6
Disponible en ligne sur www.sciencedirect.com Journal de Traumatologie du Sport 25 (2008) 58–63 Revue de presse Bibliographie : évaluation clinique des lésions du labrum glénohuméral. Deuxième partie Stetson W, Templin K. The crank test, the O’Brien test and routine magnetic resonance imaging scans in the diagnosis of labral tears. Am J Sports Med 2002;30:806–809 Première description de la pathologie de l’insertion supé- rieure du biceps faite par Andrews en 1985 chez 73 sportifs blessés lors de lancers. Classification de Snyder en 1990 : type I : partie supérieure du bourrelet effilochée avec aspect dégénératif, mais la périphérie du bourrelet reste attachée à la glène et l’insertion du biceps est intacte ; type II : même aspect effiloché + détachement de la partie supérieure du bourrelet et de l’insertion du tendon du biceps de la glène ; type III : anse de seau de la partie supérieure du bourrelet qui reste fermement inséré à la glène par sa périphérie ; type IV : même anse de seau du bourrelet avec déchirure s’étendant dans le tendon du biceps ; l’insertion du biceps est partiellement déchirée et tend à se déplacer avec l’anse de seau. Objectifs de l’étude Comparer le Crank test et le O’Brien test pour le dépistage des lésions du labrum. Matériel et méthode – étude non randomisée ; n = 65 ; – âge moyen = 45,9 ans ; – douleurs de l’épaule depuis 12 mois ; – signes fonctionnels : 48 douleurs nocturnes ; 44 douleurs à l’effort ; 40 claquements, craquements, blocages ; – signes d’examen : 61 Neer + 57 Hawkins + 25 crépitations sous-acromiales, 35 tests du suprasupinatus + 39 tests du biceps + 22 tests d’appréhension + 13 relocation tests + 27 avec une sensibilité de l’acromioclaviculaire et adduction test +. Crank test (cf. première partie) : retrouvé positif chez 29 patients ; O’Brien test : sujet assis ; antéflexion de l’épaule à 90 , coude tendu ; mise en adduction de 10 associée à une rota- tion interne (pouce tourné vers le bas) ; le patient résiste à la pression sur le bras vers le bas exercée par l’examinateur ; puis, application d’une même force le bras étant en supi- nation ; le test est positif s’il déclenche une douleur ou un claquement intra-articulaire ; il s’est avéré positif chez 41 patients. – Un traitement conservateur a été proposé pendant trois mois : repos, rééducation, AINS per os, infiltration sous acromiale en cas de bursite ou de lésion partielle de la coiffe . En cas d’échec chirurgie ; – une IRM a été pratiquée chez 49 patients (16 refus) ; – soixante-cinq arthroscopies ont été faites. Résultats biceps : normal (53), déchirure partielle (9), totale (3) ; coiffe des rotateurs : normale (19), déchirure partielle (21), complète (25) ; bourrelet antérieur : normal (55), déchirure (10) ; bursite sous acromiale : 58 ; SLAP II : neuf + une associée à une lésion postérieure ; SLAP IV : une : o Crank test + (29) : 12 avec lésion du bourrelet, 17 sans lésion du bourrelet mais avec une bursite sous-acromiale et 13 présentant en plus des lésions de la coiffe (sept ruptures complètes, six partielles), o O’Brien test + (41) : 14 avec lésion du bourrelet, 27 sans lésion du bourrelet mais 26 avec bursite sous-acromiale dont 20 présentant une rupture de coiffe (neuf totale, 11 partielles). Sur les 49 IRM pratiquées, dix (20 %) montraient des lésions du bourrelet, dont sept retrouvées lors de l’arthroscopie (Tableau 1). 0762-915X/$ – see front matter doi:10.1016/j.jts.2007.12.009

Bibliographie. Evaluation clinique des lesions du bourrelet de l'epaule. 2e partie

Embed Size (px)

Citation preview

Page 1: Bibliographie. Evaluation clinique des lesions du bourrelet de l'epaule. 2e partie

td

rb

O

d

M

–––––

0d

Disponible en ligne sur www.sciencedirect.com

Journal de Traumatologie du Sport 25 (2008) 58–63

Revue de presse

Bibliographie : évaluation clinique des lésions dulabrum glénohuméral. Deuxième partie

––

R

••

••••

Stetson W, Templin K. The crank test, the O’Brienest and routine magnetic resonance imaging scans in theiagnosis of labral tears. Am J Sports Med 2002;30:806–809

Première description de la pathologie de l’insertion supé-ieure du biceps faite par Andrews en 1985 chez 73 sportifslessés lors de lancers.

