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Plan dAction pour la biodiversit Saint-Pierre-et-Miquelon

Thierry Vogenstahl/Le Baleineau

COMPTE-RENDU DE LA MISSION LUTH Du 16 au 24 Juin 2008

Jacques FRETEY Septembre 2008

I.

Contexte international

La Tortue luth, Dermochelys coriacea (Vandelli, 1761), figure dans le Livre rouge de lUICN (2000) comme espce menace en danger critique dextinction . Elle est galement sur lAnnexe I de la Convention sur le commerce international des espces de faune et de flore sauvages menaces dextinction (CITES) et dans les Annexes I et II de la Convention sur la conservation des espces migratrices appartenant la faune sauvage (Convention de Bonn ou CMS), toutes deux ratifies par la France. Au Canada, la Tortue luth est dsigne comme une espce en voie de disparition par le Comit sur la situation des espces en pril (COSEPAC, 2008). Elle figure galement sur la liste qubcoise des espces susceptibles dtre dsignes menaces ou vulnrables (Gouvernement du Qubec, 2007). II. Contexte national

En France, la Tortue luth est protge en Mtropole, en Guyane et Guadeloupe depuis des arrts de 1991, et en Martinique depuis 1993. Un nouvel arrt global dat du 14 octobre 2005 (JO du 6 dcembre 2005 NOR : DEVN0540395A) fixe la liste des tortues marines protges sur tout le territoire national et les modalits de leur protection, en conformit avec la Directive Habitat. Cet arrt sapplique la Tortue luth (Dermochelys coriacea). LArticle 3 stipule que sur tout le territoire national et en tout temps, il est interdit de dtruire, daltrer ou de dgrader le milieu particulier, ainsi que la destruction, la mutilation, la capture ou lenlvement ainsi que la perturbation intentionnelle des tortues marines. Il est prcis galement que sont interdits, en dehors de la France mtropolitaine, de la Guyane, de la Guadeloupe, de la Martinique, la dtention, le transport, la naturalisation, le colportage, la mise en vente, la vente ou lachat, lutilisation, commerciale ou non, de spcimens de tortues marines prlevs dans le milieu naturel du reste du territoire national (ceci sapplique Saint-Pierre-et-Miquelon). III. Projet initial et objectifs de la mission

La prsence de la Tortue luth fait dores et dj depuis 2003 l'objet d'un suivi au Qubec. Lquipe qubcoise dAmphibia-Nature, dans le cadre de ses travaux herptologiques dans plusieurs zones de lEstuaire et du Golfe du Saint-Laurent, recueille dj des informations auprs de pcheurs et dassociations locales. En 2005, un vaste projet a t mis en place, notamment, sur la Basse-Cte-Nord. Ce projet comporte un rseau dobservateurs compos dune cinquantaine de pcheurs dots de trousses dobservation (Ouellet et al., 2006a). En 2006, une tourne du BasSaint-Laurent, de la Gaspsie et des les du Golfe (Anticosti, les-de-la-Madeleine) a permis dobtenir de nouvelles mentions et dtendre le rseau. Lors du Symposium sur la Biologie et la Conservation des Tortues marines de 2006, en Crte, nous avions envisag, avec les collgues dAmphibia-Nature, de mettre en uvre un projet commun o sera inclus larchipel franais de Saint-Pierre-et-Miquelon. Ce projet initial ne visait que lengrangement dobservations en mer et la sensibilisation des pcheurs. Les objectifs annoncs taient daugmenter nos connaissances sur la rpartition, labondance, le comportement

et les dplacements de la Tortue luth, et ainsi favoriser une meilleure conservation transfrontalire dans les eaux du Qubec et de Saint-Pierre-et-Miquelon, des femelles supposes nidifier dans les Guyanes. Ce projet fut voqu lors de deux runions du Groupe Tortues marines France organises par le Service du Patrimoine naturel (MNHNP). Un contact fut alors tabli avec la DAF de SaintPierre-et-Miquelon ce sujet, et une mission prliminaire dcide pour juin 2008. Patrick GALOIS, biologiste dAmphibia-Nature, en mission aux les-de-la-Madeleine, avait la possibilit de se joindre moi, ce qui permettait demble la cration du projet transfrontalier. IV. Personnes rencontres (et que je remercie ici pour leur coopration et leur aide) :

IV.1.Administration : ALLEN-MAHE Sylvie (ducatrice environnement Collectivit territoriale) APESTEGUY Jean-Paul (garde-chasse) ARTUR de LIZARRAGA Rosiane (directrice du Muse de lArche) BRIAND Daniel (IFREMER) CLOUNY (Phares & Balises) CORMIER Vicky (DAF, projet Maison de la Nature) DE-MIN Emilie (Direction Equipement, chef groupe infrastructure) DETCHEVERRY Lauriane (mdiatrice culturelle du Muse de lArche) GALIBER dAUQUE Bruno (directeur DAF) LEFVRE Jean-Yves (Direction Equipement, qualit des eaux du littoral) LETOURNEL Bruno (chef ONCFS) LINARES Bertrand (directeur Chambre de Commerce) MASSA Charles-Andr (administrateur Affaires maritimes) RODRIGUEZ Julien (IFREMER Miquelon) URTIZBEREA Franck (DAF) 4.2 . Politiques : BRIAND Grard (2me vice-prsident Conseil gnral) CLAIREAUX Karine (maire de Saint-Pierre) DETCHEVERRY Denis (snateur) LETOURNEL Franoise (1re vice-prsidente Conseil gnral) 4.3. Monde associatif, naturaliste et plaisancier : BEAUPERTUIS Marie-Claire guide excursions en mer, Yacht Club de St Pierre) BRY Sophie (SPM Fragles) CHAIGNE Emmanuel (directeur du Yacht-Club de St-Pierre) DELAUNAY Laurent (Club nautique saint-pierrais) DESBROSSE Alain DETCHEVERRY Jol (SPM Fragles) ETCHEVERRY Roger (naturaliste, banque de donnes) HEBDITCH (prsident des Amis du Muse) ILHARREGUY Sverine (SPM Fragles) KUHU Claude (Association du muse) LEMALLIER Emmanuel (SPM Fragles) MOULIN Denis (SPM Fragles)

