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Felix Mendelssohn Robert Schumann London · PDF fileFelix Mendelssohn Les Hébrides Robert Schumann Concerto pour piano entracte Felix Mendelssohn Symphonie n° 3 « Écossaise

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    SAMEDI 18 JANVIER 2014 20H

    Felix MendelssohnLes Hbrides

    Robert SchumannConcerto pour piano

    entracte

    Felix MendelssohnSymphonie n 3 cossaise

    London Symphony OrchestraSir John Eliot Gardiner, directionMaria Joo Pires, piano

    Fin du concert vers 22h.

  • 2

    Felix Mendelssohn (1809-1847)Les Hbrides ( La Grotte de Fingal ), ouverture op. 26

    Composition : 1830-1832.

    Cration : 14 mai 1832 Londres sous le titre The Isles of Fingal, sous la direction du compositeur.

    Ddie au Prince hritier de Prusse (qui deviendra le roi Frdric-Guillaume IV).

    Effectif : 2 fltes, 2 hautbois, 2 clarinettes, 2 bassons 2 cors, 2 trompettes timbales cordes.

    diteur : Breitkopf & Hrtel, Leipzig (1833).

    Dure : environ 10 minutes.

    Lorsquil visite lcosse, lt 1829, Mendelssohn est captiv par le spectacle des les Hbrides, sur la cte ouest. Ce paysage marin sauvage, livr aux frquentes temptes, lui inspire la premire ide de ce qui deviendra lune de ses ouvertures de concert les plus clbres.

    Dans la tonalit de si mineur, propice lexpression de la mlancolie, louverture est reste fameuse par sa recration acoustique des sensations ressenties la vue du paysage. Le balancement des basses voque un rythme marin, circulaire. Lorchestration aux couleurs sombres, les accords en disposition trs espace, le maintien de la nuance piano, mais agite de soufflets, produisent des effets de lointain, de vent et de tempte imminente. Cette nergie contenue clate en trois points culminants de caractre pique, avec fanfares et traits non legato.

    Allie aux fanfares militaires qui ponctuent luvre, lassociation Fingal, dsignant une grotte basaltique de lle de Staffa dans les Hbrides, a suscit un rapprochement avec la mode ossianique qui avait gagn toute lEurope, Mendelssohn compris : lcossais Macpherson avait attribu ses propres pomes piques au barde prchrtien Ossian, sorte dHomre nordique, qui narrait la saga de son pre, le guerrier Fingal. Dans une belle interprtation de ce tableau musical, Thomas Grey (2000) voit le deuxime thme, cantabile, comme une prsence humaine au sein du dcor marin, la manire des figures vues de dos des paysages romantiques allemands, par lesquels le spectateur est invit pntrer la scne de lintrieur. la vue du paysage, cet observateur interne se remmorerait les rcits hroques mettant en scne Fingal

    Marianne Frippiat

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    sameDI 18 JaNVIeR

    Robert Schumann (1810-1856)Concerto pour piano et orchestre en la mineur op. 54

    Allegro affetuoso

    Intermezzo. Andante grazioso

    Vivace

    Composition : premire version du premier mouvement sous la forme dune Phantasie fr Klavier und Orchester :

    Leipzig, 3 mai-22 aot 1841, rvision en 1843 ; rvision et composition des deuxime et troisime mouvements :

    Dresde, 14 juin-29 juillet 1845.

    Ddicace : Ferdinand Hiller.

    Premire audition publique : le 4 dcembre 1845 Dresde, dans la salle de lhtel de Saxe ; Clara Schumann, piano ;

    orchestre des concerts dabonnements, direction Ferdinand Hiller ; deuxime audition publique le 1er janvier 1846

    Leipzig, au Gewandhaus, Clara Schumann, piano, orchestre du Gewandhaus, direction Niels Gade.

    Effectif : 2 fltes; 2 hautbois, 2 clarinettes, 2 bassons, 2 cors, 2 trompettes, timbales, cordes, piano solo.

    Dure : environ 31 minutes.

    Ne le prends pas mal, cher Robert, si je te dis que je souhaite vivement que tu aies envie dcrire aussi pour orchestre. Ta fantaisie et ton esprit sont trop puissants pour le faible piano. Cest en ces termes persuasifs que Clara Wieck, au dbut de lanne 1839, incite le musicien largir son champ daction. Pourtant Schumann stait dj vivement intress au concerto et, de 1827 1839, avait ralis plusieurs esquisses, les plus abouties stendant un premier mouvement entier. Mais le compositeur qui, en cette anne 1839, avait dcouvert dans la Neuvime Symphonie de Schubert une voie nouvelle pour la musique orchestrale ou tous les instruments chantent comme des voix humaines , est la recherche dune direction analogue pour le concerto : Le nouveau jeu de piano veut, par bravade, dominer la symphonie laide de ses seuls moyens propres, et cest pourquoi les derniers temps ont vu natre si peu de concertos pour piano []. Nous devrons donc attendre avec confiance le gnie qui nous montrera [] comment lorchestre doit tre li au piano.

