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  • 8/10/2019 hebdo 745_746

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    Conseil nationalPREMIER BILAN DES TATS GNRAUXPage 2-7

    1,5

    N746-747DU 4 AU 17 OCTOBRE 2014

    10, rue de Solfrino75333 Paris Cedex 07Tl. : 01 45 56 77 52

    [email protected]

    DIRECTRICE DE LA RDACTIONET DIREC-TRICE DE LA PUBLICATION Sarah ProustCO-DIRECTRICE DE LA PUBLICATIONFlorence Bonetti RDACTRICE EN CHEF Sarah Nafti RDACTEURS Stphane Deschamps Philippine Brygo Mlanie Modot PHOTOPhilippe Grangeaud

    Olivier Clment MAQUETTEFlorent Chagnon (79 44) FLASHAGE ET IMPRESSIONPGE (94)Saint-Mand N DE COMMISSION PARITAIRE:0114P11223 ISSN127786772Lhebdo des socialistes est ditpar Solf Communications,tir 29 000 exemplaires

    Vie du PartiZOOM SUR LES FTES DE LA ROSEPage 14

    La rnovationest en marche

    TATS GNRAUX

    dess

    ocialistes

    Le conseil national qui s'est tenu dimanche 12 octobre tait consacraux Etats gnraux. Ce point d'tape a permis de tirer les premiersenseignements des trs nombreuses contributions reues. Lesmilitants sont en qute de sens l'action politique. Ils peuvent encorecontribuer jusqu'au prochain conseil national, le 8 novembre. PourJean-Christophe Cambadlis, ces tats gnraux sont un moment,que j'espre unitaire, de notre offensive dans la bataille politiqueque le PS doit mener contre la droite et l'extrme-droite.

    18 octobreRunion sur les tatsgnraux Argenteuil

    6 dcembreClture des tatsgnraux la Villette

    8 novembreConseil national l'Assemble nationale

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    Je voudrais commencer mon proposen vous parlant des rgles et du Partisocialiste. Le Parti socialiste est unegrande formation qui a une grande

    histoire. Et moi, je ne voudrais pasquau fur et mesure des difficults,notre parti perde ses rflexes, ses tra-ditions, et son histoire. Quand on sebat pour des responsabilits, on lesassume. Et quand on est membre duConseil national, on vient lheure eton reste jusquau bout.Cest le respect, le respect pour ledbat, le respect pour les autres, lerespect pour ceux qui ont des ides, lerespect pour ceux qui combattent. Etquand nous ne nous respectons pas,la gauche ne nous respecte pas. Il fautse respecter dans le dbat. Il ne fautpas prononcer des phrases, des mots,des caractrisations qui sont bles-santes, parce quon blesse ceux quiluttent avec nous. La gauche a tou-

    jours t diverse, il y a toujours eu desmajorits et des minorits ; parfois onest dans la minorit, on se retrouvedans majorit et vice-versa.Il est vident que tout ceci procdedun dbat dides, et cest pour celaquil faut scouter. La synthse nestpas une mauvaise chose, cest lhis-

    toire de notre parti. Et il faudra bienfaire synthse, aprs un congrs dedbats, pour que personne ne se re-trouve au bord du chemin. Ce que jevoudrais que vous compreniez, cestque, dans le modeste mandat quevous mavez confi au Conseil natio-nal et pas encore militant, jessaiede faire en sorte que notre formationpolitique reste debout, unie, configu-re, capable de ragir et dagir dans lerespect, dans le respect de nos parte-naires, videmment, mais aussi dansle respect du gouvernement. Ce gou-vernement, laction du prsident dela Rpublique, est critiquable. Il ny aaucune action humaine qui nest pascritiquable. Mme quand on est dansla minorit, on peut tre critiquable.Mais, mes chers camarades, ce que

    fait ce gouvernement, ce que fait leprsident de la Rpublique, nest pascondamnable. Si nous ne sommespas dans cet quilibre, alors je vous

    dis qu la fin, nous serons tous dansle dsquilibre.

    L'COUTEDES MILITANTS

    Enfin, dernier lment de respect, ilfaut respecter le Parti socialiste, il fautrespecter ses militants, il faut respec-ter ce quils disent, ce quils pensent.Il ne faut pas tre dans le prjug surlautre, parce que dans les preuves,parce que ce sont des preuves etcertaines sont historiques, je vais yrevenir, que nous traversons, il ny aquune seule chose qui doit compterpour nous, cest que, demain, il y aitun Parti socialiste, il y ait des socia-listes, parce que nous savons que,sans Parti socialiste, cest loligarchie,cest la barbarie, cest la remise encause de la dmocratie.

    Aujourdhui, maintenir ce parti, faireen sorte quil soit capable de pesersur les vnements politiques, luidonner une identit qui correspond ce moment politique, cela a toujourst fait, a a toujours t la passiondes socialistes dtre dans leur tempspour agir sur le temps. Oui, cest ceque nous faisons.Et pour cela, il faut analyser quelquepeu la situation politique. Il faut lefaire avec respect et humblement.Nous avons besoin dtre humbles

    les uns envers les autres. Il ny a pasde vrit rvle. Oui, il ny a pas dunct ceux qui seraient minoritaireset donc qui auraient tort, et ceux qui

    seraient majoritaires et qui auraientraison. Mais linverse est aussi vraichers camarades. Ce nest pas parcequil y a une majorit quelle a obliga-toirement tort.

    Donc, il faut discuter entre nous,changer entre nous, affiner entrenous, parce que, partir du momento nous le faisons, nous sommesbeaucoup plus pertinents vis--vis dela population. Chers camarades, nousne traversons pas quune crise co-nomique, nous traversons une crisehistorique. Nous sommes en guerre.Certes, une guerre asymtrique odes hommes et des femmes bardesde bombes peuvent se faire exploserdans un mtro, dans un cinma, dansun march. Une guerre qui a pris sanaissance, videmment, sur la basederreurs historiques, l aussi destats-Unis, mais qui a pris sa nais-sance entre Damas et Bagdad, et quiaujourdhui, percute lensemble dessocits occidentales. Le terrorisme,ce nest pas une mince affaire. Ceci

    mtastase lensemble de la Mdi-terrane, et un de nos compatriotesa t gorg dans lEst de lAlgrie.Et nous savons tous que ceci peut sepasser en France. Et que ceci ne serapas sans consquence.

    Vous avez entendu, comme moi, quungrand journal, celui qui a la devise deBeaumarchais, que ce grand jour-nal a os, os faire un sondage poursavoir si nos compatriotes musul-mans en faisaient assez vis--vis duterrorisme. Cest la mme chose quelon demandait aux juifs entre deuxguerres, sils taient suffisammentpatriotes parce quils taient la cin-quime colonne. Vous vous rendezcompte que le journal, le plus grostirage du matin, ait os faire ceci pour

    Les tatsgnrauxdoivent dfnir

    le nouveauprogressisme Discours de Jean-Christophe Cambadlis

    IL FAUT DISCUTER,

    CHANGER ENTRE NOUS,CELA NOUS REND PLUSPERTINENTS VIS--VISDE LA POPULATION

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    revenir dessus rapidement, videm-ment, mais a en dit long sur ce quipeut se passer dans notre pays sil ya des actions terroristes. Vous voyezparfaitement qui et comment peututiliser ce moment-l. Et ne faitespas comme si cela nexistait pas dansla conscience profonde des Franais.Tout autant, je dis bien tout autant quele chmage, lexclusion, limpt, lessalaires, cela participe de la constitu-tion de la conscience franaise. Et dece point de vue, lattitude du gouver-nement, du Prsident, du Premier mi-nistre, dans ce moment, a beaucoupdimportance. Mais aussi du parti.Je pourrais, mais je ne veux pastre long, aborder des questions quitouchent les Franais, quils voienttous les jours la tlvision, la ques-tion dEbola, par exemple, ne pensezpas que cest secondaire, quil faut

    balayer tout a dun revers de main,parce que ce nest pas le sujet quevous avez envie de mettre lordredu jour. Ce sont des questions es-sentielles parce que cette socit abesoin de protection, et quelle ne senourrit pas simplement de questionsconomiques. Il y a aussi, mais nous yreviendrons, nous consacrerons sre-ment un Conseil national ce dbat,la grande question cologique. Nousallons avoir le sommet climatique etla France devra sur ce plan l, elle lefait dj avec le texte qui a t adoptil y a de cela quelques heures, doittre exemplaire en ce domaine.

