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collections de l’Association French Lines, qui conserve la ... · PDF file paquebot France à partir de l’automne 2013. ... La catalogue des imprimés liés aux transports maritimes

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  • ALORS qu’il était encore secrétaire général adjoint et responsable des  collections de l’Association French Lines, qui conserve la mémoire des grandes compagnies maritimes françaises ayant sillonné les mers dès le milieu du xıxe siècle, Aymeric Perroy, aujourd’hui responsable du patrimoine maritime de la Ville du Havre, a proposé au Musée de l’imprimerie de Lyon de mettre ces collections à la disposition du Musée de l’imprimerie de Lyon, afin que les deux partenaires construisent ensemble une exposition qui porterait un nouveau regard sur le patrimoine maritime imprimé.

  • TrAnsATlAnTiques l’épopée graphique des paquebots de légende Musée de la communication graphique, le Musée de l’imprimerie a été séduit par la richesse et l’éten- due des collections de l’Association French Lines du Havre : un patrimoine documentaire, abondant et varié, qui témoigne également de l’extraordinaire inventivité graphique des transports maritimes fran- çais, tout au long de leur longue et fastueuse histoire.

    Le Musée de l’imprimerie a donc choisi de mettre en avant le patrimoine de l’histoire maritime française sous l’aspect particulier de la communication graphique.

    Un point de vue très spécifique, qui permet d’élargir le propos des nombreuses évocations des croisières de luxe, le plus souvent abordées sous l’angle des perfor- mances techniques des paquebots, de leur décoration intérieure, des anecdotes légères ou des événements plus sombres qui jalonnent les traversées de ces pala- ces flottants.

    C’est donc sous le regard de la communication graphique que Clémence Ducroix, responsable scientifique des archives de l’Association French Lines et Alan Marshall, directeur du Musée de l’imprimerie de Lyon, ont conçu cette exposition.

    Le propos graphique du Musée de l’imprimerie de Lyon se poursuivra par l’exposition prévue au Musée d’Art et d’Industrie de Saint-Étienne, qui évoquera le paquebot France à partir de l’automne 2013.

  • Au milieu du XIXe siècle, alors que l’on assiste à la montée en puissance de l’acti- vité commerciale et industrielle, les transports maritimes ont été à l’origine d’une immense production de documents, au moment même où l’imprimerie évolue, aussi bien dans ses techniques, dans les formes et usages de la chose imprimée, ou les modes d’appropriation de ces documents, du plus utilitaire au plus prestigieux.

    La catalogue des imprimés liés aux transports maritimes est immense : tickets d’em- barquement, de bagage, polices d’assurance, connaissements, listes de passagers, menus (pour passagers humains et canins), calendriers, publicités pour les agences, catalogue des bibliothèques de paquebots, coupes longitudinales de paquebots et documents techniques, plans de circulation à bord, protocoles de sécurité, plaquet- tes de luxe faisant appel aux dernières techniques de la chaîne graphique, grandes affiches publicitaires pour lesquelles les compagnies ont fait appel à de très grands noms du graphisme de l’époque.

    un floT d’imprimés dans le sillage des transports maritimes

  • L’exposition présentera aussi des documents phares tels que des affiches de Cassandre, Paul Colin, Sandy Hook, Jean Auvigne et fera découvrir les travaux de graphistes maison comme Albert Sébille, qui s’illustra dans la conception de documents en tous genres destinés aux passagers et aux agences de la Compagnie Générale Transatlantique.

    Pour les nostalgiques d’une époque révolue, l’exposi- tion donnera également à découvrir des éléments de décoration du somptueux quotidien des croisières de luxe, arborant les différents versions de la marque de la Compagnie Générale Transatlantique, comme la vaisselle, les théières raffinées, les couteaux et les fourchettes ornant la table des premières classes.

    Les portraits lithographiés des frères Pereire, fonda- teurs de la Compagnie Générale Transatlantique en 1860, qui lancèrent le premier géant de l’Atlantique, Le Washington, entre Le Havre et New-York en 1864, seront bien sûr présents dans l’exposition du Musée de l’imprimerie. L’imprimerie lithographique, née en Allemagne grâce à Senefelder en 1796, est en pleine floraison au même moment et s’apprête à passer résolument à la couleur avec la mise au point de la chromolithographie, dans les années 1840, par le français Engelmann. La chromolithographie, « bête de somme » de la production d’imprimés durant tout le XIXe siècle et jusqu’au début du XXe siècle, sera ainsi largement mise à contribution par le tourisme maritime naissant. Les représentations de bateaux chromolithographiés vont de pair, à cette époque, avec les impressionnantes vues d’usines ou de fabriques qui ornent, à perte de vue, les têtes de lettres ou les catalogues publicitaires.

