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DERNIER MOT DES PROPHÉTIES Deuxième partie inédite LA PROPHÉTIE DES PONTIFES ROMAINS Texte, explication depuis Célestin II (1143), jusqu'à la fin du monde, avec notes, avertissements, introduction, discours sur la prophétie en général, la VIE DE SAINT MALACHIE ; des observations sur la PROPHETIE DU PRIMATD'IRLANDE et une dissertation sur la fin du monde, TRADUIT DEL'ITALIEN Suivent plus de 200 textes sur les temps présents, parmi lesquels les prédictions complètes de la V. ANNA-MARIA TAÏGI, Le véritable secret de MÉLANIE (de la Salette), et beaucoups d'autres révélations du plus grand intérêt, etc. AVEC UNDISCOURS SURLA PROXIMITÉ DESÉVÉNEMENTS ET LA GRANDERÉNOVATIONSOCIALE D'APRÈS DES PROPHÉTIES CONTEMPORAINES, PAR ADRIEN PELADAN chevalier de St-Sylvestre, de l'académie des Arcades, etc. HONORÉ DE PLUSIEURS BREFS DE S. S. PIEIX PRIX : 2 fr. 50 c. (franco-poste) NIMES CHEZ L'AUTEUR, rue de la Vierge, 10, 1880. Droits réservés.

Dernier mot des prophéties 2e partie inédite la prophétie des pontifes romains la vie de sainte mala

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  • DERNIER MOT DES PROPHTIESDeuxime partie indite

    LA PROPHTIE

    DES PONTIFES ROMAINSTexte, explication depuis Clestin II (1143), jusqu' la findu monde, avec notes, avertissements, introduction,discours sur la prophtie en gnral,

    la VIE DE SAINT MALACHIE ;des observations sur laPROPHETIEDUPRIMATD'IRLANDE

    et une dissertation sur la fin du monde,TRADUITDEL'ITALIEN

    Suivent plus de 200 textes sur les tempsprsents,parmi lesquelsles prdictions compltesde la

    V. ANNA-MARIA TAGI,Le vritable secret de

    MLANIE (de la Salette),et beaucoups d'autres rvlations du plus grand intrt, etc.AVECUNDISCOURSSURLAPROXIMITDESVNEMENTS

    ET LA GRANDERNOVATIONSOCIALED'APRSDESPROPHTIESCONTEMPORAINES,

    PARADRIEN PELADAN

    chevalier de St-Sylvestre, de l'acadmie des Arcades, etc.HONORDEPLUSIEURSBREFSDES. S. PIEIX

    PRIX : 2 fr. 50 c. (franco-poste)

    NIMESCHEZ L'AUTEUR,

    rue de la Vierge, 10,1880.

    Droits rservs.

  • DERNIER MOT

    DES

    PROPHTIES

    Deuxime partie indite

  • AVERTISSEMENT

    La Prophtie des Souverains-Pontifes romains, explique etcommente,fut publie en 1794, Ferrare, par un esprit lev,avecpermission des suprieurs. Ce sont les 112 symboles latinsattribus saint Malachie,archevque d'Armach, en Irlande, auXIesicle, correspondant pareil nombre de Papes, qui, d'aprsle document rvlateur, mnent la fin des temps.Ce prcieux crit, que nous avons traduit de l'italien, imprim

    en desjours agits, est rare au-del des monts et n'est pas connuen France. Nous n'en avions jamais entendu parler nous-mmeet pas un recueil prophtique ne l'a encore signal. Il aura donctout l'intrt de la nouveaut. La Prophtie elle-mme, c'est--dire les symboles en latin, d'une ligne chacun, auront paru pourla premire fois dans notre langue, et plus forte raison l'inter-prtation successive, avec les discours qui la prcdent ou lasuivent.Cespagesmmorables,entirement inditespour la France, sont

    donc de nature attirer l'attention des rudits et du public reli-gieux. Elles contiennent; indpendamment des vaticinations com-mentes, la chronologie,des synchronismeset un abrg substan-tiel de l'histoire dusouverain pontificat, depuis la fin du onzimesicle.Unmanuscrit de l'auteur ferrarais, soud l'exemplaire qui

    nous est si heureusement chu, et que nous estimons celui-lmme du commentateur, nous conduit jusqu'en 1823, date de lamort de Pie VII.Pour LonXII, Pie VIII, Grgoire XVI, Pie IX,LonXIII, papescontemporains, nous avons recueilli ou recher-ch ce qui a trait leurs symboles respectifs. Quant leur rgneet enparticulier celui du Pontife Saint, qui doit porter le trir-gne en mme temps que le Grand Monarque promis la Franceet au monde, nous laissonslaparole aux prophtescontemporains,

  • - 6 nous voulonsdire les mes privilgiesque l'Eglisehonore djd'un culteou dont elle considreles parolescommepouvant trel'objet d'une croyancehumaineet ne contenant rien de contraire la foi catholique.A ce propos, nous dclarons nous conformerdans ce volume

    commedans tousnos ouvrages, au dcret de saint Pie V et auxdcisionsdu Concile de Trente et de celui du Vatican, sur lesouvrages traitant de matires religieuses,et nous nous soumet-tons d'avance aux rectificationsque pourraientultrieurementde-manderle Saint-Sige,s'il avait rencontrer danscespages quel-que chose qui ne seraitpas absolumentconforme son esprit,Relativement aux Papes de la prophtie, conduisantde nos

    jours ceuxde l'Ante-Christ,nous expliquonsde notremieuxlessymbolesqui les concernent,et nousn'cartons qu'avec prudenceles voilsmystrieuxde l'avenir.Tel est, en quelquesmots, cet avertissementau lecteur.Cevo-

    lume fait suite notre Dernier Mot des prophties ; les deuxrecueils,bien que se compltantrciproquement,conservent ce-pendant chacun le caractrequi lui est propre.

    ADRIENPELADAN.

  • INTRODUCTION

    Il y a dj deux sicles(en 1794)que la Prophtie des Papes at publie. Ds qu'elle parut, elle rencontra un fort parti decontradicteurs, qui firent tous leurs effortspour la discrditer etl'avilir. Les tentatives de ceux qui la dfendirent ne furent pasmoins vigoureuses ; anims par l'esprit de pit ou par trop decrdulit, ils se vourent la dfendre, la soutenir ; au pointque l'on peut dire avec raison, que le crdit de cette prdictionse maintint dansun certain quilibre au point de tenir en suspensle jugement des personnes claires de cette poque.En la voyantainsi dfendue avec louange et admiration par des hommesrecommandablespar leur sagesse et leur doctrine, il faut recon-natre qu'il n'a pas t toujours fait alors un aussi bon usage dela critique qu'il l'aurait fallu. Le temps qui, en avanant, calmela fivre des partis, finit par amener le moment o il ne resteplus debout que les questions garanties par l'vidence et la vrit,sans que la discussion puisse se prolonger. La Prophtie, en su-bissant les dmentis des uns, les affirmations dos autres, estarrive conserver l'estime dont elle a d'abord joui, et a tconsidre comme une de celles qui, sans prjudice de la foichrtienne, sont rputes commevraies.Est-elle rellement telle ? C'est ce que nous entreprenons

    d'examiner, Personne jusqu' prsent ne l'a fait, et il serait biendifficilede se former un jugement droit sur ce point, alors mmeque l'on se rsoudrait supporter l'ennui de lire les crits detous ceux qui ont parl pour ou contre. Lesuns semblent avoirexpos et lucid la question avec une telle apparence d'nergieet de rectitude, qu'on n'hsiterait pas y voir un vritable oracle,une merveilleuse vaticination. Et pourtant la majeure partiede leurs arguments se rattache des dates fausses, de purilesconjectures. D'autresy ont mis tant de confusion et l'ont tellement

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    dprcie, qu' leur sens, elle n'est autre chose qu'une solennelleimposture. Et pourtant beaucoup de leurs raisons contradictoiressont totalement erronnes et n'ont aucunement le poids qu'ellesaffectent.A ce propos donc, nous voulons placer la Prophtie son vrai point de vue, de manire que chacun puisse par lui-mme juger desa valeur ; en outre, comme elle est devenue assezrare, nous croyons tre agrable au public en la reproduisant.Voici le plan que nous nous sommes propos dans ce travail-:

    Il sera prcd d'un aperu sur la prophtie en gnral. "'i ci-3pouvoir avec plus de facilit et de prcision former q ' ?-;.-raisonnements sur celle-ci, il sera ncessaire de prsenter "ni..expos de principes et de rgles, lesquels tant appliquleur sens rel, applaniront une grande partie des difficupourraient se prsenter.Suivra en mme temps une vie sommaire de St. Malachie, ar-

    chevque et primat d'Irlande, considr commetant l'auteur decette Prophtie. Nous devons avertir qu'ici nous sommes entire-ment priv de documents, pour la pouvoir attribuer une per-sonne dtermine : en agissant de la sorte, nous entendons nerien avancer que ce qu'a dit la tradition, laquelle nous a trans-mis la Prophtie avec le nom du Saint lou ci-dessus. Cette af-firmation n'est pas hors de propos, parce que ceux qui prtendentdduire l'origine de la vaticination du nom respectable qu'elleporte au frontispice, peuvent aussi bien se mprendre que ceuxqui prtendent conclure la fausset de l'incertitude de son au-teur. Ce n'est pas le titre ou le nom qui constitue le prix d'unechose quelconque, mais sa valeur intrinsque : c'est ainsi que lesdates incertaines ne sont en rien prjudiciables aux auteurs, quant l'authenticit et l'autorit auxquelles leurs livres ont rllement droit.Aprs cela, nous passerons l'explication des Symbolesde la

    Prophtie, depuis son commencement jusqu' nos jours. S'est-elle vrifie toujours et entirement ? N'a-t-ellejamais t dtour-ne de la simplicit du texte pour lui faire dire autre chose quece qu'elle contient ? N'y a-t-il rien reprocher ceux qui l'ont

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    interprte avant nous ? Ce sont autant de questions auxquellesnous satisfaisons dans la srie des explications que nous donne-rons des Symboles.Nous avons pour unique objet la vrit; rienne sera omis, rien ne sera dissimul de tout ce qui a t noncen faveur ou au prjudice de la vaticination. Pour rendre, enoutre, plus intressante l'numration chronologique des Pon-tifes contempls dans leurs symboles respectifs, nous avons crubon d'y annexer des notices historiques, qui conservent untroit rapport avec l'histoire de l'Eglise, laquelle est le but de laProphtie elle-mme : ainsi, par exemple, la srie des Concilesgnraux, la succession des empereurs, la fondation des Ordres,et quelques autres faits singuliers, qui nous semblent dignes dela curiosit publique.Le jugement se former sur cette Prophtie doit absolument

    rsulter de l'issue qu'elle a eue. Cela conduit la double etsimple exposition des symboles qui la composent : il n'est pasbesoin d'autre chose pour dcider de chacun de leurs caractres.Et afin que rien ne manque l'accomplissement de notre tche,nous prsenterons encore un examen particulier des objectionsqui ont tfaites contre la Prophtie.Nous traiterons finalement une question qui peut tre prise

    comme le corollaire de la Prophtie des Papes; question utile etintressante ; celle de la fin du monde. D'aprs le dernier sym-bole, qui semble annoncer ce terrible et invitable vnement,un petit nombre de Pontifes doivent encore rgner, et cet objetintresse trop les hommes,curieux outre mesure et avides de p-ntrer les secrets de l'avenir, pour ne pas effectuer des recher-ches profondes, dont la consquence soit de s'crier : Donc lemonde est proche de sa fin. A cet effet, vnrant avec le plussincre attachemeni les oracles infaillibles de l'Esprit-Saint,nous parlerons sur ce point dlicat autant que cela est permis, etnous ferons en sorte que celui qui entreprendra la lecture decette prophtie, ne puisse en infrer des propositions fausses etdangereuses. Lesdivines Ecritures, les Pres de l'Eglise, les plusminents docteurs nous serviront deguides; c'est l que s'claire-ront elles-mmesnos propres rflexions.

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    Voil ce qui doit composer ce travail. Deux seuls avertisse-ments restent tre donns : le premier, que lorsque nous enserons dire que nous nous en rapportons au jugement de lasainteEglise. Romaine,nous protesteronsque, quelleque soit l'ap-parente dissemblance avec ses inviolables enseignements et d-crets,ils sont par nous tenus pour tels, et par consquent dsa-vous et rectifis.En secondlieu, que nul ne s'imagine que nousayons entrepris cette lgre fatigue dans un intrt humain, oupour toute autre fin lgitime; nous nous y sommes livr pouroccuper nos heures de loisir dans un but honnte, agrable ; sielle n'est pas sublime et d'une grande utilit, du moins n'est-elleni blmable, ni coupable.Nous sommes bien loignd'en vouloir quiconque entendrait la Prophtie autrement que nous-; nousserons mme reconnaissant envers ceux qui relveraient leserreurs dans lesquelles nous pourrions tre tomb, ou qui sug-greraientquelque meilleure pense que la ntre. En poursuivantdonc notre oeuvre,quelque don qu'il soit pour le public, nousesprons qu'elle aura pour lui quelque attrait, ne serait-ce quepour lui avoir offert sous un doubleaspect la Prophtie desPapes,dontil n'avait eu jusqu'ici qu'une ide confuse et une assez im-parfaiteconnaissance.

