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ET LES ÉCOSYSTÈMES AQUATIQUES - Welcome to …1992). Les rapporteurs ont considéré comme bon l’état des données et de fonctionnement des principales stations du réseau tchadien

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  • 11SCHMA DIRECTEUR DE LEAU ET DE LASSAINISSEMENT DU TCHAD RESSOURCES EN EAU ET ENVIRONNEMENT HCNE MEE ONU-DAES PNUD

    1 LE DIAGNOSTIC DE LTAT DES RESSOURCES EN EAU DE SURFACE

    Couvrant les zones de climat saharien au climat soudanien, le Tchad est soumis une pluviomtrievariable non seulement dans lespace, avec un fort gradient latitudinal, mais aussi dans le temps selonune forte saisonnalit et des ingalits interannuelles particulirement sensibles. Les eaux de surfacene sont accessibles que sur une fraction du territoire et une faible proportion de la population. Lacomptition pour les usages, les besoins du dveloppement, laugmentation des besoins individuels,laccroissement de la population, la ncessit de planifier lavenir en conservant les milieux naturels etla biodiversit sont autant de raisons pour essayer de mettre en place une gestion concerte de laressource hydrique. Cette gestion doit en outre tenir compte des pays voisins en raison du caractreinternational de la plupart des ressources de surface ou souterraines du Tchad.

    Si une vision globale lchelle du pays est ncessaire, la diversit des situations impose de le diviseren zones plus homognes, bioclimatiques, selon des situations types qui seront analyses. Il sagit doncde croiser des types de fonctionnement des systmes hydriques avec des zones climatiques et desclasses dusages.

    Dans cette approche, la notion centrale de ressource doit tre prcise. Il ne suffit pas quil y aitde leau quelque part un moment donn pour en faire une ressource exploitable. Il faut galementun usage ou un besoin exprim ou potentiel qui correspond au lieu et au moment de disponibilitde leau. Il faut, enfin, se soucier de la durabilit de lusage en comparant le renouvellement de laressource aux besoins exprims et la ncessit de conservation de lenvironnement. En fait,lenvironnement des milieux aquatiques et lhydrologie sont particulirement interdpendants.

    A priori, la demande actuelle en prlvements deau de surface est quantitativement de faible im-portance en moyenne annuelle. Elle pourrait devenir relativement importante par rapport laressource disponible si lirrigation de contre-saison se dveloppe le long des fleuves ou si les prim-tres tablis sur les rives du Lac Tchad deviennent pleinement oprationnels.

    Il est par contre manifeste que les milieux aquatiques permanents ou temporaires ont une grandeimportance au Tchad non seulement pour la pche, lagriculture de dcrue et llevage, mais aussicomme zones refuges lors dpisodes de scheresse (1984) ou de mauvaise rpartition des pluies(2000).

    Cest donc sur le triptyque prsence eau-usage-durabilit que sorganise cette partie sur lhydrologieet lenvironnement aquatique, avec prise en compte des volutions possibles dans le futur.

    1.1 La situation gnrale et les donnes disponibles

    Une priode relativement humide a prvalu de la fin des annes 40 la fin des annes 60. Cest lapriode pendant laquelle la plupart des donnes de base, en particulier hydrologiques, ont trcoltes et utilises pour les premires synthses publies. Cette priode est termine. La situationactuelle est marque par une relative scheresse qui dure depuis 1973. Les donnes hydrologiquescorrespondantes sont moins nombreuses, mais ce sont celles utiliser pour rendre compte desressources hydriques actuellement disponibles. Bien que des observations sur la priode 1985-1999indiquent une lgre tendance une augmentation des dbits du Chari, il nest pas possible de prvoirlvolution de la pluviomtrie ou des ressources en eau superficielles dans les prochaines annes.

    SECTION A

    LES RESSOURCES EN EAU DE SURFACE ET LES COSYSTMES AQUATIQUES

  • Une valuation hydrologique de lAfrique subsaharienne couvrant les pays de lAfrique de lOuest at ralise par la Banque Mondiale, le PNUD, la BAD et le Ministre Franais de la Coopration(1992). Les rapporteurs ont considr comme bon ltat des donnes et de fonctionnement desprincipales stations du rseau tchadien de suivi hydrologique. Un optimisme rgnait alors, aprs unepriode de forte perturbation nationale, et faisait esprer une amlioration du suivi des hydro-systmes dans le cadre dune phase de reconstruction nationale. Aujourdhui, faute daccs au terraindes quipes de la DREM, il rgne une suspicion gnrale sur la validit des donnes recueillies. En cequi concerne certaines stations, on sait que des chelles sont penches; on suppose que dautres ontt dplaces; il ny a pas eu de jaugeages ni de vrifications de lactivit des lecteurs depuis plusieursannes. Cependant, les donnes continuent dtre enregistres. De plus, le logiciel de gestion de cesdonnes tient compte des changements enregistrs de calage dchelle dans le calcul des dbits, maispas dans laffichage des cotes, ce qui rend difficile leur tude.

    En 2000, la DREM classe comme oprationnelles 19 stations sur le Chari et le Lac Tchad, 17 sta-tions sur le Logone, 7 sur le Mayo-Kebbi, 5 sur le Batha et aucune en zone saharienne o seules desstations exprimentales avaient t installes pour une priode dun trois ans dans les annes 60.

    Le fait dtre considre oprationnelle ne signifie pas quune station fournit des donnes rguliresou stables, mais plutt quil y a possibilit den obtenir quand le service a les moyens de fairefonctionner le rseau. On peut noter ici lintrt dune dcentralisation des services de la DREM quise trouveraient ainsi plus proches des stations de mesure et plus concerns par les observations.

    Au niveau national, dans un contexte gnral aride sdimentaire ( lexception de la station deBabokoum), la densit des stations dites en activit est sensiblement infrieure cellerecommande par les normes UNESCO-OMM (densit pour 10 000 km2 de bassin actif). Le tableau1 compare la densit souhaitable la densit relle des stations hydromtriques au Tchad.

    Tableau 1 : Densit souhaitable et densit relle des stations hydromtriques au Tchad

    Type de stations Densit recommande Densit relle

    Stations de niveau sans enregistreur 1,2 0,8

    Stations de niveau avec enregistreur 0,6 0,16

    Stations de dbit fluvial 1 0,6

    Stations de dbit solide 0,7 0

    Stations de qualit des eaux 0,7 0

    Source : SDEA 2001

    Le nombre actuel de stations a cependant t jug lors de lvaluation comme suffisant pour le suivides grands cours deau permanents et des corrlations interstations nombreuses tablies par le passpour interpoler sur le maillage du rseau.

    Nanmoins, ce rseau est loin dtre pleinement oprationnel. Dune part, il ne rpond que trspartiellement aux questions concernant les usages et les ressources; dautre part, il est centr sur lesgrands cours deau permanents. Enfin, aucune donne nest disponible sur la qualit actuelle des eauxou sur le dbit solide.

    1.2 Les prcipitations : bilan de lvolution rcente

    Les prcipitations sont lorigine des eaux superficielles courantes ou stagnantes. Dans plusieurs cas,le niveau de ces masses deau fait fonction damplificateur des variations saisonnires ou interannuellesde la pluviosit. En ce sens, le dbit annuel du Chari NDjamna est un intgrateur des prcipitationssur son bassin versant, avec des variations relatives bien suprieures celles de la pluie sur son bassinversant.

    12 SCHMA DIRECTEUR DE LEAU ET DE LASSAINISSEMENT DU TCHAD RESSOURCES EN EAU ET ENVIRONNEMENT HCNE MEE ONU-DAES PNUD

  • une chelle plus fine, la distribution spatiotemporelle des pluies constitue la donne premire pourles cultures pluviales et parfois pour les cultures de dcrue. Cest celle qui intresse le terroir et larcolte de lanne. Sa variabilit, stationnelle, est beaucoup plus grande que celle du bassin ou de lazone climatique.

    La distribution dans le temps et dans lespace des prcipitations sur la moiti sud du Tchad est lieaux migrations du Front InterTropical (FIT) ou Zone de Convergence InterTropicale (ITCZ). Les pluiessurviennent au sud de ce front qui passe NDjamna vers la mi-mai et redescend vers la finseptembre. Dans le sud du pays, la saison des pluies commence plus tt et finit plus tard, dun moisenviron. Lextension vers le nord du dplacement du FIT dtermine limportance de la saison despluies en dure et en quantit. Si le FIT se cantonne relativement au sud, il peut ne pas pleuvoir aunord du 15e parallle; la saison est alors gnralement courte et peu abondante sur le reste du pays.

    La limite dinfluence rgulire du FIT se situe vers le 17e parallle : Fada et Faya prsentent encore unesaisonnalit des pluies et, sur le long terme, une corrlation avec lavance annuelle du FIT. Occasion-nellement, cette influence peut atteindre, sur le versant sud-ouest du Tibesti, la latitude de Barda, versle 21 N. Dans lextrme nord du Tchad, les prcipitations ne sont pas gnres par les dplacementsdu FIT. Elles rsultent daccidents de la circulation atmosphrique et ne prsentent pas de saisonnalitdfinie. Il existe, bien sr, une zone de recouvrement de ces deux types dinfluence, ce qui pourraitexpliquer, en particulier, le dcouplage entre les variations interannuelles de niveau des lacs Tchad etFitri.

    titre indicatif, les pluies annuelles de quelques stations rparties du nord au sud du pays sont pr-sentes la figure 1. Une tendance globale la dcroissance sur la priode de mesure apparat pourla plupart dentre elles et la priode rcente reste dficitaire par rapport celle de 1950-1970.Sahr, NDjamna et Mao, parmi les exemples choisis, indiquent cependant une lgre tendance decroissance depuis 1984. Cette tendance nest pas confirme par les autres stations reprsentes, maisles dbits fluviaux, amplificateurs des variations de la pluviosit, sont ce sujet plus explicites.

    La distribution des isohytes sur lensemble de lAfrique de lOuest a t tudie en dtail pour lapriode 1951-1989 (voir figure 2). Les auteurs comparent, en particulier, les priodes 1951-1969 et1970-1989. On constate un dcalage vers le sud des isolignes de lordre de 120 150 km, ce quicorrespond une dcroissance de 100 130 mm dans lensemble du pays au sud du 14e parallle.Ceci sapplique aux valeurs moyennes interannuelles de la pluviosit et naurait que peu de sens pourune anne donne un endroit prcis, compte tenu de la variabilit spatiotemporelle de la distri-bution des pluies.

    Il ny a pas de synthse rcente (portant sur la priode 1990-2000) et suffisamment gnrale surlvolution de la pluviosit rgionale. Cependant, on peut considrer que le Lac Tchad est un bonintgrateur de lvolution climatique du bassin, bien reli aux indices pluviomtriques rgionauxconus jusquen 1990. Les variations de niveau du lac et des apports fluviaux par le Chari donnentune bonne ide des variations climatiques de la priode rcente : aprs un point trs bas en 1984-1985 apparat une tendance une augmentation (dont on ne peut videmment pas dire quelle va seprolonger), conforte par les annes 1998 et 1999.

