Historique de la ville de Thetford Mines

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titre au complet: Historique de la ville de Thetford Mines depuis sa fondation jusqu'à nos jours 1876-1910 auteur: abbé Alphonse Legendre date de publication: 1910

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    '. THETFORD MINES

    DEPUIS SA FONDATION JUSQU'A NOS JOURS I876 .... 1910

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    THETFORD MINES

    Publi avec la permission de l'autorit ecclsiastique

    QUBEC "L'ACTION SOCIALE LTE,"

    13, Rue Ste-Anne

    11 .cra boa ua Joar do so rappeler CCI cho.es .

  • B I B L 'O THEQ U CEGE P

    THETFORD MINES

    J. A. D'AUTEUIL, ptre,

    $on

  • HISTORIQUE DE LA VILLE DE THHfORD MI ES 1876-1910

    PROLOGUE

    Je "enais de prendr~ place un jour dans un wagon d chemin de fer " Qubec Central", partant de Thetford Mine pour Uns, quand un monsieur, g d'environ cinquante an: s'approcha de moi et prit place mes cts .

    Yous tes de cette ville, je suppose"? me dit-il.-" Oui Monsieur", lui rpondis-je le plus courtoisement possiblE heureus: de trou"er si vite un compagnon de route .

    .. Stwez-yous que les choses ont bien chang ici depuis un vingtaine d'annes?" continua-t-il. Croyant deviner 1 reveil d'un souvenir assez lointain dj, piqu aussi par 1. plus lgitime intrt, je m'empressai de lui demander: "Thet ford a dj t l'objet d'une de vos visites, je suppose? "

    Puis commena un entretien qu'il serait trop long dl raconter ici.-" J'tais un des premiers mineurs en 1877, et j'~ suis demeur deux ans." Tel en fut le dbut. Puis il ml raconta diffrents faits d'alors, que je raconterai moi-mme dan! la suite: mais, hlas, il en avait oubli la grande partie.

    C'est justement pendant ce parcours de Thetford Lvl que l'ide me ,;nt de faire ,je ne dis pas l'histoire de mor

    ,illag~, mais une classification ou un tableau chronologique dl ces faits. oublis de quelques-uns, pour ne pas dire de la plupart et dont il fait toujours plaisir de se rappeler le souvenir. Loir de moi tout esprit de critique. Je laisse la tche, si touterou il y Il lieu, celui qui plus tard entreprendra d'en faire la vri table histoire.

  • 6 PROLOGl'E

    Le village de St-Alphonse, que l'on appelle aujourd'hui la "ille de Thetford, entre a"ec 1910 dans sa trente-quatrime anne d'existence. Ce petit coin de terre pour ainsi dire ignor cette poque dans cette grande tendue des Cantons de l'Est, n'tait, lwant l'arrive des premiers colons. qu'une large plaint' marcageuse, et il. l'endroit o se trouve cons-truite la grande partie de nos coquettes habitations, s'le-vaient les grands arbres de nos forts. Le 501

  • PREMIHE 1::POQUE

    1876-1885

    LA MISSION

  • 8 HISTORIQUE DE L.'

    PRE~nRE POQCE

    1876-1885

    LA MISSION

    Saint-Adrien d'Irlande et Sacr-Cur de Jsus taient depuis assez longtemps dj constitus en paroisses, ayant chacune leur Pasteur respectif, quand pour la premire fois on vit quelques maisons en construction sur leurs limites extrmes. Les paroisses de Leeds et du Lac Noir n'existaient pas encore, et pour se rendre de Saint-Adrien au Sacr-Cur de Jsus, ou vice-versa, l'on suivait,;au;dire des anciens, une route ,. trace . travers le grand bois et les savanes". Ce chemin tait ce que nous appelons aujourd'hui la route de Robertson, ou le grand chemin public .

    . . . Voil. ce qui explique l'ouverture de nou\'elles terres le long de ce grand chemin. Dans leurs voyages d'une paroisse . l'autre, les cultivateurs remarqurent sans doute diffrents lots, de meilleure apparence que les autres, et se les firent concder. C'est ainsi que les voyageurs pouvaient voir cette poque plusieurs terres en voie d'exploitation dans le 7ime et dans le 4ime rang, bien que les propritaires n'y eussent pas encore des demeures fixes.-Mais c'est partir de 1876 que nous voyons se former le premier noyau de cultivateurs,et le grain, d'o devait sortir l'arbre que nOUl! voyons aujourd'hui dans son plein dveloppement, tait sem.

    Les documents nous ont conserv quelques-uns des noms de ces pionniers, mais par malheur les autres sont demeurs dans l'oubli. MM. Napolon Mtivier--Honor ~Iorisset Nazaire Breton-Jean Vall~e--Georges Vallires-Firmin Cyr-Georges Delisle--Thomas Gagn-Stanislas Royer--William Gingras-Thophile Turgeon - Richard Topping - Joseph Fecteau-Pierre Bourgault-Joseph Roy et Onsime Gilbert.