  • DE LA PROPHTIE EN GNRAL

    Tousles pays du monde ont eu leurs prophtes. Il suffit delire les histoires sacrespour tre convaincu de la vrit de cetteproposition; d'o les Pres de l'Eglise ont pu affirmer que chez lpeuple de Dieu, la prophtie avait t un des plus fermes appuisde la foi et de la religion. C'est ainsi qu'Adam, qui le Crateuravait primitivement rvl les plus sublimes arcanes de la souve-raine Intelligence, transmit ses fils les divins mystres; etdepuis, dans un ordre qui ne fut jamais interrompu de sicleensicle et de gnrationen gnration, la lumire prophtique passaaux patriarches si glorieusement, qu'ils formrent la splendeur del'antique Loi de nature. CetteLoi fut abroge au temps de la-sortied'Egypte. Depuis lors la Loi crite passa successivement deMose Josu, puis Gdon,puis Samuel, puis David, et tous ceux qui dans l'Ecriture s'lvent avec le nom de prophte,jusques au temps des Machabes,poque o cetteloi commenaitdcliner.Finalement elle clata dans la Loi nouvelle dite aussi degrce, o se vrifient la plus grande partie des prophties an-ciennes. LeSauveur, parmi les dons que nous fait en sonnom leParaclet, laisse encore en crdit au sein de l'Eglise, son pouse,le mme don de prophtie.Cela promis, il ne doit pas paratre trange ni absurde de dire

    que, bien des sicles l'avance, ait t vue et prdite la succes-sion des Souverains Pontifes. Ce serait nier un des attributs di-vins que dclarer cela impossible. Nous ne prtendous pas quecette mme prdiction soit regarde comme rvlation cleste,car l'Eglise ne l'a pas propose comme telle. Il appartient uni-quement son autorit auguste de prononcer. Car il n'y a pasde sujet, quelque saint qu'il paraisse, dont l'humaine malice nepuisseabuser, et l'Eglise a sagement dcrt quels sont les oraclesque nous devons universellement tenir pour tre de l'Esprit-

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    Saint. Elle a en outre arrt des rgles et des principes formels,au moyen desquels nous pouvons viter les impostures et leserreurs qui,dans les questions du mmegenre, seraient trs-faciles commettre. Toutes les fois que l'Eglise n'a pas prononc dfi-nitivement sa sentence, ses enfantssont libres de suivre l'opinionqui les attire. Ainsi,par exemple, rien n'a t absolument dcid,au mme point de vue, sur les rvlations de Ste Brigitte, cellesde Ste Gertrude et de tant d'autres vnrables personnes,malgrla saintet desquellesrien ne confirme ou ne dsavoue qu'il y aeu don de prophtie : et c'est pourquoi chacun a la facult d'em-brasser le sentiment que sa pit lui inspire, ou qu'un plusgrand talent lui fait adopter. L'Eglise, par ce silence, a voulufaire connatre qu'il tait indiffrent pour le bien des fidleset pour la gloire de Dieu, que l'on penst sur ce point affirma-tivement ou ngativement.Tel est l'tat de cette vaticination qui, depuis deux cents ans,

    circule sous le nom de St.Malachie (1). Chacun en pensera nette-ment sa manire. En la redonnant au public, il nous semblebon d'exposer brivement les rgles et les canons principaux quiconstituent le caractre de la rvlation, cause prcisment quela foi ne parle pas ici, et que nous sommes en droit d'user denotre raison et de recourir l'examen qui se prsentera elle.De la sorte chacun pourra plus aisment juger de notre prdic-tion, et viter les consquencesde la crdulit et du fanatisme.La prophtie donc, selon la dfinition de Cassiodoreet de tous

    les thologiens, est une rvlation faite de Dieu une intelli-gence cre, qui, avec une infaillible certitude, il fait connatreles choses lointaines, secrtes et caches. Prophetia est diviva,inspiratio rerum nobisprocul distantium, eventa infallibili va-ritate,et maximacumcertitudine proenoscensatque proenuntiansElle est par essence un don surnaturel gratuit, et pourtant, Dieu,pour avoir dans toutes les sectes des tmoins de la vrit de sa

    (1)L'auteurcrivaiten 1794,commenousl'avonsdjindiqu. (Notedu traducteur).

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    foi, la communique quelquefois des mes infidles et non luiappartenant, telles qu' Ralaamet d'autres, comme on lit quecela est arriv ; ceux-ci, sans le comprendre, parleront merveil-leusement des plus sublimes mystres de la Divinit; celaprstoutefoisque, rgulirement parlant, l'inspiration a t accordetoujours des mes leves et grandes. Or, commeil y a troismoyens de recevoir la rvlation divine, celle-ci se divise en troisclasses inhrentes la facult humaine de connatre. La premi-re, qui est la facult imaginative correspondante, est dite rv-lation imaginaire, puisqu'elle est sans opration aucune dessens, lesquelsne viennent pas en elle suscitsdu Dieude l'univers,retracerdesfantmessansdanger de nuire tout ce que le Seigneurveut communiquer.La seconde est nomme rvlation intellec-tuelle, laquelle se forme alors que, clair d'une manire inex-plicable, l'esprit de l'homme arrive connatre et savoir quellesprofondes vrits sont dans l'Eprit ternel : tel est le sentimentdes Pres relativement au sommeil d'Adam dans le paradisterrestre, qu'il vit et comprit les mystres de l'Eglise future.La troisime, plus commune que les autres, est la rvlationsensible, puisqu'elle arrive par le moyen d'un sentiment quilui fait connatre ce queDieu manifeste. A cette classe doiventtre rapportes la majeure partie des rvlationsde l'Ecriture,quisont celles des prophtes eux-mmes, nomms pour cela voyants,et leurs prophties visions.La matire de la prophtie est varie, et favorise la vulgaire

    distinction du temps en pass, prsent et avenir ; elle doit donctre considresous divers aspects. On ne peut mettre en doute lepass, moins de nier la prophtie de celui qui a crit le Penta-teuque; attendu que dans le rcit de la cration et des premierstmoinsde notre lmentaire univers, il tait dpourvu de tmoi-gnageshumains,qui pussent lui raconter comment le monde a ttir du nant, et commentparmi eux, les cratures auraient puarriver former une nature si belle et si sagement distribue. Leschoses prsentes, pour cette raison, toujours secrtes et caches,et qui sont surtout dans les ides et dans la consciencedes hom-

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    mes, ont offerten touttempsun vaste champpour prophtiserun grand nombrede hros de la religioncatholique.Haissi nous voulionsparler en touterigueur et dire la pro-

    prit dumot prophtiser,qui est l'quivalentde prdire, la vraieet spcialematirede la prophtieest l'avenir, et commel'ensei-gnent les Docteurs,elle embrasseles chosescontingenteset li-bres, c'est--direcellesqui n'ont pas une causencessaire,maisqui dpendentimmdiatementde la seule volontde Dieuet deshommes.En ceci, et nonautrement,sont distingues les proph-ties desphilosopheset des astronomes,qui, par dessignes et desraisonsnaturelles,peuvent parfaitementprvoir les vnementsnaturels etles effetsmultiplesqui en drivent. L'avenirdonc estle domaineproprede la prophtie, qui est consquemmentl'in-dubitablemarque caractrisantl'excellenced'un si grand don,qu'il appartient Dieuseul de dpartir. Celaest manifeste enbeaucoupd'endroitsdes Ecrituressacreset plus particulirementdans la bouched'Isae voulant gourmander la dure obstinationdes ennemis du nom et de la gloire du Seigneur.Leprophte,parfois,provoquantles idolesde la gentilit fairemontrede lascienceet du pouvoir souverain dont ellesse vantaientde pou-voir annoncerce qui aurait lieu dansl'avenir,ou de donner unepreuveincontestablede leur divinit,dit : Annuntiatequoeventurasunt in futurum et sciemusquia Dii estisvos. Is. XLI. 23.Ainsiparlait le Seigneurdans l'ancien Testament.Il voulaitdireque ceux qui taient sparsde lui ne pouvaienttre inspirscommeses prophtes,qui annonaientles chosesfuturesune prcisionet une clartsans gales,aupointqu'ils indiqueontet dterminaienten toutes circonstanceslesvnementshum, ;-.de manire ressemblerplutt des historiensqu' despro-phtes. Lesprophties,dit S Jean Chrysostme,forment un teiconcert,une telle unit, qu'elles nous sont parvenues formant uncorps completet anim,embrassanttoute la divineEcriture Grce cefait,dans ceque les prophtesont crit, nospreset dansungrandnombred'occasionsnous-mmes,bienque sans observationsfaitessur ce point, nous n'en voyons pas moinsde jour en jourleschosesse succderde la mmemanire.

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    C'est ainsi qu'insensiblement inform, le lecteur, pensons-nous,fera ses rflexions relativement au sujet que nous venons luiprsenter. Les qualits qui distinguent les rvlations vraies decelles qui sont fausses concourront-elles ou non clairer surcelle de St. Malachie? En la lisant, en observant la dclaration,en examinant toutes ses parties, il n'y aura rien de plus facileque de se former un sagejugement.

    ABRG DE LA VIE DE ST. MALACHIE

    St. Malachie,priscommunmentpour tre l'auteur de la Proph-tie dei Papes, naquit Armach, ville d'Irlande, sur la fin du on-zime sicle, de parents illustres par leur race et signals par leurpit. Ayant, dans son premier ge, parfaitement correspondu parses progrs dans les lettres et dans les vertus, l'assiduit de sesmatres et la vigilance de sa mre, il passa sous la directiond'Imazius, homme d'une austrit de vie qui le faisait admirer detous ceux qui connaissaient sa pnitence. Ce fut alors que l'vqueColse, malgr la rpugnance de Malachie, lui confra les ordressacrs et le fit prtre, l'ge de 30 ans. Il fut bientt pour leprlat un coadjuteur. qui lui aidait soutenir le poids de sonministre.Celui-cilui ayant confila prdication, on vit bientt lesvices dracins, et la vertu produire ces fruits qui sont l'orne-ment de l'Eglise. Il s'appliqua d'une manire spciale extirperla superstition qui dominait dans le pays, et il rencontra descontradictions: mais quoi servent les contradictions, sinon aviver de plus en plus le zle d'un aptre ? Sa persvrance etses douces persuasions triomphrent de tout. Dieu permit qu'unoncle deMalachielui lgut le monastre de Bencor, situ dansl'Ultonie, aujourd'hui Guilli, et toutes les terres qui en dpen-

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    daient, et dont il tait propritaire depuis que les communautsreligieuses taient dchues. Ce lieu tait vnrable pour avoirt arros du sang de neuf centsmoines martyriss par des cor-saires, sousl'abbCongild,et pour avoir donnasile desmilliersd saints religieux. Notre jeune prtre pensa le rendre sa pre-mire destination, et' par de contiuuellesfatigueset la bon exem-ple, il rtablitla disciplinemonastiqueet la puret du cultedivin.En mme temps, l'vchde Conneret,dans cetteprovince,tantdevenu vacant, il fut appel l'occuper. Ses rsistances furentgrandes, mais aucun autre avis ne pouvait prvaloir que celui dumtropolitain. Longue serait l'numration des sollicitudespas-torales constammentexerces par Malachie,comme aussi destribulationsqu'il dut supporter de la part d'un peuple qui avaitplus de rudesse que d'humanit.Le roi de la partie mridionaled'Irlande entra main arme dans la ville et la saccagea; d'ovint que le bon vquefut contraint de se retirer en la compagniede plusieurs des religieux de son monastre. Par une admirabledispositionde la Providence,il fut lev, bientt aprs, malgrtous les effortsd'un parti puissant, l'ge de trente-huit ans,au sigemtropolitaind'Armach,en qualitdeprimat du royaume.Maiscomme il l'avait dclar ceux qui l'avaient sollicit accepterce sige, aprs y avoir tout pacifi, rtabli le bon ordre,il voulut retourner sa premireglise; et en effet, les tumulteset les agitations d'Armach termins, il revint dans son diocse.Il n'habita pas Conneret,mais Duna, parce que commeautrefoisil y avait eu l deux vques, cette sparation parut juste St. Malachie;or, laissant un pasteur la premire de ces villes,il retint pour lui la seconde.Aprs cela, pour faire sanctionnersa conduite, et pour d'autres affaires relatives la dignit dontil tait revtu, il soumit les choses Rome. Innocent II, quialors occupait la chaire de St. Pierre, le reut avecune extrmebont; il l'couta et satisfit ses demandes; mais il refusa ab-solument d'accepter l'abandon qu'il voulait faire de l'piscopat,demandeaccompagnede beaucoup de larmes. Le Pape voulutmme l'instituer son lgat pour toute l'Irlande, Il s'en retourna

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    combl d'honneurs et de privilges, lui qui avait sollicit den'tre plus qu'un simple moine, dpouill de tout revenu en Ir-lande : il ne fit que redoubler d'application dans la direction desmonastres, dans le gouvernement du troupeau et dans l'exercicedes obligations attachesau caractre de lgat du Saint-Sige. Lesconversions taient frquentes, les habitudes allaient de jour enjour se changeant en mieux : la prdication assidue, l'exemple,les prodiges que Dieu oprait par son entremise, taient autantde tmoignages de la saintet de Malachie.A une telle vie quepouvait-il manquer, sinon une mort prcieuse ? Elle ne tardapas : s'tant transport Clairvaux, pour visiter cette solitudesainte, ainsi que son ami et intime confident St. Bernard, il ymourut le 2 novembre 1148, g de cinquante-quatre ans.Les pages les plus intressantes sur le saint vque Malachie,

    sont celles, o le mme St. Bernard a longuement crit sa vie.