    Pour ce qui est des eaux de surface, nous considrons que depuis les annes 1972-1973 une priodede scheresse relative svit sur lensemble du bassin, avec un point bas en 1984. Comparativement la priode antrieure plus arrose, il y a donc une tendance globale laridit. Mais il ny a pas detendance nette au cours des trente dernires annes. Il est par contre possible que les effets cumulsde cette priode aride se manifestent avec un effet retard par des changements de vgtation et unesusceptibilit accrue lrosion, en particulier dans la zone sahlienne.

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    13

    Zone saharienne

    Zone sahlienne

    Zone soudanienne

    Station de Moundou

    0

    200

    400

    600

    800

    1000

    1200

    1400

    1600

    1800

    2000

    1934

    1938

    1942

    1946

    1950

    1954

    1958

    1962

    1966

    1970

    1974

    1978

    1982

    1986

    1990

    1994

    1998

    Annes

    Hau

    teu

    r (m

    m)

    Station de Sarh

    0

    200

    400

    600

    800

    1000

    1200

    1400

    1600

    1800

    2000

    1934

    1938

    1942

    1946

    1950

    1954

    1958

    1962

    1966

    1970

    1974

    1978

    1982

    1986

    1990

    1994

    1998

    Annes

    Hau

    teu

    r (m

    m)

    Station de N'Djamna

    0

    100

    200

    300

    400

    500

    600

    700

    800

    900

    1000

    1100

    1934

    1938

    1942

    1946

    1950

    1954

    1958

    1962

    1966

    1970

    1974

    1978

    1982

    1986

    1990

    1994

    1998

    Annes

    Hau

    teu

    r (m

    m)

    Station d'Abch

    0

    100

    200

    300

    400

    500

    600

    700

    800

    900

    1000

    1100

    1934

    1938

    1942

    1946

    1950

    1954

    1958

    1962

    1966

    1970

    1974

    1978

    1982

    1986

    1990

    1994

    1998

    Annes

    Hau

    teu

    r (m

    m)

    Station de Faya

    0

    25

    50

    75

    100

    125

    150

    175

    200

    225

    250

    1934

    1938

    1942

    1946

    1950

    1954

    1958

    1962

    1966

    1970

    1974

    1978

    1982

    1986

    1990

    1994

    1998

    Annes

    Hau

    teu

    r (m

    m)

    Station de Fada

    0

    25

    50

    75

    100

    125

    150

    175

    200

    225

    250

    1934

    1938

    1942

    1946

    1950

    1954

    1958

    1962

    1966

    1970

    1974

    1978

    1982

    1986

    1990

    1994

    1998

    Annes

    Hau

    teu

    r (m

    m)

    Rpublique du Tchad Figure 1: Pluviomtrie annuelle de stations reprsentatives

    Schma Directeur de lEau et de lAssainissement Tchad 2002 Gvt. du Tchad sur financement PNUD et

    Avec lappui technique de lONU-DAES

    Source : DREM 2001

    Moyenne

  • 15SCHMA DIRECTEUR DE LEAU ET DE LASSAINISSEMENT DU TCHAD RESSOURCES EN EAU ET ENVIRONNEMENT HCNE MEE ONU-DAES PNUD

  • 1.3 La description gnrale des hydrosystmes de surface

    Les principaux ensembles hydrographiques sont inclus dans la cuvette tchadienne borde par unensemble de massifs, le Tibesti, lEnnedi, le Ouadda au nord et lest, la dorsale centrafricaine au sudet les monts de lAdamaoua au sud-ouest.

    Ce sont :

    le bassin du Chari et du Logone, avec leurs plaines dinondation et le Lac Tchad;

    le bassin du Batha avec le lac Fitri;

    le bassin du Mayo-Kebbi avec les lacs toubouris;

    les bassins coulement temporaire des zones dsertiques subdsertiques au nord du 14e

    parallle.

    ces grands ensembles, il faut ajouter des masses deau plus rduites, parfois assez nombreuses etlocalement importantes pour les populations : les ouaddis du Kanem et du Ouadda, les mares natu-relles et artificielles, quelques retenues artificielles, les oasis du BET et les lacs de lEnnedi, du Borkouet du Tibesti.

    1.3.1 Le bassin Chari-Logone

    1.3.1.1 Les fleuves

    Le Chari, son entre au Tchad, est constitu par la runion du Bamingui, du Gribingui et du Bangoranqui drainent un bassin de 80 000 km2 entirement situ en Rpublique Centrafricaine (RCA) (voirfigure 3). Il est rejoint sur la rive droite par le Barh Aouk, qui suit la frontire entre le Tchad et la RCAet draine un bassin de 100 000 km2, avec une trs faible pente donnant lieu linondation de grandessurfaces. De la confluence avec le Barh Aouk au Lac Tchad, la pente moyenne du fleuve est de 0,10m/km, ce qui engendre une dgradation marque du cours, avec prsence de plaines inondables(plaine de Massnya) et deffluents (Barh Erguig).

    Les trois affluents de la rive droite du haut bassin, orients est-ouest, Barh Aouk, Barh Keita et BarhSalamat, sont issus des contreforts soudanais du Djebel Marra. Ils contribuent inonder ou drainerde vastes plaines dont le fonctionnement hydrique est encore mal connu.

    Le Logone est galement form par la runion de deux rivires, issues du massif de lAdamaoua auCameroun, soit la Vina et la Mbr qui confluent la frontire des deux pays. Le Logone reoit enrive droite la Lim (4 500 km2), en aval de Babokoum. Le bassin du Haut Logone, qui comprend cestrois rivires, est situ dans les hauts plateaux de lAdamaoua, comprenant des valles encaisses dansles massifs granitiques. Plus en aval, en rive gauche, le Logone reoit la Nya (3 000 km2) et nouveauen rive droite, la Pend, plus importante (15 000 km2). Ensuite commencent les plaines inondables duContinental Terminal, avec un cours trs dgrad et une pente moyenne de 0,25 m/km La et de0,14 m/km entre cette ville et NDjamna.

    En aval de Sahr pour le Chari et de La pour le Logone, de multiples connexions de dfluents oueffluents caractrisent le cours des deux fleuves.

    En rive droite du Chari, le Barh Erguig est un dfluent qui alimente la plaine inondable de Massnya.Celle-ci est en partie draine par le mme Barh Erguig vers le Chari la hauteur de Kalgoa et seprolonge vers Linia, 30 km au sud-est de NDjamna. Le Barh Linia draine la plaine vers le nord-esten contournant la capitale par lest. Des rivires issues de louest du massif du Gura alimententgalement cette plaine. En rive gauche, le Ba Illi du Sud draine une petite plaine vers le Chari.

    Concernant le Logone, les dbordements dans les parties basses du bourrelet de rive commencentaprs La, en rive droite vers la grande plaine draine par le Ba Illi du Nord et dautres dpressionssecondaires (naturelles et artificielles), et en rive gauche par les seuils entre Er et Bongor vers ladpression Toubouri et le cours du Mayo-Kebbi vers la Bnou (400 millions de m3 en anne debonne hydraulicit, soit un millime de lapport au Lac Tchad par le Chari). Les premires observationshydrologiques ont eu lieu dans cette rgion, car la question se posait dune possible capture duLogone par le Mayo-Kebbi. Les chutes Gauthiot, entre Mbourao et Trn, pourraient donner lieu une production hydrolectrique.

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  • 17SCHMA DIRECTEUR DE LEAU ET DE LASSAINISSEMENT DU TCHAD RESSOURCES EN EAU ET ENVIRONNEMENT HCNE MEE ONU-DAES PNUD

  • En aval de Bongor, une srie de dfluents alimente le Grand Yar du Nord Cameroun et la plaineentre le Chari et le Logone par des mcanismes complexes, sur une surface de lordre de 12 000 km2.Le barrage de Bama, en amont direct du yar stocke une partie des eaux de crue du Logone et demayos issus des monts Mandara pour lirrigation des rizires dans le yar. Le projet Waza-Logone,qui gre la ressource en eau, a expriment rcemment une inondation partielle du yar en aval afinde sauvegarder la biodiversit et la capacit daccueil dans la plaine inondable pour la faune sauvageet en particulier dans le Parc National de Waza. Daprs ses promoteurs, cette exprience a t unsuccs pour la conservation de la flore et de la faune du yar.

    LEl Bed draine le yar vers le Lac Tchad. Le Grand Yar du Nord Cameroun stendait autrefoisjusqu la pointe sud du Lac Tchad. Il est maintenant limit dans son extension par la route Kousseri-Maltam-Mora qui forme une digue, avec un pont sur lEl Bed, ce qui donne ce cours deau uneimportance particulire puisquil est ainsi le principal exutoire des eaux du yar.

    En aval de NDjamna, la Serbewel et le Taf Taf sont les derniers dfluents de la rive gauche du Chariavant un vaste delta branches multiples. En rive droite, la hauteur de Djimtilo, un petit dfluentautrefois barr par la route qui longe le fleuve a t rendu nouveau actif par la pose dune buse. Lapetite plaine dinondation ainsi recre permet des cultures de dcrue et du marachage sur unequarantaine dhectares. Cet exemple montre, encore une fois, la sensibilit des surfaces inondables auxinterventions du gnie civil.

    1.3.1.2 Les dbits

    Les contributions relatives des diffrents cours deau sont prsentes la figure 4, avec des valeursmoyennes pour la priode 1968-1998. Les apports annuels du Chari NDjamna TP en aval de laconfluence du Logone (figure 5) ont t successivement les suivants :

    Priodes Milliards de m3 Moyennes annuelles

    1960-1969 41 1 300 m3/s

    1970-1979 31,1 987 m3/s

    1980-1989 16,6 526 m3/s (deux annes manquantes)

    1984-1985 6,7 (anne de scheresse record)

    1990-1999 20,4 647 m3/s

    1999-2000 31,5 1 000 m3/s

    2000-2001 25 792 m3/s

    2001-2002 28,5

    Si lon considre que les annes de bonne hydraulicit se situent avant 1971 et les annes schesaprs 1971, les dbits moyens du Chari NDjamna sont respectivement de 39,1 milliards de m3

    (1950-1971) et de 21,8 milliards de m3 (1972-2000, dont deux annes manquantes). cette priodede scheresse est associe une modification de la courbe de tarissement.

    La variabilit moyen terme (pluriannuelle) des dbits est donc notable de mme que la variabilitinterannuelle. On observe NDjamna une tendance la diminution des apports vers le dbut desannes 60, jusqu un point bas en 1984-1985. Depuis, la tendance rcente un accroissement desniveaux et dbits maximaux et minimaux est souligner.

    En ce qui concerne les usages, deux aspects mritent une attention spciale : dune part, les hauteursmaximales des niveaux des fleuves qui conditionnent linondation des plaines et des agglomrations;dautre part, les niveaux ou dbits dtiage, importants pour les prlvements des primtres irrigusainsi que pour la conservation des peuplements de poissons.

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  • Les dbits fluviaux dtiage

    Lorsque des besoins de prlvements deau dans le Logone ont t ncessaires lirrigation encontre-saison des primtres irrigus, la question sest pose dun dbit minimal rserv. Un tel dbitest classiquement rserv dans les rivires en aval des barrages hydrolectriques afin de protger lafaune aquatique. Pour les rivires rgime peu contrast, on considre que le dbit rserv doit trele dixime du dbit moyen annuel. Pour les rivires forte saisonnalit, lapplication de cette rgleconduirait des dbits dtiage contrls plus levs que les dbits dtiage naturels. Cest le cas deplusieurs fleuves rgime tropical. Des dbits dire dexpert sont donc alors dfinis.

