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Cagnat Armee Romaine Afrique

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Text of Cagnat Armee Romaine Afrique

  • LARME ROMAINE DAFRIQUEET

    LOCCUPATION MILITAIRE DE LAFRIQUE

    SOUS LES EMPEREURS

    PAR

    Ren [Louis Victor] CAGNATParties I et II.

    Imprimerie nationale : E. Leroux 1913

  • Livre numris en mode texte par :Alain Spenatto.

    1, rue du Puy Griou. 15000 [email protected]

    [email protected]

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    http://www.algerie-ancienne.com

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  • PRFACE.

    Le volume en tte duquel fi gurent ces quelques lignes de pr-face ne pourrait pas tre une rimpression pure et simple de ce-lui qui a paru sous le mme titre en 1892, tant depuis cette po-que les dcouvertes et les travaux drudition se sont multiplis. Ainsi, pour citer seulement quelques exemples caractristiques, on a fouill mthodiquement le camp de Lambse, que lon stait jusqualors content de piller pour en extraire des pierres, dans le Sud tunisien, les offi ciers des Affaires indignes ont explor un grand nombre de postes militaires le long de lantique limes de la Tripolitaine ; M. von Domaszewski, reprenant une partie des questions abordes par moi dans le livre II, a donn des ludes trs fouilles sur la religion de larme romaine et lorganisation des cadres doffi ciers et de sous-offi ciers ; M. Pallu de Lessert a publi ses Fastes des provinces africaines, et lAcadmie de Berlin une Prosopographia Imperii romani. Jai donc t oblig de modifi er beaucoup de dtails, den ajouter beaucoup dautres : le lecteur sen rendra compte aisment. Par contre, jai supprim toutes les listes de gouverneurs, doffi ciers, de principales, de soldats, que javais insres dans la premire dition. Pour les gouverneurs et les offi ciers, je viens den dire la raison : on trouvera maintenant leurs noms dans des livres spciaux, que je naurais pu que co-pier ; pour les sous-offi ciers et les soldats, jai pens quon pouvait encore se servir des listes anciennes et sy reporter : les lacunes ne sont ni assez considrables, ni assez graves pour quil mait paru ncessaire dencombrer le prsent volume de ces additions. Jai apport aussi quelques changements lillustration ; l, pareillement, jai d tenir compte des fouilles rcentes, renoncer certaines vues actuellement renouveles, certains plans mainte-nant inexacts, et les remplacer par des reprsentations conformes ltat prsent de nos connaissances.

    Janvier 1912.

  • INTRODUCTION.

    En lan 146 avant Jsus-Christ, Carthage tombait, aprs une dfense acharne, aux mains de Scipion milien ; la ville tait pille, puis livre aux fl ammes ; un vaisseau charg de butin prcieux fai-sait voile vers lItalie et remontait le Tibre(1). Le peuple pouvait se livrer lallgresse et le vainqueur monter au Capitole : Rome venait de supprimer sa rivale. Mais il ne suffi sait point davoir an-nihil la puissance punique, il fallait lempcher de se relever ou de passer en dautres mains, il fallait, suivant la forte expression de Mommsen(2), garder le cadavre : telle tait la consquence invita-ble de la victoire. Comment allait-on procder ? Les commissaires envoys en Afrique par le Snat eurent rsoudre cette question dlicate. A vrai dire, ce ntait pas la premire fois que lon envisa-geait Rome une pareille ventualit. On sen tait dj mu la fi n de la deuxime guerre punique, et si lon navait pas ananti Carthage ce moment, cest que lon avait recul devant la prise de possession du pays. Que ferons-nous, disait en plein Snat un des orateurs qui y prirent la parole cette occasion(3) ? Adjoin-drons-nous le territoire carthaginois au domaine public ? Mais les revenus que nous en tirerons seront absorbs par lentretien des garnisons que nous serons obligs dy laisser en permanence ; car il faudra de grandes forces pour contenir tant de peuples sauvages, devenus ainsi nos voisins. tablirons-nous des colonies au sein de cette Numidie si peuple ? Mais, ou bien elles seront dtruites par les Barbares, ou, si elles parviennent les subjuguer, elles aspire-ront lindpendance. Mieux vaut donc laisser vivre Carthage. ____________________ (1) App., Pun., 132 et suiv. (2) Rom. Geschichte, V, p. 623 (t. XI, p. 255 de notre traduction). (3) Appian., Pun., 61.

  • VI INTRODUCTION.