Classification de Snyder en 1990 :

type I : partie supérieure du bourrelet effilochée avec aspectdégénératif, mais la périphérie du bourrelet reste attachée à laglène et l’insertion du biceps est intacte ;type II : même aspect effiloché + détachement de la partiesupérieure du bourrelet et de l’insertion du tendon du bicepsde la glène ;type III : anse de seau de la partie supérieure du bourrelet quireste fermement inséré à la glène par sa périphérie ;type IV : même anse de seau du bourrelet avec déchirures’étendant dans le tendon du biceps ; l’insertion du bicepsest partiellement déchirée et tend à se déplacer avec l’anse deseau.

bjectifs de l’étude

Comparer le Crank test et le O’Brien test pour le dépistagees lésions du labrum.

atériel et méthode

étude non randomisée ;n = 65 ;âge moyen = 45,9 ans ;douleurs de l’épaule depuis 12 mois ;signes fonctionnels : 48 douleurs nocturnes ; 44 douleurs à

l’effort ; 40 claquements, craquements, blocages ;signes d’examen : 61 Neer + 57 Hawkins + 25 crépitationssous-acromiales, 35 tests du suprasupinatus + 39 tests dubiceps + 22 tests d’appréhension + 13 relocation tests + 27

l(

762-915X/$ – see front matteroi:10.1016/j.jts.2007.12.009

avec une sensibilité de l’acromioclaviculaire et adduction test+.• Crank test (cf. première partie) : retrouvé positif chez 29

patients ;• O’Brien test : sujet assis ; antéflexion de l’épaule à 90◦,

coude tendu ; mise en adduction de 10◦ associée à une rota-tion interne (pouce tourné vers le bas) ; le patient résiste à lapression sur le bras vers le bas exercée par l’examinateur ;puis, application d’une même force le bras étant en supi-nation ; le test est positif s’il déclenche une douleur ou unclaquement intra-articulaire ; il s’est avéré positif chez 41patients.

Un traitement conservateur a été proposé pendant trois mois :repos, rééducation, AINS per os, infiltration sous acromialeen cas de bursite ou de lésion partielle de la coiffe . En casd’échec chirurgie ;une IRM a été pratiquée chez 49 patients (16 refus) ;soixante-cinq arthroscopies ont été faites.

ésultats

biceps : normal (53), déchirure partielle (9), totale (3) ;coiffe des rotateurs : normale (19), déchirure partielle (21),complète (25) ;bourrelet antérieur : normal (55), déchirure (10) ;bursite sous acromiale : 58 ;SLAP II : neuf + une associée à une lésion postérieure ;SLAP IV : une :o Crank test + (29) : 12 avec lésion du bourrelet, 17 sans

lésion du bourrelet mais avec une bursite sous-acromiale et13 présentant en plus des lésions de la coiffe (sept rupturescomplètes, six partielles),

o O’Brien test + (41) : 14 avec lésion du bourrelet, 27 sanslésion du bourrelet mais 26 avec bursite sous-acromialedont 20 présentant une rupture de coiffe (neuf totale, 11partielles).

Sur les 49 IRM pratiquées, dix (20 %) montraient desésions du bourrelet, dont sept retrouvées lors de l’arthroscopieTableau 1).

Page 2: Bibliographie. Evaluation clinique des lesions du bourrelet de l'epaule. 2e partie

S. Besch / Journal de Traumatolog

Tableau 1

Cranktest(%)

O’Brientest(%)

IRM+(%)

Crank +IRM(%)

O’Brien +IRM (%)

Valeur prédictive positive 41 34 63 60 71Spécificité 56 31 92 67 82Sensibilité 46 54 67 43 50V

D

ibptcra

Lsludl

C

uar

g

d

O

M

––

––

Résultats (Tableaux 2–4)

Tableau 2Lésions du bourrelet(SLAP inclus)

Manœuvres Sensibilité(%)

Spécificité(%)

VPP(%)

VPN(%)

p

Relocation test 44 87 91 34 0,03

aleur prédictive négative 61 50 83

iscussion

Dans une étude faite par Stenson en 1997 sur les lésionssolées du bourrelet, aucun test n’avait pu démontrer une sensi-ilité conséquente pour détecter ces lésions. Dans cette étude,lus d’un tiers des patients présentaient des douleurs lors desests d’appréhension, plus de la moitié présentait des signes deonflit sous-acromial. Une autre étude sur les lésions du bour-elet (Berg 1997), a retrouvé des signes mimant une pathologiecromioclaviculaire.