    Laccord Cameroun-Tchad de Moundou, de 1970, a utilis titre de rfrence les donnes hydro-logiques disponibles, cest--dire celles dune priode humide avec dbit naturel dtiage Bongor de62 m3/s entre 1951 et 1970. Il autorisait chacun des deux pays prlever dans le Logone en aval deMoundou 10 m3/s en mai et dcembre, et 5 m3/s en janvier, fvrier, mars et avril. Un dbit moyendtiage tait donc rserv 52 m3/s, soit assez exactement le dixime du module annuel moyen.

    Trente ans plus tard, le dbit moyen annuel Bongor est de 292 m3/s pour la priode 1984-1997. Lesdbits dtiage pour cette priode sont respectivement :

    Bongor (en amont des principales prises deau) de 31,2 m3/s;

    Katoa de 13,5 m3/s (approximativement au niveau des principales prises deau);

    Logone-Gana de 13,6 m3/s;

    NGuly, juste avant la confluence avec le Chari, de 11,9 m3/s.

    Le dbit naturel dtiage Bongor correspond maintenant approximativement au dixime du moduleannuel. Les dbits dtiage rels en aval apparaissent comme trs infrieurs ce qui avait t prvupar laccord de Moundou, et les prlvements comme suprieurs aux quotas convenus.

    Ces donnes sont toutefois calcules partir de jaugeages dj anciens (sauf, ceux de la nouvellestation de NGuly). Pour les dbits faibles, les courbes de tarage sont en gnral peu prcises du faitdes dplacements des bancs de sable. Des jaugeages complmentaires ont donc t effectus par unequipe de la DREM, au dbut de mai 2000 (donc, peu de temps aprs ltiage rel). Les valeursobtenues sont les suivantes :

    Date Station Cours deau H (cm) Q (m3/s)

    08-05-2000 Bongor Logone 94 42

    10-05-2000 Katoa Logone 76 35,1

    06-05-2000 Logone-Gana Logone 38 31,8

    26-04-2000 NGuly Logone 175 31

    27-04-2000 NDjamna Chari 107 73

    Les diffrences observes entre Bongor et Katoa ou Logone-Gana sont donc, ce moment, moinsimportantes que dans la moyenne calcule des annes prcdentes. Les valeurs de dbit saccordentavec les courbes de tarage utilises, sauf pour Bongor o la courbe est sensiblement au-dessus dupoint mesur le 8 mai (pour le mme niveau de 94 cm lchelle, la courbe donne 63 m3/s). Il estdonc important de vrifier nouveau le tarage de cette station si un nouvel accord de partage deseaux et de dfinition du dbit rserv doit tre envisag.

    Les prlvements actuels en priode dtiage sont estims, pour la partie tchadienne, moins de 2 m3/s.

    Les donnes de la DREM indiquent que le dbit du Chari Chagoua a t nul en 1985, anne deplus forte scheresse observe entre le 30 avril et le 28 juin. part cet pisode extrme, les donnesdisponibles indiquent un dbit dtiage du Chari Chagoua compris pour la priode 1990-1997 entre10 m3/s (1990-1991) et 50 m3/s (1996-1997).

    21SCHMA DIRECTEUR DE LEAU ET DE LASSAINISSEMENT DU TCHAD RESSOURCES EN EAU ET ENVIRONNEMENT HCNE MEE ONU-DAES PNUD

  • Une alimentation en eau de NDjamna, fonde exclusivement sur des prlvements dans le Chari enamont de la ville, ne constitue donc pas une solution suffisamment scuritaire. Mais ce fleuve pourraitfournir un appoint important pour limiter les prlvements dans les nappes qui courent le doublerisque de la pollution par les infiltrations des eaux uses urbaines et dune surexploitation locale parexcs de pompage.

    1.3.1.3 Les plaines dinondation

    Les plaines dinondation considres ici sont les zones temporairement inondes par les pluiesdirectes accompagnes de dbordements fluviaux ( lexclusion des pourtours lacustres traits plusloin). La distinction entre les deux types de systmes repose sur la nature des sols, le calendrier desphases dinondation et les possibilits de contrle de leau.

    Le bassin tchadien est caractris par lextension importante des plaines dinondation (voir figure 3),rsultant de la conjonction dun rgime fluvial tropical fortes crues annuelles, avec le trs faible reliefde la plaine tchadienne. Bien que des donnes actualises manquent, lAtlas pratique du Tchad (Cabot,1972) permet dvaluer 95 000 km2 la surface inondable totale, dont 50 000 km2 dans le bassin duSalamat, rgion pour laquelle nous manquons de donnes anciennes ou actualises. Ces donnes,valables pour la priode plutt humide des annes 60, seraient mettre jour, mais lordre de gran-deur est significatif. Il est noter que le Grand Yar du Nord Cameroun, lequel couvre 12 000 km2

    et fait partie du mme ensemble fonctionnel du Chari-Logone, est non comptabilis ici.

    Les bassins fluviaux du Chari, du Logone, du Batha et du Salamat et dautres rivires secondairesabritent de grandes plaines dinondation. De telles zones inondables, encore frquentes dans les paystropicaux, ont presque disparu des zones tempres du fait de lendiguement, de la construction debarrages et de la rgulation des dbits. Cette diffrence entre pays temprs et pays tropicaux susciteinvitablement une question importante : le dveloppement du pays passe-t-il par une artificia-lisation des plaines inondables et, en particulier, par une intensification des pratiques dlevage, dagri-culture et de pche ?

    Dans le pays, les plaines dinondation, aux sols hydromorphes argileux, sont dabord alimentes par lespluies qui remplissent les dpressions et permettent aux gramines de se dvelopper. Ce nestquensuite que les dbordements des fleuves contribuent une inondation plus complte et plusdurable. Ils apportent en outre les matires en suspension qui sdimentent et participent la produc-tivit de ces systmes. Ces dbordements se font principalement des points bas des bourrelets deberge par des dfluents secondaires. Les principaux seuils ont t bien identifis depuis le dbut desannes 50 et leur dbit analys en fonction du niveau ou du dbit du Logone ou du Chari. Cettecaractrisation, effectue en phase de forte hydraulicit, nest sans doute plus valable partout aprsplus de vingt-cinq annes de scheresse relative. Les rapports concernant les grands primtresirrigus font en effet mention de lensablement de certains dfluents et de dbits rduits. Par ailleurs,divers travaux damnagement agricole jouent un rle actuellement inconnu dans la rpartition descoulements. On peut citer cet gard les endiguements partiels (dont celui construit en 1954-1956sur les deux rives du Logone entre Bongor et Mogodi ou la mise en place du primtre irrigu deSatgui-Dressia qui barre en partie lapprovisionnement du Ba Illi), la construction en 2000 dun seuilartificiel pour inonder le Grand Yar en aval de la Semry 2 ainsi que leurs modifications ultrieures.

    En priode humide, les plaines inondables de la prfecture du Salamat sont trs largement inondes, lexception des bourrelets sableux. La surface potentielle totale est de lordre de 50 000 km2. Lesconditions de dversement des fleuves ne sont pas connues. Des changements vraisemblables decalage dchelle ne permettent pas de comparer les niveaux maximaux de la priode humide rcenteet de la priode sche actuelle. lchelle de Kyab sur le Barh Keta, la cote 350 cm lchelle a tdpasse 15 fois en dix-huit ans avant 1971 et seulement 4 fois en huit ans entre 1985 et 1998 (lesdonnes manquantes rendent ce genre de comparaison hasardeux). Les donnes concernantTarangara sur le Barh Salamat ou de Am-Timan sur le Barh Azoum sont encore moins nombreusespour la priode rcente.

    Le Barh Erguig, dfluent partiellement ensabl du Chari plus en aval, coulait lorsque la cote du Chari Miltou dpassait 3,5 m lchelle. Il a t signal comme fonctionnel en 1999, pour la premire foisdepuis plus de vingt ans. Lextension correspondante de linondation dans la plaine de Massnya nestpas connue.

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  • Avant 1970, le Ba Illi tait inond pour un dbit La suprieur 1 900 m3/s. Son coulement estdepuis perturb par le primtre de Satgui-Dressia. Entre Er et Bongor, le Logone se dversaitvers les plaines du Mayo-Kebbi pour un dbit > 1 750 m3/s Er. Les donnes disponibles indiquentque le Logone na pu approvisionner la dpression Toubouri que deux fois environ sur une priodede quinze ans, entre 1973 et 1998.

    On constate donc un manque de donnes hydrologiques pour lensemble des zones inondables duTchad. Cette lacune concernant les annes antrieures ne peut tre comble. Un effort doit tre faitpour lavenir, notamment avec la mise en uvre de nouvelles techniques, en particulier de latldtection et des moyens modernes de topographie. En termes dusages des ressources naturelles,une meilleure connaissance des plaines inondables est ncessaire.

    1.3.2 Le bassin du Mayo-Kebbi et les lacs toubouris

    Le Mayo-Kebbi, affluent de rive droite de la Bnou, fait partie du bassin du Niger (voir figure 6). Ilconstitue actuellement le seul trait dunion entre les bassins du Tchad et du Niger, car il est surtoutaliment par les dversements des eaux de crue du Logone infrieur sur la rive gauche, notammentau niveau dEr, qui inondent des surfaces importantes. Ces eaux sont draines par les rivires Kabia(nom du cours suprieur du Mayo-Kebbi, issu du versant mridional des Monts Mandara) et Loka versles lacs de la dpression Toubouri (Fianga,Tikem et NGara). Prs de Bongor, dautres dversementsmoins importants (seuil de Dana) alimentent directement le lac Fianga. Selon limportance desapports pluviomtriques et des volumes dverss, la communication entre les lacs Tikem et Fiangapeut seffectuer dans un sens ou dans lautre. Ces lacs toubouris, succession de marcages et de lacspeu profonds, donnent naissance au Mayo-Kebbi au lit assez large et coulant en direction de louest. la hauteur de MBourao, il traverse une zone rocheuse par une srie de rapides et de cascades dontla principale, les chutes Gauthiot, a une dnivellation denviron 45 m. Il traverse ensuite les lacs Trnet Lr avant datteindre son confluent avec la Bnou.

    Le niveau dtiage dans les trois premiers lacs est respectivement de 320 m pour Fianga, de 319,8 mpour Tikem et de 318,5 m pour NGara. Lamplitude saisonnire des variations du niveau de leaudcrot le long de la dpression. Elle est, en anne normale, de 3 m Fianga, de 2,7 m Tikem et de2 m NGara. Les crues peuvent tre brutales. La profondeur ne dpasse pas 4 m ltiage dans leslacs Fianga et NGara, et 5 m dans le lac Tikem. La surface en eau totale des trois lacs varie entre 80km2 ltiage et plus de 300 km2.