    Ce raisonnement tait bon alors. En dtruisant Carthage, Scipion trancha la question : il ny avait plus dsormais hsiter ; il fallait, de toute ncessit, occuper lAfrique ; on pouvait seule-ment tenter de diminuer les risques de loccupation. On rduisit en province le territoire carthaginois ; on se garda pourtant de savan-cer trop loin dans lintrieur des terres, prcisment pour ne pas se heurter aux nations barbares qui y taient tablies : une ligne trace de Thabraca (Tabarca) Thenae (Henchir-Tina) marqua la limite occidentale et mridionale du territoire romain. Au del, le pays fut abandonn Massinissa, lalli de la Rpublique contre Carthage(1). En apparence, le Snat rcompensait ainsi les services passs de ce prince ; en fait, il lui en imposait un nouveau, qui tait dpargner Rome des contacts dangereux et le soin de dfendre ses frontires africaines. Ds le dbut de la conqute, il appliquait cette maxime qui, toujours et partout, inspira sa politique colo-niale : il faisait des rois de la contre, comme dit Tacite, des ins-truments de servitude(2). Sauf le territoire de Carthage, le reste de lAfrique, ce qui devait tre plus tard la Numidie et la Maurtanie, ntait donc encore que pays de protectorat. La situation devait rester la mme pendant cent ans. La province dAfrique fut spare matriellement du royau-me voisin par un foss que Scipion fi t creuser(3), lexemple de ce____________________ (1) Strab., XVII, 3, 15 : , , , ; Sall., Jug., 19 : Bello Jugurthino pleraque ex punicis oppida el fi nis Carthaginiensium quos novissime habuerant po-pulus romanus per magistratus administrabat ; Gaetulorum magna pars et Numidia usque ad fl umen Mulucham sub Jugurtha erant. Mauris omnibus rex Bocchus imperitabat, praeter nomen cetera ignarus populi romani. (2) Tac., Agric., 14 : Vetere ac jampridem recepta populi romani consuetudine ut haheret instrumenta servitutis et reges. Aussi les troupes que les rois de Numidie devaient entretenir taient-elles trs importantes. Strabon (XVII, 3, 13) nous apprend que Micipsa pouvait mettre sur pied 20,000 hommes et 10,000 chevaux. (3) Plin., Hist. nat., V, 25 (dit. Jan) Ea pars quam Africam appella-vimus dividitur in duas provincias, veterem et novam, discretas fossa inter Africanum sequentem et reges Thenas usque perducta.

  • INTRODUCTION. VII

    quavaient fait avant lui les Carthaginois(1), la limite du territoire romain. La direction de ce foss de frontire a t tudie avec soin depuis quelques annee(2), et lon est arriv en dterminer le trac avec quelque approximation. Ce nest point le lieu dentrer ici dans le dtail cet gard ; le fait seul est retenir. Il est intressant de voir les Romains, ds le dbut de leur tablissement en Afrique, tablir ainsi un limes autour de la rgion dont ils se rservaient la posses-sion : cest un systme quils emploieront jusqu la fi n de lEmpire. Sans doute, ce foss primitif tait un obstacle destin marquer la limite du sol romain plutt quun retranchement militaire, et navait rien de commun avec celui que lon creusa plus tard dans les diff-rentes provinces, en Bretagne, en Germanie et mme en Afrique, et que lon borda de forteresses ; mais le dernier naquit du premier : car on ne put videmment laisser longtemps le foss de Scipion sans surveillance, sous peine de le voir violer chaque jour. A la suite de la bataille de Thapsus, Csar tendit les limites de lAfrique romaine en y englobant la Numidie(3). A quelles consid-rations obit-il quand il se rsolut la cration de cette Afrique nou-velle, comme on disait alors ? Faut-il faire de cette mesure le rsultat dune politique voulue, grande et librale, et dire, avec certains his-toriens(4), que civiliser et latiniser lAfrique compta dsormais parmi les soucis du gouvernement romain ? Ou bien Csar comprit-il seule-ment que le moment tait venu de supprimer, autant quon le pouvait,____________________ (1) Phlegon. Tralliani fragm., 47 ( d. Mller : Fragm. historic. graec., III, p. 622) ; App., Punic., 54. Sur les fosses puniques, voir Tissot, Gogra-phie compare de la province romaine dAfrique, I, p. 532 et suiv. (2) Cf. Tissot, op. cit., II, p. 3 et suiv. ; R. Cagnat, Comptes rendus de lAcad. des Inscr., 1894, p. 43 et suiv. ; St. Gsell, Rec. de mmoires publis au XIVe Congrs des Orientalistes, p. 349 et suiv. ; L. Poinssot, Comptes ren-dus de lAcadmie des Inscr., 1907, p. 466 et suiv. ; de Pachtere, ibid., 1910, p. 315 et suiv. (3) De bell. Afric., 97 : Ex regno provincia facta, atque ibi Crispo Sallustio proconsule cum imperio relicto, ipse Zama egressus Uticam se re-cepit. Cf. Dio, XLIII, 9 ; Appian., Bell. civ., II, 100 . (4) Cf. Mommsen, Rm. Geschichte, V, p. 624 (t. XI, p. 256 de notre traduction).

  • VIII INTRODUCTION.

    ces rois allis qui, au lieu de se contenter de dfendre la provin-ce africaine contre les ennemis du dehors, prenaient parti dans les querelles intimes de la Rpublique ? Cest ce que lhistoire peut diffi cilement dmler. Il ne serait pas tonnant pourtant que, dans cette circonstance, le souvenir de Juba et de ses lphants et t dun certain poids dans la dtermination du vainqueur de Thapsus(1). Quoi quil en soit, partir de lanne 46 avant Jsus-Christ, Rome entra directement en contact avec les tribus insoumises du Sud. Dsormais, la partie du pays quelle regardait comme sienne stendit, du moins en thorie, depuis le cours infrieur de lAm-sagas (Oued-el-Kbir) jusq

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