  • '\"ILLE DE THETFORD MINES 9

    Maintenant que l'on cherche dans toutes les pages de notre histoire, et l'on ne ,"erra jamais un groupe de colons canadiens-franais s'tablir quelque part, sans voir s'lever aussitt .une petite chapelle.-C'est l que le laboureur,aprs les fatigues d"une longue semaine de travail, vient genoux assister pieuse-ment aux saints mystres, demander au Seigneur de bnir ses efforts, et chercher des consolations aux pieds du Ministre de Dieu.-On ne sera donc pas surpris de voir la mme chose s'oprer dans le ,;llage naissant, tant les colons canadiens-

    . franais ont gard profondment grave dans leurs curs 10 de,;se de leurs anctres: " Par la croix et la charrue JI . Ils adressrent donc une supplique Son Eminenee l~ Cardinal Taschereau, demandant un missionnaire qui p!l.t venir de temps en temps fortifier leur courage et' leUl apporter les se('ours et les consolations de notre SaintE Religion. Son Eminence, en bon pre qui aime bien sel enfants, acquiesa de suite Il. leur demande. Le Rvrenc Monsieur J.-Alphonse D'Auteuil, alors cur de St-Adrier d'Irlande, fut nomm missionnaire. C'est ds cette poqUE que l~ petite mission commena figurer dans les ' registres dE la paroisse de St-Adrien sous le titre de " Mission- de Saint Alphonse JI. -

    Quand.-Par qui.-et comment furent dcouvertes le! mines que l'on ,"oit aujourd'hui dans leur plein fonctionnement et qui, en donnant du tra,ail et du pain tout prs de quatr. milliers de personnes, font la richesse de notre ville et celle d. la Proyince toute entire? Yoil, je pense, des questions qu s'imposent el au];:quelles il fait bon de rpondre de suite.

    La date de la dcouverte de nos mines est trop rcente pou qu"il ~. ait erreur possible. Elle date du mois de juillet de cett anne 18;6. Les opinions sont cependant partages sur celu qui le premier, trouva, comme le disait le vrai dcouvrem

  • 10 HISTORIQt:E DE LA

    .. cette pierre trange, de couleur verte, qui se brisait facilement du bout de l'ongle en donnant quelque chose ressemblant de la soie ". Aprs de nombreuses informations prises auprs du Rvrend ~Ionsieur J.-A. D'Auteuil et des anciens de la paroi:;~e. nou!; crorons pou"oir affirm~r que le nai dcouneur fut

    ~Ionsieur Joseph Fecteau, pre de ~Ionsieur Honor Fectenu. habitant encore la campagne Ilvoisinante.

    Le fait, tout simple qu'il est, ne manque certaill~lllent pas d'intrH.

    l\Ionsieur Joseph Fecteau demeurait depuis peu sur une terre aujourd'hui place dans le septime rang. un hon matin de juillet, il'partit de chez lui pour venir faucher du foin prs du "illage, ou plutt, pour parler plus juste, prs de5-quelques maisons bties dans la partie du village, aujourd'hui Saint-':\Illurice. L'endroit o Monsieur Fecteau tra"aillait se trouve quelques cents pieds de la rue principale actuelle. en suh'ant en ligne droite la jete, dite" dllmp,' de la mine Bell. Aprs quelques heures de travail, M. Fecteau voulant prendre un repos bien mrit et voulant aussi, sans doute. mler l'utile l'agrable, s'en fut quelques pas plus loin pour manger ces fruits si abondants dans nos parages, des bluets. Une pierre attira tout--coup son attention i une pierre bleu-tre, comme nous l'a"ons dj dit, traverse par un petit filet blanc. Quelle ne fut pas sa surprise, quand du bout de l'ongle il parvint il en dtacher quelques fibres blanches, plus douces au toucher que la soie. Le rait, de prime abord, eut, paru aussi trange plus d'un.-M. Fecteau dtacha un morceau de cette pierre. et ne pouvant tenir plus longtemps le secret de sa dcouverte, le montra M. Peter Ward, alors sur les lieux. Celui se rendit de suite Qubec afin de faire analyser la pierre curieuse, mais, chose trange, on lui rpondit qu'elle n'avait aucune valeur. On n'en resta pas l.-La mme pierre fut em'oye aux Etats-Unis, et la rponse fut toute autre. Aprs un examen minutieux, on assura qu'i[ y a"ait l toute une richesse.

    Je m'tais bien propos au dbut de ne faire aucune critique, mais une question s'impose, et c'est celle qui m'a dj

  • VILLE DE THETFORD MINES 11

    t faite plus d'une fois. .. Ce ~Ionsieur Fecteau a dO. faire une fortune"? Hlas, non !-L'on dit souvent qu'un inventeur ne jouit pas ou jouit peu , de son uvre. C'est quelquefois trop vrai, et la premire hypothse s'est ralise pour le dcou-vreur de nos mines. Tandis que d'autres accaparaient le terrain, le pauvre homme retourna sa terre et sa charrue, ne se doutant peut-tre pas de la grande dcouverte qu'il venait de faire. Thetford lui devait et lui doit encore, un juste tribut de reconnaissance, et cependant, il est mort oubli, et sans que son nom figure nulle part pour passer la postrit .

    Je ne crois pas qu'on me blme de vouloir prcipiter les choses si je donne de suite quelques notions sur l'Amiante, sur son mode d'extraction et sur ses divers emplois. Car immdiatement aprs avoir parl de III dcouverte d'un minerai, il ' me semble que deux questions s'imposent: Comment l'extrait-on, et quoi sert-il? Je "oudrais tre minralogiste afin de pouvoir me servir des mots techniques, mais je dois avouer de suite que je le suis bien peu, pour ne pas dire pas du tout.

    L'Amiante est une substance filamenteuse, ressemblant beaucoup, au premier abord, de la pierre. La raison en est qu'un morceau d'amiante se compose de fibres, infiniment fines, plus fines que la soie, tellement presses les unes contre les autres, qu'elles forment un bloc compact ay.ant la densit, et quelques autres proprits de la pierre. L'Amiante se trouve par veines ou par lits dans le roc solide. C'est ainsi qu' Thetford, de mme qu'aux autres endroits o