Esquisse g©ologique de la Martinique avec carte g©ologique

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Auteur. Giraud, J. / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antilles et de la Guyane. Service commun de la documentation, Université de Nantes.

Text of Esquisse g©ologique de la Martinique avec carte g©ologique

  • ESQUISSE GOLOGIQUE DE LA

    MARTINIQUE AVEC

    CARTE GOLOGIQUE

    PAR

    Jean GIRAUD

    Agrg, Docteur s-sciences, Professeur-adjoint de Minralogie l'Universit de Clermont-Ferrand,

    Charg de missions de l'Acadmie des Sciences et du Ministre des Colonies.

    HANOI-HAIPHONG

    Imprimerie d'Extrme-Orient 1918

    MANIOC.orgUniversit de Nantes

    Service commun de la documentation

    MANIOC.orgRseau des bibliothques

    Ville de Pointe--Pitre

  • MANIOC.orgUniversit de Nantes

    Service commun de la documentation

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  • ESQUISSE GOLOGIQUE

    DE LA

    MARTINIQUE

    AVEC

    CARTE GOLOGIQUE

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    Service commun de la documentation

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    Ville de Pointe--Pitre

  • MANIOC.orgUniversit de Nantes

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    Ville de Pointe--Pitre

  • ESQUISSE GOLOGIQUE DE LA

    MARTINIQUE AVEC

    CARTE GOLOGIQUE

    PAR

    Jean GIRAUD

    Agrg, Docteur s-sciences, Professeur-adjoint de Minralogie l'Universit de Clermont-Ferrand,

    Charg de missions de l'Acadmie des Sciences et du Ministre des Colonies.

    HANOI-HAIPHONG

    Imprimerie d'Extrme-Orient

    1918

    MANIOC.orgUniversit de Nantes

    Service commun de la documentation

    MANIOC.orgRseau des bibliothques

    Ville de Pointe--Pitre

  • INTRODUCTION

    Au cours des trois sjours que j'ai faits la Martinique, en 1902,

    comme membre de la mission scientifique envoye par l'Acadmie des

    Sciences sous la direction de M. Lacroix pour tudier les ruptions de la Montagne Pele, puis, en 1903, 1904, 1905, pour remplacer

    M.Lacroix la tte de la mission organise par le Ministre des Co-lonies pour suivre les phnomnes volcaniques et veiller la scurit

    des habitants, j'ai pu parcourir la eolonie dans tous les sens et observer

    un grand nombre de faits gologiques, pour la plupart nouveaux, qui

    permettent d'acqurir une vue d'ensemble de la structure de l'le.

    Le prsent travail est certainement incomplet et laisse bien des problmes sans solution.Mais ceux qui ont parcouru les Antilles savent

    combien il est difficile, mme en terrain dcouvert, de relever des coupes complts et exactes a travers l'pais manteau de latrite qui

    recouvre toutes les formations et quel obstacle infranchissable oppose

    la foret tropicale aux recherches dtailles. J'esprais pouvoir faire figurer une monographie des fossiles miocnes que M. Cossmann pr-pare actuellement et qu'il n'a pas acheve. Malgr tout l'intrt qu'au-

    rait donn l'esquisse gologique de l'le une pareille monographie, je n'ai pas cru devoir en diffrer plus longtemps la publication, dj retarde par diverses circonstances.

    Dans son magistral travail sur les ruptions de la Montagne Pele, M. Lacroix a fait connatre tous les faits prcis que l'on possdait sur la gologie, la gographie physique et la climatologie, de la Marti-nique. Cela m'a permis d'tre beaucoup plus bref et de renvoyer cet ouvrage vraiment classique, qui doit tre entre les mains de tous ceux qui s'intressent notre colonie.

    Je ne saurais oublier la reconnaissance que je dois au Ministre des Colonies qui a bien voulu me confier deux missions successives aux

    Antilles, MM. Doumergue et Clmentel, ministres des Colonies,

    M. Vaselle directeur, qui m'ont fourni avec la plus grande bienveil-lance, tous les moyens d'accomplir ma tche. Je tiens remercier MM. les gouverneurs Lemaire, Richard et le regrett Bonhoure, qui n'ont cess de me tmoigner la plus aimable bienveillance. J'ai trouv l'accueil le plus cordial auprs des fonctionnaires, des planteurs et des commerants de l'le, MM. Thierry, le docteur Bouvier, Bougenot,

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    Liottier, Hayot, Leboullanger, J. Clerc, Beuzelin, Pinaud, de Meilhac, et je tiens leur en exprimer ma sincre gratitude.

    Le capitaine Perney et l'adjudant Guinoiseau, de l'artillerie colo-niale, directeurs des observatoires du Morne des Cadets et d'Assier, ont t pour moi des amis et des collaborateurs dvous et prcieux. Mon minent matre, M. Lacroix n'a cesse de s intresser mes tra-vaux ; je suis heureux de lui tmoigner mon affectueuse reconnais-sance.

    Clermont-Ferrand, juillet 1912.

    Diverses circonstances, notamment deux missions successives Ma-dagascar qui m'ont t confies par le Ministre des Colonies, un long sjour au Service gologique de l'Indochine et surtout la nces-sit de supporter les frais assez levs de la publication, ont retard la mise l'impression du prsent travail.