    TABLEAUDESSYMBOLESCOMPOSANTLAPROHHETIEDES PAPES.

    1. Ex Castro Tiberis, du chteau du Tibre.2. Inimicus expulsus, l'ennemi expuls.3. Ex magnitudine montis, de la grandeur du mont.4. Abbas suburranus, abb de Suburre.5. De rure albo, de la ville d'Albano.6. Ex tetro carcere, de l'horrible prison.7. ViaTranstiberina, le chemin du Transtevre.8. DePannonia Tusciae,de la Hongrie d'Etrurie.9. Ex ansere custode,de l'oie gardienne.10. Lux in Ostio,la lumire dans Ostie.11. Sus in cribro, le porc dans le crible.12. Ensis Laurentii, l'pe de Laurent.13. Deschola exie , il sortira de l'Ecole,

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    14. Derure bovensi, du village du boeuf.15. Cornessignatus, le comte Segna.16. Canonicus de Latere, le chanoine de Latere.17. AvisOstiensis, l'oiseau d'Ostie.18. Leo Sabinus, le lion de la Sabine.19. CornesLaurentius, le comte Laurent.20. SignumOstiense, le signe d'Ostie.21. HyerusalemCampaniae, Jrusalem de Campanie.22. Dracodepressus, le dragon renvers.23. Anguineus vir, l'homme serpent.24. ConcionatorGallus, le prdicateur franais.25. Bonus cornes,le bon comte.26. Piscator tuscus, le pcheur trusque.27. Rosa composita, la rose compose.28. Ex teloneoliliaceiMartini,de la trsorerie deMartin-du-Lis.29. Ex rosa Leonina, de la rose des Lions.30. Piccus inter escas,(n'est pas traduit par l'auteur).31. Ex eremocelsus,lev de l'Ermitage.32. Ex undarum benedictione, de la bndictiondes ondes.33. ConcionatorPatareus, Leprdicateur de Patare.34. De fossisAquitanicis, Des fosss de Gascogne.35. Desutore Osseo, du cordonnierd'Ossa.36. Corvusschismaticus, le corbeauschismatique.37. Frigidus abbas, le froid abb.38. De rosa Atrebatensi, de la rose d'Arras.39. De montibus Pammachii, desmonts de Pammachie.40. Gallus vicecomes, le franais vicomte.41. NovusdeVirgine forti, le nouveau de la Vierge forte.42. Decruce apostolica, de la croix apostolique.45. Luna Cosmedina, la Lune de Cosmedin.44. SchismaBarchinonium, le schisme de Barcelone.45. De inferno praegnanti, de l'enfer qui produit.46. Cubusde mixtione, cube du mlange.47. Demelioresidere, de l'toile meilleure.48. Nauta de ponte Nigro, le nocher du pont Noir.

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    49. Flagellum solis, Le fouet du soleil.50. Cervussyrenae, le cerf de la sirne,51. Coronaveli aurei, la couronne du voile d'or.52. Lupa Coelestina, la louve Clestine.53. Amator Crucis, l'amant de la Croix.54. De modicitatelunae, de la petitesse de la lune.55. Bos pascens, le boeuf qui pat.56. De capra et Albergo, (n'est pas traduit).57. De cervo et leone, du cerf et du lion,58. Piscatorminorita, le pcheur mineur.59. PraecursorSicilise,le prcurseur de la Sicile.60. Bos albanus in portu, le boeufd'Albano dans le port.61. Deparvo homine, du petit homme.62. Fructus Jovis juvabit, le fruit de Jupiter rjouira.63. De Craticula Politiana, de la Grille de Politien.64. Leo Florentius, le lion de Florence.65. Flos pilae negri, (n'est pas traduit).66. Hyacinthus medicorum, la Jacinte des mdecins.67. Decorona Montana,de la couronne de Monti.68. Frumentum floccidum, le grain de peu de valeur.69. Defide Petri, de la foi de Pierre.70. AEsculpii pharmacum, la mdecined'Esculape.71. Angelus nemorosus, l'ange du Bois.72. Medium corpus Pilarum, milieu du corps des boules.73. Axisin medietate signi. l'axe dans le milieu du signe.74. Derore Coeli, de la rose du Ciel.75. Deantiquitate urbis, de l'antiquit de la ville.76. Pia civitas in bello, la cit pieuse dans la guerre.77. Crux romulea, la Croix romaine.78. Undosus vir, l'homme pareil l'onde.79. Gensperversa, la Gnration maligne.80. In tribulatione pacis, dans la tribulation de la paix.81. Lilium et Rosa, le Lys et la Rose.82. Jucunditas Crucis, la douceur de la Croix.83. Custos Montium,le Gardien des Monts.

  • - 20 84. Sydusolorum, l'Etoile des cygnes.88. DeFlumine magno, du grand fleuve.86. Bellua insatiabilis, la Bte insatiable.87. Poenitentiagloriosa, la pnitence glorieuse.88. Vastrinum in porta, le triple vase sur la porte.89. Flores cireundati, les fleurs environnes.90. Debona religione, de la bonne religion.91. Milesin bello, le soldat la guerre.92. Columna excelsa, la colonnesublime.93. Animalrurale, l'animal champtre.94. Rosa in umbra, la rose dans l'ombre.95. Visus velox,la vue pntrante.96. Peregrinus apostolicus, le voyageur apostolique.97. Aquila rapax, l'Aigle ravissant.98. Ganis et coluber, le chien et le serpent.99. Virreligiosus, l'homme religieux.100. De balneis Hetruriae,desbains de Toscane.101. Cruxde Cruce, la Croix de la Croix.102. Lumen in coelo, la lumire dans le Ciel.103. Ignis ardens, le feu ardent.104. Religiodepopulata, la religion dpeuple.105. Fides intrepida, la foiintrpide.106. Pastor angelicus,le pasteuranglique.107. Pastor et nauta, Pasteur et nautonier.108. Flos florum, la fleur des fleurs.109. De medietatelunae, de la moiti de la lune.110. De labora solis, du travail du soleil.111. Gloria olivae, de la gloire de l'olivier.112. Dans la dernire perscution de la sainte Eglise romaine,sigera Pierre second; il patra ses ouailles en de grandes tri-bulations, aprs lesquelles la ville aux sept collines sera dtruiteet le Juge redoutablejugera le monde. Amen.

    Telleest cetteclbre Prophtie, qui concerneautant depontifesqu'elle contient de symboles. Maisavant que de passer leur

  • 21

    explication,il faut que nous avertissions de deuxchoses.D'abord,elle n'a t donne sur aucun exemplaire telle que nous venonsde la prsenter ; mais cette difficultest relative trs-peu desymboles,et consiste en objets de faible importance. Nousavionsvoulu nous en tenir la version la plus commune et la plususite, nous rservant de relever les variantes en leur lieu propre.Le textedu dernier symbolesurtoutmrite de ne pas tre nglig.A la place de judicabit, en certain lieu, et spcialement dansun manuscrit que l'on peut dclarer antrieur au seizimesicle,existant chez les moines Olivtains de Rimini, on lit vindicabit,et ce mot, commechacun le sait, prsente un sens tellement dif-frent, qu'il peut influer beaucoup sur le jugemeut se formerde la' Prophtieentire. Maisnousparlerons de cela en son temps,lorsque nous traiterons de la fin du monde.En second lieu, il faut observer qu'il y a diverses allusions

    auxquelles la vaticination et ses doubles acceptions doivent serapporter. S'il n'en tait pas ainsi, nous n'obtiendrions qu' grandpeine l'explication de quelques symboles. Gnralementil paratqu'ils ont trait aux blasons des papes, et le plus souvent ils con-cernent ou le nom de la famille, ou le titre de cardinalat, ouquelques actions spcialesdu personnage en question.Acet effet,afin de donner quelque ide du sujet dont il s'agit, relativementaux armes, nous nous sommes appuy sur l'oeuvre de Jean-Baptiste Cavalieri, qui, avec le plus grand soin, et une svreexactitude, a recueilli jusqu'aux limites des temps barbares lesarmoiriesdes maisons qui ont donn des pontifes. Pour le reste,l'histoire, le bon sens, la recherche impartiale de la vrit nousont fourni les interprtations ncessairespour atteindre et obtenirl'intention, qui doit tre seulementcellede prendre avec justessela significationde la prophtie.

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    EXPLICATIONDES SYMBOLESDE LA PROPHTIE

    Jusques , nos temps.

    I.EX CASTROTIBERIS.DUCHATEAUDUTIBBE.

    La prdiction symbolique commence Clestin II. Ce pape,aprs la mort d'Innocent II, fut lu le 26 septembre 1143.Son nomtaitGuidon(1),cardinal-prtrodu titre de S.Marc,que

    l'on nommait vulgairementMatredu Chteau, ce qui fait croire Panvinio qu'il avait t de la famille des Castelli; mais le plusgrand nombre des historiens ont prouv avec plus de fondementqu'il tait sorti de la cit de Gastello.Cette ville, comme chacun sait, est situe sur les rives du

    Tibre ; d'o dans l'une comme dans l'autre manire, l'allusiondes symboles demeure claire, tant ainsi conue : Du chteaudu Tibre,L'histoirene rappelle que peu de choseou mme rien du pon-

    tificat de Clestin,car il ne sigea pas au-del de cinq mois et

    (1)Il n'est pas hors de proposd'indiquerquand et comments'estin-troduit,parmiles Souverains-Pontifes,l'usagede changerde nom.Plu-sieursle fixent SergiusII, lu en 844,et en donnentpour raisonlalaideurdu nomqu'ilavaitde Bouche-de-Porc.D'autresprtendentquele premierqui oprace changementfut JeanXII,qui, introduitpar lessoinsde son pre Albric, l'gede dix-septans, voulut qu'au lieud'Octavien,il ft appel Jean, pour avoirunmoyende satisfairesoncaprice,ainsiquesonambitioneffrne,tandisqu'il s'appropriaitla pa-roledel'Evangliste.Il y eutun hommeenvoyde Dieu,qui s'appe-lait Jean. De quelquemanireque l'on envisageces deuxquestionshistoriques,sur lesquellesles rudits discutent,il est certain qu'unetellecoutumese voitplusassidumentpratiquedepuisle onzimesicle,o,luen 1009,Pierre,moinebndictin,connupour avoirt remplide respectet de vnrationpourle princedesAptres,changeasonnomde baptmeen celuide SergiusIV.

  • 23 -treize jours. Maisnous devons noter qu' son lection n'intervintpas le peuple romain ; et ce fut la premire fois qu'il fut cart,peut-tre cause de la rbellion qui avait clat contre son pr-dcesseur.

    II.

    INIMICUSEXPOLSUS. L'ENNEMIEXPULS.