    En aval des chutes Gauthiot, mais toujours au Tchad, le Mayo-Kebbi traverse les lacs Trn et Lr,dont la faune piscicole a des affinits avec celle du Niger (outre la prsence du lamantin Tricherussenegalensis). Le lac Lr est aliment dabord par la pluie directe et le ruissellement local en aot,puis par la crue du Mayo-Kebbi en octobre, ce qui produit une courbe bimodale de niveau. Le volumedu lac ltiage est denviron 160 millions de m3 pour une surface de 40 km2 et une profondeurmoyenne de 4 m.

    1.3.3 La zone sahlienne

    1.3.3.1 Le Lac Tchad

    Du fait de sa situation dans un bassin endorique, le niveau du Lac Tchad dpend troitement du cli-mat et des prcipitations sur son bassin versant. Des variations de niveau de quelques mtres seraientsans grande consquence pour des lacs profonds comme le sont les grands lacs de lEst africain. Dansle cas du Lac Tchad, de grande superficie et de faible profondeur, les variations de niveau ont desrpercussions considrables en ce qui concerne les surfaces en eau, lensemble du fonctionnementcologique et les populations riveraines.

    La position gographique de ce lac en Afrique constitue une raison dinstabilit : tant presque lalimite du dplacement de la zone intertropicale de convergence, il est particulirement sensible auxvariations interannuelles de celle-ci.

    Le Lac Tchad Normal , tel quil existait la fin des annes 60, avait une surface de 19 000 km2 pourune cote du plan deau de 281,5 m et comportait alors un plan deau unique dont les contours sontreprsents la figure 7.

    23SCHMA DIRECTEUR DE LEAU ET DE LASSAINISSEMENT DU TCHAD RESSOURCES EN EAU ET ENVIRONNEMENT HCNE MEE ONU-DAES PNUD

  • 24 SCHMA DIRECTEUR DE LEAU ET DE LASSAINISSEMENT DU TCHAD RESSOURCES EN EAU ET ENVIRONNEMENT HCNE MEE ONU-DAES PNUD

  • la suite dannes successives de scheresse sur les bassins versants du Chari et du Logone, men-tionnes plus haut, le lac sest scind en compartiments aux comportements hydrologiques diffrents,avec exondation de hauts-fonds dans la Grande Barrire entre Baga Kawa et Baga Sola, et entre leseaux libres du sud-est et les archipels de lest et du sud-est. Un tel tat a t nomm Petit Tchad par Tilho (1928) qui lavait observ au dbut du sicle (voir figure 8).

    Le passage de ltat Tchad Normal ltat Petit Tchad a t explicit ci-haut. Il ne sera rappelque brivement, lobjet de ce chapitre tant de dcrire le fonctionnement hydrologique du lac lors dela priode de Petit Tchad 1973-2000, notamment en ce qui concerne les niveaux, les surfaces en eauet leur relation avec les apports du Chari. Lensemble des donnes correspondantes a t donn dansla synthse sur lhydrologie du Lac Tchad.

    Les paysages et les grandes rgions du Lac Tchad

    En priode de Tchad Normal, au sens de Tilho, le lac prsente un seul plan deau, une altitude sup-rieure 280 m, avec deux grandes cuvettes, sud et nord, spares par un tranglement. Un archipel,constitu par un erg fossile, senfonce progressivement dans le lac partir du nord-est. Larchipel estprolong vers lintrieur du lac par des les de vgtation, appeles lots-bancs , correspondant des sommets de dunes submergs et coloniss par des phanrogames aquatiques. Le Tchad Normalest caractris par ltendue des zones deaux libres, par lespace navigable entre les les des archipelset par une frange limite de vgtation le long des rives.

    Consquence des variations climatiques, lvolution du Tchad Normal est entrecoupe de phases debas niveaux.Trois phases de Petit Tchad sont intervenues depuis le dbut du sicle, la premire (1904-1917) ayant t dcrite en dtail par Tilho. La seconde, vers 1940, nest documente que par latradition orale. Le dernier passage ltat Petit Tchad a eu lieu en 1973 et, depuis cette date, le lacfonctionne suivant un nouveau rgime.

    Les paysages actuels du Petit Tchad rsultent de la topographie et de son histoire rcente :

    Les zones deaux libres de la cuvette sud correspondent aux rgions les plus profondes de cettecuvette qui nont pas t exondes au dbut de la priode de scheresse. Elles se rpartissenten trois masses principales : eaux libres du Sud-Est, devant le delta du Chari;

    eaux libres du Sud, dans la partie sud-ouest de la cuvette;

    eaux libres du Sud-Ouest, entre Baga Sola et Baga Kawa, sur le versant mridional de laGrande Barrire.

    Les zones couvertes de vgtation marcageuse sont inondes de faon saisonnire ou en per-manence, mais la densit de la vgtation ne permet pas de distinguer la prsence ventuelle deleau sous-jacente. Ces rgions ont presque toutes t dcouvertes ltiage, au moins une foisdepuis 1973. Les marcages existent en bordure des eaux libres dans larchipel de la cuvette sudet peuvent se dvelopper dans les zones temporairement inondes de la cuvette nord.

    Des archipels, qui correspondent au domaine dunaire de la bordure nord-est du lac. Les inter-dunes sont colonises par les marcages dans la cuvette sud. Dans les deux cuvettes, ils devien-nent de plus en plus troits mesure que lon se rapproche des contours traditionnels du lac.

    Des zones trs irrgulirement inondes de la cuvette nord prsentent suivant la saison ou lan-ne un aspect trs diffrent : vgtation palustre, espace cultiv ou steppe semi-dsertique Callotropis. Ce sont principalement ces zones inondes de la cuvette nord, qui prsentent la plusforte variabilit, qui ont t suivies laide des donnes satellitaires et des observations par sur-vol arien.

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  • 26 SCHMA DIRECTEUR DE LEAU ET DE LASSAINISSEMENT DU TCHAD RESSOURCES EN EAU ET ENVIRONNEMENT HCNE MEE ONU-DAES PNUD

  • Les niveaux de leau

    Jusqu fin de 1972, le limnigraphe install Bol est reprsentatif du niveau gnral du lac. Par la suite,les enregistreurs installs dans les diffrentes rgions du lac rendent compte du passage de ltat TchadNormal ltat Petit Tchad. Ce sont les stations suivantes :

    Kalom pour les eaux libres de la cuvette sud;

    Bol pour larchipel du sud-est (ou archipel de Bol);

    Kindjeria pour la cuvette nord dont les niveaux voluent diffremment.

    La crue du Chari, du type tropical pur, prsente un seul pic bien marqu dont le maximum se situevers la fin octobre NDjamna. Ce pic de crue se retrouve en dcembre Kalom et environ un moisplus tard Bol et Baga Kawa.

    En 1972, la crue trs faible du Chari na pas sensiblement interrompu la baisse du niveau rsultant dudsquilibre entre lvaporation et les apports : le Lac Tchad sest scind en trois parties en mars1973, avec lexondation des seuils isolant larchipel du sud-est et la cuvette nord. En juillet 1973, lavgtation sest dveloppe sur tous les sdiments exonds. La crue du Chari a dabord rempli largion des eaux libres de la cuvette sud, puis larchipel de Bol. Le niveau atteint na pas permis unpassage significatif deau vers la cuvette nord travers la Grande Barrire. Celle-ci constitue alors undouble obstacle en raison du seuil lui-mme constitu par la topographie des fonds (qui sestlgrement modifie par la dessiccation des sdiments) et de la vgtation dense qui sopposent aupassage de leau sur une profondeur de 50 km.

    Cette vgtation est essentiellement constitue de Cyperus papyrus, Aeschynomene elaphroxylon,Vossia cuspidata, Lpomea aquatica,Vallisneria, Pistia.

    La crue du Chari de 1974 est arrive, dans la cuvette sud, dans un environnement semblable celuide juillet-aot 1973. Il y a dabord eu remplissage de la cuvette sud (zone des eaux libres), puis delarchipel de Bol. Cette nouvelle crue, suprieure la prcdente, a fourni en trop-plein un faiblevolume deau la cuvette nord travers la Grande Barrire. Insuffisamment alimente, cette cuvettesest compltement assche vers juillet 1975.

    Lamplitude des variations du niveau dans la cuvette sud (eaux libres du Sud-Est Kalom) restecomprise entre 1,3 et 2 m. Son niveau moyen interannuel reste proche de 280,5 m (par rfrence auniveau IGN 1956).

    Dans la cuvette nord, depuis 1976, le cycle normal de la profondeur et de la surface inonde est unasschement plus ou moins prolong entre septembre et dcembre, avec extension maximale de lasurface inonde en janvier. Les profondeurs maximales observes ce moment sont de lordre dumtre au centre de la cuvette. Devant lestuaire de la rivire Yob, un marcage est remis en eau grce la crue de la rivire en septembre ou lors de lchers deau des barrages nigrians en amont, pourdes raisons techniques.

    Ce schma est cependant susceptible de fortes altrations : linondation de la cuvette est nulle,moyenne ou totale selon les annes.

    Les surfaces en eau

    La cuvette sud

    Le niveau moyen de cette cuvette tant denviron 280,5 m (IGN 1956), la surface inonde corres-pondante est de 7 500 km2 en prenant la ligne Baga Kawa-Baga Sola comme limite entre les cuvettesnord et sud.

    Les surfaces inondes minimales extrmes, observes aux tiages de 1974 et de 1987, sont de lordrede 4 000 km2 pour une cote de 279 m. Les valeurs maximales approchent 9 000 km2 lors des crueslacustres la cote 281 m.

    Il sagit l de surfaces inondes o sont comprises la fois les surfaces en eaux libres et les surfacesen marcages.Au cours de lanne, ces marcages sont plus ou moins inonds, leur extension corres-

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  • pondant approximativement aux parties basses des surfaces inondables. Lobservation des niveaux deleau permet destimer les surfaces totales inondes, en utilisant les relations tablies antrieurement.Lutilisation des donnes du satellite Mtosat ne permet de dterminer avec scurit que les surfacesen eaux libres :

    environ 1 500 km2 pour les eaux libres du Sud-Est, de faon permanente;

    environ 775 km2 pour les eaux libres du Sud-Ouest aprs la crue fluviale;

    environ 1 550 km2 pour les eaux libres situes juste au sud de la Grande Barrire sur la ligneBaga Kawa-Baga Sola, durant la crue de dcembre 1988 fvrier 1989.

    La cuvette nord

    Les surfaces inondes la fin de janvier de chaque anne de 1973 2000 (sauf, en 1980 et en 1981o le satellite na pas fonctionn) ont t suivies laide de donnes satellitaires.

    Fin janvier correspond la priode dextension maximale de linondation de la cuvette perceptiblepar le satellite Mtosat. En cas de fortes crues, leau peut progresser plus tard entre les les de larchi-pel du nord, mais le phnomne nest pas perceptible, les surfaces en eau des chenaux entre les lestant trs faibles par rapport au signal des les elles-mmes, plus tendues et forte rflectance.

    Le maximum annuel de surface en eau de la cuvette nord est donc compris suivant les annes entre0 (annes 1985, 1987 et 1988) et 7 000 km2 (1979, 1989 et 2000).

    Le minimum annuel de surface en eau pour la mme priode est rgulirement compris entre 0 et100 km2, le premier asschement complet stant produit en juin-juillet 1975.