    Jusqu’à leur disparition, les géants des mers profite- ront des dernières avancées de la chaîne graphique. C’est ainsi que, chaque jour, un quotidien est tiré à bord dans l’imprimerie embarquée ; au fil du temps, les pages se rempliront de photos d’actualité que le « bélinographe », ancêtre du télé copieur, transmettra en pleine mer.

    La grande époque des croisières transatlantiques est celle de l’Art Déco, tendance esthétique qui a forte- ment marqué la décoration intérieure de paquebots emblématiques comme l’Île de France ou le Nor- mandie. Ce mouvement du design français, qui s’est magnifiquement illustré en pleine mer, a fortement influencé, directement ou indirectement, la produc- tion graphique de l’époque, dans la presse française, dans la production d’affiches, d’imprimés publicitaires, de documents éphémères de toutes sortes.

  • Les imprimés de tous les jours, ou imprimés éphémè- res, reflètent les us et coutumes des époques qui les font naître. La production graphique liée aux croisières maritimes n’échappe pas à la règle. Papier, mise en page, police de caractères, en disent long sur la classe sociale des destinataires d’un document, sans parler de l’imprimeur qui le réalisera. Dans ce domaine, la Compagnie Générale Transatlantique fait appel aux plus grands, comme les Frères Draeger, maison fondée en 1897 et qui devient vite la référence de l’impression de luxe.

    Comme sur terre, les nuances sociales s’expriment à travers le raffinement des papiers à fort grammage, la richesse des couleurs qui s’étalent sur les pro- grammes de spectacles et de divertissements variés destinés aux plus ou moins riches.

    Mais il y a tout un monde sur les paquebots. Au-delà des premières classes, il y a les hommes d’équipages, les employés, les serveurs, les cuisiniers, les femmes

    les imprimés des voyAges mAriTimes reflets des hiérarchisations sociales

    de chambre. Tout un monde qu’il faut recruter, gérer, commander, nourrir et qui, à leur tour, doivent organi- ser leur travail à bord, au fil des jours. Cette complexité logistique sera accompagnée d’un flot d’imprimés et de documents techniques et administratifs liés à l’activité de chacun. Chaque palais flottant est un microcosme de la société, avec ses règles sociales et son organisation professionnelle, qui n’échappe pas à la paperasse qui submerge toute organisation humaine (sur terre) depuis le XIXe siècle.

  • une réflexion sur la hiérarchie des documents imprimés

    Cette promenade au gré de l’imprimerie dédiée aux transports maritimes a bien sûr pour but de mettre sous les yeux de tout un chacun l’importance de la chose imprimée et de la communication graphique dans toutes ses productions, de la plus prestigieuse à la plus modeste. L’exposition met côte à côte des affiches litho- graphiques de grands designers et des étiquettes de bagages, des menus de galas et des imprimés techniques.

    Depuis quelques années en effet, on tend à décloisonner l’étude des différents secteurs de la production graphique et à abolir les frontières hermétiques entre les produits nobles (le livre, l’estampe) et les imprimés de tous les jours, ces ephe- mera très différents qui nous accompagnent du berceau au tombeau. Ce parti pris est celui du Musée de l’imprimerie depuis une dizaine d’années déjà, tant au niveau de sa politique d’acquisition que de son programme d’expositions temporaires.

    De plus en plus dans ses expositions temporaires, le propos de l’établissement est de mettre en scène et d’illustrer le rôle multiforme de l’imprimé dans la société, l’évolution de ses modes d’appropriation qui sont très différents selon qu’il s’agit de la lecture continue qu’on associe au monde du livre ou de la lecture, souvent discontinue, de documents plutôt pratiques ou utilitaires. L’Institut d’histoire du livre, dont le Musée de l’imprimerie de Lyon est l’un des membres fondateurs (avec l’ENS Lyon, l’École des Chartes, l’ Enssib, la Bibliothèque municipale de Lyon) adopte également la même direction avec le développement, au Musée de l’impri- merie de Lyon, de ses master classes autour de l’étude des imprimés éphé mères, réunissant les conservateurs, les historiens et les collectionneurs du monde entier.

  • Avec son programme d’activités et d’ateliers, l’expo- sition reprend le credo du Musée de l’imprimerie, qui est d’apprendre à voir et à décrypter tout document imprimé. Pourquoi la mise en page d’une affiche se