Sensibilité : ni le Crank test, ni le O’Brien test n’ont unesensibilité élevée ; il en est de même pour l’IRM.Spécificité : ni le Crank test, ni le O’Brien n’ont démon-tré une grande spécificité ; l’IRM s’est montrée plusfiable.

Si on compare les résultats obtenus avec ceux de l’étude deiu sur le Crank test, on constate que les populations différent :ujets moins âgés pour Liu (28 ans en moyenne contre 45,9 dans’étude) ; exclusion systématique de tous les patients présentantne lésion complète de la coiffe dans cette même étude. Ceseux facteurs, âge et lésion associée, influencent probablementa spécificité du test.

onclusions

Actuellement, il est difficile cliniquement de diagnostiquerne lésion du bourrelet glénoïdien ; l’arthro-IRM peut être uneide utile. Néanmoins, lorsque le doute persiste, l’arthroscopieeste le moyen de référence pour affirmer ces lésions.

Encadré

Les points essentiels :

– la réalisation du test d’O’Brien ;– une spécificité et sensibilité modérées du Crank

et du O’Brien test en l’absence d’autres moyensdiagnostiques complémentaires.

OT

S

CSY

ie du Sport 25 (2008) 58–63 59

Guanche C, Jones D. Clinical testing for tears of thelenoid labrum. Arthroscopy 2003;19:517–523

Sept tests cliniques décrits pour évaluer le bourrelet glénoï-ien.

bjectif de l’étude

Comparer la sensibilité des tests à l’arthro-IRM.

atériel et méthode

n = 60diagnostic préopératoire :• 15 SLAP ;• quatre déchirures du bourrelet ;• 20 arthropathies dégénératives acromioclaviculaires ;• 21 conflits sous-acromiaux.Échec de la prise en charge médicale.Tests cliniques :• Speed test : élévation antérieure du bras contre résistance ;

le test est positif s’il déclenche une douleur ;• test d’appréhension : abduction + rotation externe du bras ;

le test est positif s’il est douloureux ;• Yergason test : coude à 90◦ de flexion, le sujet fait une

supination de son avant-bras contre résistance ; simulta-nément l’examinateur palpe le tendon du long biceps ;le test est considéré comme positif si la palpation estdouloureuse ;

• Jobe relocation test : bras en abduction et rotation externe ;l’examinateur applique une pression d’avant en arrière surle bras ; le test est positif si la douleur réapparaît lorsque lapression se relâche ;

• O’Brien test : cf. ci-dessus ;• Crank test : cf. première partie ;• sensibilité de la gouttière bicipitale à la palpation.SLAP lesion : lésion de la partie supérieure du bourrelet situéeentre dix et deux heures de la glène.

’Brien test 63 73 87 40 0,04estd’appréhension

40 87 90 33 0,05

ensibilitégouttière

44 40 69 19 0,29

rank test 40 73 82 29 0,35peed test 18 87 80 26 0,68ergason test 9 93 80 25 0,78

Page 3: Bibliographie. Evaluation clinique des lesions du bourrelet de l'epaule. 2e partie

60 S. Besch / Journal de Traumatologie du Sport 25 (2008) 58–63

Tableau 3SLAP lesion

Manœuvres Sensibilité (%) Spécificité (%) VP positive (%) VP négative (%) p

Jobe relocation test 36 63 55 45 0,95O’Brien test 54 47 57 45 0,92Test d’appréhension 30 63 50 43 0,58Sensibilité gouttière 48 52 55 45 0,97Crank test 39 67 59 47 0,62Speed test 9 74 30 40 0,08Yergason test 12 96 80 47 0,24

Tableau 4Tests combinés

Combinaison Sensibilité (%) Spécificité (%) VP positive (%) VP négative (%) p

Jobe O’Brien 41 91 93 34 0,05Jobe appréhension 38 93 94 33 0,02O’Brien et appréhension 38 82 86 31 0,23Jobe + O’Brien + appréhension 34 91 92 32 0,1Jobe ou O’Brien 72 73 88 47 0,009Jobe ou appréhension 47 80 88 33 0,06OJ

D

dcdcId

te

C

ca

ts2

O

l

M

’Brien ou aprréhension 72 73obe ou O’Brien ou appréhension 72 73

iscussion

Trois manœuvres : Jobe relocation, O’Brien et test’appréhension semblent supérieures aux autres. L’utilisationombinée de ces trois tests semblent encore meilleure. Cepen-ant, avec une sensibilité et une spécificité inférieure à 75 %,es tests cliniques se montrent moins performants que l’arthtro-RM qui atteint plus de 90 % de sensibilité et de spécificité dansifférentes études.