    La vitesse de propagation de linondation a t suivie au cours de la crue suprieure la moyenne de1988-1989 qui a couvert la plus grande partie de cette cuvette nord : la progression linaire de la cruesuivant une ligne sud-nord tait de 75 km entre le 11 novembre et le 22 dcembre, soit 1,8 km/jour.Lextension maximale observe se situait 125 km au nord de Baga Kawa vers le 10 janvier 1989.

    En surface, linondation de la cuvette nord est tout aussi impressionnante, avec une progression de 70km2 par jour entre le 11 novembre et le 22 dcembre (1988-1989). La surface inonde maximaleatteinte est de 3 375 km2 deaux libres.

    Au total, les surfaces dcouvertes au cours dun cycle annuel de Petit Tchad, potentiellementaccessibles au pturage et aux cultures de dcrue, sont donc de 4 000 km2 pour la cuvette sud etcomprises entre 0 et plus de 6 000 km2 selon les annes dans la cuvette nord, dont environ 2 000km2 pour la partie tchadienne de cette cuvette. Ces valeurs sont comparer celles du Lac TchadNormal, o les variations saisonnires de niveau sont de moindre amplitude (environ 1 m), ce quicorrespond des surfaces dcouvertes de 2 500 km2 pour lensemble du lac de niveau moyencompris entre 280 et 282 m.

    La morphologie et lhydrologie du Lac Tchad

    Les diverses observations effectues sur les niveaux et les surfaces permettent de dfinir les diffrentsbassins du lac et leur topographie.

    Trois bassins peuvent tre individualiss (voir figure 9) :

    la cuvette des eaux libres du Sud et du Sud-Ouest;

    larchipel de la cuvette sud;

    la cuvette nord.

    Ces bassins sont spars par des seuils :

    les lots-bancs de la cuvette sud;

    la Grande Barrire.

    Schmatiquement, ces rgions correspondent une coupe transversale du fonctionnement hydrolo-gique du lac (voir figure 9).

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  • 29SCHMA DIRECTEUR DE LEAU ET DE LASSAINISSEMENT DU TCHAD RESSOURCES EN EAU ET ENVIRONNEMENT HCNE MEE ONU-DAES PNUD

  • Le premier bassin aliment est celui des eaux libres de la cuvette sud dont le fond est 278,2 m. Leseuil, vers 279,3 m, qui isole larchipel de Bol est le plus souvent submerg, sauf lors dannesparticulirement dficitaires.

    La Grande Barrire a une altitude galement de 279,3 m, mais leau ne la traverse de faon sensibleque lorsque son niveau dans la cuvette sud slve 280,5 m, ce qui reprsente son niveau fonctionnellors de la priode 1975-1989. La vgtation de la Grande Barrire constitue donc lquivalent dunseuil de plus dun mtre.

    Le fond du centre de la cuvette nord est situ environ 275,3 m, soit presque 2,9 m plus bas quecelui de la cuvette sud.

    Lvolution interannuelle du Lac Tchad dpend du bilan entre les apports (fleuves, pluies) et les pertes(vaporation, infiltrations). Dans ce bilan, les apports du Chari reprsentent 83 % des apports totaux.En tant que premire approximation, les apports annuels du Chari mesurs NDjamna peuventtre considrs comme un bon indicateur des apports totaux.

    La relation entre ces apports du Chari et les diffrentes situations lacustres est examine ci-dessous.

    Lac Tchad Normal

    partir des donnes existantes, la relation entre les variations interannuelles du niveau du lac et lesapports annuels du Chari permet destimer 42 + ou 2 km3 un apport annuel dquilibre moyen.La valeur exacte est videmment fonction du niveau moyen du lac dont dpendent les pertes parvaporation et infiltrations.

    Petit Tchad

    partir dun niveau trs bas des eaux de la cuvette sud (cas de ltiage de juillet 1973), les eaux decrue du Chari contribuent successivement relever le niveau de la cuvette sud, alimenter larchipelde Bol par-dessus le seuil des lots-bancs et alimenter la cuvette nord par-dessus ou travers laGrande Barrire.

    En ce qui concerne la cuvette sud (eaux libres, marcages et archipel), ce cycle est tout fait repro-ductible dune anne lautre, la diffrence entre les hautes eaux dune anne dapports dficitaires(9,4 km3 en 1987-1988) et une anne proche de la normale (36,9 km3 en 1975-1976) tant de lordrede 1 m.

    La relation entre le module annuel du Chari et limportance de linondation de la cuvette nord estreprsente par une courbe sigmode o :

    le module ncessaire un cycle annuel normal de la seule cuvette sud, sans dbordement, est de 15 km3;

    le module permettant une inondation complte de la cuvette nord est de 28 km3;

    un apport compris entre 15 et 28 km3 se traduit par une inondation partielle de la cuvette nord.

    Rappelons leffet de seuil cr par la vgtation de la Grande Barrire : une modification de cettevgtation se rpercuterait nettement sur les changes entre les deux cuvettes et donc sur leursniveaux.

    Par ailleurs, si nous comparons les apports dquilibre du Chari pour la cuvette sud en priode dePetit Tchad (15 km3 pour 7 500 km2) et pour lensemble du lac en priode de Tchad Normal (42 km3

    pour environ 20 000 km2), nous constatons que les pertes annuelles par unit de surface reprsententsensiblement 2 m pour chacune des priodes considres. Rapportes aux apports totaux au lac (etnon uniquement ceux du Chari), ces pertes reprsentent environ 2,3 m par unit de surface. Lamodification des paysages et le dveloppement de la vgtation marcageuse ne semblent donc pasavoir modifi sensiblement les pertes par vaporation. Dans la limite des approximations faites danscette tude, les surfaces en marcages nont pas une vaporation sensiblement diffrente de surfacesquivalentes deaux libres.

    30 SCHMA DIRECTEUR DE LEAU ET DE LASSAINISSEMENT DU TCHAD RESSOURCES EN EAU ET ENVIRONNEMENT HCNE MEE ONU-DAES PNUD

  • plus long terme, le retour un tat Tchad Normal ncessiterait une hydraulicit relativement excep-tionnelle, impliquant que la crue du Chari soit sensiblement renforce par des pluies directes sur lelac. Pour obtenir un plan deau unique en janvier (pic de crue lacustre), les courbes surfaces-volumespermettent destimer quil faudrait une crue du Chari de lordre de 52 km3, quivalente celles de1955-1956, de 1961-1962 ou de 1962-1963.Toutefois, ce plan deau unique ne serait que de faibledure. Afin dobtenir un plan deau unique persistant toute lanne, ce qui est la caractristique dunTchad Normal, (cote > 280,8 m en janvier), deux crues importantes successives du Chari seraientncessaires.

    Une telle remise en eau sest dj produite deux reprises depuis le dbut du sicle et reste toujourspossible, mais implique des crues fluviales qui seraient catastrophiques pour NDjamna et dautresvilles situes dans le bassin infrieur.

    Dans ltat actuel de Petit Tchad, lenvironnement et donc le fonctionnement cologique global dusystme sont relativement reproductibles. Cependant, cette reproductibilit ne sapplique pas de lamme faon aux cuvettes sud et nord. La cuvette sud, constitue de zones deaux libres et de vastesmarcages, suit un cycle annuel relativement rgulier depuis 1973, avec un niveau moyen et dessurfaces (eaux libres et marcages) stables. Les trop-pleins de la cuvette sud, quand ils existent,inondent plus ou moins la cuvette nord, pour des dures variables. Cest dans cette cuvette nord quese trouve reporte la variabilit classiquement associe lensemble du lac.

    Le bilan salin du Lac Tchad

    En priode de Tchad Normal, les eaux du lac restent relativement douces (conductivit Bol delordre de 120 microS/cm et dans la cuvette nord, entre 300 et 600 microS/cm) malgr le caractreendorique du lac et la forte vaporation. Ce phnomne sexplique par une faible concentration desapports fluviaux (60 mg/l) et une rgulation gochimique interne au lac faisant intervenir desprcipitations de carbonates, des quilibres avec les argiles des sdiments et une exportation des eauxles plus concentres dans les nappes bordires, en particulier vers le Kanem.

    En priode de Petit Tchad, ces quilibres chimiques sont modifis par la prsence des zones mar-cageuses qui contribuent lever la pression partielle du CO2 dissous, diminuent le pH, favorisent lemaintien en solution du calcium et du magnsium, et stockent dans la matire vgtale, en quantitsimportantes, des lments comme le potassium ou la silice. Les liaisons avec la nappe phratiquerestent dterminer pour la cuvette sud; le devenir des substances dissoutes lors des asschementsde la cuvette nord nest pas connu. Alors quen priode de Tchad Normal la conductivit Bol pourun niveau de leau de lordre de 280,0 m est de lordre de 120 microS/cm, elle tait de 200 en dbutde priode de Petit Tchad, mais avec une teneur en calcium et en magnsium lgrement suprieure,ce qui est un facteur favorable lirrigation.Aprs plus de vingt ans de fonctionnement de Petit Tchad,une analyse de la salure des eaux et du fonctionnement gochimique du lac serait faire.

    1.3.3.2 Le bassin du Batha et du lac Fitri

    Le haut bassin du Batha se trouve lest du pays, dans le massif du Ouadda, avec une limite situeapproximativement sur la ligne Gurda-Adr. Sa surface est de lordre de 46 000 km2. Son point avalest le lac Fitri.

    Le Batha est un fleuve temporaire qui coule environ trois mois par an, daot octobre, et apporteau lac Fitri un volume en eau de lordre de 1 2 km3, avec de fortes irrgularits interannuelles (voirfigures 3 et 10).

    Le lac Fitri est un lac endorique dont lalimentation est essentiellement assure par le Batha. Il reoitgalement les apports non ngligeables de ouaddis de lAboutelfan. Au total, pour une surfacemoyenne de 800 km2, les apports de surface doivent tre au moins de 1 milliard de m3. Son fonction-nement hydrique est proche de celui du Lac Tchad. La forte saisonnalit de son alimentation se traduitpar une variation saisonnire de niveau de lordre de 2 m avec des surfaces de dcrue importantesmises profit pour llevage et les cultures. Il en est de mme des zones dpandage des principauxaffluents du lac, aussi bien lest, en amont du cordon dunaire, qu louest.

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    Le lac Fitri, centr sur 1250 N et 1730 E, se trouve dans une plaine trs faible relief. Sa superficievarie largement, dune dizaine de km2 en 1973 plus de 1 000 km2 qui comprennent de vastessurfaces marcageuses. Les sdiments, la vgtation et la composition chimique de leau sont trssemblables ceux du Lac Tchad.

    Le lac Fitri, qui stait assch la fin de 1985 (aprs une anne de scheresse prononce), tait pleinen fvrier 1999 et devait alors couvrir environ 600 km2, aprs avoir atteint la mi-septembre 1998une cote maximale annuelle (355 cm lchelle de Yao) suprieure celles enregistresantrieurement. En dcembre 1999, le lac dbordait louest sur une zone inonde de 200 km2 (voirfigure 11).

