Cahier Cr©ation du 31 mars 2015

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  • Icahier crationle dlit mardi 31 mars 2015 delitfrancais.com

  • II Cahier cration le dlit mardi 31 mars 2015 delitfrancais.com

    Laissez-moi vous raconter lhistoire peu banale dune altercation avec une impri-mante. Cest elle qui a commenc, elle ma dit que mon document tait imprim, alors que ctait faux. Jai fini par appeler le service avec le petit tlphone dispos ct tout exprs. Aprs avoir pass quelques minutes a couter tout le message dinformation, je tombe finalement sur quelquun. Le quelquun au bout du fil ne mentend pas. Munie dune grande patience qui mtonne moi-mme, je rappelle. Limprimante ne fonctionne toujours pas, jexplique au monsieur au bout du fil que la machine a quand mme mang mes dollars. Il mexplique que je dois remplir un formulaire pour me faire rembourser. Je ne peux pas imprimer le formulaire,

    limprimante me mange mes sous et nimprime rien. De toute faon, mme si a fonctionnait, limprimante mangerait mes sous pour imprimer le formulaire. Jaime pas quand les imprimantes mangent mes sous sans me donner de papier en retour. Jaime pas trop perdre mon temps non plus, time is money, dites-le aux imprimantes. En plus, elles se nourrissent de mensonges ce doit tre un problme tymologique les impri-mentent. Mme quand elles annoncent un prix, elles mentent. Mais quest-ce quon peut faire contre une imprimante? Un morceau de plastique technologique qui vous manque de respect, a nest jamais facile contre-carrer. Aujourdhui imprime dans le journal, laffaire est plie.

    Impression de lecture 38 cents gwenn duval

    Maria Magdeleina Lotfi

    Garon

    Des traces de pneussont imprimes sur ma peau de miel.

    Jaurais d tirer les freinslorsque tas dpass les mille kilomtres lheure.

    Mais la course me rendait vivante.

    Je savais que le camion allait frapper le peauto.

    Mais tu tais mon seul vu.

    Les traces de tes pneussont imprimes sur ma peau de miel

    et a collera.

    Maria Magdeleina Lotfi

    Avals

    Tu es aval par les tsunamis, mais je ne pense qu tre celle qui va temakeyoustay up all night.

    Je ne veux pas tre avale mon tour, puisque je sais que ton bateau va couler.

    Tu es un ocan toxique que javale malgr tout, car tu es le seul remde que jaie.

    Mais joublie que tes lhuile qui ne dilue pas.

    Tu es englouti par les tsunamis, je nai pas le choix dtre ton ancre. On restera up all night une autre fois.

    Que je sois avale aussi mimporte peu.

    En autant que je sois avaleavec toi.

  • IIICahier crationle dlit mardi 31 mars 2015 delitfrancais.com

    Yulina Ashida

    La pente

    Sur ton vlo.

    Un dos

    Devant moi,

    Sur lequel je peux me pencher.

    Sentir mon corps

    Aussi lger que celui dun oiseau.

    Mais je triche, les joues teintes,

    Posant mes doigts sur tes paules,

    Mes bras,

    Puis ma tte.

    Dshabiller

    Mon innocence,

    Apprendre voler

    Avec toi.

    Je me laissais porter

    Pieds nus,

    Par tes yeux, verrons.

    Les sourires noys,

    Ma robe froisse.

    Yulina Ashida

    ines dubois

  • IV Cahier cration le dlit mardi 31 mars 2015 delitfrancais.com

    nomy grenier

    Comment jai voulu arracher mon visage pour que Lars Von Trier parle de moi

    Une salle de bain. Avec un vier au robinet rouill par le temps. Et des filaments deau qui sesquivent, petite rbellion goutte. Une jeune fille. Mince, aux yeux bleus, la peau livide. Jolie somme toute, mais enlaidie par une triste mlancolie. Assise sur le sol, elle se fixe dans la multitude de miroirs qui lentourent. Tout lobsde. Le nez. La forme des yeux. La bouche. La musculature. Le fri-sottis du cheveu. Constants rappels. Saisie de peur, elle scrute ses oreilles, les tire, les compare. Oui, elles sont comme celles de son pre, mais le lobe est diffrent. Oui, le lobe la sauve. La courbe douce, les poils rares, blonds. Les murs, tapisss de miroirs, la laissent perplexe. Elle voit une trangre alors quelle ne veut tre quelle-mme, un corps qui soit elle, de elle. Un corps qui ne soit pas de son pre. Elle veut un miroir qui refltera sa propre image, non celle de cette hybridit impropre que lui a impose la nature. Dordinaire, on causerait mtis-sage. Ici, il faut plutt causer hybridit. Car mme les traits de ses gniteurs refusent de sunir en son visage. Arne de combat, elle voit le bleu maternel de ses yeux agresser lamande paternelle de la paupire. Elle voit le noir bleut de ses cheveux combattre ses boucles. Elle ne veut plus de ces marques de possession. Se relevant lentement, elle sort de la salle de bain. Ses doigts fins se posent sur la poigne, laissant le froid de lacier transpercer ses pores. Je vois ses hanches qui balancent, qui hsitent. Elle avance dans le couloir. Son profil se des-sine, colrique. La mchoire est tendue, les lvres sont pinces. Sa chevelure voltige, milles flammes tnbreuses qui assnent sa peau livide. Je maperois que mon per-sonnage a peur. Ses poils sont dresss, sa chair frissonne. Je vois ses longs cils noirs sabattre sur ses joues creuses. La mer bleue se parsme de nuages mordors, la prunelle se rapetisse. Muette dhorreur, je comprends enfin pourquoi elle a peur. Jai envie de lui dire que ce nest pas grave. Que cette paternit qui lhorripile, elle peut laccepter. Mais elle ne mcoute jamais. Je veux dtourner la tte, poser mon crayon, immoler laction l. Jai envie darrter dcrire. Envie de lui hurler de ne rien faire. Mais elle ne veut pas. Elle se tourne vers moi, plante ses yeux pairs dans mes yeux pairs. Mon crayon se pose violemment, griffe la feuille, lassassine de mots vio-lents. Je remarque alors ces formes ingrates, ces traits dus mon pre. Mon personnage me rappelle do je viens. Lentement, je me lve, saisis mon crayon et le plante dans ma chair. Je sens le bois qui transperce la peau, les veines, les muscles. La mine me viole, mcartle. Le sang gicle, je hurle. Mou, mon corps retombe sur le sol. Le sang simbibe sur mes feuilles, effaant ces heures de folie.