    Je tiens remercier le Service gographique de l'Indochine et l'Imprimerie d'Extrme-Orient, Hanoi, qui ont assur de manire trs satisfaisante le tirage de la carte et l'impression du texte.

    Hanoi, fvrier 1918.

    J. G.

  • APERU GOLOGIQUE ET GOGRAPHIQUE D'ENSEMBLE

    La Martinique fait partie de l'arc des Petites Antilles qui reprsente le bord externe, rest en place, de la fosse d'effondrement qu'est la mer des Antilles. Cette lvre exhausse est constitue probablement par un substratum de terrains cristallophylliens inconnus la Martinique, sur lequel se sont dposes des formations sdimentaires marines. A la Mar-tinique, les couches sdimentaires du soubassement sont assez rcentes et sont dj mlanges de produits volcaniques ; elles ne sont visibles que sur la cte orientale et surtout au S.-E. Sur cette plateforme, encore immerge au dbut des ruptions, se sont accumuls les produits volca-niques autour de centres assez nombreux. La topographie de l'le, trs simple, s'explique facilement en partant de ces donnes gologiques.

    Sur un haut-fond ou sur une terre basse, suivant une ligne ruptive peu prs O.-E. sont installs des appareils volcaniques qui ont mis des cendres, des lapilli, des coules et ont form l'arte Morne la Plaine,

    Morne des Pres, Morne Carabe, Rivire-Pilote, Marin, que des volcans

    voisins, Morne Bigot, Morne Diamant, prolongeaient au Nord et au Sud dans la partie occidentale. Les produits de la portion orientale de

    cette chane se mlangeaient, vers l'Est, aux sdiments marins (Savane des Ptrifications, Marin). Une autre ligne volcanique N. O.-S. E., partant

    de l'extrmit Sud de l'le, vers la Savane des Ptrifications, mettait des produits plus basiques qui, sous-marins au dbut, ne tardaient pas s'accumuler et merger. A l'Ouest de cette ligne ruptive, s'en dve-loppait ensuite une autre, celle du Carbet, dont les chemines restes en place, constituent les pitons du Carbet. Enfin, un dernier massif vol-canique, celui de la Montagne Pele, venait se souder au Nord celui du Carbet.

    L'rosion agissant sur le massif du Sud, l'entamait profondment. L'usure des versants, l'allure du cours infrieur des rivires, attestent l'anciennet du systme hydrographique. Dans les massifs plus rcents du Carbet et de la Montagne Pele, au contraire, le cycle d'rosion en est encore ses dbuts; les cours d'eau sont partout torrentiels, nulle part le profil d'quilibre n'est atteint ; les talus d'rosion des- hautes

    valles ont une vivacit d'artes qui apparaissait avec une vigueur sai-sissante dans les parties dboises et dnudes par les dernires rup-tions. Dans le massif du Vauclin, d'ge intermdiaire, le profil d'quilibre

    n'est atteint que sur une faible portion du cours infrieur, les pentes sont

    plus adoucies.

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    Mais, nulle part, mme dans la partie mridionale, la plus ancienne de l'le, l'rosion n'a t suffisante pour crer une plaine alluviale. La seule plaine de quelque tendue de la Martinique, celle du Lamentin, n'est pas en effet une plaine d'origine continentale. Elle doit tre consi-dre comme un fond de mer remblay en grande partie par les apports continentaux et exond par un faible soulvement. Un pareil mouvement pirognique de 10 mtres d'amplitude ferait merger plus de la moiti de la baie de Fort de France. Les petites plaines que l'on observe sur-tout sur la cte Ouest, dans la partie infrieure des valles et qui sont dsignes so'us le nom de fonds , rsultent d'un lger affaissement de la cte, ou d'un mouvement positif de la mer, qui a permis, en relevant le niveau de base, l'alluvionnement du torrent sur quelques centaines de mtres, son embouchure.

    Les oscillations de la ligne de rivage sont assez peu accentues. La seule plage souleve que l'on puisse observer nettement se trouve l'extrmit S.-E., vers la pointe des Salines, prs de la maison de la douane. Un falun rcent form d'une accumulation de coquilles de Car-diums, d'Arches, de Bulles, y recouvre des labradorites.

    Les traces de soulvement du rivage s'observent aussi dans les falaises du Nord, o, vers le cap Saint-Martin, des grottes creuses par les vagues

    existent 15 et 20 mtres au-dessus du niveau de la mer. Mais, actuelle-ment, il semble que dans le Nord, ce soit plutt un lger affaissement de la ligne de rivage qui se produise.

    Pour les autres particularits concernant la bibliographie, la gogra-phie, la climatologie de l'Ile, je renvoie l'ouvrage de M. Lacroix.

    .

    Terrains sdimentaires.

    Les terrains sdimentaires n'affleurent que dans le S.-E., dans la rgion de Sainte-Anne, le Marin, le Vauclin, puis, plus au Nord, la Cara-

    velle, la Trinit, Bassignac, jusqu' Sainte-Marie. Des lambeaux, pro-bablement surlevs, existent sur le versant orienta] de la chane du

    Vauclin, entre Saint-Esprit et le Morne Vent. Enfin il existe quelques

    affleurements trs restreints, au milieu des formations volcaniques, dans la petite anse du Diamant et vers le marigot du Diamant. Mais la prsence de fragments calcaires arrachs au vieux sol par les ruptions volcani-ques, montre, comme on le verr