    DSACCORDEUROPEN

    Cest la situation internationale. Elleest mouvante. Les Franais peroiventque sur le continent europen, il y ades lments de guerre. Ils sententla tension, et nous devons, nous, tre la hauteur de cette situation. Pas

    simplement le Prsident de la Rpu-blique, il lest, pas simplement legouvernement pour ce quil fait, maisnous aussi dans notre attitude. Oui, il ya une ncessit dune certaine gravitdans cette situation, dautant que ledeuxime vnement, nous en avonsparl, beaucoup dentre nous ont vo-qu cette question, le deuxime v-nement qui va structurer les mois venir, cest le dsaccord europen, jecrois quil faut le nommer. Il y a depuislongtemps, mais il se manifeste au-

    jourdhui dune manire plus forte, undsaccord en Europe. Ce dsaccordeuropen porte sur la caractrisationde la situation actuelle : faible crois-sance, peu dinflation, chute des prix.Sans tre un conomiste distingu,ceci a un nom : cest la dflation. Et

    la France ne demande pas un traite-ment particulier. La France demande ce que lon discute de la situation.Parce que, comme disent les trai-ts, il y a des possibilits dintervenirdans des situations exceptionnelles.Et cest une situation exceptionnelle.Mes amis, mes camarades, Pierre-Alain Muet avait raison de partir dela dclaration du prsident de laRpublique sur la caractrisation dela situation conomique en Europe.Il aurait pu dire, mais cest un clindil, que le Premier secrtaire staitexprim au dbut de lt en disantque nous tions dans la dflation, quenous ne devions pas tenir les 3 %, etque la clarification du prsident de laRpublique tait une rponse unequestion de journaliste : est-ce quevous partagez lavis du Premier secr-taire du Parti socialiste ?

    Franois Hollande partage lavis duPremier secrtaire du Parti socialiste.Chers amis, chers camarades, cenest pas rien. partir du moment oon a cette clarification, on en tire lesconclusions et la conclusion est vi-dente, et elle a t raffirme par leprsident de la Rpublique au som-met de Milan, savoir quon ne peutpas conduire une politique budgtairede la mme manire quand on estdans une priode de faible croissanceet quand on est dans une priode dedflation. Donc, nous nallons pasfaire les 3 % maintenant, nous serons 4, 4,5 dans un an. Alors videmment,

    il y a deux attitudes partir de l, il ya lattitude de lEurope qui est de nousdire (politique ordolibrale) : Vousntes pas dans les clous du trait. Chers amis, chers camarades dso-l mais nous ne sommes pas dansles clous du trait. Et donc, il y a undbat qui va se mener, qui se mnedj. Et moi, je suis trs satisfait quele Premier ministre hier, ait dit que laFrance est un grand pays qui on nefait pas la leon du point de vue de sesarbitrages budgtaires. Nous avonsune perspective, nous allons y arri-ver au rythme que nous avons choisi.Il a raison. Mais, mes amis, nous nesommes pas tous seuls en Europe,nous avons un certain nombre de par-tenaires qui sont parfois des sociaux-dmocrates, et qui ne partagent pas

    notre avis. Nous avons un certainnombre de partenaires qui ont fait desefforts et qui nous disent : Vous tesmarrants, vous, les Franais, nous, on afait les efforts mais vous, vous ne devez

    pas en faire.

    Mais mes chers amis, tout le monde

    comprend quon va tre dans unmoment compliqu, de tension, ami-cale, mais de tension quand mme,en Europe. Alors moi je voudrais que,sur ce sujet-l, o nous allons toustre interpells, o les micros vont setendre, tous les socialistes soient ras-sembls pour dire que nous naccep-tons pas la vision technocratique etordolibrale de la commission Barro-so, car nous navons pas encore cellede Juncker, et que nous soyons danscette confrontation rassembls, cestle moins. Parce que le dbat va se

    mener au sein de la droite aussi, vousle voyez parfaitement, que la droiteva tre oblige de se dterminer parrapport cette question. Soit cest les3 % maintenant, soit cest les 3 % entendance, mais si cest les 3 % main-tenant, cest une politique daustritrenforce, si cest les 3 % en tendance,cest la politique que nous menons.Donc, si nous sommes fermes surnos positions, mme si nous devonsbien sr, cest le rle du parlement,discuter un certain nombre daspectsde la politique budgtaire, videm-ment, mais si nous sommes, sur lesprincipes de cet exercice, rassembls,nous faisons coup double. Un, nousmontrons que les socialistes, que lamajorit est unie Bruxelles, et nouspourrons lemporter. Deux, nous obli-geons la droite se dterminer. Celasappelle partir loffensive politique.Et je crois que Guillaume Balas a euparfaitement raison dans son inter-vention, il faut partir de l et non pasdu compromis quon risque ou quondoit obtenir la fin. Il faut partir de

    cette position et que cette positionsoit supporte par tous, et qu par-tir de l, il y ait des discussions, vi-demment. Mais il ne faut pas partir ducompromis, ou de lattitude amicaleque lon devrait avoir pour commen-cer ouvrir une discussion.

    Mes chers amis, cette dimensioneuropenne, elle est trs importante,et lors du prsidium du Parti socia-liste europen, jai indiqu quelle taitnotre position, ce que je viens de vousdire. Cela na pas fait lunanimit,mais a a t cout. Et jai indiquaussi que, sil y avait des tats gn-raux faire, en Europe, ce serait peut-tre ceux du Parti socialiste europen,parce quil y a de nombreux sujetsquil faut discuter ensemble et il faut

    NOUS N'ACCEPTONS PASLA VISION TECHNOCRATIQUEET ORDOLIBRALE DE LACOMMISSION BARROSO

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    chercher lhomognisation de nospositions en Europe.Troisime lment, cest la situationfranaise. Elle est complique, la si-tuation franaise, parce quelle est la fois volatile, et quen mme temps,nous sommes dans une situation dif-ficile. Nous sommes arrivs au pou-voir en connaissant parfaitement lesdifficults qui taient les ntres, quiseraient les ntres, sur le terrain desdficits et sur le terrain budgtaire.On peut faire beaucoup de reproches Franois Hollande, on ne peut pas direque, dans sa campagne lectorale, ilait promis redistribution sur redis-tribution, il tait mesur. Jentendsquelques camarades, qui murmurentau fond, critiquant lattitude de notrecandidat sur ce sujet.

    Par contre, ce que nous avions moins

    observ, cest bien sr les plans so-ciaux, mais cest ce quHenri a dit tout lheure, savoir que notre capacitindustrielle ne stait pas miette,elle stait effondre, et que noustions passs du deuxime pays dupoint de vue industriel au quatrimeou cinquime pays. Et ceci a desconsquences, parce quil faut assai-nir les finances tout en permettant lacration dentreprises, et permettantaux entreprises dtre comptitives.Il y a dabord un norme succs, parceque a, personne ne le discute, tout lemonde est daccord, quil faut produireavant de redistribuer. Cela na pas ttoujours le cas dans notre formation.Mais faire les deux dans une situa-tion contrainte, cest difficile. Nouslavons fait, et moi, je pense que noussommes un moment charnire :nous avons jet les bases de toute unesrie dlments de construction et deredressement en France. Aujourdhui, la fois parce que, en Europe, nouspouvons tre loffensive, mais parceque nous avons fait ces premiers

    pas dassainissement, nous pouvonsengager une deuxime phase. Cettephase, cest linvestissement, et laprservation dun certain nombre decatgories sociales les plus faiblesdans notre pays.