    Nous ne pouvons nous empcher de trouver ce symboleralis merveilleusement, puisque l'on sait que deux jours aprsla mort de Clestin II, fut lev sur le trne pontifical Grard,de la noble famille bolonaiseTaccianimico,cardinal de Ste-Croix,le 12mars 1144,sous le nom de Lucius II. On ne pourrait ima-giner dans une vaticinationplus de prcision et de clart. Depuisles temps d'Innocent II, les Romains, pousss par les instigationsd'Arnauldde Brescia,avaient voulu rtablir le Snat, et s'impatro-niser le gouvernement temporel. Sous Lucius, non seulementilsconservrentla mme prtention, mais ils y ajoutrent un patricequi tait reconnu par eux et obi comme prince. Le premier quifut investi de ce litre fut Giordano, fils de Pierre Lon, hommetrs-puissant, qui intima hardiment au Pontife de renoncer aupouvoirtemporel, de se contenter de son entretien et de celui duclerg, des dcimeset offrandes du peuple. Lucius ne manquapas, d'abord, de reprsenter d'une manire calme l'erreur et lamalveillanced'une semblable requte ; mais voyant que les voiesde la douceur ne valaient rien, il eut recours aux armes et seurta au Capitole, o il trouva le nouveau snat, ayant sa ttelatrice. En ce moment, une pierre, lance par une main in-

    inconue,atteignit la personne du Pontife, et le coup fut si vio-'-'. que peu de jours aprs il cessa de vivre, ayant rgn onzemois et quatorze jours. Les Romains envoyrent des dputs Conrad, le priant de les secourir, comme ne tendant qu' d-fendre les droits de l'Empire ; mais ce prince pieux, dit Othonde Frise, livre VII, chapitre 28, refusa de prter l'oreille desemblablesparoles, ou mieux ces chimres.Conrad avait prc-

  • 24 deminent fait le meilleur accueilaux envoys pontificaux,et con-firm de nouveautous les antiquesprivilgesde l'Eglise Romaine.Sur ce que nous racontons, on peut faire des rflexionsutiles ;

    je ne ferai que les signaler au lecteur chrtien. Pourquoi Conradn'approuva-t-il pas les entreprises des Romains? parce qu'iltait faux qu'ils se fussent ligus en tant qu'allis de l'Empireet pour revendiquer ses droits, comme ils le prtendaient. Ilsavaient donc agi faussement, et le prince ne croyait pas qu'il yallt de son intrt dans la prtention que les Souverains-Pontifesse fussent arrog le pouvoir temporel. Ce n'est qu'un rve et uneinvention des critiques dos bas-temps, quand ils disent et sou-tiennent que la souverainetet l'indpendance du SigeAposto-lique a t usurpe.

    III

    EX MAGNITUDINEMONTIS.DELAGRANDEURDUMONT.Comme fils de Jean Paganelli, citoyen de Pise, seigneur de

    Montemagno,chteau cinq milles de Pise (1), se vrifie la va-ticination dans la personne de Bernard, abb des SS. Vincent etAnastase,aux Eaux salviennes de Rome.Cepersonnage, quoiqu'ilne ft pas cardinal (2), vu les ncessits du temps, du sentimentunanimedes lecteurs, fut cr pape le 26 avril 1145,et prit lenom d'Eugne III.C'est cePontife, qui St. Bernard,dont il avait t le disciple,

    a adress trente-cinq lettres, indpendamment des cinq livresDe la Considration,qui sont vritablement des livres d'or, etqui contiennentun enseignementcomplet pour l'exercice du mi-nistre apostolique. Les sditieux continuant de fomenter des

    (1) V.Manni.Sig.t. I.(2)La rgle quel'onne pouvaittrelevau SouverainPontificat,si

    onn'taitpas au nombredes cardinaux,fut tablieau concilede Rome,tenupar EtienneIII, en 769.Mais a plusieursreprises, se produisitlancessitde droger cetteloi, et nousenverronsdansla suite d'autresexemples.

  • 25 -

    troubles, Eugne dut abandonner Rome, et se rfugier en France.Il reut Viterbe les envoys du Mtropolitain armnien, quiavait la prminence sur plus de mille vques. L'objet de cettedputation tait de soumettre entirement cette Eglise l'obis-sance du Souverain-Pontife, comme au lgitime Chef suprme.Les Sarrazins s'taient empars de la ville d'Edesse, en Mso-

    potamie, et toutes ces contres taient menaces de ruines et demassacres. C'est alors qu'Eugne exhorta Louis VII et les autresprinces s'lancer vers l'Orient, pour y combattre les ennemisunnom chrtien. Cetteexpdition,appele vulgairement croisade,te l'tendard et de la Croix, fut promptement excute, mais avecles consquencescontraires l'attente commune (1).

    IV.

    ABBASSUBURRANUS. L'ABBDESUBURRE.

    Aprs huit ans, quatre mois et dix jours de rgne, Eugnecessa de vivre, et pour successeur, sa mort, arrive le 9 juillet1153, lui fut donn Conrad de Benedetto, romain, dj chanoinergulier et vque de Sabine ; il prit le nom d'Anastase IV.Tousceux qui ont expliqu la prophtie de S. Malachieont dit

    que le symbole ci-dessus convient tout--fait Conrad, parcequ'il tait de la famille Suburra et abb de St-Ruf ; mais chezaucun ne se trouve un monument certain de ce fait, qui vienne,avant Pagi, dans sa critique sur Baronius, anne 1154,contredireceux qui le croyaient ; d'o nous prfrons nous taire que denous exposer de fausses conjectures et blesser la vrit.

    V.

    DE RUREALBO,DELAVILLED'ALBANO.

    Nicolas-Robertde Breck-Sparre, ou bien AstaspezzataouSpez-zalancia, Anglais, (le seul Souverain-Pontife de cette nation), fut

    (1)V. S. Bern.deConsid.lib II. Cap. I.

  • - 26 -lev la papaut, aprs un seul jour d'interrgne,le 3 dcembre1154,et se nomma Adrien IV. Pour l'explication de ce symbole,deux choses sont observer: d'abord, qu'au rapport unanimedes historiens, Nicolas tait fils de parents trs-pauvres, et ori-ginaire, selon toute apparence, de quelque village. En secondlieu qu'il tait cardinal et voque d'Albano. C'est par l qu'il serattache si bien aux deux termes de la prdiction,Etonnant fut le dsintressementde ce pontife,caril dut recom-

    mander que sa mreft nourrie au moyen des aumnes de l'glisede Cantorbry.Arnauld de Brescia subit alors, Rome, le dernier supplice ;

    son cadavre fut livr aux flammes, et ses cendres furent jetesdans le Tibre.Frdric I, dit vulgairement Barberousse,reut desmains d'A-

    drien, en 1155,la couronneimpriale ; mais il se comportaassezmal envers le Saint-Sigeapostolique, qui eut supporter de sapart de nombreusesvexations,rapportes confusmentdans l'his-toire de cette poque.

    VI.EXTETROCARCERE.DELANOIREPRISON.

    Adrien IV mourut le ler septembre 1159. Le troisime jourqui suivit, fut lu Rolland, sous le nom d'Alexandre III.Cettelectionfut suivie d'un schisme signal, lequel affligea l'E-glise pendant l'espacedevingt-un ans. Le cardinal Octavien,Ro-main, en fut la cause, quoiqu'il n'et obtenu, au scrutin, quetrois suffrages. Pousspar l'ambition de rgner, et soutenu parles adhrents de l'empereur Frdric Barberousse, il osa lever latte contre le lgitime successeur de Pierre, et se fit sacrer sousle nom de VictorIV.Cetanti-pape est celui qui est dsign dans la prcdente va-

    ticination, laquelle, pour cette raison, mrite d'tre spcialementanalyse. Lescritiques se sont tonns que la Prophtiedes Papesse soit applique annoncer les intrus qui se sont assis illgiti-mement sur le trne pontifical; d'o ils infrent que c'est l une

  • 27

    des principales raisons qui doivent la faire regarder comme apo-crypheet indigne de ce caractre. Beaucoup,au contraire, justifientcelte manire de prdire; puisque l'objet de cette rvlation,disent-ils, est qu'elle ne se borne pas offrir un simple cataloguedes Pontifes,mais qu'elle s'tend au cadre complet de leur suc-cessiondans le gouvernement de la sainte Eglise romaine, commecela est manifeste par les diverses allusions des symboles qui.lacomposent. Sansnous arrter ici examiner cette question, quisera directement traite en son lieu, il suffit de savoir, pour lemoment, que les interprtes conviennent que par le mot Carcerest dsign l'anti-pape Octavien, commecardinal de S. Nicolas inlarcere Tulliano, et s'appliquent prsenter l'indication de l'ad-jectif tetro, commeexprimant l'intrusion du faux lu. Une sem-blable rflexion saute aux yeux, et ne saurait noncer qu'unechosemerveilleuse.Cependant,commetout autre peut soutenir quece n'est pas Octavien qui est annonc, le titre de son cardinalatn'tant pas celui de S. Nicolasin Carcere, etc., mais bien de Ste-Ccile; on sait, et cela est historiquement vrai, qu'innocent II lecra cardinal diacre de S. Nicolas, comme aussi qu'il fut fait car-dinal prtre de Ste-Ccile par Eugne III. C'est pourquoi le titredevra se rapporter la personne qui devait tre postrieusementlue, non celui qui le possdait au moment de l'lection. Dansle cascontraire, le fondementsur lequel s'appuie toute l'explicationde la Prophtie tomberait. Il est donc certain qu' l'poque duschisme, ce n'tait pas Octavien,mais Othon de Brescia qui avaitle titre de in Carcere, et que ce dernier ne fut jamais par dela tiare pontificale.

    J'ai cru devoir enregistrer tout cela, afin de m'acquitter de la1 e que j'ai entreprise, me restreignant dire que peut-tre...lque autre allusion se cache dans ce symbole, qu'il siedL.tt de laisser dans son incertitude, que de s'carter de la vrit

    de trop vouloirprouver en s'en loignant.

  • 28

    VII.

    VIATRANSTIBERINA. LECHEMINDETrastevere.

    L'antipape Victorcessa de vivre, Lucques,le 13avril 1164,etdeux jours aprs, les cardinaux de son' parti lui substiturentGuidoneda Crema, qui avait t crcardinal par Adrien IV, sousle titre de Ste-Marie en Trastevere. Il se nomma Pascal III, etmourut en septembre 1168,impnitent comme son prdcesseur.Ce fut lui qui canonisa Charlemagne, comme il rsulte d'un

    diplme de l'empereur Frdric donn Aquisgrana, le 8 juin1166(1). Cette canonisationne fut pas reue del'Eglise romaine,parce qu'elle manait d'un pasteur non lgitime.Personnen'a ja-mais rclam ce propos; et le cultede Charlemagnese propageaen diversesautres glises.Voyez le P.Papebroch,qui cite de nom-breux Martyrologeset Brviairesavec l'office spcial.

    VIII.DE PANNONIATUSCAE.DELAHONGRIED'ETRURIE.

    Les schismatiques, la place de Pascal, introduisirent un cer-tain Jean, abb de Strumium, qui ils imposrent le nom deCallixteIII. Mais celui-ci, en 1178,se dmitspontanment de sadignitusurpe, et commemarquede la sincrit de son repentir,il alla se jeter aux pieds du nouveau Pontife Alexandre, qui l'ac-cueillit avec tant de bienveillance qu'il le nomma archevque etrecteur de Bnvent(2).

    (1) V, Bolland., au 28 janvier.(2) Selonquelques-uns,le schismene fut pas terminl ; un certain

    Lando,de la familleFrangipani,ayant tlu la placedeCallixte,sousle nomd'InnocentIII, il tombapeu de tempsaprsdanslesmainsd'A-lexandre,et fut relguprs deCavea.Lamajeurepartiedes historiensne le mentionnentpaset dansnotre Prophtiene figureaucunsymbolequi regardece nouvelanti-pape.

  • 29 -

    L'allusion du symbole dpend de la manire de savoir s'il taithongrois de nation et pseudo-cardinal de l'Etrurie, nomm parl'anti-pape Victor IV.

    IX.

    EX ANSERECUSTODE. DEL'OIEGARDIENNE.Le successeur d'Adrien IV, canoniquement lu en 1159, fut,

    comme nous l'avons dit plus haut, Alexandre III. Il s'appelaitantrieureraentRolland, et tait cardinal-prtre de St-Marc. Cembole lui couvient, puisqu'il descendait de la famille Bandinelli

    ua Rome, qui se nommait Paparoni (de l'Oie). D'autre part, etceladoit tre observ, le mot terminal Custode, semble exprimerqu'en ces temps de troubles et de schisme, il avait t saint et vraigardien du bercail de Jsus-Christ.Nousavons dj vu que trois anti-papes contestrent Alexandre

    la pacifique possession du sige de Rome. Par l on peut s'expli-quer combien grandes durent tre alors les tribulations qu'eut supporter l'Eglise catholique. Elles prirent fin, selon qu'il plut Dieu, en 1177, grce la paix intervenue entre l'Empereur etle Souverain Pontife. Alexandre, aprs avoir rgn prs de vingt-deux ans, passa dans une meilleure vie, le 30 avril 1181.Ce Pape, en 1179, convoqua un Concile gnral, qui, dans

    l'ordre des Conciles oecumniquesest le onzime, et le troisimetenu Latran ; il est ainsi dsign, parce que les sances eurentlieu dans la basilique de Latran. Outre les nombreuses dcisionsprises par ce Concile, compos de trois cents vques, autant Surdes matires de dogme que de discipline, il y fut statu qu' l'a-venir, on ne pourrait considrer comme Pape lgitime que celuiqui, au scrutin, aurait runi les deux tiers des voix, afin d'car-ter ainsi l'occasion de tout dsordre ou de schisme (1).

