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Chapitre III. La mondialisation · PDF file Ces transformations initialement liées à la forte croissance d'après-guerre se sont accentuées dans la période récente dans un contexte

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  • Chapitre III. La mondialisation commerciale

    Introduction

    Ce chapitre consacré à la dimension commerciale de la mondialisation est organisé en deux

    sections. La première met en évidence les grandes tendances de l'évolution du commerce

    international depuis la seconde guerre mondiale. La seconde est consacré à l'évolution du cadre

    institutionnel qui accompagne cette évolution du commerce international : les éléments présentés

    portent essentiellement sur le fonctionnement et le rôle de l'OMC.

    1. L'évolution du commerce international depuis la seconde guerre mondiale

    Au cours du dernier demi-siècle, le commerce mondial s'est développé de manière très importante

    et a connu de profonds bouleversements. Une série de facteurs ont contribué à cette dynamique

    parmi lesquels la diminution importante des droits de douanes qui est passé en moyenne de 40 % en

    1947 à 3% aujourd'hui mais également une très forte diminution des coûts de transports ( coût du

    transport maritime divisé par 2, - 85 % pour le transport aérien et -99% pour le coût des

    communications téléphoniques).

    Ces transformations initialement liées à la forte croissance d'après-guerre se sont accentuées dans la

    période récente dans un contexte très différent (moindre croissance au nord ; libéralisation

    financière ; fin des modèles de développement industriel par substitution aux importations ..).

    1.1. Évolution du commerce et accroissement des interdépendances

    La croissance du commerce international est un phénomène marquant depuis au moins le début du

    XIXème siècle, même si les deux guerres mondiales et les années 1930 marquées par le

    protectionnisme dans un contexte de crise sont des périodes de recul. En valeur nominale, les

    exportations mondiales ont été multiplié par 126 depuis la seconde guerre mondiale. La dynamique

    du commerce mondial s'est accélérée à la fin du XXème siècle: commerce mondial représente en

    2005 environ 28 % du PIB mondial contre 24 % en 1998 et 9% en 1980.

    Le point le plus notable est sans doute la forte élasticité du commerce international à l'évolution de

    la production. Il existe donc une variation amplifiée du commerce par rapport au PIB qui s'applique

    tant à la hausse qu'à la baisse. La contraction ou la stagnation de l'activité économique voire son

    seul ralentissement s'accompagnent d'une chute amplifiée des échanges internationaux. Ce constat

    peut-être effectué lors de toutes les périodes de marasme à l'exception notable du début des années

    1990.

  • Cette croissance des échanges plus rapide que la production a arithmétiquement pour effet

    d'accroître le degré d'ouverture des économies nationales (ratios exportations/PIB appelé coefficient

    d'ouverture), c'est-à-dire la part de l'activité consacrée à l'exportation. De même le poids des

    importations en pourcentage du PIB (coefficient de dépendance) s'accroît lui aussi régulièrement.

    En somme chaque économie nationale devient de plus en plus dépendante du reste du monde tant

    pour ses débouchés que pour ses approvisionnements.

    Cependant, cette ouverture des économies nationales varie sensiblement selon les pays. Ainsi le

    ratio commerce (I+X) sur PIB donné par l'OMC pour 2004 est de 23 à25 % pour les États Unis, le

    Japon et l'UE (si on ne tient pas compte du commerce intra-communautaire) mais de l'ordre de

    57/58 % pour des pays comme la Chine et la Russie.

    L'évolution la plus spectaculaire des dernières décennies visible sur le graphique ci-dessous est le

    boom de l'ouverture commerciale des pays d'Asie et en particulier de la Chine. Le coefficient

    d'ouverture de ce pays (X/PIB) était de l'ordre de 1% en 1973 contre 21 % en 1990 et 42 % en

    2003.

    Graphique tiré de : Mondialisation et commerce international, Cahiers Français, n° 325, mars-avril

    2005, p. 4

    1.2. Évolutions sectorielles

    Il est généralement admis que le commerce des services croît plus rapidement que celui des

    marchandises. Ce fut effectivement le cas jusqu'à la fin des années 1980, mais depuis le début des

    années 1990, les échanges internationaux de services croissent globalement au même rythme que

    ceux des marchandises. Mais il faut se garder de conclusions hâtives sur cette évolution: d'une part

  • elle provient de la baisse des prix intervenue dans un certain nombre de services et notamment les

    transports ; d'autre part elle masque de très fortes disparités. En particulier, les échanges concernant

    les services informatiques, les services financiers et l'assurance ont connu un très grand dynamisme

    dans la dernière période. Aujourd'hui la valeur du commerce des service s'établit à ¼ de celui des

    marchandises contre 1/5 en 1987.