    Linvestissement, les socialistes leveulent dabord dans les collectivitslocales, et ceci a t dit au gouverne-ment, au Premier ministre. Celui-ci arpondu il y a quelques jours, en indi-quant que des efforts seraient faitsdans ce domaine. Il a voqu aussiles contrats de plan pour quil ny aitpas effondrement de linvestissementpublic. Voil qui va dans le bon sens.Mais je vous coutais, les uns et lesautres, sur la ncessit de linves-tissement. Je voudrais vous parler

    aussi de la ncessit de la solidarit.Parce que nous sommes socialisteset que, soyons clairs entre nous, il ya aujourdhui des collectivits qui fontdes petits paquets et qui refusent dedistribuer ceux qui narrivent pas finir leur fin de mois. Et donc, il y a unedmarche vis--vis du gouvernement,videmment, mais il y a aussi une d-marche vis--vis de nos collectivitsqui accumulent alors que dautres nepeuvent pas terminer leur fin de mois.tre de gauche et vraiment socialiste,cest faire les deux, mes chers cama-rades.

    TENSION POLITIQUE

    Alors, la situation politique, qui ne serduit pas la politique budgtaire,mais la situation politique, elle se

    caractrise par un lment nouveau,cest lirruption dans le champ poli-tique de Nicolas Sarkozy. Son arrive,tonitruante, o il pensait, tel Bona-parte, traversant le pont dArcole etramassant le drapeau de la France,bondir sur lautre rive et emportertout dans son lan, est moins facilequil ne le pense. Mais en mmetemps, elle a produit un effet quenous devons tous mesurer, cest quela droite se prpare non pas simple-ment au congrs de lUMP mais seprpare la primaire. Et vous avezremarqu comme moi, Guillaume ena parl dans son introduction, quuneespce de course poursuite sest d-ploye celui qui ferait la propositionla plus radicale contre notre modlesocial. Tout y passe : fonctionnaires,dficit, Code du travail, mme le beau,le doux Jupp, celui qui va devenirla coqueluche de la droite dans les

    jours qui viennent, qui se propose deremettre en cause laide mdicalepour ceux qui sont sur notre terri-toire sans papiers. Mais tout y passe.

    Et nous serions quand mme un peu

    myopes de ne pas prendre en comptecette donne dans la situation poli-tique. Car cest leur projet quils sonten train de construire. Alors certes,ils ont perdu la bataille de lidentitpuisquils ont ouvert la porte au Frontnational et celui-ci sen est empar.Donc, ils sont obligs, pour rcup-rer les couches qui partent au Frontnational, dtre de plus en plus radicaldans les classiques de la droite durecontre les fonctionnaires, contre leCode du travail, contre les immigrs.Mais a nous donne la possibilit, touten continuant, je vous rassure, de cri-tiquer la politique gouvernementale,de comparer, de comparer ce quenous faisons et ce quils se proposentde faire, de comparer ce qui est notresituation et ce que serait leur situa-tion, non pas simplement, mme sia a son importance pour prparer

    les prochaines chances lectoralesmais parce que moi jai une intuition,cest que si ce programme de la droiteradicale arrivant au pouvoir sappli-quait, la France ne le supporterait pas,et nous aurions le Front national dansles urnes, et une majorit socialedans la rue. Et je crois que la Franceny rsisterait pas. Et donc, cest la fois pour des raisons tactiques etpour des raisons stratgiques quenous allons sortir dans une semaineun tract 4 millions dexemplairesqui va rafrachir la mmoire et mettreen exergue toutes les dclarations etleurs consquences pour notre pays ;et comparer, en critiquant toujours,ce que nous faisons aujourdhui pournotre pays.

    Alors, dans la situation actuelle, il y aquand mme des lments mesu-rer. Eduardo avait raison de parler deZemmour. Il fut un temps o, dans lesconseils nationaux du Parti socialiste,on parlait du rapport de force, du rap-port social. Est-ce que nous pensons

    aujourdhui qulectoralement, socia-

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    lement, la gauche, Parti socialiste,Parti communiste, cologiste, Frontde gauche, radicaux, chevnemen-tistes, lextrme gauche, les syndi-cats, sont en situation dominante ?Est-ce que nous avons le rapport deforce ? Est-ce que nous pouvons pen-ser une seule seconde, mme si cer-tains peuvent le penser, que cest lapolitique gouvernementale qui porteatteinte ce rapport de force ? Non.Non, mes chers camarades, parceque cest une analyse qui ne vouspermet pas de voir la ralit. La ra-lit, ce nest pas simplement la poli-tique gouvernementale. La ralit,cest le rapport de force social dansnotre pays. Et quand on se trompe detemps, en politique, cest plus gravequen grammaire.

    Alors mes chers amis, il faut prendre

    en compte cela, il faut prendre encompte le fait que, dans notre pays,le rapport de force pour la droite etlextrme-droite sest constitu. Ilnest pas irrversible, jai dit que lasituation tait volatile, mais il existe,et donc nous allons avoir un travail faire, un travail de persuasion, dor-ganisation et de rassemblement. Cesera ma conclusion.

    Nous avons devant nous les tatsgnraux. Ces tats gnraux partentdune intuition qui est le fait quido-logiquement - un gros mot -, ido-logiquement, la gauche a t battueparce que, petit petit, sest impo-se lidentit face lgalit. Le livrede Zemmour, que vous avez tous lubien sr, participe de quelque chosequi est trs intressant regarder.Le livre de Zemmour explique com-ment, et depuis quand, et sur quelsvnements, la gauche avait ta-bli son hgmonie. Mais le livre deZemmour sarrte dans les annes90 parce que, partir des annes 90,

    on pourrait faire le mme processuspour dmontrer comment la droite etlextrme droite, la position dfendantlidentit suprieure lgalit parceque lgalit nivelle et quelle permetla venue de populations qui vont fairele grand remplacement, commentceci sest constitu ?

    Petit petit, indpendamment denous. Parce que nous avons beaucoupinvesti dans la gestion, et nous avonsgagn notre brevet dhommes et defemmes capables de diriger des col-lectivits locales jusqu ltat, maispetit petit, nous avons laiss ce quiest la bataille politique, celle qui faitle rapport de force, celle sur laquelleon peut constituer des lments per-mettant de nouvelles avances. Alors

    oui, ces tats gnraux ont pour butde reconstituer, de reformuler notreidentit. Cest une tape. Il faut la voircomme un moment, que moi jespreunitaire, un moment de notre offen-sive. Et vous verrez, je le suppose,

    je lespre en tout cas, que dans lesthmes qui seront abords, dans laproclamation de ce que cest que cenouveau progressisme, il y aura, cestindispensable, des lments de clari-fication.

    Et puis, nous aurons notre congrs.Nous allons mettre en place une com-mission qui va y travailler, jai dj dit un certain nombre de responsablesles dates sur lesquelles nous pou-vions travailler. Ce nest pas si simplequon peut le croire. On veut le fairetrs rapidement, certainement, maisil faut que ce congrs soit utile. On saittrs bien quil y aura une minorit,une majorit, une clarification et quela minorit respectera le doigt sur lacouture du pantalon ce quaura dit lamajorit, et quune fois que le congrssera pass, il ny a plus de problmesentre nous. Bon, soyons srieux.Moi je dis quil faut que les motionsse mettent en place, sans motiondailleurs, et quil y ait la possibilitdchanger sur lorientation, pas sim-plement sur le pass. Jaimerais quece congrs balise lavenir. Et pour cela,

    jai fait une proposition La Rochelle,jy tiens, je la proposerai lensembledes camarades, cest que nous abor-dions la question de nos institutions.