Crank test, sensibilité de la gouttière, Speed et Yergasonests se sont avérés peu sensibles et spécifiques, isolément oun combinaison.

Comparaison avec d’autres études :• O’Brien test : dans l’étude de O’Brien (cf. ci-dessus), on

retrouvait une sensibilité de 100 % et une spécificité de98,5 % pouvant s’expliquer par le fait que seuls les patientsayant un test positif avaient eu une arthroscopie ;

• Crank test : dans l’étude de Liu (cf. ci-dessus), lespatients inclus étaient tous suspects d’avoir une lésiondu labrum ;

• Speed, Yergason et sensibilité bicipitale : résultats simi-laires à l’étude.

onclusion

La batterie des manœuvres cliniques utilisées pour recher-her une lésion du labrum n’est pas suffisamment performantectuellement.

––

88 47 0,00988 47 0,009

Encadré

Les points essentiels :

– malgré une sensibilité discrètement meilleurede certaines manœuvres, on doit noterl’absence de test clinique offrant une grandefiabilité pour démasquer les lésions du labrumsupérieur.

Myers T, Zemanovic J, Andrews J. The resisted supina-ion external rotation tes. A new test for the diagnosis ofuperior labral antero posterior lesions. Am J Sports Med005;33:1315–1320

bjectif de l’étude

Évaluer la sensibilité et la spécificité d’un nouveau test danses lésions du bourrelet.

atériel et méthode

n = 40 (quatre sportifs de loisirs, 23 sportifs universitaires, 13sportifs professionnels) ;moyenne d’âge = 23,9 ans ;échec du traitement médical.Exclus :

• les patients de plus de 50 ans ;• les douleurs survenant dans un contexte autre que sportif ;• les patients n’ayant pas d’évaluation arthroscopique.Trois tests réalisés :
Page 4: Bibliographie. Evaluation clinique des lesions du bourrelet de l'epaule. 2e partie

S. Besch / Journal de Traumatologie du Sport 25 (2008) 58–63 61

Tableau 5

n Sensibilité (%) Spécificité (%) Valeur prédictive positive (%) Valeur prédictive négative (%) Diagnostic exact (%)

STC

rt

R

D

fcctcm

dl

ltl

as2

upination Rotation externe 40 82,8 81,8 92,3est de compression active 37 77,8 11,1 70rank test 36 34,6 70 75

test de compression active (O’Brien ?) : antéflexion du brasà 90◦, adduction de 10–15◦ ; le patient doit résister à unepression sur le bras vers le bas ; la manœuvre est effectuéepouce tourné vers le haut puis vers le bas ; le test est considérécomme positif s’il est douloureux (douleurs profondes) pouceen bas, avec disparition des douleurs pouce vers le haut ;Crank test : bras en élévation à 160◦ dans le plan del’omoplate ; compression dans l’axe de l’humérus associéeà des mouvements de rotation interne et externe ;test de supination-rotation externe : patient en décubitus dor-sal, abduction du bras à 90◦, coude fléchi à 65–70◦, avant-brasen position neutre ou légère pronation ; on demande au patientd’effectuer une supination contrariée tandis que l’épaule estamenée progressivement en rotation externe ; le test est posi-tif si le patient ressent une douleur profonde antérieure, unclaquement ou accrochage de l’épaule ; le test est négatif encas de douleur postérieure ou d’appréhension.

Une arthroscopie de contrôle a été effectuée en aveugle desésultats cliniques moins d’une semaine après la réalisation desests.

ésultats (Tableau 5)

Sur les 40 athlètes : 29 avaient une SLAP lesion àl’arthroscopie :• 26 de type 2 ;• un de type 3 ;• deux de type 4.

Des lésions associées ont été trouvées dans 79 % des cas :• rupture partielle de la coiffe ;• chondromalacie glénohumérale ;• lésion postérieure du bourrelet ;• lésion de Bankart ;• lésion de Hill-Sachs ;• exostose postérieure.

