponctuelles (un site), linaires (un chemin) ou spatiales (une organisation cadastrale) .

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voisins, trs riche en enseignements et devrait tre plus dvelopp en Meuse, dpartement pour lequel la connaissance est surtout fonde sur les rsultats de prospections pdestres.

3.2.2. La prospection pdestre La prospection pdestre ou walking field constitue la mthode

d 'acquisition de donnes archologiques la plus rpandue et demeure aujourd'hui un des liens entre archologues bnvoles et professionnels. La prospection au sol s 'est fortement dveloppe durant les annes 1 970 et 1980. La multiplication des programmes a permis de mettre en vidence la diversit et la densit de l 'occupation du sol. La mthode consiste relever au sol tout indice archologique qu'il s 'agisse de concentrations de mobilier, d 'pandages ou d 'observations de micro-reliefs. La prospection, tout comme les autres disciplines archologiques, a ses limites puisque mme dans les meilleures conditions, les rsultats obtenus ne seront qu'une vision dforme de la ralit(68J . Depuis la cration des circonscriptions archologiques, les prospections ont t de plus en plus encadres et enrichies, au fil des annes, d'acquis mthodologiques importants.

En Lorraine, ce sont majoritairement des quipes de bnvoles qui ralisent ces oprations sous autorisation prfectorale annuelle. Depuis 1991 , une centaine d'entre elles ont t dlivres pour le dpartement. L'activit reste cependant concentre, chaque anne, autour d'un noyau dur d'une dizaine de personnes trs actives(69J . Rgulirement, les informations recueillies sont consignes dans des rapports mais aussi (et surtout) dans les fichiers de la Carte Archologique.

L'emploi de cette mthode a permis de recenser prs de 300 sites gallo-romains (tablissements ruraux ou btiments fonction indtermine principalement) . L'examen approfondi des rsultats l 'chelle du dpartement livre un bilan assez mitig .

La qualit de l 'information, est d 'abord trs ingale et varie, en fait, en fonction de l 'exprience des prospecteurs et des mthodes de ramassage employes (fluctuation du maillage par exemple) . Une distorsion s 'opre aussi dans la reconnaissance du mobilier. Des collectes slectives d'artefacts sont, en effet, ralises volontai-

68) A. Ferdire, E . Zadora-Rio (dir.) , La prospection archologique, paysage et peuplement, Paris, D.A.F. , 3, 1982, 178 p. 69) Que J.-M. Baldauf, D. et L. Collin , J.-M. Goutorbe, O. et G. Guillot, D. Henry, D . Herbinay, A. Janot, Ch. Pautrot, J.-C. Sztuka ainsi que G. Viller soient remercis pour leurs travaux.

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rement mais aussi invo l ontairement. Dans l a pratique, chaque prospecte ur a une connai ssance et une aptitude propre reconnatre certains types de mobil ier. S ' aj oute ce phnomne un second li la reconnaissance du matriel difficilement reprable dans les labours (tessons ayant la mme couleur que le sol ) . I l en rsulte une sous-reprsentation d e catgories entires de mobilier. O n s ' e nferme alors dans une rflexion circulaire dans laque l l e les prospect eurs, ne connaissant pas le mobilier sous-reprsent, ne peuvent le chercher et donc le trouver(70) (fig. 12) .

2 5

2 0

1 5

1 0

5

0 C\J (") ' , d. Errance, Paris, 1 998, 224 p.

92

OC! (J) (J)

3.3. Les prospections thmatiques

A l'inverse des prospections-inventaires classiques, les tudes thmatiques privilgient les aspects qualitatifs. Les diffrents rsultats permettent de disposer de donnes prcises et fiables. Les programmes sont, en Meuse, malheureusement peu nombreux et trs ponctuels. Depuis la cration du S.R.A. , seulement quatre projets de grande ampleur ont t dvelopps. Ils se sont intresss soit l 'tude de l 'occupation du sol, soit celle des ateliers de potiers argonnats.

Le projet de construction de la ligne du TGV-Est a permis de raliser une tude extensive de l 'espace rural portant sur un tronon de 60 km de long sur 100 rn de large et s 'tendant du Seuil d 'Argonne Benney-en-Wovre. Le trac a t prospect durant quatre campagnes ( 1992-1995) par une quipe de bnvoles coordonne par D. Henry. Grce cette opration, 20 sites gallo-romains (essentiellement de petits tablissements ruraux) ont t reprs(71 J . Durant la mme priode, des campagnes de prospections ont galement eu lieu dans le canton de Spincourt. L'opration, mene par M. Feller et V. Schemmama et tablie sur trois ans (1993- 1996) , a consist, en donnant un aperu le plus complet possible du potentiel archologique et patrimonial, produire un outil de connaissance, de gestion et de promotion du canton. Le travail d'acquisition des donnes s 'est ax sur des recherches documentaires, la vrification au sol des sites et la ralisation de prospections systmatiques chantillonnes. Les dpouillements ont livr plusieurs dizaines de nouveaux sites gallo-romains qui ont t vrifis sur le terrain. Les rsultats, qui sont en cours de traitement, montrent qu'environ 20% des gisements anciens peuvent tre relocaliss(72J .