    Et aussi, si vous en tes daccord, lafin du quinquennat, comment nous levoyons. Et puis, le Premier secrtairequi sera lu, jespre quil pourra fairequelque chose, cest quau lendemainde ce congrs, nous puissions avoirun certain nombre de conventionspour baliser ce que sera le prochainquinquennat, et que le Parti socialistepuisse y participer. Cest une manirede rpondre aux interventions sur lefait que tout vient den haut et quequelquun dcide notre place. Pro-gramme du Parti socialiste, ceci vatre important. Voil pour le congrs.Il y a les lections.

    Les lections, nous en connaissonsla date. Ces lections, ne pensez pasquelles ne seront pas politises, elles

    se droulent le mme jour, au mmemoment, sur toute la France. Donc, ily aura, mme pour les lections d-partementales, une certaine forme depolitisation. Il faudra y aller et ne pasfaire lerreur des lections munici-pales, en tant trs politique, en indi-quant ce que la droite va faire quand

    elle aura conquis un certain nombrede dpartements. Pareil pour les lec-tions rgionales. Alors, videmment,il vaut mieux y aller unis. Et tous lescamarades de la majorit et de lop-position sont favorables lunit. Quine le serait pas ? Mais heureusementque je connais le parcours dun cer-tain nombre de camarades, puisque

    je lai partag, et je connais leur rap-port aux autres formations politiques.Parce que, parfois, je suis un peutonn. Dun seul coup, nos amis co-logistes deviennent des personnages

    formidables, portant la vrit, non pasrvle, mais durable. Dun seul coup,le Parti communiste devient le brevetde gauche. Mais moi, je minterrogesur quelque chose, parce quil y a unepetite contradiction, mes chers cama-rades : on ne peut pas dire la foisque le discours du Bourget tait le vraidiscours auquel il faut revenir, le vraidiscours de gauche donc, et constaterque ce discours de gauche, peinevalid par les Franais, avec un gou-vernement qui navait encore rien fait,

    a t combattu demble par le Particommuniste franais. Vous pensezbien, donc, que ce nest pas seule-ment sur la nature du programmegouvernemental que vont se faire lesalliances. On va faire les alliancespar intrt rciproque, parce que leParti communiste voit bien que, silny a pas dalliance, il peut nous faireperdre normment, cest certain,mais il peut disparatre totalement.Et que les cologistes, dans leur che-minement, doivent aussi simplan-ter dans les dpartements. Donc, il

    faudra faire une alliance. Mais moi,je vous propose que cette allianceporte sur les rgionales ou sur lesdpartementales, et que si possible,nous ayons l-dessus un accord avecnos partenaires, et pas de croire quilfaille utiliser nos partenaires pourtenter deffectuer un rapport de forceavec le gouvernement.

    Alors voil, moi, je respecte tout lemonde, y compris le temps, donc jevous remercie davoir particip cedbat et je vous dis bientt, pourcertains au Bureau national, pourtous les autres, dans les campagnes.Merci.

    CES TATS GNRAUXONT POUR BUT DEREFORMULER NOTREIDENTIT

    TATS GNRAUX

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    Retisser les liensavec les Franais

    Le conseil national qui tait organi-s dimanche 12 octobre a permis detenir un premier point dtape des

    tats gnraux, lancs lors de luni-versit dt. Au vu de laffluencedes contributions sur les douzethmes proposs, il a t dcidde prolonger la possibilit de pos-ter des contributions individuelles

    jusquau mois de novembre. La deu-xime phase, celles des contribu-tions collectives, dmarre en mmetemps. Le prochain point dtapeest prvu lors du conseil national le8 novembre. Les Etats gnraux ont t lancs La Rochelle pour redfinir notrecarte didentit en ce dbut de nou-veau sicle et de nouveau monde ,explique Guillaume Bachelay. Parce que le monde vit des boule-versements historiques qui sacc-lrent, qui sentrechoquent, qui sont

    porteurs dopportunits et davancesmais aussi dingalits et de dangerset dabord climatiques. Parce que,aussi, les mutations qui sont luvremodifient en profondeur lorganisa-tion de notre conomie, lorganisationde nos modes de production, lorga-

    nisation des relations sociales, lerapport au temps, aux distances, auxinstitutions, aux autres aussi. Parceque la dynamique de lgalit, moteurdu socialisme, de la gauche, moteurde la Rpublique, des Lumires, estconcurrence par la thmatique delidentit, mais aussi par la remise encause des valeurs collectives et des

    politiques de solidarit par les lib-raux. Enfin, dans un paysage politiquestructur par le bipartisme, il fautrassembler, bien entendu, mais pour

    y parvenir, il faut affirmer une identitclaire, dire ce que cest qutre socia-liste au XXIesicle, pour quoi faire etcomment y parvenir. Cest ainsi quenous demeurerons une force propul-sive face la droite et lextrme-droite.

    Pour Guillaume Bachelay ces Etatsgnraux sont donc ncessaires et ils fonctionnent. Une dynamique

    sest enclenche, se rjouit-il. Dyna-mique dinnovation, de participation,de rflexion, dont les militants sontle cur et sont le moteur. Nos Etatsgnraux sont une innovation, inno-vation par son moment, innovationaussi par la forme de cette initiative,car elle repose sur la possibilit don-ne aux militants et aux sympathi-sants, aux sections et aux fdrations,de sexprimer de faon participative

    plutt que verticalise, collaborativeplutt que hirarchise, transparenteaussi, puisque les rponses aux ques-tionnements proposs pour lancer ledbat figurent sur le site Internet quenous avons spcialement conu pourles Etats gnraux. Cette innova-tion porte par le parti socialisteest une rponse la dfiance quisexprime lgard des pouvoirs engnral et des partis en particulier Tirant une premire conclusion descontributions qui sont dj parve-nues, Guillaume Bachelay relve une qute de sens . Quils voquentnos valeurs ou notre organisation,

    quils disent une aspiration ou quilsdclinent une proposition, quilsparlent de la France ou quils parlentdu monde, les militants et les sympa-

    thisants dcrivent un monde dpour-vu de sens commun , prcise-t-il. Beaucoup des mutations auxquelles

    nous assistons aujourdhui sont his-toriques, au deux sens du mot : ellessont indites et elles sont radicales.Or, notre histoire et notre vie doiventtre comprhensibles, sauf dire : quoi bon ? Ce qui nest ni notre condi-tion de femmes et dhommes, ni notreconviction de socialiste. Le mondebouge dans tous les sens, mais quelest son sens ?

    CHANGEMENTDE MONDE

    Au fil des textes, tous les dfis sontinvestis, remarque Guillaume Bache-lay. Gopolitiques et territoriaux, cli-matiques et environnementaux, co-nomiques et sociaux, financiers etcommerciaux, scientifiques et tech-nologiques, productifs et redistribu-tifs, dmographiques, linguistiques,ducatifs, culturels, dmocratiques,thiques. La somme des contributionsmontre combien ce que nous appelonsla crise, et pas seulement depuis 2008

    et le choc des subprimes, mais au fonddepuis quatre dcennies et le premierchoc ptrolier, elles montrent com-ment, combien, ce que nous appelonsla crise est en ralit un changementde monde.

    Il tire un autre enseignement de cescontributions : la mondialisationnest pas une option, cest notre ra-lit, mais lui donner une orientation,cest notre responsabilit . Il re-vient la politique, aux militants, auxreprsentants lus, aux citoyens, deprendre la responsabilit de com-prendre le monde, de lui donner uneorientation fonde sur des valeursqui disent pourquoi, des objectifs quidisent vers o, et des stratgies quidisent comment, car tre socialiste,

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    cest dire les trois la fois et pas lestrois au choix, faute de quoi, nombrede contributions y insistent, dautrespouvoirs prennent le pouvoir : lur-gence, largent, la technocratie, latechnique, la dmagogie, la pensemagique, sous toutes ses formes. Le troisime grand enseignementdes textes jusquici parvenus, cestlaffirmation renouvele du progrs. Raffirm, le progrs doit aussi trereformul , au vu des enjeux co-nomiques, sociaux, thiques, maissurtout laune du dfi cologique . Face au capitalisme globalis, finan-ciaris, celui que nous vivons en cedbut de sicle, nous devons affir-mer la sociale cologie au coeur denotre progressisme. Etre socialiste,maintenant, cest savoir que le pro-grs, le combat pour le progrs estinsparable du dbat sur le progrs,sur son contenu, sur sa matrise, surses limites. Et cette aspiration a unmodle de dveloppement plus qua-litatif, plus coopratif, - elle ne vaut

    pas seulement pour notre rapport

    la plante, elle vaut pour les secteursdactivits que nos entreprises doiventinvestir pour btir de nouvelles indus-tries, crer des emplois, lorganisationdu commerce mondial, lpargne et lafiscalit qui doivent clairement favori-ser la nouvelle croissance.