    Lvolution du niveau du lac moyen terme (interannuel) ou saisonnire est mal connue : la DREMne donne le niveau maximal observ du lac que quinze annes sur quarante; les connaissances sur lesapports du Batha comportent galement de nombreuses lacunes. Dans ce contexte, il est difficile dedonner des estimations fiables des surfaces accessibles llevage et lagriculture.

    En extrapolant largement partir des donnes disponibles, une tude estime les surfaces utiles de lafaon suivante :

    300 km2 de bourgoutires internes au lac;

    575 km2 de zones dpandage des crues des ouaddis (en priode dhydraulicit dcennale forte);

    245 km2 de zone de marnage du lac;

    400 km2 dautres zones inondables diversement localises (notamment, Ouaddi Abourda).

    1.3.3.3 Les ouaddis du Ouadda

    La DREM ne dispose que de peu de donnes hydrologiques sur ces ouaddis. Huit tudes de petitsbassins en amont ont t ralises, dont trois sur le bassin de lOuaddi Enne et une sur lOuaddiHaddad, gnralement sur une seule anne, entre 1958 et 1966. Ces petits bassins sont tous situsdans les contreforts du massif du Ouadda, entre 500 et 1 000 m daltitude et entre 12 et 1430 delatitude.

    Dans le Ouadda et le Biltine, les pratiques traditionnelles utilisent les crues des ouaddis et les nappesalluviales. Ces pratiques ont t renouveles avec des moyens techniques plus importants. On compteplus de 10 barrages qui permettent notamment lpandage des crues, en particulier dans le bassin delOuaddi Chock et de lOuaddi Jiliney. Les surfaces irrigues seraient au total de lordre de 420 ha.

    Dans ces amnagements, la conservation des mares qui jalonnent les lits des ouaddis plus en aval doittre prise en compte : elles sont importantes pour le btail.

    1.3.3.4 Les ouaddis du Kanem

    Les dpressions interdunaires du Kanem et de la bordure du Lac Tchad abritaient plusieurs centainesde plans deau permanents jusquau dbut de la priode actuelle de scheresse. Avec labaissementdu niveau du lac et de la nappe phratique, certains de ces ouaddis ne sont plus que temporairementen eau lors des annes de forte pluviosit, aliments par les infiltrations des pluies ou par la nappelie la cuvette nord du lac. En novembre 1995, seuls trois ouaddis, situs au nord de Nokou, taienten eau.

    Lhydrogologie de ces systmes ainsi que certains aspects de leur biologie ont t tudis en dtaildans les annes 60. Depuis, leur volution na pas fait lobjet de publications.

  • 1.3.4 La zone saharienne

    1.3.4.1 Les bassins coulement temporaire des zones dsertiques subdsertiques au nord du 14e parallle

    Compte tenu de la trs forte irrgularit des pluies dans cette rgion (non directement associes audplacement du FIT), les donnes portant sur la priode rcente sont insuffisantes pour dceler unevariation climatique significative depuis le dbut des annes 70. Nous posons titre de premirehypothse que les donnes recueillies lors des annes 1950-1960 restent valables.

    Les dbits dpendent de la nature gologique du substrat, du relief du bassin et du degr de dgra-dation hydrographique qui augmente gnralement avec la superficie du bassin. Quelques donnessont rsumes au tableau 2 ci-dessous. Elles concernent des bassins de superficies varies et desituations climatiques allant du sahlien aride au dsertique, comme lEnneri Zoumri (Barda), secenviron deux annes sur trois, en escomptant de zro trois crues dans lanne.

    Deux rivires (enneris) divisent le Tibesti en zone orientale et zone occidentale. LEnneri Yebbiguecoule vers le nord et se perd dans une plaine fossile o il prend le nom dEnneri Tanoa. Sur son courssont situes des oasis et gueltas importantes :Yebbi Bou,Yebbi Souma et Omchi, dont la biologie etlcologie sont encore largement inconnues.

    Le principal cours deau vers le sud savre lEnneri Miski recevant de lest les enneris qui drainent leversant occidental de lEmi Koussi et de louest, les enneris Korom et Aoui. Il sinfiltre dans la dpres-sion de Gurd et alimente ensuite les mares et sources du Borkou. Les gueltas de Oudiguei etTotous sont situes sur le cours infrieur de lEnneri Aoui. La guelta de Totous se trouve dans uncourt canyon. Connue pour la richesse de sa faune aquatique, cest lune des rares avoir t bientudie. De nombreuses autres gueltas telles Zour, Ogou,Tougoum, etc., restent tudier. Au-dessusde 2 000 m, les lits de la plupart des ennneris forment des chapelets de gueltas. Certaines sont reliespar un filet deau; la plupart sont isoles. La faune des gueltas du sud est relativement connue tandisque celle des gueltas du nord lest beaucoup moins. La plus grande partie de la pluie qui tombe surle Tibesti dvale rapidement et sinfiltre dans les nappes du nord et du sud du massif.

    Tableau 2 : Donnes hydrologiques de quelques bassins de la zone saharienne

    Bassin Surface Pluies moyennes Dbit Dcennal Dcennal(km2) (mm/an) mdian (l/s) humide (l/s) sec (l/s)

    Ouaddi Enne (Biltine) 527 330 120 500 17

    Ouaddi Kadjemeur (Biltine) 16 200 13

    Ouaddi Sofoya (Mortcha) 25 120 10

    Ouaddi Bachikl (Ennedi) 20 110 14 60 5

    Enneri Zoumri (Tibesti) 4 050 125

    La mare de Zoui (2120 N, 1705 E) prs de Barda est situe dans la valle de lEnneri Bardague,appel Enneri Zoumeri dans son cours suprieur. Cest une guelta typique du Nord Tibesti. Bienque situe prs dune oasis, elle est peu utilise, sinon pour abreuver le btail.

    1.3.4.2 Les oasis et les lacs de lEnnedi, du Borkou et du Tibesti

    Le vaste plateau de lEnnedi est gnralement nu et dsertique, ce qui contraste avec les nombreusesvalles profondes riches en vgtation, rsultant deffondrements et dune rosion ancienne etactuelle. On y trouve deux sries principales de plans deau.

    Archi (1654 N, 2146 E), 50 km au sud-est de Fada, est une valle profonde. Son systme aqua-tique est compos de six gueltas principales et de bandes de marcages. Des sources permanentessont situes en tte de valle.

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  • 110 km au sud-est de Fada, Beskr est une gorge de 2 km avec une embouchure sableuse couver-te dune fort de palmiers doum. En tte de valle, une trentaine de sources alimentent lune des plusgrandes gueltas de lEnnedi qui possde un systme de mares et de marais permanents. Les dbitsont t estims 600 m3 par jour Archi et 1 000 m3 par jour Beskr.

    Ces systmes sont encore trs mal connus. Bien que la prsence humaine y soit trs ancienne, il nya actuellement que des campements temporaires dleveurs.

    Laltitude du plateau grseux du Borkou dcrot progressivement du nord (600 m) vers le sud (250 m lAngamma). La pluie, quand il y en a, survient surtout en aot et rsulte de la mousson. Lesannes totalement sches ne sont pas exceptionnelles. Les pluies locales savrent insuffisantes pouralimenter les nombreuses mares et sources du Borkou. Tenant compte de la faible salinit de cesmilieux, Capot-Rey a mis lhypothse dune alimentation par les nappes issues du Tibesti. Les mareset sources permanentes sont rparties sur une vaste surface entre Orori, le pied de lEmi Koussi,Tigui,Yarda, Bedo et Faya. Leur dbit varie, mais il ne semble pas y avoir une tendance vers un appauvris-sement. La tradition orale Tigui rapporte quaucune source na disparu depuis trois gnrations. Lesmares alimentes par ces sources et bordes de rives marcageuses sont de faible profondeur. Lasalinit des zones centrales est leve.

    La densit humaine est assez importante dans la dpression du Borkou. Plusieurs oasis sont intensi-vement exploites. Les sources et les puits traditionnels servent au marachage. Le dattier prospre.

    Entre le Tibesti et lEnnedi se trouve une srie descarpements grseux qui abritent des dpressionsdorigine tectonique, certaines tant remplies deau.Au centre du plus important de ces escarpementsest situe la ville dOunianga Kebir (19 N, 2005 E), 235 km au nord-est de Faya. Quatre lacsprincipaux sont situs dans cette rgion : le lac Jua (370 ha, profondeur maximale 25 m) et les lacsUma, Mioji et Forodom, plus petits. Le natron est exploit au lac Jua.

    Plus lest, une deuxime srie de dix lacs est situe Ounianga Serir (1807 N, 2100 E). De ceslacs aux rives parallles (Melekoui, Dierke, Ardiou, Teli, Abrom, Hogou, Diara, Tarem, Tibichei etBokou),Teli est de loin le plus grand, avec 70 ha et une profondeur maximale de 10 m. Enfin, il existeun grand nombre de petits plans deau douce dans la rgion.

    Il y a plus de 25 000 dattiers dans loasis dOunianga Kebir. Certains des plus petits lacs sont compl-tement couverts de roseaux (Typha, Phragmites et Cyperus laevigatus). Les troupeaux exploitent cesroseaux. Peu despces animales ou vgtales ont t tudies dans ces systmes aquatiques qui detoute vidence abritent des espces endmiques.

    Par ailleurs, il existe maintenant dans la rgion quelques retenues artificielles : le barrage prsidentielde Kali Yari, sur le Ouaddi Howa (1550 10 N et 2302 18 E), dune capacit de 3 millions de m3; lebarrage de Bolong, sur le Ouaddi Bolong, 50 000 m3, (1200 51 N, 2110 O8 E) et le barrage deTronga, sur le Ouaddi Ourou, 1 million de m3 (1505 20 N , 2302 18 E).

    2 LE BILAN ACTUEL DES USAGES DES EAUX SUPERFICIELLES

    Les usages des eaux de surface ne se limitent pas aux prlvements. Ils stendent galement auxbnfices issus des cosystmes aquatiques, voire des activits comme la navigation ou la productiondnergie. En retour, le maintien dun bon tat cologique des eaux de surface impose un certainnombre de contraintes. Il faut ici distinguer :

    les prlvements qui consistent retirer un volume deau dun milieu pour le transfrer et lutili-ser dans un autre milieu (pompage pour les primtres irrigus);

    les consommations qui correspondent un volume deau utilis pour une fonction ou une acti-vit, sans que le bilan hydrique du milieu considr soit sensiblement modifi par rapport untat naturel, sans intervention de lhomme (cultures non irrigues, pluviales ou de dcrue).

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  • 2.1 Une estimation des usages par catgorie dutilisateurs

    Lordre de grandeur des besoins en eau des principales catgories dusages peut tre approch enutilisant les valeurs observes au Tchad ou proposes dans la littrature en ce qui concerne les con-sommations unitaires.

    Les usages actuels sont les suivants : adduction deau potable (AEP), usages urbains, usages villageois,hydraulique agricole traditionnelle ou mcanise, hydraulique pastorale, industries, hydrolectricit,pche, conservation de la biodiversit et de lenvironnement, navigation et tourisme. Parmi ceux-ci,lAEP, les usages urbains et industriels sont actuellement consommateurs des eaux souterraines, ce quivite des surcots de traitement lors du prlvement. En cas dinsuffisance qualitative (pollution de lanappe) ou quantitative des nappes, des prlvements de leau fluviale peuvent tre envisags pourlAEP et les usages urbains. La qualit chimique de leau est bonne, sauf quil faut la traiter pour liminerles bactries et les matires minrales en suspension.