    (1)C'estd'Alexandre qu'estrellementvenule nomdela villed'Alexan-drie, en Lombardie,btie en 1168. C'est ainsi que les partisans del'Empereur,en mprisdu Pape, le surnommrentAlexandriedelaPaille;cette dnominationa toujourst en usage.

  • 30

    Vers 1160, commencela secte des Albigeois,ainsi nomms dela province d'Albi, o plus qu'en tout autre pays ils se firent re-marquer. C'tait une sectede Manichens: ils admettaient la me-tempsycose (transmigration des mes), rejetaient l'Ancien Testa-ment, la prsence relle de Jsus-Christ dans l'Eucharistie, lesprires pour les morts, l'autorit de l'Eglise, etc.LesVaudoisde nos jours tirent leur origine de cette poque. A

    leur tte fut Pierre Valdo, n au bourg de Vaud, en Dauphin.Ilsoutenait que les chrtiens ne devaient rien possder titre deproprit ; il niait le baptme, etc.

    XLUXIN OSTIO. LALUMIREDANSOSTIE.

    Natif de Lucques, et vque d'Ostie, le cardinalUbalde tait dela famille Accingola; il fut lev au souverain pontificat le 1erseptembre1181,sous le nom de LuciusIII.Il tenta de soumettre son autorit les Romains qui voulaient

    ravir au Papele pouvoir temporel; mais ce fut en vain, puisqu'ilfut banni de Rome, et qu'il se rfugia Vrone,o il mourut le24 novembre1185.Il fut enseveli dansla cathdralede cette ville,avec cette ingnieuse pitaphe :Lucques te donna la lumire, Lucius ; Ostiele pontificat; Ro-

    me la papaut ; Vronela mort. MaisVrone te donna la joie dela lumire, Romel'exil, Ostieles chagrins, Lucques le trpas.

    XI.SUSIN CRIBRO.LEPORCDANSLECRIBLE.

    Parmi les symboles les plus clairs et d'une allusion nette, doitassurment tre compris celui qui annonait pour successeur deLucius III, Lambert, des Crivelli, milanais, et qui se nommaUrbain III.Il est de notorit que la famille Crivelli a dans son blason un

  • - 31 -

    crible (1) ; d'o on peut infrer que ce Pape fut doublementannonc par le prophte. Il se prsente ici une grave questionpropre contribuer l'lucidation de cette prophtie. Est-il con-venablequ'une rvlation ait pour fondement une armoirie paen-ne, chose si vague, si incertaine, qu'elle dpend du caprice etde l'ambition des hommes? Nous en traiterons en son lieu, lors-que nous examinerons les objections faites par les critiques laProphtieelle-mme. Je dirai seulementqu'il serait fort tmrairede prsenter cela comme unique et principal fondement d'unetelle allusion. Que cela soit dit pour tous les autres cas o setrouveraient indiques les armes des Pontifes.A cette poque Jrusalem fut prise par Saladin, soudan d'E-

    gypte, quatre-vingt-huit ans depuis qu'elle avait t enleve auxinfidles par les chrtiens. Urbain mourut de la douleur que luicausa un si funeste vnement,aprs un peu moins de deux annesde rgne.

    xii.ENSISLAURENTII. L'PEEDELAURENT.

    Sous le nom de Grgoire VIII, le 20 octobre 1187, monta surle sige apostolique, Albert de Mora, de Bnvent : mais sonrgne fut trs-court, puisqu'il dcda le 17 dcembre de la mmeanne.Il tait cardinal prtre de S. Laurent in Lucina, et avait pour

    armes des pes: deuxmarques trs-caractristique indiques dansle symbole.

    XIII.DESCHOLAEXIET. IL SORTIRADEL'COLE.

    Exactement, d'aprs les termes de la prdiction, sortait de lafamille Scolari, de Rome, le successeur de Grgoire VIII, qui senomma Clment III, et qui rgna un peu plus de trois ans.(1)Je trouvedansplusieursinterprtesde cette prophtieque lesar-mes desCrivelliprsententun porc, ce qui est totalementfauxet a timaginpareux pour abuserles ignorants.

  • 32 Laquerelleintestine qui, depuis cinquante ans, rgnait entre

    le peuple romain et les souverains pontifes, propos du pou-voir temporel, fut conduite avec tant de bonheur par Clment,qu'il recouvra les anciens honneurs et les droits attachs sadignit ; ds-lors la plus grande tranquillit et le repos entou-rrent le Saint-Sige.

    XIV.DERUREBOVENSI. DUVILLAGEDUBOEUF.

    A Clment III succda, en 1191,Hyacinthe di Pietro Bubone,romain, cardinal diacre de Ste-Marie in Cosmedin, qui prit lenom de Clestin III, et qui rgna l'espace d'environ quatre ans.L'indication du symbole dpend, comme chacun le voit, du

    secondterme Bovensi,qui peut s'appliquer au surnom du papenouvellementlu.Parmi les faits les plus mmorables de ce rgne, sont ceux

    d'avoir donn la couronne impriale Henri VI, successeur etfils de Frdric Barberousse,et d'avoir confirml'Ordre militaireTeutonique.Cetordre, institu en faveur de la noblesseallemande,Subsiste toujours. L'habit est en blanc, avec une croix noire. Lesige est Jrusalem, et a pour objet la dfensede la Religionchrtienneet des Lieux Saints, puis l'exercice de l'hospitalit desplerins de la nation allemande,

    XV.COMESSIGNATUS. LECOMTESEGNA.

    De la trs-noble famille des comtes de Segna, expression clai-rement accusedans le symbole, tait n Lothaire, cardinaldiacredes SS. Sergioet Bacco, lequel, par une rare exception,fut levau pontificat l'ge prmatur d trente ans, le 8 juin 119.fut nomm Innocent III.Ce pape convoqua, en 1215, le douzime Concile gnral,

    quatrime de Latran. Ce Concile est justement connu pour

  • 33

    des plus importants et par l'excellence des Canons qui y furentdcrts,comme aussi par le grand nombre de pres qui y sig-rent.

    XVI.

    CANONICUSDELATERE. LECHANOINEDELATERE.

    Aprsdix-huit ans et demi de rgne, Innocent III, mourut P-rouse, le 16 juillet 1216,et au bout de deux jours, lui succda,sous le nom d'Honorius III, Cencio,de la maison Sabelli, romain.Il tait cardinal prtre des SS. Jean et Paul, du titre de Pamma-chio.Qu'il et t chanoine de Latran, a t dit par plusieurs,

    mais avec non moins de raison, on peut rattacher un autremotif le symbole qui lui appartient. Nous savons, en effet, parl'histoire, qu'il avait t chanoine de Sainte-Marie-Majeure.Cecipeut justifier lapremire partie dela prdiction ; l'autre expressionreste pour nous dans la plus grande obscurit. L'an 1220,il cou-ronna l'empereur Frdric II, fils de Henri VI. Il confirma diversordres religieux en 1216: ce furent les Dominicains,en 1223, lesFranciscains, puis l'ordre de Ste-Marie de la Merci, pour le ra-chat des captifs, etc. Il mourut en 1227, ayant rgn environ onzeans.

    XVII.

    AVIS OSTIENSIS. L'OISEAUD'OSTIE.

    Le cardinal Ugolin d'Anagni, neveu d'Innocent III, de la fa-mille des comtes de Segna, tait vque d'Ostie, et avait unaigledans ses armes, prcisment le second terme du symbole. Ilsuccda Honorius III, en 1227, et prit le nom de GrgoireIX.Il termina ses jours le 31 aot 1241, aprs quatorze ans et cinqmois de pontificat.De graves dmls, d'aprs l'histoire ecclsiastique, existrent

  • - 34 -

    entre Grgoire et l'empereur Frdric; c'est pourquoi le premierfulmina plusieurs fois l'excommunication contre le second, maissans aucunbon rsultat.

    XVIII.LEOSABINUS.LE LIONDESABINE.

    Clestin IV fut le successeur de GrgoireIX. Il s'appelait d'a-bord Godefroi,et tait cardinal-vquede Sabine. Il tait issu dela famille Castiglioni, de Milan, laquelle avait pour armes unlion : c'est par l que l'allusion du symbole acquiert de la clart.Son pontificat fut trs-court, puisqu'il mourut dix-sept jours

    aprs son lection,avant d'tre couronn, le 9 octobre1241.

    XIX.COMESLAURENTIUS. LECOMTELAURENT.

    Clestin IV tant mort, le Saint-Si2geresta vacant l'espace deving-un mois, parce que la majeure partie des cardinaux taientretenus prisonniers Amalfi, par l'empereur Frdric. Rendusfinalement la libert, ils se rendirent Anagni, et le 24 juin1243, ils levrent Sinibaldo, qui s'appela Innocent IV et quirgna dix ans. Le symbole qui prcde convient au personna-ge indiqu ; il montre que ce pape tait issu de la famille desFieschi, comtes de Lavagne, de Gnes.Il tait cardinal-prtre deS. Laurent in Lucina.Innocent convoqua, en 1245, le treizimeConcile gnral, dit

    le premier de Lyon, ville o il fut tenu. Dans ce Concile, outreles autres dlibrations, fut donn aux cardinaux le chapeaurouge.

    XX.SIGNUMOSTIENSE. LESIGNED'OSTIE.

    Renaud d'Anagni, neveude GrgoireIX, de la familleplusieursfois nomme des comtesde Segna, cardinal-vque d'Ostie, fut

  • 35 -le successeur d'Innocent IV. Il fut lu le 12 dcembre 1254. Ilse nomma AlexandreIV, et mourut le 25 mai 1261.Le surnom et le titre cardinalice, chacun le verra pleinement

    vrifidans la vaticination.

    XXI.HYERUSALEMCAMPANIE. JRUSALEMDECAMPANIE.

    Urbain IV, qui succda Alexandre IV, tait n dans la villede Troyes, en Champagne, et tait patriarche de Jrusalem. Aussiles deux termes de la prdiction lui conviennent-ils parfaitement.

    nommait d'abord Jacques Pantalon, et fut cr pontife,que n'tant pas cardinal, vu la discorde qui rgnait parmi

    electeurs. Il honora le pontifioat seulement trois ans et un

    Ace Pape doit son institution la fte du Trs-Saint Corps deJsus-Christ, qui avait commenc Lige, la fin de l'anne 1246,et dont St. Thomas d'Aquin composa l'office.Ce Pape approuve l'Ordre des chevaliers ou Frres de Sainte-

    Marie, appels plus tard les Joyeux, cause de l'admirable viequ'ils menaient. Cet Institut avait pour objet de dfendre lesveuves et les orphelins, et de procurer la paix entre les famillesdivisesalors par les deux factions Guelfeet Gibeline. Le B. FrreBarthlemyBragance, un des compagnons de S. Dominique, enfut le procurateur Bologne,en 1264; mais avec le temps, l'Ordretait relch dans l'observance religieuse; il fut supprim, etQuint attribua ses biens au Collge de Montalti, Bologne.

    XXII

    DRACODEPRESSUS. LEDRAGONABATTU.

    Aprs que le sige pontifical eut t vacant pendant cinq mois,fut lev sur la chaire de saint Pierre, en 1265,le cardinal vquede Sabine, GuidoGros (Guido Fulcodi) franais, sous le nom de

  • 36

    Clment IV. L'allusion du symbole est dans ses armes, o l'onvoit un Aiglequi abat un Dragon.La mmoire de Clmentest clbre, non-seulement cause de

    sa grande vertu et de sa science, qui lui avaient mrit de de-venir le secrtaire et le conseiller de S. Louis, roi de France,mais encore par l'humilit et par le dsintressementqu'il montraconstammentjusque sur le trne pontifical.Nous en avons un ir-rfragable monument dans une lettre qu'il crivit sonneveu,dsqu'il fut lu Pape. J'estime faire une chose agrable au lec-teur, en donnant cette pice fidlement traduite ; par l chacunverra par soimmesquels furent les sentiments d'un pontife quivient dans un de ces sicles, signals injustement commedessiclesd'ignorance, de faste et de domination.