    Cette rflexion que nous engageonsest autant philosophique que poli-tique, estime Karine Gloanec Mau-rin. Si elle est philosophique, cestquil y a une dimension de recherchedu sens de notre engagement, denotre action, de ce qui nous unit.Nous devons laborer un nouveaudessein collectif, rtablir lutopie. Les intervenants sont nombreux inviter le parti socialiste se r-inventer . Emmanuelle de Gentili

    identifie trois champs prioritaires :lconomie, la dcentralisation etles questions de socit. Le PS doitse prononcer clairement : est-il favo-rable lconomie de march ? Est-ilsocial ? Libral ? Social-libral ?

    DES RFORMESCOURAGEUSES

    Claude Roiron insiste sur la dimen-sion fministe du socialisme. Achaque fois que nous avons exercdes responsabilits gouvernementale,la question des femmes a t un mar-queur : loi roudy, parit sous Jospin,loi du 4 aot 2014 qui raffirme lgali-t et la parit dans toutes les sphresde laction publique. Mais il restebeaucoup faire , notamment pourla parit dans les diffrentes assem-bles dpartementales, rgionales,nationale.

    Lanne 2015 va tre difficile , pr-vient Alain Bergounioux. Face la

    droite qui soppose tout ce qui fonde

    la cohsion sociale, nous devons direce que nous sommes. Il faut tre trsclair. Il faut expliciter ce que nous fai-sons contre les ingalits ct duredressement ncessaire. Il plaidepour cela en faveur dun texte quimontre que le PS est au travail, quuncertains nombres de sujets sontouverts qui demandent un dialogueavec les Franais. Lenjeu est cru-cial car, rappelle-t-il, il ne faut pascroire que les partis sont ternels . Le contexte conomique est beau-coup plus difficile que ce que nousavions imagin , abonde JulietteMadel. Et pourtant, malgr cela, le dficit du commerce extrieursest amlior, le dficit structureldiminue pour la premire fois depuis15 ans . Cest grce aux effortsdu gouvernement , ajoute-t-elle. Soyons courageux pour rformer laFrance , cest--dire faire des ef-

    forts tout en continuant protgerles plus faibles .

    Nous pouvons russir ce quinquen-nat , juge Emmanuel Maurel quienjoint les socialistes tre opti-mistes. Nous le devons celles etceux qui nous ont fait confiance en2012, aux Franais qui nont jamaisdsespr de la gauche. Il est temps que le PS change car le

    populisme progresse partout dans lepays , regrette Florence Augier. Laseule alternative aujourdhui cest ladroite et lextrme droite , constatepour sa part David Assouline. Laresponsabilit du parti socialistepour viter le retour des raction-naires au pouvoir est cruciale. PourEduardo Rihan-Cypel, nous avonsbesoin davoir tous les dbats, sansaucun tabou , car quand la Francedoute elle est capable du pire . Nous sommes un moment histo-rique de redfinition de notre vision dumonde. Nous devons reconstruire les

    ponts entre socialistes, avec toute la

    gauche, et avec tous les Franais.

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    Le Comit de pilotage des tatsgnraux des socialistes entamaitmercredi 10 septembre son cycledauditions de personnalits. Lepremier invit tait Justin Vasse,

    directeur du Centre d'analyse, deprvision et de stratgie (CAPS) duministre des Affaires trangres,invit intervenir sur les grandsbouleversements gopolitiques dumonde, et les tendances majeuresqui structurent le monde de demain.Cest par un constat que GuillaumeBachelay, prsident du Comit depilotage, a ouvert cette audition, ce-lui dun monde aujourdhui multi-crises : crises sanitaires, tensionsintertatiques, terrorisme, enjeuxclimatiques, etc.Justin Vasse a apport des l-ments de rponses cette situa-tion : le monde connat une dif-

    fusion de la puissance , certainescrises sont lies entre elles, parti-culirement au Moyen-Orient, et onassiste parfois un affaiblissementdes acteurs rgionaux. La mdiati-

    sation en continu a parfois un effetde diversion sur certaines crises se-lon la pression mdiatique, on passedune crise lautre, lune chassantl'autre.

    LES NATIONS PEUVENTSPANOUIR

    Face ce nouveau contexte, com-ment la France doit-elle et peut-elleagir ? La France nest pas une super-puissance et ses moyens sont limi-ts. Elle reste toutefois une grandepuissance, ce qui lui donne la res-ponsabilit internationale dagir enfaveur dun ordre dans lequel toutesles Nations peuvent spanouir .

    La France essaie de ne pas cou-rir de crise en crise , mais aussi dagir sur la gense mme descrises et leur cadre de rsolution ,avec ses moyens propres mais aussi

    ceux de lUnion europenne qui per-mettent de dmultiplier les efforts.Pendant environ une heure, Jus-tin Vasse a ainsi pu changer avecles membres du comit de pilotagesur la difficult de la situation go-politique mondiale aujourdhui, surle rle et les possibilits dactionsfutures de lUnion europenne, no-tamment vis--vis de la crise ukrai-nienne et de la position de la Russieou encore des enjeux majeurs lis lenvironnement et au changementclimatique, sur lequel la France estparticulirement engage avec laconfrence Paris Climat 2015.

    Audition de Justin Vasse

    TATS GNRAUX

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    Mardi 23 septembre, le Comit de pilo-tage des tats gnraux des socia-listes, prsid par Guillaume Bachelay,recevait pour une nouvelle auditiondeux invits. Seybah Dagoma, dputemembre de la Commission des Affairestrangres et de la Commission desAffaires europennes, auteure dunrapport lAssemble nationale sur le

    juste change, et Lionel Zinsou, co-nomiste franco-bninois, dirigeant dufonds dinvestissement PAI Partners,ont chang avec les membres duComit de pilotage sur les enjeux, lesdimensions et les dfis de la croissanceet du dveloppement dans la mondia-lisation.

    Dans son introduction, Guillaume Ba-chelay a rappel la dimension inter-nationaliste du socialisme : notre

    engagement sinscrit dans la marchedu monde, quil faut comprendre, pourlorienter dans le sens de nos valeurs .Faisant tat des consquences, posi-tives et ngatives, de la mondialisation,il a dans un premier temps interrogSeybah Dagoma sur les leviers de r-gulation dont disposent les socialisteset les sociaux-dmocrates, ainsi que laplace de lUnion europenne dans cenouveau monde .

    Pour Seybah Dagoma, lide dunemondialisation heureuse fonde sur ladoctrine du libre-change a t bat-tue en brche par le bouleversementdes contours de lconomie mondiale .Cette nouvelle donne internationale ,illustre par trois transformations ma-

    jeures que sont la nouvelle division du

    travail, la fragmentation des chanes deproduction et laffaiblissement du rledes tats conjugu au rle accru desentreprises multinationales, a engen-dr des gagnants et des perdants dela mondialisation.