– Chez les 11 patients n’ayant pas de SLAP lesions :• trois avaient une lésion de Bankart ;• deux une lésion postérieure du bourrelet ;• une SLAP lesion de type 1 ;• deux ruptures partielles de coiffe ;• une rupture complète ;• deux ne présentant aucune lésion.

iscussion

La genèse de la SLAP lesion est encore mal élucidée ; plu-sieurs hypothèses ont été avancées :• détachement de la partie supérieure du bourrelet lors de la

phase de décélération du bras au cours du lancer ;

O

l

64,3 82,514,3 59,529,2 44,4

• la contraction excentrique du biceps lors de la phase delancer tire sur sa zone d’insertion et entraîne une avulsionde cette portion intra-articulaire ;

• en cas de choc direct ou de chute sur la main, bras tendu,compression de l’articulation glénohumérale provoquantune subluxation supérieure de l’articulation : un fragmentdu labrum peut se détacher ;

• selon Burkhart, lorsque le bras est en abduction-rotationexterne, le tendon du biceps transmet une force de torsionà la partie supérieure du bourrelet ce qui peut produire uneSLAP lesion.

L’efficacité du test de supination en rotation externe tient auait qu’il reproduit le même mécanisme que le geste du lan-eur. L’abduction-rotation externe du bras déplace la lésion duomplexe tendon-labrum en dehors de la glène ; la contrac-ion maximale du tendon du biceps long lors de la supinationontrariée accroît la direction postérieure de la force et recrée leécanisme de la lésion.Une des raisons de la difficulté diagnostique préopératoire

es SLAP lesions, est leur association fréquente avec d’autresésions.

Biais de l’étude : la population ciblée au sport de lancer,’absence de différenciation des réponses selon la localisa-ion de la lésion du bourrelet ou la classification de la SLAPesion.

Encadré

Les points essentiels :

– la réalisation du test de supination-rotationexterne ;

– son principe : mettre en tension le tendon dulong biceps par contraction résistée + traction ;

– le caractère restrictif de l’étude à une popula-tion ciblée ; L’évaluation du test est à faire surd’autres patients.

Nakagawa S, Yoneda M, Hayashida K. Forced abductionnd elbow flexion test: a new simple clinical test to detectuperior labral injury in the throwing shoulder. Arthroscopy005;21:1290–95

bjectif de l’étude

Description d’un nouveau test de dépistage des lésionsabrales et comparaison avec les tests préexistants (18).

Page 5: Bibliographie. Evaluation clinique des lesions du bourrelet de l'epaule. 2e partie

6 tolog

M

R

T

FRTCO

D

e

AA

O

c

M

––

Résultats (Tableau 7)

Sur les 31 patients ayant un test positif, 27 avaient une lésionlabrale ; pour les 30 ayant un test négatif, 24 avaient un bourrelet« sain ».

Tableau 7

Diagnostic arthroscopique Test decompressionpositif

Test decompressionnégatif

SLAP 1 2 3SLAP 2 18 2SLAP 3 0 1SLAP 4 1 0Dégénérescence acromioclaviculaire 0 2Lésion de Bankart 3 4SLAP deux + une lésions associées 6 0Impingement syndrome 1 5

2 S. Besch / Journal de Trauma

atériel et méthode

Étude prospective préarthroscopique sur 54 épaules de lan-ceur (53 joueurs de base-ball, un lanceur de javelot).Bilan des lésions retrouvées en arthroscopie : 24 lésions dulabrum supérieur (22 de type 2, deux de type 3 selon la clas-sification de Snyder). Parmi les lésions associées, on trouvaitles suivantes :• 22 lésions partielles de la partie profonde et une de la partie

superficielle de la coiffe ;• deux fissurations horizontales de la coiffe ;• trois désinsertions partielles de la partie antéro-inférieure

du bourrelet ;• une déchirure capsulaire antérieure ;• 17 lésions de Bennett ;• six bursites sous-acromiales.L’interprétation de l’arthroscopie s’est faite à l’insu par rap-port aux tests cliniques.Test d’abduction forcée : l’examinateur réalise une abductionpassive maximale de l’épaule. Le test est considéré commepositif s’il déclenche une douleur à la partie postérosupérieurede l’épaule et si la douleur disparaît ou diminue lorsque, dansla même position, le coude est fléchi.Principe de la manœuvre : l’abduction forcée provoque unetraction sur le tendon du long biceps (par rotation externe dela tête humérale) et donc sur le labrum supérieur . La flexiondu coude diminue cette traction par diminution de la mise entension du biceps.