L'intrt port aux ateliers d 'Argonne a t de nouveau suscit, partir de la fin des annes 1970, par la ralisation de dfrichements et de mises en culture qui ont occasionn la mise au jour de nouvelles structures. Ces dcouvertes se sont sold, en 1 985 , par l 'tablissement d'un programme de recherche destin relocaliser les fours anciennement attests et en dcouvrir de nouveaux. Les reconnaissances gnrales au sol ont t suivies de prospections fines et de sondages. Deux officines ont fait l 'objet d'tudes plus pousses. A Vauquois, dans la clairire des A !lieux, une prospection carroye a t engage. Cette mthode, galement applique, en 1 987, pour l 'atelier du Prix des Blanches Avocourt a fait l 'objet de complments par prospection lectromagntique. Cette campagne

71) D. Henry, 1995. 72) M. Feller, V. Schemamma, 1995.

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s 'est ensuite solde par la ralisation d'une srie de sondages puis d 'une fouille qui a livr deux fours(73) .

En 1995, une nouvelle opration place sous l a direction de S. Van Der Leeuw a t mise en place. Les objectifs de cette tude, tablis au dpart sur trois ans (1995- 1998) , reposent sur la constitution de cartes du potentiel archologique labores partir des donnes existantes mais aussi acquises par de nouvelles prospections (pdestres, gophysiques, carottages) . L'outil cartographique informatis (S.I .G.) permettra, terme, de donner de nouvelles orientations de recherche mais aussi de gestion patrimoniale. La collecte et l 'tude du mobilier sont insres au sein d'un projetpilote en cramologie destin tester les mthodes d'analyses actuelles et constituer un tessonnier rgional. Les travaux, en cours, ont port jusqu' prsent sur l 'tablissement de cartes du potentiel pour les sites dj recenss mais aussi nouvellement reconnus. Les recherches de terrain sont axes sur la localisation et l ' identification des ateliers existants (ramassages de surface, prospections gomagntiques, carottages) et sur la conduite de prospections pdestres dans des secteurs jusque-l inconnus. La poursuite de ce projet permettra d'affiner les connaissances dj acquises sur les ateliers de potiers e t leurs productions mais aussi de mieux les protger(74) .

4. Apports et perspectives L'inventaire des diffrentes sources disponibles pour l 'tude

du dpartement de la Meuse montre qu'elles sont relativement nombreuses et diversifies. Leur analyse a permis d 'individualiser prs de 1650 sites ou indices de sites se rapportant l 'poque galloromaine

seule 43 % de l 'information est localise de faon prcise. Ce taux reprsente environ 450 sites correspondant essentiellement aux recherches rcentes.

Les rapports de fouilles ou sondages ne reprsentent que 4 % des sources rcentes disponibles. Les oprations programmes ralises entre le milieu des annes 1960 et la fin des annes 1 980 sont peu nombreuses et leur apport se limite l 'tude de structures cultuelles de type indigne Nasium et Sorcy. Le dveloppement des fouilles de sauvetage, surtout partir des annes 1 970, n 'a renouvel que trs lentement les connaissances. La faiblesse des surfaces fouilles que ce soit en milieu urbain ou rural n'offre, la plupart du temps, qu'une information relativement limite. Les fouilles extensives comme aux Souhesmes et dans une certaine mesure Balon restent rares.

Les deux principales sources d'informations, sont donc les prospections ariennes et pdestres qui reprsentent elles seules prs de 95 % des donnes rcentes.

Les rsultats de prospections ariennes sont recueillis rgulirement depuis dix ans. Si la mthode offre une vision extensive de l 'occupation du sol, ses lacunes se trouvent au niveau de la dtermination prcise et de la datation des formes repres lors des survols. L'absence de vrification systmatique des gisements est flagrante et limite fortement leur comprhension. Une meilleure adquation entre les prospections ariennes et pdestres doit par consquent se dvelopper(76) .