MOULIN-BRIOZZO Florence (SPM Fragles) PLANTEGENEST Vronique (SPM Fragles) VIGNEAU Stphane (prsident de SPM Fragles) 4.4. Pcheurs : ADMOND Joseph BEAUPERTUIS Karl BOUGET Norbert CAMBRAY Jean-Maurice DESCHAMPS Frdrique (responsable Comit des Ressources halieutiques-CRH) LAFARGUE Pierre-Marie POIRIER Gilles POIRIER Stphane THEAULT Charles THEAULT Nicolas URTIZBEREA Grard 4.5. Mdias : DANCOT Nicolas (rdacteur en chef RFO) DUPONT Fanny (journaliste RFO) SIGAL David (journaliste RFO) 4.6. Photographes naturalistes : BOEZ Patrick VOGENSTAHL Thierry (Le Baleineau) ZIEBACZ Grgory (ancien gendarme en poste SPM, discussions hors mission en Mtropole) V. Points abords pendant la mission et propositions daction

V.1.Donnes historiques Des recherches ont t menes au Muse de lArche pour tenter de trouver des documents et des photographies attestant dobservations ou de captures de Luths dans les eaux de SaintPierre-et-Miquelon du temps de la Grande Pche. Les collections de photographies (1912 1914, 1916 1926) du Dr militaire Louis-Auguste THOMAS ont t examines, en vain, avec laide de Rosiane ARTUR de LIZARRAGA et Lauriane DETCHEVERRY. Espoir du aussi avec la station IFREMER o nous pensions pouvoir obtenir des donnes la fois sur la prsence de Tortues luths dans ces eaux et surtout des tudes sur leurs proies potentielles. V.2.Observations rcentes en mer Des Luths sont observes en surface lorsquelles viennent respirer (un observateur nous a dit en avoir vu dormir une en surface) autour de larchipel. Les premires informations ont t que ces observations taient rares et trs saisonnires, limites juillet et aot. Il est vrifier que les premires observations nont jamais t faites avant le 1er juillet. Grgory ZIEBACZ, un gendarme, en poste St Pierre, a t dans les annes 90, correspondant pour lAquarium de La Rochelle et signalait occasionnellement des Luths. Contact a t pris avec lui au retour de la mission, et ses fiches ont t rcupres.

Observation dune Luth le 1er aot 2005 trs prs de la cte ( Thierry Vogenstahl/Le Baleineau)

Selon Karl BEAUPERTUIS, les observations de Luths se feraient toujours assez prs des ctes et non au grand large. Une intervention au journal tlvis de 20h de RFO un soir, et une confrence donne le 23 juin, lune et lautre appelant des tmoignages, ont permis de faire connatre la prsente mission et ses objectifs un trs large public. Les informations arriveront ensuite rapidement, augmentant de faon significative la trentaine dobservations enregistres par Roger ETCHEVERRY et Thierry VOGENSTAHL. Dautre part, linformation selon laquelle Mademoiselle Tara STEVENS, spcialiste canadienne des Orques, aurait comptabilis 700 Luths au large de Terre-Neuve lors de survols ariens rcents, semble montrer que les donnes enregistres trs occasionnellement ne sont pas reprsentatives de la ralit sur la prsence de lespce dans ces eaux. Il convient donc dans un premier temps de recenser toutes les observations (avec date mme approximative et lieu) faites par les habitants de larchipel et de mettre en place un protocole pour la suite. la suite de discussions avec Emmanuel CHAIGNE et Marie-Claire BEAUPERTUIS, il apparat que les sorties de lEcole de Voile sont loccasion idale pour faire quasiment tous les jours des observations de Luths en mer, voire mme de pouvoir tablir un calendrier prcis de leur arrive et dpart des eaux de Saint-Pierre-et-Miquelon (tout au moins dans les zones habituellement frquentes par lEcole de Voile vers le Colombier et Langlade de mai septembre). Dventuelles observations sur les tortues ont pu tre notes avec les coordonnes GPS sur les livres de bord, depuis 1993, et ceux-ci sont donc examiner.

Observation dune Luth le 23 aot 2007 ( ThierryVogenstahl/Le Baleineau)

V.2.1. Fiches Ont t examines les fiches dobservations en mer utilises par Amphibia-Nature, lAquarium de La Rochelle et celle quavait ralis le gendarme naturaliste Grgory ZIEBACZ. Il apparat indispensable de repenser une fiche adapte, non seulement pour SPM, mais pour lensemble de la zone francophone de la rgion. Une nouvelle fiche a donc t refaite, et sera teste prochainement. 5.2.2. Cartographie Il est ncessaire de reporter toutes les observations en mer sur une carte prcise de larchipel divise en zones, et comprenant les noms vernaculaires des bancs de pche. Cette carte figurera sur les fiches distribues aux observateurs. Un membre de SPM Fragles doit consulter les carnets de son pre, et rcuprer les noms vernacula