    Sofia Enault de Cambra

    Brullols

    Dun cri trangl. Dense.comme celui qui fait fuir les flocons,

    qui cambre au son des freins dun camion,qui se noie dans une flaque

    de ptrole aprs sy tre jetqui respire les bras ouverts

    les pets-chappements, dun couloir sans dbutje nomme cette pomme dimmeubles.

    Daprs les bruits; roulants, coups,de sacs poubelles, procrateur de ftus mal

    placsdyeux rids au bord du balcon

    cherchant des potins sur la voisine talons aiguilles et son caniche moutardeu

    qui sarrtent au pied dun platanerecoiff tous les jours

    daprs les grands noirs trainantdes clochettes de fer quatre roues

    deux euros le kiloet les vieillards poursuivant au cri

    Attention avec monsieur les enfantson nomme les pavs sur lesquels rebondit

    la balle de foot que rechoute sa Nike.

    matilda nottage

  • VCahier crationle dlit mardi 31 mars 2015 delitfrancais.com

    Sofia Enault de Cambra

    Ma langue tordue

    Ctait une poupe blanche,les lvres cramoisies taient ptrifiesdans un sourire que jessayais dlargir,

    Lui changeant les habitsles sacoches pour des espardenyes

    les tresses pour un mouchoir torduque je replaais autour du cou.

    Je lemmenais en voyage,ma main autour de sa hanche douce et fragile,

    reposant sur ma cuisse, les jambes cartes,elle dormait, passive, sur le mme oreiller que mes

    lvresje lui apprenais les chansons de Cuba

    et celles que les pubs nouveaux voulaient bien partager.

    Quand son bras se cassa,je lui joins celui dune autre.

    Je navais que des poupes aux accents brissque je croyais proches et je retrouvais lointaines,

    Je navais que des poupes aux textualits diffrentesque je croyais dominer.

    Mais je ne suis quun ftus,port au monde pas leurs doigts en porcelaine,

    corps daraigne plac sous couveuse,tarantula vol de son venin,

    axolotl sans eau propre dans un aquarium surpeupl.

    Danielle Green

    Mon petit lac de paix

    Jai mmoris le trajet quand javais dix ans : sors de la maison, tourne droite, marche jusqu la rue Fremont, puis tourne gauche. a prend dix minutes facile-ment et puis on est Grass Lake.Le lac est trs petit, peine plus grand quun terrain de baseball. Jusquaux annes 40, mon quartier tait parsem de fermes et Grass Lake tait un rservoir pour les animaux. Heureusement, quand on a construit les maisons, on a dcid de garder le petit lac. Quand ma sur et moi tions petites, notre pre nous y amenait les soirs dt. Nous suivions le chemin de terre et ramassions des fleurs et des escargots.

    Jaime encore me promener Grass Lake. Lt, la pluie le remplit et les canards nagent partout. Les roseaux poussent sur les bords du lac et leau a lair dtre bleue-verte cause des algues. Lhiver, le lac gle et la neige le recouvre. On peut toujours voir les pointes de roseaux par-dessus la glace. Mais, ma saison prfre Grass Lake, cest lautomne, quand les feuilles rouges flottent sur leau. Les oies volent au-dessus en cacardant, et le vent produit des vagues dans leau. Quand je me promne autour du lac, il y a un endroit o je marrte toujours. Pour la grande partie du trajet, il y a des arbres entre le chemin et le lac, mais mon endroit, le chemin remonte une petite colline et les arbres disparaissent. On peut voir tout le lac et les jolies maisons autour de celui-ci, et cela me fait toujours respirer profondment.

    Toutes les fois que je suis la maison pour les vacances, je suis la route familire jusqu Grass Lake, des fois avec mon pre et des fois seule. Cest un endroit paisible pour moi, un endroit qui, malgr les