    Clmentvque, serviteur des serviteurs de Dieu, soncher fils Pierre Gros, de Saint-Gilles,salut et bndiclion apos-tolique. Beaucoupserjouissentdemon lvation;maismoi je ne trouve

    en elle que motifs de crainte et de larmes, tant seul sentir lepoids normede ma charge. Afindonc que vous sachiez commentvous avez vous conduire dans cette occasion, je vous avertisqu'il vous convient d'tre plus humble qu'auparavant, puisquece qui m'humilie moi-mme ne doit pas tre un motif de s'-norgueillir et de s'enfler pour mes parents, alors surtout que leshonneurs de cemonde sont phmres et passent comme la rosedu matin. Mavolont est donc que ni vous ni votre frre, nonplus qu'aucun des ntres ne vienne me trouver sans un ordrespcial demoi ! Dans le cas contraire, tromps dans leur espoir,ils auront retourner chezeux, couverts de confusion. Ne cher-chezpas marier votre soeurplus avantageusement cause demoi; cela ne me plairait pas et je n'y donnerais pas appui.Que si vous l'unissez au fils d'un simple chevalier, je vous pro-mets de lui donner trois cents livres tournois (somme rprsen-tant environ 500 francs), Si vous aspirez un plus grand hon-neur, vous n'avez pas attendre un sou de moi. Ma volont, enoutre, est que cela ait lieu tout--fait en secret, et que vous et

  • - 37 votremresoyez seuls le savoir. Aucun de mes parents ne seglorifiera, sous le prtexte de mon lvation: ainsi, Mabille etCcilepouserontceux-lmme qu'elles pouseraient si je n'taisqu'un simple clerc.VoyezGilie (quelques crits disent Sibille),etdites-lui qu'elle ne change pas de pays, mais qu'elle reste Sux,et qu'elle conserve autant que possible sa gravit et sa modestiedans sa tenue. Nerecevez de communicationsde qui que ce soit,parce qu'elles seraient inutiles la personne en faveur de quiellesseraient faites,etje les recevraisaussi dfavorablementde Gi-lie. Serais-je sollicit mmepar des rois, je n'couterais pas dessollicitationsque j'estimerais devoir carter. Saluez votre mreet vos frres. Je ne vous cris ni vous, ni aux autres membresde notre famille par Bulle, mais sous le sceau du pcheur, dontse servent les Papes dans leurs affairesprives.

    XXIII.

    ANGUINEUSVIR. L'HOMMESERPENT.

    Clment IV mourut le 29 novembre 1268, et vu la discordaentre les cardinaux, le Saint-Sigevaqua trente-trois mois, jus-qu'au ler septembre 1271,o fut lu pape Thaldou Tobald,des Visconti de Plaisance, lequel n'tait ni cardinal ni vque,mais seulement archi-diacre de Lige, ce qui donna lieu cet in-gnieux distique :

    Papatusmunus tulit Archidiaconusunus,Quempatrem pa trum fecit discordia fratrum.

    Un simple archi-diacre a obtenu l'honneur de la papaut ;La discorde de ses Frres l'a fait Predes Pres.

    Il prit le nom de GrgoireX et l'Eglise le vnre commebien-heureux.Le Symbole qui lui est propre vient de ses armes, qui con-

    tiennentun serpent.Il y avait dj vingt ans que l'empire tait vacant, et quoique

    dans cet intervalle, plusieurs princes eussent t dclars rois des2

  • - 38 -

    Romains, aucun d'eux cependant n'avait t solennellement in-vesti de la dignit impriale. Mais le dernier jour do septembre1273,Rodolphe,comtedeHabsbourg,fut lu et ensuite couronn.De ce prince et de son lvation vient la puissance de l'augustemaison d'Autriche.C'est GrgoireX qui convoqua Lyon, en 1274,le quatorzime

    Concilegnral, le plus nombreuxde tous, puisqu'il y accourutcinq centsvqueset mille prlats infrieurs. Dans ce concile fu-rent tablies certaines rgles pour l'lection des Souverains-Pon-tifes, tendant prvenir les dsordres qui prcdemment s'taiereproduits;ces rgles, qui ont reu, depuis, des perfectionnements,sont encoreen vigueuraujourd'hui.

    XXIV.CONCIONATORGALLUS.LEPRDICATEURFRANAIS.

    N'est-ce pas merveilleux que de voir un prdicateur franais,annonc ici avec tant de simplicit,succder Grgoire X? Pierrede Tarentaise, n dans la Bourgogne, en France, de l'Ordre desPrdicateurs, avait t fait cardinal-vque d'Ostie. Il reut latiare le 20 juin 1276 et se nomma Innocent V.Il est noter, en outre, qu'une autre prdiction se rapporte

    ce symbole, c'est celle de l'Institution Dominicaine, qui avaiteu son commencementseptante ansaprs la mort de S. Malachie.

    XXV.

    BONUSCOMES. LEBONCOMTE.

    Dans la mme anne 1276, le 10 juillet (puisque Innocentoc-cupa le pontificat cinq mois seulement), fut lu Adrien V. Ilmourut trente-neuf jours aprs, sans 'avoir t sacr. Les termesdu symbole,lebonComtelui conviennent on ne peut mieux, puis-qu'il tait appelle bon Othon,et qu'il tait neveu d'Innocent IV,de la familledes Fieschi, comtesde Lavagna, de Gnes.

  • 39

    XXVI.

    PISCATORTUSCUS. LE PCHEURTRUSQUE.Le cardinal Pierre de Giuliano, portugais, succda, au mois de

    septembredecette anne 1276, Adrien V, sous le nom Jean XXI,(bien qu'il fallut plutt dire XX), et gouverna l'Eglise environhuit mois, tant mort Viterbe, des blessures qu'il reut de l'ef-fondrement de la chambre dans laquelle il dormait (1).Pour l'intelligence du prsent symbole, il faut savoir si Pierre

    tait vque d'Etrurie, ce qu'explique suffisamment le secondterme. Pour le premier terme (Le Pcheur), les interprtes le trou-vent expressment dans ce mot, prtendant que l'expression depcheur, dsigne, par antonomase, le prince des Aptres, qui,commechacun le sait, exerait la profession de la pche.

    XXVII.

    ROSACOMPOSITA. LAROSECOMPOSE.

    Aprs une vacance de six mois, la chaire apostolique fut occu-pe, le 25 novembre 1277, par Jean Gatan Orsini, romain, car-dinal diacre de S. Nicolas in Carcere Tulliano, qui s'appela Ni-colas III, et qui mourut au mois d'aot 1280,Ses armes, o l'on voit une rose, avec le qualicatif de compose,

    indiquent ce que mrita ce Pape par la bont de ses moeurs: ilssont la reprsentation fidle de la prdiction, conformment autmoignage de Platine et des autres historiens.

    (1)Les historiens sont en msaccordsur la question de savoirsi,entreAdrienV et Jean XXI,il a t lu un autre pontife.Ceuxqui sontpourl'affirmativesoutiennent,quece fut un certainVice-SeigneurdePlaisance,de l'Ordredes Mineurs,cardinalvquede Palestrina,neveude la soeurde Grgoire X, lequelsurvcutseulement 24 heurts sonlection.Si celaavaitrellementexist,la srie dessymbolesde notrePro-phtieprsenteraitune insurmontabledifficult.Maisbeaucoupd'autresauteurs, trs-accrdits,n'admettentnullementcette lection.

  • 40

    XXVIII.

    EX TELONEOLILIACEIMARTINI.DELATRSORERIEDEMARTINDESLYS.

    Le Saint-Sige vaqua de nouveau pendant six mois, aprs les-quels fut lu Simon de Brie, franais, prtre cardinal de Sainte-Ccile, qui monta sur le trne pontifical en fvrier 1281, sous -nom de Martin IV (1) et qui rgna un peu plus de quatreJe ne sais comment on pourrait mieux indiquer un objet,

    que Martin IVavait t trsorier de l'glise de St-Martin-de-Touet qu'il avait des lys dans ses armes. Ces deux choses se rappor-tent exactement la personne de ce Pontife.Sous son rgne, arriva en Sicile, le lundi de Pques, 30 mars

    1282, le massacre des Franais, connu sous le nom de VpresSiciliennes,parce que le son des vpres fut le signal de cette fatalervolution, o prirent plus dehuit mille personnes.

    XXIX.

    EXROSALEONINA.DELAROSEDESLIONS.Jean Savelli, romain, cardinal-diacre de Ste-Marie in Cosmedin,

    qui succda Martin IV, sous le nom d'Honorius IV, avait dansses armes une rose soutenue par les griffes de deux lions. On nesaurait mieux russir une vaticination. Ce Pape rgna deux ans,de 1285 1287.

    XXX.PICUSINTERESCAS.

    Nous n'avons pas traduit ce symbole,parce que l'explication npeut se trouver que dans les paroles latines mmes. Le Pontife

    (1) ProprementMartinII, puisqueavantlui ne se trouve qu'un seulpape de ce nom, et c'est celui dont la mmoireest vnre dansl'E-glise, le 12novembre.

  • 41 -

    qu'il concerne est Jrme d'Ascoli, de l'Ordre desMineurs, car-dinal-vque de Preneste, qui, aprs que le Sige fut demeurvacant pendant dix mois, fut choisi en fvrier 1288, et se nommaNicolasIV.Chacunsait qu'Ascoliest une ville de la Marched'Ancne.Cette

    province fut appele par les Latins Piscenus de picus, oiseauconsacr par les paens Mars, sous les auspices duquel passapour se fixer une partie des anciens Sabins. C'est ainsi que lemotPicus vient indiquer d'une certainemanire le lieu d'originedeNicolas.A ce mmemot se joint inter escas, comme si cette appellation

    voulait plus particulirement indiquer Ascoli, patrie de NicolasIV. La vrit est que les savants hsitent affirmer si Ascolitaitappel par les anciens Esculum plutt que Asculum.N'ayant voulu moi-mme que rapporter l'opinion des rudits,

    qui ont aspir ne pas laisser sans explication la moindre partiede la Prophtie, si je suis admis prsenter mon sentiment, jedirai que cette interprtation me parait trop vague et trop confuse.

    XXXI.

    EX'EREMOCELSUS. LEVDEL'ERMITAGE.

    Autant l'allusion du prcdent symbole est peu satisfaisante,autant celle-ci peut se dire caractristique : elle annonce en effetPierre de Morron,qui menait la vie rmitique dans une solitudeprs de Sulmone,d'o, sans tre cardinal, il fut lev la dignitpontificale, le 5 juillet 1294, aprs que le Sige fut demeur Va-cant pendant vingt-sept mois.Ce Pape prit le nom de ClestinV ; mais, comme la simplicit

    de sa personne et son inexprience des affaires taient trop in-compatibles avec la grandeur du ministre qui lui tait imposcontre sa volont, aprs cinq mois et huit jours, par un exempleinou d'humilit, il renona la papaut. Il mourut le 19 mai1296,et fut mis au nombre des Saints.En ces tempss'accomplit la miraculeuse translationde lamaison

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    de la Bienheureuse Vierge Marie, d'abord de la ville de Nazarethen Dalmatie, et de l Loretta, dans la Marched'Ancone, o lesfidles de toutes les parties du monde catholique accoururentporter les tmoignages d'une tendre dvotion.

    XXXII.

    EX UNDARUMBENEDICTIONS.DELABNDICTIONDESONDES.

    Aprs la retraite de ClestinV,les cardinaux lui donnrent poursuccesseur Benot Gatan, d'Anagni, diacre du titre des SS. Cmeet Damien; il prit le nom de Boniface VIII, et gouverna l'E-glise environ neuf ans. Le nem de Benot et les Ondes qui sevoient dans les armes de sa maison, vrifient le symbole.Boniface institua, en 1300, le Jubil, qui devait se clbrer tous

    les cent ans ; mais dans la suite, commenous le verrons, cet usagea vari de dure. Il fut le premier qui parut en public avec latiare orne d'une triple couronne, dite communment le Trirgne.Il concda aux cardinaux l'usage du vtement de pourpre.En 1291mourait l'empereur Rodolphe d'Autriche, et tait lu

    pour lui succder Adolphe de Nassau. Ce dernier, en 1298, futtu dans une bataille, par les soldats d'Albert, fils de Rodolphe,son comptiteur, et qui depuis eut accs au trne imprial.

    XXXIII.

    CONCIONATORPATAREUS. LE PRDICATEURDEPATARE.

    Dans cesparoles : ConcionatorGallus, avait t prdit InnocentV, comme religieux dominicain franais (n XXIV). Dans celles-ci : Concionator Patareus, fut annonc Benot XI, qui tait Frredu mme Ordre et qui se nommait Nicolas ; par allusion auquelnom est ajout de Patare, qui fut la patrie de S. Nicolas.Il descendait de la famille Bocassini, de Trvise, et tait cardi-

    nal-vque d'Ostie. Il rgna environ huit mois, et sa mmoiredans l'Eglise est vnre comme celle d'un Bienheureux.

  • - 43 -

    XXXIV.

    DEFOSSIS-AQUITANICIS. DESFOSSSDEGASCOGNE.