    2.1.1 Leau potable

    Les besoins dpendent largement du mode dapprovisionnement En milieu rural, en 2000, ils sontestims 20 litres/habitant/jour alors que la consommation en milieu urbain peut monter 80 litres/habitant/jour et 35 litres/habitant/jour, en milieu semi-urbain. Les besoins en eau potable sontestims toujours en 2000 80 millions de m3 provenant essentiellement des eaux souterraines.

    Lalimentation en eau de NDjamna peut terme poser des problmes si les nappes sont sollicitesau-del de leurs capacits et si une pollution par infiltration des eaux uses de surface se produit.Nous avons vu que lutilisation de leau du Chari est possible. Cette eau est de bonne qualit, maislapprovisionnement nest pas assur de mars juin, advenant forte scheresse. Des dbits mensuelsde 0 m3/s (mai 1985) ou de 2 m3/s (avril 1990) ont t enregistrs Chagoua, juste en amont de laville. Bien que le dbit y soit suprieur, il semble peu judicieux denvisager un prlvement aprs laconfluence du Logone, en aval des agglomrations de Koussri et dune partie de NDjamna.

    Une carte du Tchad indique que de nombreux villages sont situs au bord dun cours deau. Dans cesvillages, une bonne partie de leau domestique provient de leau de surface. La rivire est aussi utilisedirectement pour des activits mnagres. Dans les plus grandes agglomrations, leau potableprovient des rseaux AEP. Cependant, leau des fleuves est aussi mise contribution. Elle est trans-porte par des porteurs deau ou utilise directement in situ, surtout pour la lessive. Les volumesdeau destins ces derniers usages sont difficilement quantifiables avec prcision. Ils ont t estims 2 millions de m3 par anne.

    2.1.2 Les usages agricoles

    Les donnes sur les superficies cultives au Tchad sont imprcises, faute de moyens pour collecter lesdonnes, mais aussi en raison de lirrgularit climatique et de ses effets sur les mises en culture. Lesdocuments consults permettent de donner les ordres de grandeur suivants :

    cultures pluviales - 2 000 000 ha dont 220 000 ha de coton;

    cultures de dcrue - 100 000 200 000 ha (dont 70 000 ha indiqus pour le Salamat);

    cultures irrigues - moins de 20 000 ha sur les 335 000 potentiels, incluant 3 750 ha de canne sucre et les polders de la prfecture du Lac.

    Le total des prlvements annuels sur le Chari et sur la rive tchadienne du Logone est estim 119 millions de m3 en amont de NDjamna (zone soudanienne). Le total des volumes prlevs surlensemble des plans deau de la zone soudanienne est estim en 2000 683 millions de m3.

    Le lecteur se rfrera au volume thmatique 3 Hydraulique agricole pour des informationsdtailles sur ce sujet.

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  • En zone sahlienne qui comprend notamment le Lac Tchad et le lac Fitri, les volumes prlevs sur lesdiffrents plans deau de surface pour les besoins de lhydraulique agricole sont estims 117 millionsde m3. En ce qui concerne la zone saharienne, aucun prlvement sur les eaux de surface nest comp-tabilis des fins agricoles, leau pour cet usage provenant essentiellement des eaux souterraines.

    En rsum, un total de 800 millions de m3 deau est prlev en 2000 sur les ressources hydriques desurface des fins agricoles.

    Considrant le dficit de la production agricole au Tchad, un effort rapide et considrable est doncncessaire pour augmenter la production sans hypothquer lavenir. Un bon usage de leau peut ycontribuer. Compte tenu des surfaces en jeu et des quantits produites, il semble utile de ne pasconsacrer tous les efforts au dveloppement des primtres irrigus, du moins en ce qui concerneles grands primtres sous leur forme actuelle peu adapte lenvironnement socio-conomique dupays. Il faut tenter damliorer les rendements et/ou la scurit de production des cultures pluvialesou de dcrue : un petit pourcentage daugmentation dans ces pratiques se traduirait par un volumeimportant.

    2.1.3 Les usages et besoins de llevage

    Les mares naturelles, qui peuvent rester en eau durant plusieurs mois de lanne, constituent despoints deau utiliss par les leveurs. Les diffrents lacs et les cours deau permanents tels que le Chariet le Logone constituent galement des sources deau utilises par les leveurs.

    Il nexiste aucun document recensant les quipements de matrise des eaux de surface du pays. Desenqutes indiquent bien que les leveurs dans plusieurs rgions abreuvent leurs troupeaux desmares et marigots durant des laps de temps variant de 3 et 10 mois par anne. Mais ces rservesdeau sont si variables dune anne lautre, la pluviomtrie si erratique et les dnivels de la topo-graphie du Tchad si faibles, quil est assez illusoire de penser disposer dun document exhaustif sur cesretenues deau naturelles.

    Une faon empirique dvaluer la quantit deau de surface utilise par le btail est de multiplier laquantit deau consomme journellement par les effectifs du cheptel. En labsence de documentsfixant la position des mares naturelles et leur capacit de rtention, tout autre calcul ou estimation estimpossible. ce sujet, il faut noter que les mares naturelles dans le bassin tchadien dpendentessentiellement de la pluviomtrie. Celle-ci variant normment dans le temps et selon le lieu, il estsouvent difficile de prvoir o leau stagnera. Selon la mthode de calcul prcite, il ressort que laconsommation de leau de surface par le cheptel tchadien est de lordre de 57 millions de m3 en 2000.

    Il est noter quune fraction du cheptel tchadien sabreuve pendant tous les jours de lanne auxcours deau permanents que sont le Logone et le Chari. Dans le calcul effectu, il na pas t tenucompte de cet aspect.

    Le lecteur se rfrera au volume thmatique 4 Hydraulique pastorale pour des informationssupplmentaires sur le sujet.

    2.1.4 Le rcapitulatif des prlvements sur les eaux de surface

    Le tableau 3 sur les prlvements en eau de surface permet de cerner des ordres de grandeur enfonction des diffrents usages. Si lon considre que les mmes surfaces laisses ltat naturel don-neraient lieu de lvaporation ou la croissance dune vgtation naturelle, le prlvement li laction de lhomme est relativement faible en regard de la consommation naturelle en eau desurface.

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  • Tableau 3 : Ordres de grandeur des prlvements en eau de surface au Tchad (2000-2020)

    Prlvements deau de surface(million m3/an)

    Prlvements deau de surface Prvisions indicativesUsages (million m3/an) en 2000 horizon 2020

    Hydraulique villageoise 1 0

    Hydraulique urbaine 1 0

    Hydraulique industrielle 2 3,5

    Hydraulique pastorale 57 120

    Hydraulique agricole 800 1 727

    TOTAL 861 1 850

    Source : SDEA 2001

    Toutefois, il est noter que les prlvements prcits ne tiennent pas compte des prlvementseffectus dans les pays voisins, la Rpublique Centrafricaine, le Nigria et le Cameroun, qui exploitentgalement, lamont ou dans le Lac Tchad, les eaux superficielles qui scoulent au Tchad.

    Enfin, ces prlvements nincluent videmment pas la consommation in situ des eaux de pluie pour les cultures pluviales traditionnelles, ces consommations tant incluses dans le fonctionnement deshydrosystmes observs et ntant pas appeles voluer de faon significative.

    2.1.5 La pche

    La pche est galement une activit qui a besoin deau. La valeur habituellement retenue pour lepotentiel de production de la pche au Tchad est de 80 000 tonnes par an. Un rcent rapport sur leTchad, tout en reconnaissant la pche comme un secteur dynamique mais statistiquement mal connu,situe ainsi limportance conomique de la pche :

    elle vient en 4e position des activits conomiques du secteur primaire, aprs le coton, llevageet la gomme arabique;

    elle gnre une production annuelle de lordre de 40 000 tonnes pour une valeur de 20 milliardsde FCFA;

    elle cre 250 000 emplois directs ou induits.

    Bien que ces estimations soient abondamment cites, aucune observation documente ne permet deles confirmer, notre connaissance. On peut toutefois considrer que lordre de grandeur estvraisemblable, mais peut tre sous-estim si lon se rfre aux observations effectues dans les annes70 sur le systme yars-Lac Tchad au cours de la transition du lac vers ltat de Petit Tchad.

    2.1.6 Les mares temporaires

    On regroupe sous ce terme les petits plans deau qui subsistent dans les dpressions aprs les pluiesou les crues : bras morts des fleuves prennes, creux dans le lit des rivires temporaires ou simplesdpressions remplies par leau de pluie. lissue dune bonne saison des pluies, ils occupent unesurface importante (environ une mare aux 10 km2 entre NDjamna et le Lac Tchad en dcembre1999).

    Ces systmes ne sont pas pris en compte dans lvaluation plus globale des ressources en eau, malgrleur intrt local pour les populations et pour la conservation de la flore. Leur fonctionnement, lesusages, les risques sanitaires ventuels pour les populations ainsi que les amnagements possibles sont tudier lchelle plus large des units morphologiques. En particulier, lutilit dun surcreusementlocal de ces systmes doit tre analyse, tant du point de vue de lutilisation de leau que de la gestiondes peuplements de poissons.

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  • 2.2 Le transport fluvial et lacustre

    Lessentiel du trafic fluvial est le flottage du bois de chauffe sur le Chari en amont de NDjamna1.Malgr son caractre informel, cette activit est structure en tant entre les mains de plusieursgroupements qui suivent les rgles dictes par le droit coutumier.

    Le trafic sur le Lac Tchad, qui est plus important que sur les fleuves en raison de sa situation gogra-phique particulire, demeure informel.

    Il nexiste pas dindustrie de transport fluvial digne de ce nom ni de services de lAdministrationchargs dassurer la navigabilit mme partielle ou saisonnire sur les deux grands fleuves ou sur leLac Tchad.

    2.3 Le tourisme

    Le tourisme comprend les activits dployes par les personnes au cours de leurs voyages et leurssjours dans des lieux situs en dehors de leur rsidence habituelle pour une priode de plus de 24heures et de moins de 4 mois des fins de loisirs, pour affaires et autres motifs.2

    Le Tchad comporte plusieurs attraits touristiques. De faon plus spcifique leau, citons les lacs duBET, la zone du Lac Tchad avec ses les flottantes, sa faune aquatique et terrestre facilement accessibledepuis la station touristique de Douguia. Le lac Fitri constitue une zone humide dimportance inter-nationale dsigne Rserve de la Biosphre . Les diverses catgories despaces naturels comme lesparcs nationaux et les rserves de faune comportent des cosystmes qui constituent aussi desattractions touristiques.

    Cependant, le peu dinfrastructures htelires, le personnel peu form, les prix levs et souvent ltatdficient des quipements sont des contraintes au dveloppement de lindustrie touristique au Tchad.Cette activit na pas fait lobjet dun appui consquent des autorits. Son dveloppement ne sestproduit que de manire ponctuelle et conjoncturelle.