    CHACUN DOITPRENDRE SA PART

    Dans ce contexte, comment arriver aujuste-change ? Pour Seybah Dagoma,trois principes doivent tre respects :la prise de conscience que chacundoit prendre sa part , la rciprocit etla mise en uvre dun multilatralismernov, cest--dire rquilibr.En conclusion, Seybah Dagoma a insis-t sur la capacit dagir de lUnion euro-penne, et la ncessit pour les socia-

    listes de se battre pour faire gagner nosides .Prolongeant la discussion sur la nou-velle gographie du monde dcrite parSeybah Dagoma, Guillaume Bachelaya donc interrog Lionel Zinsou sur lapossibilit davoir, aujourdhui, une car-tographie plus prcise, fonde sur une conscience claire et sans navet desgrands bouleversements globaux, condi-tion dune dfinition des moyens effectifsdorienter ce nouveau monde . Cette carte du monde aura chang dans5, 10, 15 ans a annonc dentre de jeuLionel Zinsou, prenant pour exempleles volutions rapides du continent afri-cain. Il ne faut pas perdre de mmoirela vitesse extraordinaire de ces change-ments , a-t-il ajout. Il est par la suite

    revenu sur les changements dmogra-phiques en cours, appelant les Euro-pens prendre conscience de leurpoids marginalis dans les nouveauxchanges impliqus par la nouvelle d-mographie. Lvolution dmographiquemondiale et la nouvelle gographie dela croissance conomique posent enralit dautres questions : une urbani-sation croissante et peu matrise, unepression sur les zones rurales, ainsiquune augmentation du nombre ab-solu de pauvres, malgr un dveloppe-ment des classes moyennes et un reculrelatif de la pauvret.

    Pour Lionel Zinsou, la prise deconscience relve galement du voca-bulaire utilis : il faut cesser de parlerde pays mergents, alors que ceux-ci se vivent comme renaissants .

    Pour anticiper et apprhender leschangements venir, il est ncessairede penser autrement le monde actuel,en acceptant, par exemple, qu onnest pas dans la situation des Trente Glo-rieuses , et que lAsie comme lAfriqueou lAmrique latine ne pourront imiterle modle europen ou Chinois actuels,sinon la plante ny survivrait pas .

    Les acteurs sont donc nouveaux, dola ncessit dinventer des rapportsnouveaux, des partenariats indispen-sables pour lesquels la France est bienpositionne dans la mondialisation, no-tamment dans les organisations inter-nationales, afin aussi de faire face desproblmatiques nouvelles, climatiques,environnementales, sanitaires, so-ciales.

    Auditions de Seybah Dagomaet de Lionel Zinsou

    TATS GNRAUX

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    Lgalit est un principe, un com-bat, un projet constitutif de lidentitsocialiste et du pacte rpublicain lui-mme : cest ainsi que GuillaumeBachelay a ouvert cette troisimeaudition du Comit de pilotage desEtats gnraux, qui abordait ce mar-di 30 septembre le thme Penserles ingalits, recrer de lgalit .Franois Dubet, sociologue et au-teur de La prfrence pour linga-lit. Comprendre la crise des solidari-ts (Paris, Seuil, la Rpublique desides, 2014), tait invit interveniret dbattre avec les membres du

    Comit de pilotage.Dans cet ouvrage, Franois Dubetinterroge la constitution, la fabrica-tion et lacceptation des ingalits ,y voyant lorigine une crise pro-fonde des solidarits .Depuis une vingtaine dannes lesingalits connaissent une explo-sion. Alors que lon a longtempspens que laffirmation de lgalitdmocratique des individus entra-nait une rduction des ingalitssociales, cest labsence de crois-sance qui est aujourdhui pointe dudoigt pour les expliquer.

    Pourtant Franois Dubet souligneque le dsir dgalit sociale estconsidrablement affaibli , en t-

    moignent par exemple les mca-nismes scolaires : On y est trsattachs, mais on veut tous que nosenfants russissent mieux que lesautres , a-t-il constat. Les Fran-ais semblent aujourdhui ne plusvouloir payer pour les autres .Mais alors, quelles sont les originesde ce retournement, qui nous a faitpasser dune volont dgalit so-ciale et de solidarit une socitdindividus presque indiffrents lesuns aux autres ?

    LA FRATERNITREMISE EN CAUSECest la fraternit, compose detrois piliers que sont la divisiondu travail, la confiance dans les ins-titutions et ce que Franois Dubetappelle limaginaire de la frater-nit , qui serait aujourdhui remiseen cause.

    Ne pas rester les bras ballants ,cest cela quappelle FranoisDubet en sattaquant quatre chan-tiers, ou thmes de reconstructionde la solidarit : tendre et renou-veler la dmocratie, redonner de lalisibilit au mcanismes de redistri-bution des richesses, re-fabriquerun minimum dinstitutions , affirmer

    ce que la socit a en commun pourreconnatre sa pluralit. Cela nces-site donc de changer limaginaire, ycompris dans les politiques sociales .

    Quen est-il alors de lcole fran-aise, dont la particularit nestpas uniquement de reproduire lesingalits sociales, mais de lesaccentuer ? Soulignant labsencede confiance dans cette institu-tion, Franois Dubet a voqu troischantiers : faire du collge le pro-longement de lcole lmentaire etrepenser le socle commun ; affaiblir

    la dualit entre grandes coles etuniversits, qui accentue les inga-lits scolaires ; enfin, ne pas penserlcole quen termes de justice sco-laire, mais aussi en termes de qua-lit ducative.

    Lcole devrait galement recons-truire un projet moral , permet-tant de fabriquer du commun .Plus largement, fustigeant lideselon laquelle lindividualisme em-pche la cration dun collectif etdonc de solidarit, Franois Dubet arpondu que nous sommes indivi-dualistes, la dmocratie est individua-liste, il ny a pas dautres valeurs quelindividu. Le problme est de com-

    prendre que lindividu a besoin desautres .

    Audition de Franois Dubet

    TATS GNRAUX

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    Mercredi 1eroctobre, le Comit de pi-lotage des tats gnraux des socia-listes accueillait Mathilde Dupr etLucie Watrinet, charges de plaidoyer CCFD - Terre solidaire, autour duthme Dans la mondialisation, rgu-ler : finance, social, environnement .

    lheure o la puissance de certainesentreprises multinationales concur-rence celle des tats souverains, quandles changes internationaux ont unimpact en termes sociaux, sanitaires,environnementaux , le dfi de la rgu-lation est plus que jamais dactualit,a rappel Guillaume Bachelay.

    Lucie Watrinet a engag le dbat envoquant les problmatiques de lafraude et de lvasion fiscales, un su-

    jet touchant tous les tats, puisquepar exemple la fraude fiscale cre unmanque de 125 milliards par an dansles caisses des tats du sud. Pour lut-ter contre ce phnomne, lune dessolutions, porte par CCFDTerre soli-daire, consiste renforcer et amlio-rer la transparence, notamment surles filiales des entreprises ltran-ger : demander aux entreprises cequelles font dans ces pays ! , a insistLucie Watrinet. Il est donc proposque les multinationales publient, pourchacune de leur filiales, pays par pays,le chiffre daffaire, le taux de profit, lenombre demploys, les impts payset les subventions perues. Cela per-

    mettrait de rendre visibles les fameuxmontages et dinterroger lentreprise ,a-t-elle ajout. Dans ce cadre, LucieWatrinet a salu la dcision de Fran-ois Hollande de demander la publi-cation par chaque entreprise de la listede leurs filiales. Il sagissait pour ellede la premire prise de position aussiforte , et les choses commencent bouger linternational comme enEurope. Elle a donc appel persv-rer, notamment sur lexemplarit desentreprises publiques. Inutile pourcela dattendre des dcisions interna-tionales , il ne faut pas se dmobiliser,des choses peuvent tre faites au niveaufranais directement .