    Bertrand de Got, archevque de Bordeaux, aprs une vacanced Sige de onze mois, quoique n'tant pas cardinal, succda BenotXI, au mois de juin 1305, sous le nom de Clment V. Ilmourut au mois d'avril 1314.Il tait natif de Gascogne,et avait dans ces armes certaines

    traverses semblables des fosss qui seraient creuss dans lacampagne; telle peut tre la signification du symbole.Ce Pontife tablit son sige Avignon, o continurent de

    rgner ses successeurs, pendant soixante-dix ans.En 1311, il convoqua Vienne, en Dauphin, le quinzime

    Concile gnral, dans lequel, outre les autres matires dont ils'occupa, fut supprim l'Ordre questre desTempliers,lequel avaitt fond en 1118.L'empereur Albert fut tu par Jean, due de Sude, son neveu ;

    Henri VII, duc de Luxembourg, lui succda, et ne rgna quesix ans.Le privilge des rois de France de communier sous les deux

    espces,le jour de leur sacre et l'article de la mort, reconnatpour auteur Clment V, qui le concda Philippe IV, dit le Bel.

    XXXV.

    DESUTOREOSSEO.Du CORDONNIERD'OSSA.

    La Chaire de St. Pierre vaqua un peu moins de vingt-huitmois, depuis la mort de Clment V jusqu'au 7 aot 1316, o ellefut occupepar le cardinal Jacques, franais, vque de Porto,qui s'appela Jean XXII, et qui s'teignit en 1334, aprs 18 anset quatre mois de rgne.La majeure partie des historiens assurent qu'il tait de basse

    extraction, et l'on croit communment que son pre exera laprofession de cordonnier. A cela est ajout le surnom d'Ossa (ou

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    d'Eusse), que portait sa famille : nous avons ainsi l'explicationde la vaticination.Henri VII tant mort, il s'leva deux prtendants l'empire,

    c'est--dire Louis, duc de Bavire, et Frdric d'Autriche.Ayantconfi aux armes la dcision de leur cause, le premier fut vain-queur. Le Saint-Sigeeut avec lui de longs dmls, et ds-lorsde grands maux en rsultrent pour l'Eglise et ses tats.En 1319, le bienheureux Bernard Tolomei, de Sienne, fonda

    l'ordre monastique des Olivtains.XXXVI.

    CORVUSSCHISMATICUS. LE CORBEAUSCHIMATIQUE.Voiciun autre de nos.symboles qui sollicite extraordinairement

    l'attention du lecteur. Le personnage qu'il annonce est F. PierreCorbario, de l'ordre des Mineurs. Il ne pouvait pas tre appelautrement que scchismatique,puisque, l'instigation de Louis deBavire, il osa s'opposer au pontife lgitime Jean XXII, se don-nant le nom de Nicolas V. Cela arriva en 1328; mais deux ansaprs, il mit fin au schisme en renonant demeurer anti-pape.On voit donc dans les deux termes de la prdiction le surnom

    et la qualification de la personne marque dans le symbole.XXXVII.

    FRIGIDUSABBAS.LE FROIDABB.Lesuccesseur de JeanXXII fut le cardinal de Ste-Frisca, Jacques

    Fournier, franais, qui se nomma Benot XII et rgna un peuplus de sept ans, jusqu'en 1342.Il fut moine de Citeaux, et avait, en qualit d'abb. gouvern

    le monastre de Font-Froide, situ dans le diocse de Mirepoix,en France. De l rsulte l'allusion du symbole.

    XXXVIII.DE ROSAATREBATENSI. DELAPOSED'ARRAS.

    Pierre Roger, franais, moine bndictin, cardinal-prtre des

  • 45 -SS.Nre et Achille,fut, aprs la mort de Benot XII, lev surle trne pontifical, sous le nom de Clment VI, et vcut jusqu'en1352,ayant alors rgn dix ans et sept mois.L'allusion du symbole relve de la Rose,qui se voit dans ses

    armes,et de l'vch d'Arras, ville de l'Artois, qu'il avait occup.Le Jubil, qui avait t tabli par Boniface VIII, pour tre

    clbr tous les cent ans, fut rduit cinquante ans par ClmentVI.Les diffrendssurvenus entre le Sacerdoceet l'Empire finirent

    la mort de Louis de Bavire,peu de temps aprs l'lection del'empereur Charles IV, fils de Jean, roi de Bohme.Edouard III, roi d'Angleterre, institua, vers l'an 1350, l'ordre

    de chevaleriede la Jarretire.

    XXXIX.DEMONTIBUSPAMMACHII. DESMONTSDE PAMMACHIE.A Clment VI succda, le 18 dcembre1352, Etienne d'Albert,

    franais, qui prit le nom d'Innocent VI, et qui occupa le ponti-ficat environ dix ans.Son prdcesseur l'avait nomm cardinal des SS. Jean et Paul,

    du titre de Pammachie; mais les armes ne prsentent pas unechane de monts, comme on a voulu le faire croire, pour mieuxadapter le symbole.

    XL.GALLUSVICOMES. LE FRANAISVICOMTE.

    Les Cardinaux ne se trouvant pas d'accord pour donner unsuccesseur Innocent VI, ils lurent, le 27 septembre 1362, unpape pris hors du Sacr-Collge.Celui-ci fut Guillaume de Fris-sac, franais, moine bndictin, qui prit le nom d'Urbain V, etgouverna l'Eglise pendant huit ans et trois mois.Noussavons par l'histoire que, lorsqu'il fut cr pape, il tait

    lgat en Italie, auprs des Visconti, seigneurs' de Milan. Cette

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    particularit, jointe au mot franais, qui indique sa nationalit,a t considre comme trs-suffisante pour l'explication dusymbole.

    Le bienheureux Jean Colombini, de Sienne, institua, ence temps, l'Ordre des Jsuates, qui fut ensuite aboli en 1668,par Clment IX.

    XLI.NOVUSDE VIRGINEFORTI. LENOUVEAUDELAVIERGEFORTE.

    Aprs la mort d'Urbain V, fut lu, en dcembre 1370, sous lenom de Grgoire XI, Pierre de Beaufort, cardinal-diacre de Ste-Marie-la-Neuve,neveu de Clment VI, quoiqu'il n'et que trente-cinq ans : il n'en rgna que sept.Nous avons deux interprtations du symbole : une littrale,

    l'autre allgorique ; la premire est tire du surnom et du titrecardinalice ; pour la seconde, if faut considrer que ce Papeeut l'honneur de rtablir le Sige apostolique Rome, aprs sep-tante annes depuis que Clment V l'avait transfr Avignon.Par ceci, il a pu tre nomm Nouveau. Suivent les mots de laViergeforte, parce que les conseils de Ste. Catherine de Sienne,vierge vraiment forte et illustre, furent pour une grande partdans la dcision de Grgoire.

    XLII.

    DE CRUCEAPOSTOLICA. DELACROIXAPOSTOLIQUE.A Grgoire XI succda l'archevque de Bari, qui se nomma

    Urbain VI. Il fallait ou que les cardinaux franais supportassentpniblement un pape italien, habitus qu'ils taient, depuis tantd'annes, les avoir de leur" propre nation, ou bien qu'UrbainVI, par le dsagrment de la translation, se les rendt hostiles :le fait est qu'au nombre de dix et de concert avec trois autres,italiens, ils se retirrent de Rome, dclarrent nulle l'lection,et qu'ils levrent sur le sige pontifical, le 21 octobre 1378,

  • 47 -l'intrus Robert de Gimora, cardinal-prtre des XII Aptres,quiprit, le nom de ClmentVII, donnant ainsi commencement undeplorableschisme, qui dchira l'Eglise pendant autres cinquanteannes,A cet anti-pape appartient le prsent symbole, parce que l'al-

    lusion procde du titre cardinalice et des armes qui prsententune Croix.

    XLIII.LUNACOSMEDINA. LALUNECOSMDINE.

    Aprs six ans de pseudo-pontificat,mourut ClmentVII, auquelsuccda Pierre de Luna, aragonais, cardinal-diacre de Ste-Mariein Cosmedin,sous le nom de Benot XIII. La prdiction est siclaire par elle-mme, qu'il est superflu de s'attacher la d-montrer.Onechose noter, c'est que cet anti-pape ceignit la tiare trente

    ans, de sorte qu'il dpassale rgne de S. Pierre lui-mme, alorsqu'il n'avait t donn de l'galer jnsques-l aucun de sessuccesseurs.

    XLIV,SCHISMABARCHINONIUM. LESCHISMEDEBARCELONE.

    Benottant mort en 1424, les cardinaux du parti schismatiquelurent Gilles de Munion, chanoine de Barcelone, qui s'appelaClmentVIII,mais qui, aprs quatre ans de sige, fut contraintde cdertout pouvoir Martin V, lgitime Pontife, lu au Con-ciledeConstance.Pourquoi dsigne-t-on comme schismatique Gilles seulement,

    et non pas lesdeux autres qui l'avaient prcd? C'estune ques-tion laquelle il n'est pas facile de donner une rponse conve-nable.

    XLV.DEINFERNOPRENANTE. DEL'ENFERQUICONOIT

    La discorde des lecteurs fut celle qui, aprs la mort de Gr-

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    goireXI, porta au trne pontifical,en 1378, commecela a tdit,sans qu'il ft cardinal, l'archevque de Bari, BarthlemyPrignano,napolitain, avec le nom d'Urbain VI.Le nom vrifie le second terme du symbole : pour le premier,

    on le dira clair immdiatement,s'il est vrai que Barthlemy ftissu d'un lieu de naissance voisin d'une htellerie qu'on appelaitvulgairement l'Enfer. Ciacconio,svreinvestigateurde l'antiquit,garantit cette indication. Un autre auteur, dans l'hypothse del'authenticit de la Prophtie, croit voir dans ce symboleune all-gorie trs-significative: c'est que la promotion d'Urbain devaittre un Enfer qui conoit, comme les faits le montrent, puisqu'ilen sortit des perturbations, des discordes, des schismes tels, qu'ilsne seront jamais rappels dans l'Eglise de Dieu sans gmisse-ments et sans douleur.

    XLVI.CUBUSDE MICTIONE. CUBEDUMLANGE.

    Les armes de cePape indiquaient (1) bien le successeurd'UrbainVI, dans la personne du cardinal-prtre de Ste-Anastasie,PierreTramacelli, napolitain, qui choisit le nom de BonifaceIX, et quirgna quinze ans.En ce temps mourut Charles IV. Son fils Venceslas prit les

    rnes de l'Empire; mais cause de la vie scandaleuse qu'il me-nait, il fut priv de sa dignit en 1400, et Robert, duc de Bavire,en fut investi.

    XLV1I.DE MELIORESIDEREDELAMEILLEURETOILE,

    Cme, de la famille Migliorati, de Sulmone,cardinal-prtre deSainte-Croix de Jrusalem, fut, en 1404, lu pape, sous le nomd'Innocent VII, mais il ne survcut qu'un peu plus de deux ans,Nous avons d'abord, dans le premier terme, le nom d'Innocent ;

    et le second est reprsent par les armes (avec une toile ou co-

    (1) Ellesreprsententdes cubesde plusieursgenres.

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    mle) de sa famille : il n'est de la sorte pas besoin d'autre chosepour l'entire intelligence du Symbole.

    XLVIII.NAUTADE PONTENIGRO. LENOCHERDUPONTNOIR.

    Lorsquemourut Innocent VII, Benot XIII tenait sa cour Avi-non, et le monde catholique tait fortement divis en deux par-ties. Alors les cardinaux de Rome auraient d plutt ajournerl'lection nouvelle que d'y procder, puisque faire autrement,c'tait continuer le schisme. Mais ils entrrent en conclave, etpromirent de rsister tout dsordre ; ils jurrent solennellementtous ensemble que lequel que ce ft d'entr'eux qui serait lu, ilrsignerait la dignit, comme y tait aussi obligson compti-teur. Mais la suite fit voir qu'il tait trop difficile d'obtenir duPape l'accomplissement d'une promesse faite par le Cardinal.AngeCorrario, vnitien, cardinal-prtre de St-Marc,fut donc lu,le dernier jour de novembre 1406, et il se nomma GrgoireXII.Les interprtes du Symbole ci-dessus disent que Ange fut v-

    quede Negrepont.Maisquelle est leur base ?Qu'ensuite nautonnierdnote la patrie, puisque Venise, reine de l'Adriatique, a produitdes hommesdistingusdans l'art nautique, ce qui me parait uneexplication extravagante et absurde.Jour rendre la paix l'Eglise, un Congrs avait t projet,

    avec la pense d'y obtenir l'abdication ardemment dsire. Ceprojet tait beau, mais aucun des deux personnages n'avait lavolont de se dpouiller de sa propre dignit ; et paraissait pluttrecourir la dissimulation pour luder les bonnes intentionsdesprinces et les esprances du peuple chrtien. Voyant doncdsesprl'espoir de faire,l'union, les deux Collgesdes cardi-naux abandonnrent leurs Pontifes,et s'tant retirs Pise, ils yconvoqurentun Concile. Cette assemble commena siger le25mars 1409,et aprs avoir solennellement dpos et dpouillde la papaut Grgoire et Benot, elle s'occupa de nommer untroisime Pontife,dclarant que celui-ci devrait tre seul reconnu

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    pour vrai et lgitime successeur de S. Pierre. L'lu fut Pierre deCandie, de l'Ordre des Mineurs,qui prit le Dom d'Alexandre V,dont nous parlerons ci-aprs. CettelectionDefit toutefois qu'ag-graver les maux de l'Eglise, car si elle tait dj spareen deuxfractions, maintenant elle en formait trois. L'un et l'autre desPapes dposspar le Concile,continurent gouverner la portiondu peuple qui, ou par intrt ou par forc leur donnait obissan-ce. GrgoireXII persista se comporter de celte manire jus-qu'en 1415,o, tenant le Concilede Constance, il renona auPontificat. Deux annes aprs il passa une meilleure vie, Recanati.