ésultats (Tableau 6)

ableau 6

Sensibilité(%)

Spécificité(%)

Valeurprédictivepositive(%)

Valeurprédictivenégative(%)

ulcrum test 83 40 53 75elocation test 75 40 50 67est d’abduction forcée 67 67 62 71rank test 58 72 63 68’Brien test 54 60 52 62

iscussion

Trois tests : abduction forcée, Crank et O’Brien se sont avérésfficaces pour dépister les lésions labrales supérieures.

Encadré

Les points essentiels :

– la réalisation de la manœuvre : abduction pas-

sive forcée de l’épaule ;

– sensibilité : 67 % ; spécificité : 67 %. . . test à cou-pler avec d’autres.

LT

Lu

ie du Sport 25 (2008) 58–63

Kim YS, Kim JM, Ha KY. The passive compression test.new clinical test for superior labral tears of the shoulder.

m J Sports Med 2007;35:1489–94

bjectif de l’étude

Évaluer la sensibilité et la spécificité d’un nouveau testlinique : le test de compression passive.

atériel et méthode

n = 61 ;50 ayant des ATCD de traumatismes de l’épaule.• Le test a été réalisé par deux examinateurs différents, en

aveugle par rapport aux résultats des autres données (bilanclinique et examens complémentaires).

• Tous les patients ont ensuite eu une arthroscopie, permet-tant de retrouver les éventuelles lésions (bourrelet et autres)et de les traiter.

Réalisation du test : le patient est en décubitus latéral, l’épaulesaine reposant sur la table d’examen. L’examinateur est placéderrière lui. Il stabilise l’épaule à examiner en posant unemain sur l’articulation acromioclaviculaire ; avec l’autre mainil effectue une rotation externe associée à une abduction de30◦ de l’épaule puis exerce une pression dans l’axe du brastout en réalisant une extension de l’épaule. Pendant toute lamanœuvre, le patient doit être relâché. Le test est considérécomme positif s’il provoque un claquement douloureux.Principe de la manœuvre : la rotation externe-abduction dubras associée à une pression dans l’axe entraîne une tractionsur le biceps et, par voie de conséquence, sur le complexebicipitolabral. Celle-ci est accentuée lors de l’extension. S’ilexiste une lésion au niveau de l’insertion labrale du biceps,elle tend à se déplacer du reste du labrum ce qui favorisel’apparition d’un claquement lors de la compression dansl’axe.

ésions de la coiffe 0 13otal 31 30

ésions associées : quatre Bankart, une lésion partielle du tendon supraépineux,ne lésion dégénérative du tendon du long biceps.

Page 6: Bibliographie. Evaluation clinique des lesions du bourrelet de l'epaule. 2e partie

tolog

vd

D

eplan

àahtk

usdd

Hôpital national de Saint-Maurice, 14, rue du Val d’Osne,94410 Saint-Maurice, France

Adresse e-mail : [email protected]

S. Besch / Journal de Trauma

La sensibilité du test est de 81,8 %, la spécificité de 85,7 %, laaleur prédictive positive de 87,1 %, la valeur prédictive négativee 80 %.

iscussion

Le test a l’avantage, par rapport à d’autres manœuvres, d’êtreffectué de manière passive, ce qui diminue le nombre de fauxositifs. En effet, bon nombre de lésions de l’épaule, notammentes lésions de la coiffe, sont douloureuses lors de la mobilisationctive rendant l’interprétation de nombreux tests peu discrimi-ative.

Limite de l’étude : absence de groupe contrôle. Pour paliercet inconvénient, neuf patients ont été réévalués six mois

près le traitement arthroscopique de leur lésion labrale : pouruit d’entre eux, le test s’était négativé. Le patient gardant unest positif avait subi une double réparation : lésion de Ban-art + lésion labrale.

Parmi les faux positifs de l’étude, trois sur quatre présentaient

ne lésion de Bankart. Cependant, si le test de compression’avère sensible en cas d’instabilité de l’épaule, la positivité’autres manœuvres plus spécifiques à cette pathologie (test’appréhension, tiroir antérieur) permet d’ajuster le diagnostic.

ie du Sport 25 (2008) 58–63 63

Encadré

Les points essentiels :

– le principe de la manœuvre : abduction-rotationexterne-extension qui permet de décoapter unepseudo « anse de seau labrale », démasquéelors de la compression ;

– les réserves : étude de petit nombre. . . la fiabilitédu test est à évaluer sur une plus grande échelle.

S. Besch