    IMPUNIT DESMULTINATIONALES

    De son ct, Mathilde Dupr a abordla question de la rgulation sous langlede la responsabilit sociale et envi-ronnementale des entreprises multi-nationales. Labsence dencadrement

    juridique adquat rend les entreprisesirresponsables des consquences par-fois ngatives de leurs activits, tantsur le plan social quenvironnemental,en tmoigne le drame du Rana Plazaen avril 2013 au Bangladesh. PourMathilde Dupr, le fait que le droitnapprhende les entreprises multina-tionales que comme une somme den-treprises et non comme une catgorie

    juridique part entire alimente unesorte dimpunit . Le Rana Plaza auraen tout cas eu un effet acclrateurpuisquune loi, en France, est actuel-lement en prparation afin dinstau-rer un devoir de vigilance pour lesentreprises, avec de possibles sanc-tions en cas de manquements. Commelexplique Mathilde Dupr, cest unelgislation qui permettrait dviter lesdrames humains et environnementaux,car elle renforcerait les mcanismesinternes des entreprises et contribuerait plus de scurit juridique pour les ac-teurs conomiques . linternational,des avances rcentes sont galement noter, puisque lONU a par exemple

    adopt des principes directeurs rela-tifs aux droits humains, poussant lestats endosser une responsabilitpour dfendre ces droits vis vis desacteurs conomiques, et les encou-rage instaurer des obligations pourles entreprises.

    Si la tche qui reste accomplir resteimmense, Guillaume Bachelay a sa-lu les conqutes obtenues, commela dclaration des comptes bancairesdissimuls ltranger. Ce sont cesmesures de lutte contre la fraude etlvasion fiscale qui ont notammentpermis le financement des baissesdimpts pour certains mnages, encette rentre 2014.

    Auditions de Mathilde Dupret de Lucie Watrinet

    TATS GNRAUX

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    Interview dAnn Linde, Partisocial-dmocrate sudois(SAP), aprs les lectionslgislatives remportes parla gauche le 14 septembre

    Que signife tre social-dmocrate, selon vous ?

    tre social-dmocrate, c'est par-tager les valeurs de tous, en Sudecomme ailleurs. Je viens d'un milieusocial-dmocrate, il y a de nombreuxtravailleurs dans ma famille: j'y aiappris qu'il faut cooprer et travaillerensemble, pour parvenir quelquechose de meilleur. Il y a plusieursthmes qui sont majeurs pour lessociaux-dmocrates aujourd'hui.

    D'abord, l'ducation et l'cole.Pour les sociaux-dmocrates, il s'agitque tous les enfants aient les mmespossibilits et les mmes opportu-nits pour avoir accs une bonneducation. Depuis huit ans que ladroite est au pouvoir en Sude, nousavons vu crotre les ingalits entreles enfants comme jamais aupara-vant. La privatisation du systme sco-laire, la sgrgation sociale qui existeentre les enfants sont des signesinquitants d'un systme ducatif quiva mal.

    Ensuite, l'emploi. Avoir un emploia une valeur en soi. C'est une faonde gagner sa vie bien sr, mais aussi

    et peut-tre surtout de donner de lavaleur sa vie, c'est quelque choseque l'on a faire tous les jours, c'estaussi des collgues que l'on retrouveau travail. Pour les femmes, c'est unrevenu indispensable leur indpen-dance, et c'est trs important de nepas dpendre de quelqu'un d'autrepour dcider de sa propre vie. Nousdevons faire de l'emploi notre pre-mire priorit. Les conservateurss'en moquent : si vous n'avez pasassez de valeur , si vous n'tes pasassez rapide, tant pis pour vous! Tellen'est pas notre vision de l'emploi.

    Enfin, la sant. Nous voulons quetous les citoyens aient accs lasant et un systme de protectionsociale de qualit. Nous ne voulonspas que certains soient en mesure depayer pour avoir accs de meilleurs

    soins, tandis que d'autres non. Nousvoulons les mmes soins, de qualitet accessibles pour tous. Mon preet ma fille ont subi chacun une inter-vention mdicale coteuse, elles ontt payes par les impts que nouspayons collectivement. C'est cela, unsystme de sant de qualit ! Je suisreconnaissante cette socit-l, etsuis inquite des privatisations dansle secteur de la sant.

    Comment les sociaux-dmocrates peuvent-ilsparvenir leurs butsaujourd'hui ?

    Les partis sociaux-dmocratesont besoin de se renouveler, de serenforcer (tant au sein de leurs appa-reils que sur le plan politique), d'treunis, et de convaincre leurs adhrentsque notre vision de l'organisation dela socit est la meilleure. Nos posi-tions ont besoin d'tre plus ouvertessur la vie quotidienne des gens.

    Et, bien sr, gagner une lectionest le moyen de pouvoir changer lasocit. C'tait le sens de la cam-pagne que nous venons de mener etau terme de laquelle nous sommesmajoritaires l'issue du scrutin.

    Quelles devraient treles priorits des sociaux-

    dmocrates pour laprochaine dcennie ?

    Un emploi pour chacun ; unebonne ducation, de la maternelle- crche y compris jusqu l'univer-sit ; un accs universel au systmede sant et de protection sociale ;l'galit entre les sexes ; le climat etla prservation de l'environnement,c'est la responsabilit que nous avonsenvers les gnrations futures ; lapaix et la libert, le respect des droitsde l'homme partout dans le monde.

    Les partissociaux-dmocratesdoiventprioriserle dialogue

    EUROPE

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    13/1613

    Interview de ChristinaManolopoulou, du Partisocial-dmocrate grec(PASOK)

    Quelles devraient tre

    les priorits des sociaux-dmocrates dans lesannes venir ?

    Dans un monde de ralisme fiscalsans merci, la pense politique pr-dominante nous dit quil ny a pas deplace pour tous, ce que implique quetout le monde ne peut pas russir etque certains doivent tre laisss dect. Cependant, le chmage, la pau-vret et linscurit ne peuvent trele prix payer pour la stabilit finan-cire. Au contraire, linstabilit poli-

    tique et sociale sera le prix de lexclu-sion sociale et de la peur.Aujourdhui, nos socits nous en-

    voient un message de dsesprance.Ceux qui ont t abandonns et ceuxqui ont peur dtre contamins par lemalaise social sont facilement trom-ps par les arguments dmagogiquesdu populisme, ils sont hypnotiss parun vocabulaire flou, la fois anti-sys-tme et anti-lites, et fascins par lesentiment anti-europen. Le dangerde voir revenir les extrmismes dupass (de gauche ou de droite) estplus prgnant que jamais.

    Les sociaux-dmocrates doiventse concentrer sur les gens qui sontmis au ban de nos socits, en pre-nant des mesures pour assurer lacohsion sociale. Cest la premire

    et la plus fondamentale des priorits.Elle va de pair avec la lutte contre lechmage, la pauvret, lexclusion etla marginalisation, qui passe par unerorganisation radicale de la produc-tion par des initiatives prises aux ni-veaux national et europen.

    Comment les sociaux-dmocrates peuvent-ilsatteindre les buts quilsse sont fxs ?

    Ces dernires annes, les so-ciaux-dmocrates ont perdu beau-coup de temps dans des discussionssans fin sur la manire dhumaniserles marchs et de rendre la mon-dialisation acceptable pour les gens.

    Mais le compromis historique entrele travail et le capital, lEtat et le mar-ch, la comptition et la solidarit,tait difficile faire. Il y a beaucoupde raisons qui expliquent cet chec.Lune dentre elles, probablement laplus importante, est la lutte conti-nuelle entre ceux qui restent au pou-voir et ceux qui veulent y arriver. Celaimplique que les partis au pouvoirsont rticents lide de lancer desrformes radicales cause de leurcot politique. Quant aux partis quiaspirent au pouvoir, ils restent com-plaisants et inactifs.

    Les sociaux-dmocrates ne pour-ront pas atteindre leurs buts sans unealliance progressiste plus large. Cettealliance, un niveau national et euro-pen, devra dfinir ce que nous avons

    en commun et ce que nous pouvonsfaire ensemble. Construire des coa-litions nest ni facile, ni payant lec-toralement. Il suffit de regarder lasituation au jour le jour depuis quatreans en Grce pour se rendre comptedes difficults.

    Quest-ce qutre social-dmocrate veut dire pourvous ?