Les prospections pdestres engages depuis plus de 20 ans apportent galement une information abondante. A ce jour, prs de 300 sites ont pu tre dtects par cette mthode. Cependant, une nouvelle fois, l ' information demeure lacunaire. Les sites ont t recherchs dans une optique patrimoniale privilgiant des aspects quantitatifs. Les gisements ne sont actuellement apprhends que sous une forme ponctuelle dnue de considrations environnementales. De mme, le mobilier qui n'est parfois ramass que partiellement (involontairement ou volontairement) , n'est dat que grossirement. L'absence de ce type d'information, pourtant indispensable, freine l 'tude du peuplement et de son volution. Ces proccupations ne sont, en fait , abordes qu' travers des programmes thmatiques malheureusement trop rares.

76) A ce titre, les travaux mens dans le nord Meusien par J.-C. Sztuka sont exemplaires puisque ce dernier utilise les survols pour dtecter de nouveaux sites mais aussi pour vrifier ceux qu'il a dcouverts par prospection pdestre.

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L'examen attentif de l 'ensemble des donnes recueillies montre toutefois qu'il ne faut pas se limiter seulement seulement la documentation rcente. Les gisements ou les dcouvertes mal localises au sein d 'une commune ont une importance la fois individuelle mais aussi collective lorsqu'ils sont rapports l 'chelle du dpartement. La carte gnrale des densits d'informations montre, en effet, une sensibilit archologique gnralise.

Pour les 1650 sites rpertoris seulement 39 % de l 'information est localise. Les cartes de rpartition montrent que les gisements sont concentrs dans le Val de Meuse, dans la valle de l 'Ornain et de la Saulx mais aussi en Argonne et dans les cantons de Spincourt et de Fresnes-en-Wovre au nord-est. La comparaison des donnes localises (fig. 14) avec celles non localises (fig. 13) montre, que les vides sont fictifs, surtout pour l 'extrme sud meusien, la valle de l 'Aire et le secteur septentrional de Verdun. Les concentrations apparentes ne correspondent pas non plus des secteurs plus intensment peupls mais refltent l 'tat de la recherche. Chacune de ces zones peut tre attribue, en effet, un programme spcifique (Argonne, canton de Spincourt par exemple) .

I l apparat par consquent que les donnes acquises ne permettent pas de disposer d'une vision globale de l 'occupation du sol mais peuvent servir planifier l 'tablissement de nouvelles prospections privilgiant surtout les secteurs encore inconnus afin de pouvoir dbuter une relle analyse du peuplement.

Si l 'on se porte uniquement sur les secteurs bien connus comme le Val de Meuse, la valle de l 'Ornain, de la Saulx, le canton de Fresnes-en-Wovre et celui de Spincourt (l 'Argonne est mise part car elle fait l 'objet depuis plus de dix ans de programmes) , de nouvelles difficults apparaissent . A l 'chelle o ces zones sont reprsentes sur la carte prsente (fig. 14) , les concentrations donnent l 'image d'un semis dense. Or, par un examen macro-rgional on observe qu'un nouveau mitage apparat. Il est certain que la prospection pdestre ne permet pas de dtecter tous les sites. Mais, l 'heure actuelle, au niveau communal et quelques exceptions prs, nous ne sommes plus en mesure de dterminer avec prcision quelles sont les zones qui ont fait l 'objet de prospections srieuses. Le seul pointage des sites est insuffisant et doit tre absolument accompagn de la liste des parcelles qui ont t tudies et prendre aussi en compte l 'absence de gisement ainsi que la prsence de mobilier issu d'pandages. De mme, la comparaison des diffrentes zones de prospection n'est, actuellement, que d'une utilit trs limite car les espaces connus sont encore trop dpendants des mthodologies spcifiques des intervenants. Toutefois,

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ces diffrentes constatations sur l 'tat de l'information ne doivent pas laisser penser que le bilan est totalement ngatif. Elles doivent, au contraire, avoir un effet stimulant puisque l 'analyse systmatique des gisements offre de multiples possibilits de recherche.

L'examen de la documentation archologique constitue depuis l 'poque moderne montre que les informations sont majoritairement issues de dcouvertes anciennes. Les oprations archologiques rcentes ont permis d 'accrotre le nombre de sites. La majorit de ces travaux a cependant t effectue dans le cadre d 'inventaires privilgiant l 'aspect quantitatif plutt que la qualit des donnes. Pour qualifier l 'tat de la documentation actuellement acquise, on pourrait reprendre l 'expression du grand historien originaire de la Meuse F. Braudel Le poids du nombre

Carte des sites gallo-romains non localiss

Lgende

o.._-==--==-2iii5 Km 5 10 sites 2 5 sites c=J 1 2 sites

98

Fig. 13 : Carte des sites ou indices de sites gallo-romains mal localiss (DAO FM).

D 400-500 m D 300-400 m 0 D 200-300 m D 1 00-200 m

Fig. 14 : Carte des sites ou indices de sites gallo-romains localiss prcisment (DAO FM) .

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