    Les produits manufacturés représentent l'essentiel du commerce des marchandises, près de 60 %.

    Leurs échanges croissent beaucoup plus vite que ceux des produits miniers et des produits agricoles

    et plus rapidement que l'ensemble du commerce international. Ce constat peut-être vérifié sur

    longue période. Au sein des produits manufacturés les catégories « machines de bureau et machines

    de traitement de l'information » ainsi que les « équipements de télécommunication » sont celles qui

    enregistrent la croissance la plus vive. Inversement, la sidérurgie et le textile ont une croissance plus

    lente que l'ensemble des produits manufacturés et leur poids dans les échanges mondiaux décline.

    1.3. La nouvelle géographie des échanges internationaux

    On observe une combinaison de permanences historiques et de changements profonds dans

    l'évolution de la géographie du commerce international.

    1.3.1. Permanence: polarisation du commerce et prépondérance du Nord

    Le caractère polarisé du réseau de commerce et en particulier la part prépondérante des pays

    développés constitue la permanence la plus remarquable. En 1955, 6 pays industriels réalisaient la

    moitié du commerce mondial : États-Unis, Royaume-Uni, Allemagne, France, Canada, Belgique-

    Luxembourg. En 1999, le poids de ces mêmes pays n'était que légèrement plus faible (44%). On

    observe une grande stabilité à long terme de la part des échanges des différents groupes de pays

    (pays développés entre 60 et 65%, pays en développement entre 20 et 25 % et pays ex-socialistes

    entre 5 et 10%).

  • La carte représentant les flux commerciaux mondiaux en 2003 fait apparaître clairement la

    polarisation persistante du commerce mondial. Elle met d'abord en évidence l'intensité des échanges

    effectués au sein de chaque région, avec une prédominance de l'Europe occidentale et entre les pôle

    de la triade (Europe, Amérique du Nord et Asie). Le commerce intratriadique représente ainsi 71%

    du commerce mondial. C'est une donnée stable depuis le début des années 1980. Le cumul des

    échanges à l'intérieur de chacun de ces pôles s'établit à près de la moitié du commerce mondial. La

    Triade forme l'ossature de l'économie mondiale. Ceci est d'autant plus vrai que les pays du Nord

    commerce principalement entre-eux (pour les ¾ de leur montant).

    Apparaît, outre le dualisme Nord-Sud, l'étroitesse des liens entretenus entre les pôles de la Triade et

    vis-à-vis de leur périphérie proche (Europe orientale / Union européenne ; Amérique latine/

    Amérique du Nord).

    La minceur des flux vers l'Afrique témoigne de la marginalisation de ce continent vis-à-vis du

    système commercial mondial.

    1.3.2. Les principaux changements

    Au-delà de ces permanences on observe d'importantes modifications dès lors que l'on regarde le

    classement des principaux pays exportateurs entre 1955 et 2003.

    • Si on regarde le peloton de tête, on observe que régressent les États-Unis (du 1er au 2ème rang),

    la Grande-Bretagne (du 2ème au 6ème rang) et le canada. Cette évolution se fait d'abord au

  • bénéfice de l'Allemagne qui devance les États-Unis dès les années 1980. et du japon qui se hisse

    du 1er au 3ème rang. Notons aussi que l'unification économique de l'Europe fait de l'UE la

    première puissance commerciale mondiale loin devant les États-unis.

    • L'évolution la plus remarquable concerne cependant la montée en puissance des nouveaux pays

    industriels en Amérique latine mais surtout en Asie avec notamment les quatre dragons (Hong-

    Kong, Corée, Taïwan, Singapour) et la Chine. Dans les années 1950 ces pays étaient relégués au

    fin fond du classement mais ils se situent aujourd'hui parmi les 10 première puissances

    commerciales (si on considère l'UE comme une seule entité) et la Chine a même dépassé en

    2004 le Japon, se situant désormais au 3ème rang mondial. Et si on agrège les exportations de

    la Chine et des quatre dragons, cet ensemble est le premier ensemble commercial du monde,

    devant les États-Unis et l'UE. Cet évolution correspond

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