    XLIX.FLAGELLUMSOLIS.LEFOUETDUSOLEIL.

    Le Concile de Pise, comme nous l'avons indiqu plus haut,leva au Pontificat suprme, le 26 juin 1409,le Frre Pierre Fi-large, deCandie,de l'Ordre des Mineurs,cardinal-prtre desDouzeAptres, sous le nom d'AlexandreV. Mais son rgne fut assezcourt, puisqu'il n'arriva pas une anne.Les armes de ce Pape reprsentent le soleil, qui de ses rayons

    frappe et flagelle en quelque sorte les plantes qui lui formentune couronne.

    CERVUSSYRENAE.LECERFDELASIRNE.

    Alexandre V eut pour successeur, le 17 mai 1510, BaldassareCossa, d'origiue napolitaine, cardinal-diacre de St. Eustache,quise nommaJean XXIII.Commel'glise de St-Eustache, dont Baldassareportaitle titre,

    tant cardinal, a pour blason un Cerf, et que de Naplesvient lenom de Partenope, une des Sirnes; Une des Sirnes te donnaton nom mmorable, etc. (Sil. Ital.); de l nous tirons l'allusiondu prsent symbole.Peu aprs son lvation, mourut l'empereur Robert, qui

  • 51 -succda Sigismond, roi de Hongrie, fils de Charles IV et frrede Vanceslas,qui en 1400avait t dpos.Les affaires de l'Eglise se trouvaient toujours dans un dplo-

    rable tat : il ne pouvait en tre autrement, puisqu'elle avait eutrois ttes. On pensa donc de plus forts moyens pour couperenfin le chef de cette hydre qui dchirait le troupeau de Jsus-Christ. A cet effet, fut convoqu, afin novembre 1414, le clbreconcile de Constance. Jean avait promis de rsigner la papaut,chaque fois que ses comptiteurs avaient pris le mme engage-ment. On connut bientt qu'il temporisait trompeusement, carvoyant inutile tout artifice pour s'affranchir du Concile,il s'enfuitde Constance. Mais, par ordre de cette mme assemble,il fut ar-rt, dpos, et confi la garde de Louis, duc de Bavire,qui leretint prisonnier Heidelberg. LeConcilelut ensuite pape MartinV. Ce dernier se trouvant en 1419, Florence, Jean y fut con-duit : il se soumit au lgitime vicaire de Jsus-Christ, et eu re-tour de sa docilit, il reut le cardinalat de Toscane. Il ne surv-cut que peu de temps, tant mort le 22 dcembre 1419, dans lamme ville de Florence, o il fut enseveli avec grande pompe,dans l'glise de St-Jean-Baptiste,avec cetteinscription :Jean XXIII,autrefois Pape, mourut Florence, l'an de N. S. MCCCCXVIIII,leXI des kalendesde juin.Dans ce mme Concile, furent solennellement anathmatises

    les erreurs de Jean Vicleff, de Jean Hus et de Jrme de Prague :ces deux derniers furent dans la suite coudamns au feu.

    LI.CORONAVELIAUREI. LACOURONNEDUVOILED'OR.

    Des trois Papes qui, cette poque, s'taient partag le gou-vernement de l'Eglise, deux, comme il a dj t dit, furent ju-ridiquement dposs au Concilede Constance, et l'autre renonaspontanment ses prtentions. La cause du schisme tant ainsidtruite, ou pensa lever celui qui devait tre le centre de lacommunioncatholique,et le choix tombasur la personne d'OdonColonna, romain, cardinal-diacre de S. Georges au Voiled'or,

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    qui prit le nom de Martin V. Cet vnement date de novembre1417. Ce nouveau pontife rgna treize ans et demi.Le titre cardinalice contribue beaucoup l'explication du sym-

    bole. Sous ce pontificateut son origine l'Ordre de chevalerie dela Toison d'or, tabli en 1430, par Philippe-le-Bon, duc de Bour-gogne.

    LII.LUPACOELESTINA, LALOUVECLESTINE.

    Le successeur de Martin V fut Gabriel Condulmerio, vnitien,cardinal-prtre de S. Clment, qui s'appela Eugne IV. Il avaitprofess l'institut des chanoines Clestins et tait vque deSienne, tandis que ses armoiries sont une louve. De cela dpendl'interprtation de la vaticination affrente ce pape.Sous ce pontife, l'Eglise eut souffrir de nouvelles preuves,

    puisque le Concile de Basle tant convoqu, des diffrends s'le-vres entre trois Pres et le Pape. Celui-ci fut, dans cette assem-ble, dclar dchu de sa dignit, et on mit sa place Amdede Savoie, avec le nom de Flix V. Alors les catholiques se divi-srent en trois partis : quelques-uns continurent reconnatreEugne, d'autres suivirent le parti de Flix, et d'autres enfin nevoulurent obir aucun des deux. Cependant Eugne, qui avaitordonn la translation du Concilede Basle Ferrare, de celteder-nire ville le transporta Florence, cause de la peste : l futtraite et conclue la paix, le 6juillet 1439, pour la runion del'Eglise grecque l'Eglise latine, dont la premire avait t s-pare pendant cinq sicles.Les articles que confessrent les Grecs, furent 1 la procession

    du Saint-Esprit du Pre et du Fils ; 2 la validit de la cons-cration eucharistique dans le pain azime ; 3 l'existence du pur-gatoire ; 4 la primaut d'honneur et de juridiction dans l'Egliseentire dans la personne de l'Evque de Rome. Depuis cette po-que glorieuse, Eugne vcut encore huit ans et aprs en avoirrgn un peu moins de seize, il fut appel une meilleure vie,en 1447.

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    L'emporeurSigismond termina galement ses jours en 1447.AlbertII, d'Autriche, montasur le trne.

    LIII.AMATORCRUCIS. CELUIQUIAIMELACHOIX.

    Le Concile de Basle, comme nous en avons ci-dessus averti,non-seulement refusa d'adhrer aux insinuations d'Eugne IV,maisde plus, le jugeant indigne du souverain pontificat, prten-dit le dposer pour intrusion au Saint-Sigeet lire Amde deSavoie, qui, aprs avoir abdiqu le gouvernement de ses Etats,menait la vie rmitique, dans la solitude de Ripaglia. Nousn'omettrons pas ici une circonstance assez singulire dans cettelection, conserve par Flavio Blondo, crivain contemporain :c'est que, sur trente-trois lecteurs, vingt-deux taient sujetsd'Amde.(Dec.III, liv. 10). C'est ainsi qu'il se dcora, en 1439,de la Tiare pontificale, sous le nom de Flix V; il se maintinten possessionde sa prcaire dignit pendant dix ans, jusqu'en1449.Il la dposaaux pieds du lgitime pasteur, et retourna dansla solitude, poury vivre et y mourir saintement, le 13juin 1451.Les termes symboliquesde Celui qui aime la Croix s'adaptent

    facilement cet anti-pape, puisqu'ils sont relatifs son nom etaux armes de la royale maison de Savoie, lesquelles ont uneCroix.Pourtant une autre allgorique explicationpeut aussi tredonne; c'est que Celui qui aime la Croix ne pouvait convenirqu' ce prince : n'avait-il pas renonc aux honneurs et lagrandeur du trne, pour suivre Jsus-Christ dans une vie pni-tente et mortifie ?

    LIV.DEMODICITATELUNAE. DELAPETITESSEDELALUNE.EugneIV tant mort, monta sur la chaire de St. Pierre, le

    6 mars 1447, le cardinal-prtre de Ste-Suzanne,Thomas, vque, deBologne,qui prit le nom de Nicolas V, et tint le pontificatpendant huit uns.

  • - 54 -Il tait de basse condition, et tait n Sarzana,dans le dio-

    cse de Luni, antique ville de Toscane: d'o lui conviennentces deuxparties du symbole qui le nomme: La petitessede laLune.En 1452,il. couronna l'empereur Frdric III, d'Autriche,qui

    la fin de 1439,avait succd Albert.En 1453fut prise par les armes ottomanes,commandespar

    MahometII, la ville de Constantinophe.et avec cette chute pritfin l'ancien empire des chrtiens en Orient (1).

    LV.

    BOSPASCENS. LEBOEUFQUIPAIT.Si vous admettezque les emblmespaens ont pu tre conve-

    nablement employspar l'auteur de la Prophtiepour annoncerles Papes futurs, on ne peut nier que ce symbolen'ait du mer-veilleux ; car un Boeufqui pat forme prcisment le blason dela famille espagnoleBorgia,dont estissu Alphonse,cardinal-pr-tre des Quatre-Saints-Couronns,successeurde NicolasV. Il pritle gouvernementde l'Eglise en 1455,sous le nom de CalixteIII,et mourut en 1458.La pieuse coutumede rciter l'Angelus, etc. midi fut intro-

    duitepar ce Pontife,afin que les fidlesimplorassentainsi la pro-tectiondivine sur les armes chrtiennesqui alors combattaientcontre lesTurcs.

    LVI.DE CAPRAETALBERGO.

    A CalixteIII succda, le 19 aot 1458,Enas Silvius Piccolo-mihi, de Sienne, cardinal-prtre de Ste-Sabine, qui se nommaPie II, et rgna un peu moins de six ans.

    (!) C'estchosedignede remarquequecet empirecommena Cons-tantin-le-Grand,filsd'Hlne,et qu'il finitgalementsousun Constantinquinzimedunom,et filsd'uneautreHlne.

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    C'estpour avoir, dans sa jeunesse servi de secrtaire aux car-dinaux DominiqueCapranica et B. Nicolas Albergati, que l'onrapporte l'allusion du symbole aux deux termes ci-dessus (1).

    LVII.

    DE CERVOET LEONE. Du CERFETDULION.

    Unvch et des armoiries avaient annoncle successeur de PieC'est maintenant Pierre Barbe, de Venise, cardinal-prtre deMarc,neveu de la soeur d'Eugne IV, qui avait t vque desurvie,et qui portait dans son blason un Lion. Il se donna le

    comdePaul II, et occupa le pontificat environ sept ans, de 1464 1471.Parmi les actes de son rgne est compt celui d'avoir rduit

    la clbration du Jubil au priode de vinq-cinq ans, commedepuis s'en est continu l'usage.

    LVIII.

    PISCATORMINORITA, LE PCHEURMINEUR.

    Fils d'un pcheur,et frre de l'ordre des Mineurs ; ainsi fut fi-dlementaccomplie la prophtie relative Franois de la Rovre,de Savoie,cardinal-prtre de S. Pierre-aux-Liens, qui, aprs lamort de Paul II, gouverna l'Eglise pendant treize ans, jusqu'en

    (1)Giavarapporte cet endroit les paroles d'AndrVittorelli,clbreannotateurdesViesdesSouverainsPontifes,par Ciacconio: S. Malachie,archevqued'Armach,dou d don de prophtie, a indiqu, dans unoracleobscur, les cardinauxDominiquede, Capra et NicolasAlberti,lorsqu'ilparlede Pie II, dansl'nonciationdecesdeuxmots: DeCapraet Albergo: car AEneasSilvius(Pontificat de Pie II) dit : Il fut secr-tairedes cardinauxCapranicaet Albergati.V.Giaccon.Martin V. tom.II,pag. 1112. dit.1650.

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    1484,sous le nom deSixteIV.Pourrait-on trouver, dans unlan-gagesymbolique,une plus grandeclart (1) ?.

    LIX.

    PRAECURSORSICILIAE.LEPRCURSEURDELASICILE.Sixte IV tant mort, fut proclamsouverain pontife, le 29 aot

    1484,le cardinalJean-BaptisteCablo de Gnes, qui se nommaIn-nocent VIII, et rgna environ huit ans.Nousn'aurions aucune interprtation du symbole qui lui ap-

    partient, si le terme le Prcurseur ne nous indiquait d'une cer-taine maniresonnom,qui estcelui duprcurseurde Jsus-Ghrist.

    LX.BOSALBANUSIN PORTO. LEBOEUFD'ALBANODANSLEP