Interd©pendances 86 extrait

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Flipbook, ID86

Text of Interd©pendances 86 extrait

  • Prix au numro : 5 - ISSN : 1155-2859

    juillet-aot-septembre 2012 N86

    dcouvrirenrayer la surpche

    portraittarun tejpal secOuer les esprIts

    parcoursantOnIO melOtO cOnstruIre cOntre la pauvret

    DOSSIER

    La tentation du slow

    Style de vie, management, consommation...

  • 86Nwww.interdependances.org juillet-aot-septembre 2012

    est une publication trimestrielle de Presscode pour Insertion et Alternatives / Groupe SOS - e-mail : contact@interdependances.org. En ligne : www.interdependances.org Directeur de la publication : Jean-Marc Borello (jmb@groupe-sos.org). Editeur : Gilles Dumoulin (gd@groupe-sos.org). Comit dorientation : Johanne Azous, Julien Bayou, Rmi Camy-Peyret, Eve Chiapello, Stphane Coste, Vincent David, Hichem Demortier, Herv Defalvard, Alain Dtolle, Myriam Faivre, Tarik Ghezali, Matthieu Grosset, Olivier Joviado, Eric Larpin, Jean-Marie Legrand, Franois Longrinas, Philippe Merlant, Jean-Philippe Milsy, Pierre Rabhi, Florence Rizzo, Patrick Viveret, Laura Winn. Directeur de la rdaction : Nicolas Froissard (nicolas.froissard@interdependances.org). Rdactrice en chef : Louise Bartlett (louise.bartlett@interdependances.org) Secrtaire de rdaction : Magali Jourdan (magali.jourdan@interdependances.org) Ont collabor ce numro : Yann Auger, Coraline Bertrand, Romain Dichampt, Emilie Drugeon, Rjane Ereau, Chlo Goudenhooft, Guillaume Guitton, Olivier Joviado, La Navette, David Le Doar, Thibaut Ring, Magali Sennane. Direction artistique : Franois Bgnez (franois.begnez@presscode.fr) Maquettistes : Blandine Ollivier, Sara Cruz-Fernndez (www.presscode.fr). Stagiaire : Mlodie Agnese. Illustrations : Charlotte Moreau. Impression : Graph 2000 - 61203 Argentan (imprimerie certifie PEFC et Imprimvert). Dpt lgal : parution. Commission paritaire : 1011 G 83337. Numro ISSN : 1155-2859. La reproduction, mme partielle, darticles ou de documents parus dans Interdpendances est soumise notre autorisation pralable. Ple mdia du Groupe SOS : Guillaume Guitton (guillaume.guitton@groupe-sos.org). SOS Insertion et Alternatives est une association loi de 1901. Sige social et dlgation gnrale Groupe SOS : 102, rue Amelot, 75011 Paris - Tl. : 01 58 30 55 55 - Fax : 01 58 30 55 79 - www.groupe-sos.org - Entreprise sociale, le Groupe SOS dveloppe des activits qui concilient efficacit conomique et intrt gnral. Cr il y a 28 ans, il rpond aux besoins fondamentaux de la socit : ducation, sant, insertion, logement, emploi Le Groupe SOS compte aujourdhui prs de 10 000 salaris au sein de 283 tablissements et services prsents en France mtropolitaine, en Guyane, Mayotte et la Runion. Gestion des abonns : Philippe Morlhon, France Hennique. Tl. : 04 96 11 05 89 (abonnements@interdependances.org). Edition : Presscode - 27, rue Vacon - 13001 Marseille - Tl. : 04 96 11 05 80 - Fax : 04 96 11 05 81 - www.presscode.fr

    Impression ralise sur papier 100 % recycl Rgie publicitaire & partenariats : Mediathic - Fayal Boulkout. Tl. : 06 37 15 34 07 / 01 56 63 94 58 - faycal.boukout@groupe-sos.org - 80/84, rue de Paris - 93100 Montreuil

    dcouvrir Socit PORTRAIT36 tarun tejpal secouer les esprits

    STylE DE vIE, mAnAgEmEnT, COnSO...

    la tentation du slowDOSSIER p.22

    DITO5 ralentir

    6 REgARDER

    8 vnementS

    a mintreSS10 lactualit du secteur

    approfondir60 livres, documentaires...

    pour aller plus loin

    cuLture61 expos, photo, docu, musique

    choiSir63 mode, dco, loisirs...

    responsables

    opinion

    entreprendre SAvOIR-fAIRE12 la fondation abrite

    PARCOuRS DEnTREPREnEuR SOCIAl13 antonio meloto,

    construire contre la pauvret

    hAnDICAP48 a cheval contre lautisme

    DbAT46 euthanasie, suicide assist...

    Doit-on lgifrer ?

    rfLchir COnOmIE51 le nolibralisme, rupture

    ou continuit ?

    POlITIquE54 les think tanks lassaut

    du dbat public

    EmPlOIS vERTS39 solidaire puissance deux

    vOyAgE41 eco-tourisme fertile au sahara

    bOnnES PRATIquES44 enrayer la surpche

    zOOm16 azote liquide les exclusions

    TERRITOIRE19 ess en rgion centre

    Dvelopper llan

    11 agro-cologie en terre rionnaise, laurat du prix jeuness

    58 La bienveillance au cur de lentreprise Interview de jean-Franois rial, pDG de voyageurs du monde

  • 5juillet-aot-septembre 2012 | Interdpendances n 86

    DITO

    louIse bartlett, rdactrIce eN chef

    Reconnecter en douceur avec lessentiel Combien de fois a-t-on entendu cette proposition, voir ressenti comme une injonction absurde la suggestion de prendre le temps dapprcier des plaisirs simples, presss comme on peut ltre amliorer sa personne et ses performances.