    3 LE POTENTIEL DE MOBILISATION DES EAUX DE SURFACE ET BILAN PROSPECTIF

    La prsente section traite de la disponibilit des eaux de surface et de leurs utilisations ventuelles enfonction de lvolution des besoins. Une analyse des grandes contraintes leur mobilisation estprsente et, par la suite, une approche de mobilisation des eaux de surface par rgion climatique etpar bassin est esquisse.

    3.1 Les contraintes la mobilisation des eaux de surface

    3.1.1 Une contrainte forte des bassins endoriques

    Un tat dont le rseau fluvial dbouche en mer peut utiliser toutes ses eaux de surface et ne pas lais-ser deau douce partir en mer; pour le pays, la rpercussion directe est minime et peut concernerlrosion ctire ou quelques populations locales de poissons. Cet tat peut aussi considrer que sespossibilits actuelles ne lui permettent pas dpurer ses eaux uses, que celles-ci seront largementdilues dans la mer. La mer sert alors de dpotoir, directement ou par lintermdiaire du fleuve.

    Le bassin du Tchad est endorique : lexception du Mayo-Kebbi, ses eaux de surface ne vont pas versla mer, mais restent dans le bassin, dans le pays. Cette situation particulire contraint une approchediffrente de la gestion et des usages de leau.Tous les prlvements effectus dans les bassins ont unimpact en aval, lintrieur du pays, impact parfois partag avec les autres tats du Bassin Conven-tionnel du Lac Tchad. La prennit des lacs dpend de la gestion de leau en amont.

    Toutes les substances polluantes ou toxiques susceptibles dtre vhicules par leau (cest--dire lagrande majorit des substances polluantes) se retrouvent dans les points bas des diffrents bassinsfluviaux.Ainsi, le Lac Tchad, le lac Fitri et les points bas des bassins des ouaddis de lEnnedi deviennentrcepteurs et concentrateurs des dchets des activits humaines. Une gestion de la qualit de leaudoit donc tre mene en parallle la gestion quantitative.

    40 SCHMA DIRECTEUR DE LEAU ET DE LASSAINISSEMENT DU TCHAD RESSOURCES EN EAU ET ENVIRONNEMENT HCNE MEE ONU-DAES PNUD

    1 Extrait du documentde la Table Ronde de

    Genve-IV, runionsectorielle sur les

    transports, lhabitat etlurbanisme. Diagnostic

    et stratgies dedveloppement du

    secteur des transportsau Tchad; NDjamna,

    novembre 1999.

    2 Plan National dActionpour lEnvironnement.

    Cahier du PNAE du Tchad N 9

    Transport et Tourisme;septembre 2002.

  • 3.1.2 Une contrainte climatique

    Dans le bilan global de leau de surface, lvaporation joue un rle prpondrant. Lexemple le plusvident est celui du Lac Tchad dont lvaporation compense les apports 90 %. Sur chaque km2 deausuperficielle, lvaporation prlve 1 2 millions de m3 par an (2,1 millions de m3/km2 pour le lac).Cest aussi le cas, sur une dure plus courte impliquant une perte moindre, pour les plainesdinondation.

    Les pertes par vaporation sont compenses par les prcipitations. En raison du rchauffement globalactuellement observ, lvaporation pourrait augmenter tandis que la distribution des pluies pourrait lavenir tre plus limite dans le temps. La traduction moyen terme de cette modification, au planagricole, est une limitation des cultures pluviales et une augmentation des risques drosion. Pourlhydrologie de surface, des tiages plus prononcs et des crues fluviales plus courtes sont envisags.

    3.1.3 Une contrainte internationale

    Lchelle naturelle de gestion des eaux de surface est celle du bassin versant. De nombreux systmesaquatiques transfrontaliers au Tchad imposent donc une gestion concerte avec les pays qui partagentces bassins. Un ensemble de conventions ont t mises en place dans ce but. Elles limitent dans unecertaine mesure le degr de libert de ltat tchadien dans la gestion de ces ressources. Cependant,cette situation favorise la gestion intgre au niveau rgional.

    3.2 Une approche de mobilisation des eaux de surface par rgion climatique et par bassin

    3.2.1 La zone soudanienne

    Dans la zone soudanienne, les superficies irrigables partir des fleuves ou de leurs affluents ont tvalues ainsi en 1993 :

    valle du Chari - 20 000 ha;

    valle du Logone -115 000 ha;

    valle du Barh Azoum - 10 000 ha.

    Selon le mode dirrigation, les variations interannuelles peuvent cependant limiter les surfaces utiles.

    Pour les hautes eaux fluviales, les niveaux atteints dterminent la dure et la hauteur de submersion,deux variables qui contrlent la croissance des vgtaux lie leau, aussi bien en conditions naturellesquen agriculture. Ainsi, en mode de submersion contrle, le primtre de Satgui-Dressia a connudes conditions hydrauliques dfavorables six annes sur douze entre 1976 et 1988.

    En tiage, laccord Tchad-Cameroun sur le Logone limite les prlvements et pnalise le dvelop-pement de lirrigation entre La et Bongor, lequel est restreint lquivalent de 3 000 ha de riz decontre-saison. De mme, la SONASUT sest trouve limite dans ses possibilits de prlvements lorsde dbits du Chari infrieurs 40 m3/s.

    La mobilisation des eaux fluviales pose donc quelques contraintes dont il faut tenir compte, sans quecela remette en cause la possibilit pratique dun dveloppement important de lirrigation. Pour cemode de culture, dans cette zone climatique, les facteurs limitants proviennent plutt de lenviron-nement socio-conomique et des infrastructures routires ncessaires aux productions vocationcommerciale.

    Actuellement, le pompage de leau fluviale ou souterraine semble mieux adapt une productionvivrire en zone priurbaine pour des productions forte valeur unitaire. Cette possibilit devraitaugmenter avec laccroissement de la population, du pourcentage durbanisation et du niveau de vieespr. La technique dirrigation individuelle par leau de nappe est actuellement dveloppe auNigria sous le nom de fadama .

    Bien que les cultures pluviales puissent tre considres comme une forme de mobilisation de leau,elles concernent davantage le domaine agronomique quhydrologique et ne seront pas traites dansle cadre de ce rapport.

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  • Dans le Salamat, la surface cultive en berbr tait estime entre 60 000 et 75 000 ha la fin desannes 80, avec une production de 45 000 60 000 tonnes. La surface des terres inondables voca-tion de berbr est de 700 000 ha, dont 590 000 ha de vertisols et 110 000 ha de sols peu volus.Une grande surface est donc disponible. Elle peut tre amnage localement pour retenir leau. Maisles possibilits dimplantation de villages sont limites en raison du caractre inondable de la zone.Do, la densit humaine y est actuellement trs faible.

    Il faut galement faire la part des demandes de llevage. En anne normale, les troupeaux arriventaprs la rcolte, broutent les tiges de berbr et contribuent la fumure des champs. Il y a donccomplmentarit temporelle dans loccupation de lespace. En cas de forte scheresse, il pourrait treenvisag de crer des zones refuges dans le Salamat, ce qui ncessite de considrer une possibilit departage de lespace.

    Une mise en valeur des zones inondables des valles fluviales, avec une gestion locale de la dure etde la hauteur de submersion, est possible dans plusieurs rgions de la zone soudanienne, y comprisle bassin du Mayo-Kebbi. Un tel dveloppement doit cependant tenir compte de la conservation desmilieux aquatiques et, pour chaque projet, faire lobjet dune tude dimpact qui prendra en compteles contraintes de conservation du milieu et les usages de laval.

    3.2.2 La zone sahlienne

    La pluviosit actuelle ne permet plus les rendements des cultures pluviales autrefois observs dans largion, ni peut-tre la mme densit des pturages. Il y a une pression accrue sur les ressources eneau de surface : eaux des ouaddis que lon tente de conserver par pandage des crues et zones dedcrue des ensembles lacustres du Fitri et du Lac Tchad.

    La question est double. Il sagit, dune part, de grer la comptition pour la ressource ou pour laccsdes leveurs la ressource. Il faut, dautre part, mettre en valeur des ressources jusquici sous-ex-ploites. Cest ce deuxime aspect qui sera abord ici.

    Les prairies aquatiques (bourgoutires) des lacs fournissent lalimentation de nombreux troupeaux.Ceux-ci, en salimentant, dgradent ce pturage par pitinement. Une amlioration de la productionet de lexploitation de ces systmes devrait tre recherche en sappuyant sur lexprience acquiseen matire de stabulation des bufs kouris. Les prairies situes plus en amont, loignes des pointsdeau de surface, semblent encore sous-utilises en anne normale.

    Une forme amliore des polders traditionnels est pratique depuis quelques annes avec la parti-cipation de la SODELAC et donne des rsultats intressants. Cette forme damnagement sembleprfrable celle des polders dits modernes dont linfrastructure est mal adapte la variabilitdu niveau de leau et de la nappe.

    Dans toute la zone inondable des pourtours lacustres, les paysans gagneraient beaucoup tre avertisle plus longtemps possible lavance de la remonte de leau avec le prochaine crue. Cela permettraitde faire les rcoltes avant leur inondation ou de prvoir des espces au cycle adapt au tempsdisponible. De telles annonces sont une des fonctions normales de la mtorologie laquelledevraient se joindre les services hydrologiques.

    Plus en amont, dans les valles des ouaddis de la zone sahlienne et du sud de la zone saharienne, lespratiques de conservation des eaux et des sols sont encourager la condition de prserver lesabreuvoirs naturels que constituent les mares dans leur partie aval.

    3.2.3 La zone saharienne

    Lusage pour lagriculture des ressources en eau de surface dans la zone saharienne est considrcomme optimal. Il ny a de possibilit damlioration quen valuant trs attentivement la quantitdeau renouvelable des gueltas et des lacs ou en pratiquant les techniques de conservation des eauxet des sols dans le lit des ouaddis.

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  • 3.3 Un essai de bilan sur les ressources en eau de surface

    Proposer un bilan global du cycle de leau pour lensemble du pays, en considrant les trois grandeszones climatiques, est un exercice difficile en raison de nombreuses lacunes dans la connaissance desprocessus ou dans les observations concernant aussi bien les eaux de surface que la climatologie etlhydrogologie. De faon trs schmatique, il est toutefois possible de donner les grandescaractristiques des trois zones hydroclimatiques retenues. Le tableau 4 en donne un aperu.

    Tableau 4 : Caractristiques principales des trois grandes zones climatiques du Tchad

    Caractristiques Zone saharienne Zone sahlienne Zone soudanienne

    Pluie annuelle (mm) 30 400 900(moyenne)Gamme (mm) 0 - 250 250 - 800 800 -1 200

    Dbit des fleuves km3/an Non connu Chari, delta, 22,5 km3 Logone, Bongor, 13,2 km3(moyen) Batha, Ati, 1,9 km3 Chari, Bousso, 15,5 km3

    Lame coule (mm) Non connu Chari, delta - 35,3 - Logone, Bongor, 178 mm(gamme entre parenthses) (18,6 - 56) (94 263)

    Batha, Ati, 179 mm Chari, Bousso, - 32 ,0-(17,3 59,3)

    Infiltrations En pimont (donnes Pimonts de lEst Hauts bassins, mais peunon disponibles) Rivages du Lac Tchad en plaines inondables