    Un social-dmocrate estquelquun qui passe de la phasedidentification de ce qui doit trefait celle de mise en place et desrformes afin de raliser le change-ment. Ce nest pas quelquun qui nefait que dcrire la socit idale par

    des stratagmes de communicationet des slogans attrayants. Un social-dmocrate sait ce qui est en jeu etutilise des mots simples pour dcrireles priorits ncessaires la coh-sion sociale et lintgrit.

    Enfin un social-dmocrate saitquil est impossible de trouver unautre chemin tant quen tant que so-cit, en tant quconomie et mmeen tant que membre de lUnion eu-ropenne, nous ne faisons pas toutnotre possible pour dfinir notrepropre destination.

    Dfinir et mme redfinir le sensde la social-dmocratie nest paschose facile. Pour cette raison noustrouvons cette initiative des socia-listes franais bienvenue, et nousvous souhaitons bonne chance.

    Nos socitsnous envoientun message dedsesprance

    EUROPE

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    Jean-Christophe Cambadlis a pour-suivi ses rencontres avec les mili-tants. Entre les ftes de la Rose et lelancement des Etats gnraux dansles rgions, le Premier secrtaire abeaucoup consult.

    A Bron, dans la banlieue lyonnaise, ila assist dbut octobre au compte-rendu dun premier travail effectuau niveau des sections. Personnenen parle, mais les Etats gnrauxsont un succs militant. Beaucoup par-ticipent et veulent donner des rponsesaux questions poses La Rochelle , aindiqu le Premier secrtaire du Partisocialiste. Avec prs de 40 000 per-sonnes qui visitent rgulirement lesite, il y a dj plusieurs milliers decontributions. Le travail de fond men

    par les militants et pour les militants,va permettre de dfinir la nouvellecarte didentit du Parti socialiste .

    Dans un paysage qui connat un vri-table bouleversement politique , il a

    dnonc une course-poursuite avecles diffrents dirigeants de droite pourtre le plus violent possible vis--vis denotre modle social .

    Si la nouvelle carte du parti seraconnue le 6 dcembre, lissue desEtats gnraux, le Parti socialistedoit tre un nouveau parti progressiste.Nous devons reconstruire notre offre

    politique dans ce moment particulire-ment difficile. Le Parti socialiste ne serduit pas laction gouvernementaleet il nest pas dans une situation o ildoit tre dans une contestation totaleou de labsence de solidarit avec legouvernement , a-t-il ajout.

    EN MAYENNE ETEN SEINE-ET-MARNE

    Le 4 octobre, Jean-Christophe Cam-badlis sest rendu la Fte de laRose de Laval, en Mayenne, un dpla-cement important afin dexpliquer

    ce que sont les tats gnraux auxmilitants car il y en a beaucoup qui sedemandent quoi servent leur avis ,a expliqu Guillaume Garot, dputde Mayenne. Par le pass, on leura demand de sexprimer sans tenircompte de leur avis. L, la dmarchetient compte de ce que diront les mili-tants. Ca se fait au niveau local, fdralmais aussi au niveau national.

    Philippe Sainsard, premier fdralde Seine-et-Marne, partage cet avis.Pour lui, la Fte de la Rose permetaux militants de pouvoir rflchirsur la priode que nous traversons, etquels sont les voies et les chemins emprunter pour regagner la confiancede nos concitoyens . Il faut tre capable de montrer quenotre parti porte lespoir , conclutJean-Christophe Cambadlis.

    Le Premiersecrtaire la rencontredes militants

    VIE DU PARTI

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    Interviewde ClaudeBartolone, quipublie "Je neme tairai plus"

    Pourquoiun livremaintenant ?

    Jai voulu que, les Franais et moi,on se parle un peu. Un nouveau monde

    est en train de natre, qui contredittoute certitude. Ou bien le nouveaumonde se fait tout seul, avec soncortge dingalits, dexclusions, derentes et daristocraties, ou bien il sefait en en pariant sur lgalit, la d-mocratie et la social-cologie. Faceaux risques de dfiance et dimpuis-sance de laction politique, jenrage imaginer que mon exemple, enfant

    dimmigr mlevant grce la Rpu-blique et la fiert de mon pays, nedevienne un objet historique. Ce livreest une manire de rendre au socia-lisme sa saveur premire et son enviede conqute.

    C'est quoi un socialismepopulaire ?

    Cest un socialisme qui considreque le bonheur du peuple est le pre-

    mier des objets politiques. Au-deldes dbats striles entre radicauxet rformistes, de gauche archaquecontre gauche social-librale. Jerejette la gauche de ressentimentcomme je naime pas la gauche de r-signation. Ce qui compte, cest quunespoir existe dans le cur de tous lesenfants de notre patrie.

    Un service civiqueobligatoire. Vous tespour pourquoi ?

    Le tsunami libral veut transfor-mer les citoyens en consommateurs.Pour cela, il tente de fractionner lasocit en communauts, en ghettosimmobiliers, urbains, culturels. Toutest bon pour ne plus se croiser. Leservice civique entend provoquer unsursaut collectif et populaire contreles forces de lindividualisme.

    Cest quoi un prsidentde gauche lassemble ?

    Cest un prsident qui ouvre aupeuple les portes et les fentres denotre dmocratie.

    Offrir aux mili-tants une histoireclaire et argumen-te du Parti socia-

    liste. Telle estlambition dAlainBergounioux etDenis Lefebvre,respectivementprsident et se-crtaire gn-

    rale de lOurs (Office universitaire derecherche socialiste), qui publient Lhistoire du socialisme . Louvrageprsente les grandes volutions quaconnues le socialisme en France, deses origines llection de FranoisHollande, en se concentrant parti-culirement sur la priode contem-poraine. Plus de 130 annes noussparent de la cration du premierParti socialiste franais, en 1879, lorsde limmortel Congrs de Mar-seille, rappellent les auteurs. Cela

    veut dire que les conditions cono-miques, sociales, culturelles, politiquesont beaucoup chang et que le risquedanachronisme est grand de projeter

    aujourdhui nos manires de penser en1905 ou en 1936. Aussi, voulons-nousrendre compte des ruptures et descontinuits. A une priode o nous nousinterrogeons sur le sens du socialisme,

    prendre appui sur le pass permet demieux dgager les questions davenir etde comprendre ce quont t les choixfaits par les gnrations prcdentes etleurs raisons.

    Avant dtre un parti, le socialisme, cesont dabord des ides, estiment AlainBergounioux et Denis Lefebvre. Ellesapparaissent au dbut du XIXesicle enopposition lindividualisme libral etaux premires formes du capitalismeindustriel. Il sagit galement desluttes sociales qui donnent lieu demultiples associations, syndicats,

    clubs, socits secrtes, mouve-ments . Il a fallu attendre la deu-xime moiti du XIXesicle pour que des partis socialistes proprement

    dit prennent corps avec pour but detransformer radicalement lconomieet la socit . Depuis, les dbats surles moyens datteindre ce but nont

    jamais cess. Notre Parti socialisteest lui seul une subtile, et jamaisacheve, synthse entre deux passionsfranaises : laspiration la libert etlexigence de lgalit, rsume Jean-Christophe Cambadlis. Cest biencette synthse que chaque gnrationa le devoir de faire vivre en faisant ensorte quelle se renouvelle afin de r-

    pondre au mieux aux exigence du tempsprsent. Se montrer digne de cette his-toire, de cette chane humaine, cest laconnatre. Cest dans ce but quAlainBergounioux et Denis Lefebvre nousconvient dans une balade historiqueau cur du socialisme.

    Plonge au cur de lhistoiredu socialisme

    Ouvrir les portes et les fentresde notre dmocratie

    SUR MA PILE

  • 8/10/2019 hebdo 745_746

    16/16

    r

    Je souhaite prendre contact avec les socialistesr Je dsire adhrer au Parti socialiste

    r Je verseeuros pour soutenir laction du PS(chque lordre de AFPS)Selon les dispositions de la loi du 9 janvier 1995, ces sommes seront soumises rduction dimpt.

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