    Les nombreuses dclinaisons du slow , anglicisme utilis en raction au fast , fast food dans un premier temps, et progressivement contre des excs en tous genres, proposent avant tout de retrouver un peu de bon sens. Question de consommation, qui dpasse la consommation. Dj, dans les annes 60 et 70, des protestations contre le bonheur en bote se faisaient entendre. Invitations prendre le temps de vivre, ne pas perdre sa vie la gagner, mouvement peace and love On peut en sourire aujourdhui, ou se dsoler de constater que quarante ans plus tard, la course se soit intensifie ; que des bonheurs moins matriels et la simple apprciation des instants soient rests alternatifs.

    Il ne sagit pas dentretenir la nostalgie dun pass bienheureux. Il ny a pas dpoque idale. Ou plutt tant dges dor ont t clbrs depuis si longtemps, on imagine assez facilement que chaque re comportait ses disfonctionnements, injustices et insatisfactions.

    Pour ce numro dt, Interdpendances propose un tour dhorizon de pratiques qui, sans sopposer au monde actuel, y intgrent un rapport plus calme au temps et plus proche des sources. Du mouvement slow n en Italie, au tourisme durable dans le grand Sud marocain, en passant par la faon dont des artistes travaillent la matire sociale, ou encore diffrentes approches de troubles mentaux, o lon tente de ne pas se noyer dans la modernit. Lessentiel, dans tout le foisonnement de possibilits, est la rencontre avec lautre et lcoute de soi. Le contact rel en somme. Comme souvent, on touche au clich : ce que lon fait de certaines vidences force de les rpter. Heureusement, on peut aussi les vivre. d

    RAlEnTIR

    hOm

    arD

    paye

    tte

  • REgARDER

    6 juillet-aot-septembre 2012 | Interdpendances n 86

    ed est conseiller dans un centre daide et de soins pour enfants et adoles-cents prsentant des troubles psychiques, Wakanyeja Pawicayapi ( les en-fants dabord ) Porcupine, village de la communaut lakota. Je pense que le soin et le mieux-tre passent par le retour la voie traditionnelle lakota. on est tous dconnects de nos jours . crmonies, conseils familiaux, quitation, visite des lieux sacrs font partie des soins. des adolescents viennent ici avec des diagnostics de schizophrnie, poss par des mdecins blancs, explique la directrice du centre, s. ramona White Plume. le medicine man pratique la cr-monie Wopasi pour reprer les traumatismes. les esprits lui indiquent la cause du problme et les soins pratiquer. le diagnostic de schizophrnie peut alors tomber. lhomme, seul, na pas le pouvoir de gurir.

    Ed Iron Cloud, rserve de Pine Ridge, Dakota du sudPhoto de stphane Moiroux (hans lucas). reportage Wakan, regards sur la folie ralis avec laure Gruel, 2010

  • REgARDER

    7juillet-aot-septembre 2012 | Interdpendances n 86

    dans le cadre de ce reportage sur la perception de la folie dans la communaut lakota, la coiffe a t photographie lors dun pow wow environ 30 km de Porcupine, batesland, dans la mme rserve de Pine ridge. lvnement est organis par lcole du village et runit tous les enfants et adolescents dan-seurs de pow wow de la rserve. ce rassemblement traditionnel est aujourdhui trs courant et apprci Pine ridge. Il marque un certain retour aux valeurs traditionnelles lakotas, en pleine rmergence depuis la leve dinterdiction sur leur pratique (1975). aujourdhui, les habitants de la rserve semblent osciller en permanence entre la voie occidentale et la voie lakota. chacun se situe diffrents degrs sur cet ventail des croyances et des modes de vies. la perception de la folie et les soins proposs dpendent de ce positionnement.

    Pow wow, rserve de Pine Ridge, Dakota du sudPhoto de stphane Moiroux (hans lucas). reportage Wakan, regards sur la folie ralis avec laure Gruel, 2010

  • PARCOuRS DEnTREPREnEuR SOCIAl | EnTREPREnDRE

    13juillet-aot-septembre 2012 | Interdpendances n 86

    Destin une brillante carrire de cadre, antonio meloto a prfr aider ses concitoyens philippins sortir de la pauvret avec son OnG, Gawad kalinga. sa mthode ? Insuffler estime de soi, partage et entraide.

    construire contre la pauvret

    out commence par une prise de conscience : Les Philip-pines sont dotes dimpor-tantes richesses naturelles

    et ne devraient pas tre pauvres . Nous sommes en 1985, Antonio Meloto a 35 ans. Mari, pre de quatre enfants, il jouit dune situation confortable. Direc-teur des achats chez Procter & Gamble, il sinterroge face lampleur de la pau-vret dans son pays. Issu dune famille

    ANtoNiomELoto gAwADKALiNgA

    t modeste, le jeune cadre estime que les Philippines souffrent dun dficit de valeurs, dune certaine pauvret de lme , et dune perte de sens moral. Il dcide de travailler sur ces causes, selon lui, de la misre.

    AlarencontredescriminelsFervent chrtien, dans un pays trs catholique, Antonio Meloto dit Tito Tony en est convaincu : pour radi-

    quer la pauvret, il faut que les gens aient des perspectives, des projets. Il tisse des liens avec des membres de gangs et de jeunes dlinquants de Bagong Silang, un bidonville de la ban-lieue de Manille. Je leur appor