    Ds ses premires uvres acheves de 1841 (Premire Symphonie, Fantaisie pour piano et orchestre), Schumann conoit lorchestre comme la fort romantique clbre par Eichendorff, lun de ses potes prfrs, toute bruissante de sons, de sonneries et de chants. Dans un tel univers, le soliste ne doit pas se poser en virtuose conqurant, mme si le compositeur lui attribue de belles priodes enflammes, mais apporter sa voix au concert gnral, conu comme une vritable musique de chambre orchestrale. cette poque, le musicien parvient sa pleine maturit dans son style mlodique, tout imprgn de la simplicit lyrique du lied.

    En 1841, Schumann avait donc conu un Konzertstck, la Fantaisie pour piano et orchestre, qui fut teste le 13 aot au Gewandhaus, avec Clara au piano. Celle-ci loua les qualits de luvre : Le piano est merveilleusement bien uni lorchestre ; on ne peut penser lun sans lautre. Cependant, la Fantaisie ne connut pas dexcution publique. Cest en 1845,

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    Dresde, dans une priode psychologique difficile, que le compositeur dcida dajouter luvre deux mouvements, dans une unit de ton parfaite, renforant la structure densemble par une forme cyclique, citant le thme du premier mouvement la charnire de lIntermezzo et du finale. Luvre connut sa cration un vif succs et simposa au fil des ans comme un modle du genre, mme si une certaine critique lui reprocha son criture symphonique trop fouille.

    Les premires mesures de lAllegro affetuoso opposent dans une volte-face les deux versants de lme schumannienne, que le compositeur voque dans ses crits sous la forme de deux personnages, Florestan, passionn, et Eusbius, mlancolique et tendre. Ladmirable thme en la mineur donne au concerto entier sa couleur intime et mlancolique. Lide secondaire, qui assure la transition entre les deux tonalits principales (le pont de la forme sonate) est empreinte dune posie lgendaire ; elle aboutit au retour du thme dans le ton de do majeur. Le dveloppement est inaugur par un pisode paisible en la bmol majeur, qui dans la Fantaisie originale en un mouvement crait lillusion dun volet central, permettant de reconstituer un microcosme de concerto. la fin du mouvement, la cadence ne sacrifie pas la virtuosit mais impose un style srieux et contrapuntique qui laisse cependant clater lmotion dans le retour du thme envelopp de trilles.

    LIntermezzo en fa majeur fait office de transition dveloppe entre les deux mouvements extrmes : lcriture de musique de chambre y domine, dans un esprit hrit des concertos de Mozart. Quelques notes du thme de lAllegro rsonnent comme une lointaine sonnerie et lancent le vigoureux et brillant finale en la majeur. Dans ce dernier mouvement, le compositeur revient une conception plus traditionnelle du genre et semble se souvenir du finale du Concerto LEmpereur par le thme conqurant (dont il assombrit le brillant la majeur initial par des modulations en mineur), ainsi que par la vivacit et la versatilit rythmiques, prsentes dans le second thme (crit en binaire dans une mesure ternaire). Lesprit du rondo simpose dans ce finale, pourtant crit en forme sonate, opposant le vigoureux appel initial une galerie de thmes secondaires. Ceux-ci sont gnralement prsents dans le lacis de lcriture pianistique, quun langage harmonique toujours modulant vient iriser de mille couleurs, voquant lexpression de Friedrich Schlegel, chre Schumann, du songe diapr de lunivers .

    Anne Rousselin

  • 5

    sameDI 18 JaNVIeR

    Felix MendelssohnSymphonie n 3 en la mineur op. 56 cossaise

    Andante con moto Allegro un poco agitato Andante come I

    Vivace non troppo

    Adagio

    Allegro vivacissimo Allegro maestoso assai

    Composition : 1842.

    Cration : le 3 mars 1842 au Gewandhaus de Leipzig, sous la direction du compositeur.

    Effectif : 2 fltes, 2 hautbois, 2 clarinettes, 2 bassons 4 cors, 2 trompettes timbales cordes.

    Dure : environ 35 minutes.

    vingt ans, Felix Mendelssohn, fils dun riche banquier, se voit offrir par ses parents un voyage de trois annes travers lEurope, en rcompense de ses tudes brillantissimes dans tous les domaines. En juillet 1829, tandis quil traverse lcosse en compagnie de son ami Klingemann, il est enchant par la sauvagerie austre des paysages, multiplie les croquis et les aquarelles et, devant le chteau en ruines de Marie Stuart, entend dans sa tte les premiers motifs dune Symphonie cossaise . Distrait quelques semaines plus tard par le soleil ardent de lItalie (qui lui inspirera son tour la Symphonie Italienne ), il laisse son cossaise en sommeil et ne la mne bien qu lge de trente-trois ans, alors quil est devenu le chef trs admir du Gewandhaus Leipzig. Luvre sera galement joue lors du septime sjour du compositeur en Grande-Bretagne, devant la reine Victoria.

    Mme si louvrage ne prtend pas de relles intentions descriptives, il semble tout imprgn de latmosphre des Highlands, dont le musicien a profondment gard limpression. Lorchestre, feutr de cordes nuageuses, prfigure les coloris mlancoliques de Brahms, cet autre pote du Nord et des brouillards. Les mlodies amples et vallonnes, de tournure parfois archaque, campent un dcor pour les